‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 142 sur 198 · Giscamës · texte numérisé non relu

Giscamës

GILGAMÈS (ÆET L’ARBRE DE VIE gi

qui goûte aux fruits du premier sans goûter à ceux du Second mourra. L'incompatibilité des deux oxdres : être et pensée, telle est la source de la tragédie de Gilgamès et de Faust.

IT

Je sais que je mourrai, et cette seule science enlève aux autres toute valeur parce que celles-ci ne me délivrent point de la mort, ne la nient pas, mais l’affirment. Plus je sais, et plus je comprends la mort, car l'essence de la

Science — la loi de la nécessité — est une loi de mort :

& tout vient de la poussière et tout y retourne’. » Plus je sais et plus je goûte à l’amertume et à la douleur de la Mort: « celui qui augmente la science augmente la douleur * ». Je suis libre dans la science et esclave dans la vie.

MSavoir — pouvoir? Non, car aucune science ne peut

Vaincre la mort. Plus je sais et plus je meurs. La science, C'est la mort, voilà le dernier mot de la sagesse de Gilgamès et de Faust.

On a retrouvé une pierre gravée babylonienne, un Sceau représentant l’homme et la femme assis l’un en face de l’autre auprès d’un arbre chargé de fruits ; tous deux tendent la main comme pour cueillir un fruit. Derrière la femme se dresse un serpent.

« Tu pourras manger de tous les arbres du jardin,

1, Ecel., LIL, 20.

a, Ibid., 1, 18.

mais tu ne mangeras pas de l’Arbre de la Science du bien et du mal car, le jour où tu en mangeras, tu mourras'. »

Comment ne pas mourir, comment unir l’Arbre de Science à lArbre de Vie? Telle est la question que, de Gilgamès à Faust, se pose toute humanité.

Au même cycle épique appartient un autre héros babylonien, Adapa.

La consonance des deux mots, Adapa et Adam, est fortuite, mais la ressemblance des deux mythes ne l’est pas. Selon le Talmud, le corps d'Adam « fut pris de la terre de Babylone? ». D’après le mythe babylonien, Adapa est le fils du dieu Ea (Ea-la), le premier homme,

: î me ï ë la « semence de l'humanité », Zer ameluti. La destinée.

ù ÿ . 4 r 3° d'Adapa-Adam, comme celle de Gilgamès, est la tragédie de la connaissance :

Dieu lui donna la science Mais non la vie éternelle.

Dans la ville sacrée d’Eridou, à l'embouchure des Fleuves, là où fut jadis l’Eden, Adapa, grand-prêtre de Dieu, préparait de ses mains pures les pains de proposition et péchait des poissons pour le repas des dieux. Un jour, en mer, le vent du sud renversa la barque d'Adapa. Celui-ci conjura le vent, et la force magique de cette con-

Page 1