Apocalypse, XVITE
On a trouvé dans les ruines des palais de Ninive le basrelief de la Lionne blessée : l’échine est percée d’une flèche, les pattes de derrière déjà inertes traînent sur le sol, mais, debout sur celles de devant, la bête expirante tend le cou, lève la tête, et sa gueule ouverte semble encore menacer l’ennemi d’un suprême rugissement”.
Cette lionne blessée, c’est l’âme de Babylone. Jamais peut-être on n’a représenté avec plus de puissance le passage mystérieux de la vie à la mort, leur dualité qui transparaît par éclairs, leur harmonie dans l’opposition.
« Les contraires sont concordants », enseigne Héraclite d'Éphèse?, qui n’a pas sans motif dédié son livre De la Nature à Artémis d’Éphèse, hypostase hellénique de la Grande Mère des dieux dont l’Istar-Mami babylonienne est l’hypostase asiatique.
C’est l’âme de Babylone, l’âme de toute l’Asie qui inspire la sagesse d'Héraclite.
« L'opposition engendre la parfaite harmonie; c’est de la lutte que tout naît. » Le vrai sens de cette parole, c’est