‹ Les mystères de l'océanChapitre 23 sur 40 · LES ANIMAUX-PLANTES · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX-PLANTES

a Sous une surface moins variée que celle des continents, dit Humboldt, la mer contient dans son sein une exubérance de vie dont aucune autre région du globe ne pourrait donner l'idée. Charles Darwin remarque avec raison, dans son intéressant Journal de voyage, que nos forêts terrestres n'abritent pas, à beaucoup près, au tau I d'animaux que celles de l'Océan. Car la mer a aussi ses forêts : ce sont les longues herbes marines qui croissent sur les bas fonds, ou les bancs flottants de fucus que les courants et les vagues ont détachés, et dont les rameaux déliés sont soulevés jusqu'à la surface par leurs cellules gonflées d'air. » Ce sont plus encore ces lithophytes, ces madrépores arborescents qui embrassent, en largeur et en hauteur, d'immenses étendues , et dont les envahissements deviendraient redoutables, n'était l'extrême lenteur avec laquelle les polypes accomplissent leur œuvre indestructible. Nous avons déjà jeté un coup d'œil sur ces forêts, ainsi que sur les riches jardins où l'Océan étale tous les brillants trésors de sa flore vivante. Arrêtons-nous encore à considérer en particulier quelques-unes de ces plantes animées qui ont causé longtemps tant de perplexités et d'embarras aux classilicateurs : perplexités bien légitimes,

et qui n'ont cessé qu'en changeant d'objet, puisque aujourd'hui, on se le rappelle, les naturalistes, ayant une fois reconnu des animaux dans tous ces êtres indécis qu'ils avaient d'abord pris pour des plantes , en sont venus à se demander si les autres êtres réputés plantes ne sont pas aussi des animaux, ou du moins des polypiers; en d'autres termes, à douter si le règne végétal n'est pas une fiction !

Les éponges sont peut-être, de tous les zoophytes, ceux dont la place dans la série des êtres a été la plus difficile à déterminer. Les anciens auteurs ne doutaient point que ce fussent des animaux, et ils leur accordaient même un rang plus élevé que ne le comporte leur organisation. C'est ainsi que Pline et Dioscoride crurent distinguer des éponges mâles et des éponges femelles, et affirmèrent qu'elles étaient douées de mouvements volontaires, qu'elles s'attachaient aux rochers par une force qui leur était propre, et qu'elles se dérobaient sous la main lorsqu'on voulait les saisir.

Dans les temps modernes, au contraire, et jusqu'en notre siècle, on n'a plus considéré les éponges que comme des végétaux. Linné lui-même avait adopté cette opinion, qu'on trouve explicitement énoncée dans les premières éditions de son Systema naturœ. Mais on est revenu en dernier lieu à l'opinion des anciens, modifiée toutefois en ce sens qu'on leur refuse le sexe et la locomotion , sauf en leur plus bas âge; qu'on leur reconnaît au plus, à l'état adulte, une sensibilité et une contractilité très-bornées, et qu'en les admettant dans le règne animal, on ne leur y assigne, comme par grâce, que la dernière place. Leur mode de reproduction est, à ce qu'on croit, ovipare. A certaines époques de l'année, suivant les observations de M. Grant, de petits corps

sphéroïdaux se développent à l'intérieur des éponges, tombent dans les lacunes dont elles sont percées et sont expulsés avec l'eau qui les traverse. Ces corpuscules, germes reproducteurs des éponges, sont alors munis de cils, de filaments à l'aide desquels ils se meuvent dans l'eau

Éponge (Spongia Cyma).

avec assez de rapidité, et vont se fixer sur un corps quelconque d'où ils ne bougent plus. D'ordinaire ils choisissent de préférence les rochers, les pierres calcaires, et s'y creusent même une espèce de loge qui d'abord leur

sert d'abri, puis leur assure, lorsqu'ils grandissent, une attache plus solide.

Ce qui a valu surtout aux éponges leur brevet d'animalité, c'est leur composition chimique, où l'azote, élément caractéristique des matières animales, entre pour une forte part. Brûlez un morceau d'épongé, vous sentirez une

Iphitica panicea.

odeur analogue à celle de la corne ou de la laine brûlée. Leur substance est donc une sorte de chair disposée en fibres très-ténues , plus ou moins élastiques , enchevêtrées de manière à former un tissu mou, traversé par une multitude de canaux de diamètre variable, qui vont se ramifiant, et soutenu par des aiguilles et des filaments en partie calcaires et siliceux, en partie cornés, qui sont comme les os et les cartilages du zoophyte. L'éponge est imprégnée, à

l'état vivant, d'une matière gélatineuse et gluante. On en extrait même une matière grasse particulière; elle donne à l'analyse du carbone, de l'hydrogène, de l'azote, de l'iode, du soufre, du phosphore, plus des quantités notables de phosphate, de carbonate et de sulfate de chaux, du sel marin, de la silice, de la magnésie, de l'alumine et du sulfate de fer. On trouve les éponges sous toutes les latitudes, tantôt à des profondeurs considérables, tantôt plus ou moins près de la surface, ou même sur des rochers qui sont alternativement couverts et abandonnés par les flots. Elles affectent, selon les espèces, des formes trèsvariables, comme celles de tubes, de vases, de globes, d'arbustes, d'éventails, etc., et ces formes sont le plus souvent très-irrégulières. Leur couleur est un blanc jaunâtre ou un brun roux, qui n'a rien d'agréable à l'œil.

La nutrition et la respiration sont pour les éponges une seule et même fonction , qu'elles accomplissent en absorbant l'eau aérée. Leur accroissement se fait par l'augmentation du parenchyme glutineux dans lequel sont déposés les éléments de leur charpente osseuse. Les parties non absorbées sont entraînées hors des oscules ou canaux par le mouvement des eaux. Si les naturalistes ont pu savoir comment les éponges se reproduisent, se nourrissent, respirent et grandissent, ils ne nous ont point appris comment elles meurent. Probablement par ossification ou pétrification, par l'invasion des éléments minéraux dans le tissu spongiaire, et par sa substitution finale à l'intégralité de ce tissu. C'est du moins ce qu'il est permis d'induire de l'existence d'épongés siliceuses et calcaires qu'on a prises pour des espèces distinctes de l'éponge cornée, dont elles ne seraient que les cadavres. Autrement, je demande aux

naturalistes de nous dire à quel genre de mort la nature condamne les éponges : car elles doivent mourir de façon ou d'autre, sans quoi il faudrait encore une fois les expulser du règne animal où elles ne sont entrées qu'à si grand' peine.

En s'élevant d'un degré sur l'échelle zoologique, on rencontre le groupe curieux des anthozoaires, parmi lesquels nous avons signalé déjà quelques-unes de ces fleurs vivantes qui, bien mieux que les algues et les varechs, créent an sein de l'Océan des jardins et des forêts. On divise ces polypes marins, suivant leur organisation et leurs mœurs, en trois ordres, dont le plus intéressant est sans contredit celui des zoanthaires. Ces animaux ont ordinairement la forme d'un cylindre ou d'un cône tronqué, fixé inférieurement, mais dont la partie supérieure reste libre, et présente à son sommet une bouche entourée d'un grand nombre de tentacules effilés simulant les pétales d'une fleur. Leur cavité abdominale est garnie d'une multitude de lamelles entre lesquelles sont placés les organes reproducteurs.

L'ordre des zoanthaires comprend deux grandes familles : celle des zoanthaires charnus et celle des zoanthaires pierreux ou madréporiques. Les premiers sont tantôt isolés, tantôt réunis en agrégations plus ou moins nombreuses; mais leurs segments conservent toujours de la mollesse et n'offrent partout qu'une consistance charnue. Telles sont ces actinies, plus vulgairement connues sous le nom d'orties ou (ïanémones de mer, dont il a été plusieurs fois parlé précédemment, et dont on a réuni plusieurs spécimens dans les aquaria de Londres et de Paris. On peut considérer leur corps comme une sorte de sac adhérent par une de ses extrémités au lit de la mer, et pourvu à l'autre

extrémité d'une ouverture qui sert à la fois à l'introduction des aliments et à l'expulsion des excréments. Cette ouverture est entourée de plusieurs rangées de tentacules teints des couleurs les plus vives, et à l'aide desquels l'animal saisit et maintient sa proie jusqu'à ce qu'il l'ait dévorée. Car ces animaux-fleurs sont carnassiers, et pour les conserver en vie et en santé dans l'aquarium, on leur fournit de temps à autre des morceaux de viande , de poisson , ou des vers, qu'ils saisissent avec avidité. Peu d'heures après qu'ils ont mangé, ils grossissent presque à vue d'œil et manifestent une vitalité qui prouve que la nourriture, selon l'expression populaire, leur profite à souhait. Leur entretien en captivité exige du reste des précautions assez minutieuses. Ainsi, pour suppléer à l'absence des courants et de l'agitation naturelle des eaux qui apportent incessamment aux actinies leur nourriture, et éviter d'autre part l'inconvénient qu'il y aurait à laisser séjourner dans les bassins des matières animales qui ne tarderaient pas à se décomposer, on est obligé de présenter à chaque individu, au moyen d'une longue pince, le repas qui lui est destiné. Il faut ensuite, toujours pour prévenir l'infection de l'eau, enlever les excréments chaque fois qu'ils sont rejetés.

Parmi les actinies, les unes restent constamment enfouies dans le sable et dans les galets, d'où elles ne laissent saillir que leurs tentacules; d'autres, au contraire, semblent vouloir se rapprocher autant que possible de la surface, et élisent domicile sur les rochers qui sont presque à fleur d'eau. Bien que ces animaux restent le plus souvent fixés à l'endroit où ils se sont une fois attachés, ils peuvent cependant se déplacer et choisir au besoin un autre séjour

qui leur convienne mieux. Ce fait a été plusieurs fois observé dans les aquaria : on a vu des anémones passer d'une pierre à une autre, grimper même le long des parois du bassin, venir quelquefois émerger à la surface et demeurer là quelque temps exposées à l'air, pour redescendre ensuite vers le fond. On connaît plusieurs belles espèces

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Actinie arborescente.

d'anémones de mer. Je citerai : Y actinie arborescente, dont les tentacules longs, flexibles et ramifiés vers l'extrémité, imitent les branches d'un arbre; — Y actinie capricorne)

large de huit à neuf centimètres, à tentacules gros, courts, arrondis, à demi transparents, et qui offrent en général des couleurs vives, le cramoisi, par exemple; — V actinie blanche ou plumeuse, le plus souvent blanche, mais quel-

Actinie plumeuse de Sainte-Hélène.

que fois jaune ou orangée, dont la bouche est entourée de lobes munis de nombreux tentacules; — V actinie pourpre, petite et dont le nom indique la nuance éclatante; — Y actinie rousse, aux tentacules très-nombreux, fins et déliés, et dont la couleur, malgré son nom cette fois, varie à l'infini et peut offrir toutes les nuances du bleu, du rose, du jaune et dn violet; — Y actinie alcyondide , au corps cylindrique, dont les tentacules ressemblent à ceux de l'actinie arborescente, bien qu'ils soient plus courts et plus étalés; — Y œillet de mer, dont le corps est lisse et les tentacules

rouge foncé; — enfin V actinie coriace, vulgairement appelée cul de mulet > qu'on mange à Rochefort et aux environs, et dont la chair est, au goût de certaines personnes, délicate et savoureuse.

Les zoanthaires pierreux, ou madrépores, ont la propriété dé sécréter en grande abondance du carbonate de

Actinie alcyonoïde.

chaux qui, déposé dans la peau et dans les plis intérieurs du corps, donne naissance à un polypier pierreux dont la forme extérieure est habituellement cylindrique, et dont l'intérieur est composé de lamelles verticales. Les madrépores, ainsi que les zoanthaires, sont tantôt isolés, tantôt agrégés. C'est dans ce dernier cas, qui est notamment celui des caryophyllies (voy. page 1 80), qu'ils produisent ces arborescences entrelacées dont la multiplication et le développe-

ment ont joué un si grand rôle dans la formation des îles et des récifs de certaines mers.

Au groupe alcyonien qui, comme les précédents, fait partie de l'ordre des zoanthaires, appartient le genre corail, si connu pour la belle substance rouge qu'il fournit à la bijouterie, et sur la nature de laquelle les naturalistes anciens étaient en grand désaccord : les ui\s le regardaient comme un minéral , les autres comme un végétal , et pas un ne soupçonnait son origine réelle. Théophraste comparait le corail à l'hématite. Dioscoride le représentait comme un arbrisseau marin qui, tiré de l'eau, se durcissait au contact de l'air. Cette opinion fut généralement admise durant tout le moyen âge et jusqu'au commencement du xvme siècle; et Marsigli vint en 1706 lui donner une sorte de confirmation, en décrivant ce qu'il prenait pour les fleurs du prétendu végétal, et qui n'était autre chose que les animaux du polypier. Enfin cependant, grâce aux travaux de Peyssonnel (1750) et à ceux de M. Milne-Edwards, on est maintenant assuré que le corail est en réalité le résultat de l'endurcissement intérieur d'un polypier voisin des alcyons, des gorgones, des antipathes et des isis. Ce qu'on prenait autrefois pour l'écorce en est la partie la plus récente, et par conséquent la moins consistante. C'est dans les nombreux enfoncements dont cette enveloppe est criblée, que se logent les animaux dont le corail est à la fois le produit et le support. Ces animaux, analogues par leur aspect aux actinies, ressemblent assez à des fleurs pour qu'on ait pu s'y tromper. Ils sont blanchâtres et munis de nuit tentacules à bords frangés. « La substance tubuleuse qui réunit les animaux entre eux, dit le docteur Chenu , est remplie de sortes de petites aiguilles crétacées, et comme

sillonnée par une grande quantité de canaux qui communiquent avec les diverses cavités digestives; du carbonate de chaux, mélangé à une matière colorante sanguine et sécrété en abondance par l'animal, unit entre elles les di-

Coraux.

verses masses de polypes et produit une tige dont la grosseur s'accroît par l'addition de nouvelles couches, et dont l'allongement se fait par suite du développement de nouveaux animaux à l'extrémité de l'agrégation. » L'ensemble

présente l'aspect d'un arbrisseau rameux très -enchevêtré, sans feuilles ni menues branches. Le diamètre du tronc ne dépasse pas vingt à vingt -cinq millimètres. La substance calcaire du polypier est déposée par couches concentriques. Elle est d'un grain très-fin, d'une grande dureté, facile à travailler et à polir. La couche extérieure , — ce qu'on nomme encore communément Yécorcc, — est grisâtre et parsemée de tubercules dont le sommet est percé dune ouverture divisée en huit compartiments, pour donner issue aux huit tentacules du polype. La couleur intérieure du corail est ordinairement un beau rouge vif; mais on en trouve aussi d'une teinte plus pâle, quelquefois même rose ou blanchâtre. On donne aux coraux , selon leur nuance, les dénominations & écume ae sang, fleur de sang, premier, second, ti^oisieme sang. Le corail adhère au rocher par un épatement de sa base. La profondeur à laquelle on le trouve varie dans de certaines limites. Il est quelquefois presque à fleur d'eau ; mais le plus souvent il faut l'aller chercher à 200 ou 250 mètres. On ne l'a rencontré jusqu'à présent que dans la Méditerranée, près de Marseille, sur les côtes de la Corse, de la Sardaigne, de la Sicile et des îles Baléares, et surtout ,dans les parages de Tunis et de la Calle en Algérie. Ce dernier point est depuis longtemps celui qui fournit la plus grande partie du corail répandu dans le commerce.

La nature marine semble se complaire à donner aux animaux inférieurs des formes imitant celles des végétaux terrestres. Les zoanthaires semblent encore dépassés sous ce rapport par un groupe nombreux, dont les naturalistes, après l'avoir joint tour à tour à la classe des mollusques, à celle des crustacés et à celle des annélides, ont fini par

faire une classe isolée qui participe à la fois des caractères propres aux trois précédentes. Ce groupe est celui des cirrhipèdes ou cirrhopodesj êtres bizarres, d'organisation beaucoup plus complexe que les zoanthaires, mais comme eux fixés, dans l'âge adulte, à un corps submergé , immobile ou flottant, par une véritable tige plus ou moins longue, flexible, rétractile, au sommet de laquelle s'étalent, comme une fleur ou comme un fruit, le corps et les organes de ranimai. Ainsi que tous les autres animaux condamnés à l'immobilité, les cirrhipèdes jouissent au début de la vie d'une liberté éphémère. La nature leur laisse le temps de se chercher un domicile; mais ce domicile une fois choisi, bon ou mauvais, elle ne leur permet plus d'en bouger.

Les cirrhipèdes, en se fixant, changent complètement de forme. Ils s'enveloppent dans un vêtement appelé manteau, recouvert lui-même de valves analogues à celles des mollusques testacés, mais toujours au nombre de plus de deux, et suivant tous les mouvements du manteau qu'elles protègent et qu'elles cachent au besoin. Le manteau présente des traces évidentes de divisions circulaires ou d'anneaux. L'animal n'a point d'yeux. Sa bouche est un composé formidable de mâchoires latérales et de mandibules ressemblant à celles des plus féroces crustacés. Son abdomen est muni d'une double rangée de pieds -tentacules nommés cirrheSy et composés d'une multitude de petites articulations ciliées. Ces cirrhes sont au nombre de douze paires. L'animal les fait constamment sortir et rentrer par l'orifice de sa gaine. Il possède en outre des branchies (appareil respiratoire), un appareil circulatoire avec un cœur ou quelque chose d'analogue, un système nerveux et des organes digestifs. On divise les cirrhipèdes en deux familles :

celle des anatifes ou cirrhipèdes pédicules, et celle des balanes ou cirrhipèdes sessiles.

La première comprend cinq genres. Le genre anatife proprement dit se reconnaît à sa coquille composée de cinq valves rapprochées en forme de cône aplati ou de tulipe, réunies par une membrane et supportées par un long pédicule creux et contractile. C'est par la base de ce pédicule que i'anatife adhère aux rochers, à la quille des navires, aux morceaux de bois flottants, etc. L'espèce la plus ré-

tôm

Anatifa lanàs (Anatife lisse).

pandue dans nos mers est Vanatife lisse. Ce nom d'anatife (du latin anas, canard) rappelle un préjugé encore trèsrépandu dans les contrées maritimes du nord de l'Europe, cl d'après lequel ces cirrhipèdes auraient la faculté miraculeuse d'engendrer des bernaches, des macreuses, et d'au-

très volatiles palmipèdes du même genre. Quelle est l'origine de cette fable absurde? Peut-être la grossière ressemblance de forme qu'on trouve entre la coquille de l'anatife et un oiseau.

A la famille des anatifes appartiennent aussi : Yotion de

1 Pouce-pied imbriqué. 2 Otiou de Olivier.

Cuvier, dont le pédoncule est très-allongé, le test rudimentaire, et le corps enveloppé d'une tunique ornée de flammes de diverses couleurs; et \e pouce- pied (pollicipes), dont le pédoncule court, large et écailleux, porte des pièces nombreuses, larges à la base, aiguës à l'extrémité.

Ce pédoncule, ces pièces charnues et les cils qui en occupent le centre, offrent une frappante ressemblance avec les organes essentiels d'une Heur.

Dans la famille des balanes (de balanus, gland), le genretype est celui des balanes proprement dits. Ces animaux

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Balanus balanoïdes.

sont contenus en entier dans une espèce de coquille courte, conique, composée de plusieurs pièces articulées, et sessile, c'est-à-dire fixée directement et sans tige sur son support. Leur ressemblance éloignée avec le fruit du chêne leur a valu le nom de glands de mer. Leur fécondité est prodigieuse. Ils tapissent quelquefois les flancs des navires en si grand nombre, qu'ils en ralentissent la marche. Ils agitent leurs cirrhes dans l'eau avec une grande vitesse. A l'aide des plus longs ils déterminent un petit tourbillon où s'en-

gagent les animalcules dont ils font leur proie, et qu'ils saisissent et retiennent avec les cirrhes les plus courts. Mais au moindre danger ils deviennent immobiles, et s'enferment dans leur manteau et dans leurs valves. Les balanes sont répandus dans toutes les mers, et l'on rencontre les mêmes espèces dans des parages très-éloignés et des climats très-différents; de sorte qu'il est fort difficile de dire de quelle région ils sont indigènes. Leur chair, quoique peu succulente, sert à la nourriture des habitants de certaines côtes. Les balanes d'Egypte étaient fort estimés des anciens Grecs, et l'on dit que les Chinois mangent le balane tulipe, au sel et au vinaigre, comme un mets très-délicat.

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