Apoc., XII
La démonologie babylonienne rappelle celle du Moyen Age. Pour elle tout est plein de démons : ils tombent du ciel comme la pluie, ils poussent de la terre comme l’herbe, se répandent dans les marais de l’Euphrate comme un brouillard pestilentiel.
Ils errent par les villes endormies,
Dans les étroites rues nocturnes...
Ils pleurent comme le hibou sur les toits.
Il n’est pour eux ni verrous ni clôtures.
Ils se glissent sous les portes
Comme des couleuvres et leur sifflement aigu Passe par le trou des serrures.
C’est ici que commence le sabbat des sorcières. Babylone, patrie des démons, est aussi celle des anges. Lamassu, ce sont nos anges gardiens, et Kherubu, nos chérubins. Si ces saintes visions, gravées dans notre cœur
depuis l’enfance, correspondent à des réalités, n’oublions pas que Babylone fut la première à les sentir.
L'Égypte ne sait pas encore distinguer l’'Homme-Dieu du Dieu-Homme, et par là même cette confusion est innocente. Babylone a déjà conscience de cette distinction, et c’est le commencement du péché.
Babylone est construite tout entière comme la tour de
Babel — le Zikkurat. En babylonien, élever un Zikkurat, c’est « bâtir un escalier vers le ciel ». « Ils bâtirent une tour pour monter au ciel. Ut in cœlum conscenderent". »
La Tour de Babel a une double signification et pose une interrogation : avec ou contre Dieu ?
« Alors il eut un songe, et voici qu’il vit une échelle appuyée sur la terre, et les anges montaient et descendaient le long de cette échelle. Jacob s'éveilla de son sommeil et dit : En vérité, le Seigneur est dans ce lieu et je n’en savais rien. Et saisi d’effroi il dit : Que ce lieu est terrible, c’est véritablement la maison de Dieu et la porte du Ciel”. »
Bab-El, Babylone, signifie précisément : « Porte du ciel, Porte de Dieu ». Voilà pourquoi, au sommet de la Tour de Babel, la fiancée de Dieu, Enitu, attend le Fiancé.
Tel est ce qui, pour Babylone, répond à l’idée du Dieu- Homme, et voici ce qui correspond à celle de l’'Homme- Dieu.
« Les premiers hommes, s'étant enorgueillis de leur force et de leur grandeur, commencèrent à mépriser les dieux et élevèrent une haute tour là où est aujourd’hui Babylone. Déjà le sommet de la tour touchait jusqu’au ciel, lorsque soudain les vents accourus au secours des dieux renversèrent l’édifice sur ses constructeurs. » C’est