‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 23 sur 168 · LXX1I · texte numérisé non relu

LXX1I

AVANT-PROPOS

La moitié de son nom se précipite encore plus que jamais. 11 ne se relèvera plus. Toutefois le dernier trait est appuyé encore et met le sceau de la résistance obstinée. 11 est résigné, tout est fini: mais la postérité conservera la mémoire de son énergique existence et le vengera sans doute.

Je ferai remarquer que Napoléon, comme tous les grands hommes, était un extrasensitif, organisé exceptionnellement. Les signatures suivent et reflètent les diverses phases de sa destinée.

C’était, il ne s’en cachait pas, un homme d’intuitions et de pressentiments, et de ce qu’il éprouvait il devait rayonner quelque chose au dehors.

L’auteur allemand n’a pas remarqué que la signature de Wallenstein se précipite brusquement en bas comme la signature de Napoléon à Sainte-Hélène, et a avec cette dernière signature la plus frappante analogie, comme fermeté, comme forme même et comme pronostic fatal.

Tout le monde lettré connaît Wallenstein par la fameuse Trilogie de Schiller, un des chefs-d’œuvre de la littérature allemande.

Tout le monde sait qu’Albrecht, comte de Friedland, né le 14 septembre 1593, fut assassiné le 25 février 1634 (par ordre dç l’empereur, à qui sa puissance faisait ombrage), après être arrivé successivement par

AVANT-PROPOS. i.xxui

son talent militaire aux grades et titres de comte de l’empire, — prince de l’empire, — duc de Friedland, — de Sagan, — de Magdebourg, — et général de la mer Baltique et de l’Océan. Nous reproduisons ici la signature du fameux Wallenstein.

La signature exagérée indique un homme franc, loyal, chevaleresque, orgueilleux peut-être, ambitieux sans doute au début, plutôt mélancolique que porté à l’exaltation, mais qui devait fatalement finir.

Bien qu’en ait pu dire Schiller pour réhabiliter le héros de sa tragédie, c’est l’ambition excessive qui l’a perdu, et là aussi nous trouvons la preuve d’un affaissement moral.

Les deux écritures allaient en descendant l’une l’autre. A partir de là, mon collaborateur et moi nous nous mîmes à feuilleter des collections d’autographes, en cherchant les écritures des personnes que l’histoire

Page 1