‹ Les mysteres de l'ecritureChapitre 40 sur 168 · LETTRE D’OCTOBRE · texte numérisé non relu

LETTRE D’OCTOBRE

Quel changement s’est produit dans cette écriture ! Il semble que nous ne retrouvons plus le même homme.

Cette dernière écriture n’a plus la forme un peu gracieuse et un peu pédante de 1848. Il y a quelque chose de l’abandon de 1849 avec des habitudes nouvelles , habitudes de finesse imposées par une position différente et plus élevée.

Voilà certainement une preuve irrécusable que l’écriture est le miroir instantané de l’âme, et qu’elle rend avec une fidélité pho-

tographique toutes ses impressions que le temps , les situations, les habitudes parviennent à modifier. Nous avons cité plus loin les deux signatures de Louis XVI. Dans la prospérité, la signature est gracieuse, empruntant quelque chose de la majesté de celle de Louis XIV, son aïeul. La veille du voyage de Varennes, cette signature s’allonge démesurément, la lettre initiale fait un angle obtus, disgracieux ; la lettre finale devient plus haute que l’initiale. C’est l’image photographiée d’une situation terrible, où la royauté s’exagère une dernière fois sa puissance qui s’éteint, et que ne saura sauver aucun procédé de résistance.

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