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ibid

PAU ULIONNE BIMBISISRIE: to LE DÉLUGE 265

celle de la liberté, de la personnalité. Get amour passionné

de la souffrance est l’âme même de Babylone.

Tels des tisons qui se consument, les Passions d’Osiris s'étaient couvertes de cendre dans le calme de Égypte; la tempète babylonienne balaya la cendre, et les Lisons

rallumés ne s’éteindront plus.

L'homme souterrain de Dostoïevsky répète les paroles d'Héraclite le Ténébreux : « l'homme aime la souffrance tout autant que le bonheur » ; c’est précisément en cela que « les contraires concordent » dans la substance humaine et même divine, car «il y a en Dieu la nuit et le jour, l'hiver et l'été, la guerre et la paix, la satiélé et la faim, tous les contraires ». Deux principes s’unissant en Dieu comme deux Personnes dans la Troisième, tel est l’anantiisme trinitaire.

D'après l'algèbre mystique de Schelling :

NI lenPère, AN leNALS, + À — l'Esprit:

Dans la trinité cosmique babylonienne, la première personne est Anu, dieu du ciel ; la seconde, Enlil, dieu de la terre; la troisième, Ea — Ia, dieu de l’abime primordial, Absu, qui unit le ciel à la terre.

La trinité astrale de Babylone comprend Sin, dieu de la lune, Samas, dieu du soleil, et star, déesse de l'étoile du soir et du matin, qui unit le jour et la nuit.

C’est bien ainsi que le gnosticisme chrélien, cette floraison automnale de l'arbre babylonien, avait interprété la trinité de Babylone. Le dieu Mardouk (Enlil) correspond au Logos gnostique, seconde personne de la Trinité, et le dieu Ea ou son hypostase féminine, Iétar, à la troisième personne. Voilà pourquoi, dans un texte cunéiforme, Ea (— l$tar) parle de Mardouk-Enlil comme le Père ou la Mère de son Fils: « [l viendra annoncer mes commandements !. »

« J’ai commencé par être Dieu Un, mais trois Dieux * & = . , A À e A LA lurent en moi. » L'Egypte, elle aussi, connaît cette vérité *. Mais la trinité égyptienne est contemplative, statique ; celle de Babylone est dynamique, active ; elle veut el aime la souffrance, comme l’homme « qui aime la souffrance jusqu’à la passion ». Cette passion, c’est l’anantisme divin qui transperce l’âme de Babylone comme la flèche transperce la lionne de Ninive.

Closes en Egyple comme les boutons du lotus endormi

1. Ans. Ursprung des Gnozticzmus, 92, 98, 100. 2. Livre d'Apophis. : f

sous les eaux, les trois feuilles du Trèfle Divin, du Mystère des Trois, de la Sainte Trinité, s'épanouissent à Babylone.

XVIT

Pour Babylone, la nuit est plus sainte que le jour. Sin, dieu de la lune, domine Samas, dieu du soleil. C'est incompréhensible si, comme l’aflirment les savants modernes, l'essence des religions est le naturalisme, l’adoration des forces de la nature et notamment de la lumière. Mais l'essence des religions n’est pas l’adoration des forces naturelles, c’est autre chose.

Pour l'Égypte, Dieu, c’est la lumière et, pour Babylone, la lumière et les ténèbres, ou plus exactement la lutte entre les ténèbres et la lumière, leur opposition, l’ananliisme absolu.

C’est à l’époque de la pleine lune, lorsque celle-ci est à l’opposite du soleil, que ce contraste de la lumière et des ténèbres atteint son maximum. Alors la lune visible au zénith et le soleil invisible au nadir brillent de leur plus vif éclat. Lorsque les deux astres se trouvent dans cette position, le monde céleste appartient à la lune et le monde souterrain au soleil, ce qui contredit au sentiment naturel, mais s'accorde avec le sentiment religieux, surnaturel. Car la lumière des astres nocturnes est la lumière des dieux ; ceux-ci ne se montrent que la nuit et meurent aux rayons du jour: le soleil est le meurtrier des astres, des dieux.

Ici-bas la nuit couvre le jour ; dans l’au-delà le jour couvre la nuit.

La sainte nuit monta au ciel, Et le jour aimable et joyeux Fut replié par elle, comme un lapis d’or Jeté au-dessus de l’abime !.

Tel est le mystère de la sagesse babylonienne : « La nuit s’est cachée sous la lumière de midi ». La nuit est plus divine que le jour. « Les Chaldéens disent que Dieu est lénébreux*?. » Ou, plus exactement, la nuit et le jour sont également divins. La lumière et les ténèbres A sent en Dieu comme deux principes en un troisième ; c'est lPanantiisme trinitaire. |

os S'URRES : ee Voilà pourquoi à Babylone la divinité la plus haute L AA NS ) n'est pas le soleil, ni même la lune, mais le plus nocturne, le plus petit, le plus mystérieux des astres — l'Etoile.

Le mot: Dieu, en sumérien Dingir et en babylonien LRANAIPO te Eu sé ù F0 f . ie .

El, s'exprime par le signe cunéiforme de l'étoile à cinq rayons. Les dieux babyloniens sont d’essence stellaire.

En Egypte règne la religion du jour, du ciel enso-

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