Ibid., XI
bâtir une tour, un zigqurat. Et c’est précisément ici, dans les plaines de Sennaar, au centre de la terre, sur l'emplacement de la future Babylone, que cette tour fut élevée. C’est ici aussi qu’eut lieu la « confusion des langues », la dispersion de l'humanité : « de là le Seigneur les dispersa sur loute la terre », dit la Genèse".
Et le but de Babylone dans l’histoire du monde reste toujours le même : unir l'humanité. sl
S'opposant à la vallée du Nil, close et recueillie, les plaines de Sennaar sont ouvertes à tous les peuples : à s'y rejoignent tous comme attirés par une force pr rieuse pour achever de bâtir la Tour de Babel, la Tour des Atlantes, pour reconstituer l'humanité unique.
« Créé par toi, Seigneur, Je Le bénis. Tu m'as ns où le pouvoir de régner sur les peuples selon ta volonté. Élève donc ton royaume, impose à tous les humains l’adoration de ton nom. Maitre des peuples, entends ma prière ! Que toutes les races terrestres viennent aux Portes de Dieu — Bub-ilu — Babylone. » Telle est la prière du roi Nebukudurussur. De même que le roi Goudéa, il y proclame la paix et le Règne de Dieu.
Les couples de chérubins, Kherubu, taureaux géants, à LC ; at ny al la tête humaine et aux ailes d’aigle, couronnés de tiares,
FASICE CT OO TPE 2
gardent encore sur les blocs de basalte noir les inscriptions victorieuses des rois assyro-babyloniens.
« Salmanassar, Grand Roi, Roi puissant, Soleil des armées, Vainqueur de l’univers, Prunelle de l’œil de Dieu,
Roi d’Assour, — c’est moi » (Inscription de Salmanassar). — « J'ai traversé les forêts impénétrables,
franchi les sommets des montagnes aiguës comme la lame du couteau » (Teglatphalassar). — « J'ai visité les forêts odorantes de cèdres, j'ai brisé les hauts rochers, J'ai émietté les pierres, j’ai ouvert une large route pour les cèdres majestueux du Liban, ombreux et précieux, que J'ai fait couper en l’honneur de mon dieu Mardouk et je les ai fait flotter le long des canaux comme des tiges de roseau » (Salmanassar [[). — « Sur la cime des monlagnes j'ai chanté les hymnes aux grands dieux et offert des holocaustes » (Assournasirgabal 1). — « De la grande mer du soleil levant à la grande mer du soleil couchant s'étend le pouvoir de ma droite » (Salmanassar Il).
Telle est la voie que suivent les rois assyro-babyloniens vers l’Empire universel : de Sargon à Alexandre, d'Alexandre à César, de César à Napoléon, c’est loujours la même voie.
La correspondance des pharaons d'Égypte avec les rois de Babylone, d’Assour, de Chanaan, de Chettée, de Mitanni et autres peuples, que l’on a trouvée dans les fouilles de Tel-el-Amarna, entre Memphis et Thèbes, montre qu'aux xv'-xiv siècles av. f.-C. la langue baby-
lonienne était universelle. Dans cette correspondance, les rois d'Égypte eux-mêmes ne se servent pas des hiéroglvphes, mais des caractères cunéiformes.
Bourrabouriach, roi de Babylone, écrit au pharaon Amenkhotep IV : « Je suis en bonne santé, sois en bonne santé toi aussi, et que ton pays, la maison, les femmes, tes enfants, tes ministres, tes chevaux et les chars le soient également. Moi et mon frère (le roi d'Égypte) nous avons dit : comme nos pères élaient unis, de même nous vivrons en amitié. »
Il se plaint ensuite que des marchands babyloniens aient été tués et pillés dans Chanaan, terre des pharaons :
« Sur ta terre on m'a fait offense : châtie donc les pillards. Restitue l’argent volé et tue ceux qui ont Lué mes gens, venge leur sang. Car si Lu ne les tues pas, ils pilleront de nouveau mes caravanes ou lueront tes envoyés, et les relations entre nous cesseront.…… Je L’envoic en présent une mine de lapis lazuli Pal
Ainsi l’universalité se révèle dans la politique, mais ce n’est pas là qu'est sa source, c’est dans la religion.
À Tel-el-Amarna fut trouvée une tablette cunéiforme avec le mythe du héros babylonien Etana. Les caractères