‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 118 sur 198 · Grossuans : Allorient, Texte · texte numérisé non relu

Grossuans : Allorient, Texte

sont séparés par des points tracés avec de l’encre rouge égyptienne. Il est vraisemblable qu’un Égyptien apprenait sur celte tablette l'écriture et peut-être aussi la sagesse de Babylone.

Dans la même correspondance on a découvert une lettre de Touchratta, roi de Milanni, quienvoya en Égypte la statue de la déesse [Star pour guérir le pharaon Amenkhotep, alors malade : « La déesse IStar de Ninive, souveraine de toutes les terres, me dit ainsi : je veux visiter l'Égypte, le pays qui m'est cher. Et je l'ai envoyée et elle y est partie. Et aujourd’hui, de même qu'aux jours de mon père, elle visite ton pays. Et comme elle y séjourna jadis avec honneur, que mon frère l’honore encore aujourd’hui et dix fois davantage... Et qu'il me la rende en joie... Et qu'IStar, reine du ciel, nous protège tous deux, mon frère et moi, qu’elle nous donne cent mille ans de vie et de nombreuses joies. Et faisons-nous du bien l’un à l’autre. »

A la fin de la lettre il ajoute :

« IStar est mon Dieu, mais non celui de mon frère, » Ce n’est pas là de l’orgueil, mais un sermon discret : si [Star Le guérit, ne croiras-tu pas en elle, toi aussi?

C’est toujours le même sentiment de l’universalité religieuse : « Que tous les peuples de la terre viennent aux Portes de Dieu — Babylone — Cité de Dieu », et que la paix règne sur le monde.

« La paix vaut mieux que la guerre », cela Babylone le sait ou s’en souvient (car selon Platon, savoir c’est se souvenir), mais moins bien que l'Égypte. Elle a fait plus de guerres, mais de même que l'Égypte elle aime la paix : cet amour est leur âme à toutes deux.

XXX VII

Si Babylone est la paix, l’Assyrie est la guerre. Ce n’est pas l'Égy pte ni Babylone qui ont commencé à faire vraiment la guerre, mais l’Assyrie. Les Assyriens sont les « premiers Romains » de l’histoire universelle. Les premiers ils aimèrent les combats et crurent que la force, le glaive, décide du sort des peuples.

« Sa force est son Dieu’. »

Et nous tous, jusqu'aujourd’hui, nous sommes les fils

d’Assour : nous achevons ce qu'il a commencé.

XXX VIII

L'apparition du cheval de combat en Asie occidentale, et celle de notre race indo-germaine coïncident presque avec la naissance d’Assour (vers l’an 2000). Le bœuf lent est remplacé par le cheval rapide, la charrue paisible par le char guerrier. N'y a-t-il pas déjà dans le cheval notre impétuosité, notre vol frénétique ?

tr Anar. P:23

C'est de là aussi, de notre nuit indo-germaine, que,

semble-t-il, le fer vient après le cheval (vers l’an 1000). Métal de Set, dieu-démon, selon les Égyptiens, ou du

fratricide Caïn, selon le Talmud — «le premier Kénan- Caïn forgea le fer » — il est le métal européen par excel-

lence. notre don maudit à l'humanité.

Dans le cheval est notre légèreté, dans le fer notre férocité. Nous avons foulé sous nos chevaux, tué par notre fer la sainte Asie, et peut-être foulerons-nous et Luerons-nous toute l'humanité. Sous notre ouragan de chevaux et de fer, le feu de la guerre couvant sous la cendre se rallume en cet incendie universel qu'est l’hisloire, car pour nous l'histoire n’est que la guerre.

< Ils s’entre-tueront tous. » Cette prophétie d’un texte Ris d'il y a quatre ou cinq mille ans ne s ’accomplit-elle pas de nos jours, hélas, mieux qu aucune autre prophétie ?

De Babylone à Assour, d’Assour à Rome, de Rome. à nous la flamme de la guerre se propage et nous aboutissons à ce que nous appelons le progrès : la chute progressive de l'humanité dans la barbarie, la férocité, la bestialité.

Extérieurement, Babylone est vaincue par Assour, mais intérieurement la lutte dure jusqu’à la fin des deux.

Babylone ou Assour, la paix ou la guerre ? C'est one la même question qui se pose du commencement jusqu’à la fin des temps.

Et voici le miracle : cette parole : « Rends le bien à qui La fait le mal » est oubliée, enfouie sous terre, mais non perdue. C'est ce trésor — « or, encens el myrrhe » — que les Mages d° Orient apportent à l'Enfant-

Dieu.

« Elle est tombée, elle est tombée, Babylone. elle est renversée la grande cité! » s'écrie l’Ange de l’Apocalypse ‘.

Oui, elle est tombée aux pieds du Seigneur !

Page 1