‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 151 sur 198 · Îbid · texte numérisé non relu

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Gilgamès est « l'ami de la tristesse », suivant l’admi-

rable parole de celui qui le chante.

Pourquoi l’'as-tu condamné à n'avoir pas de repos ? Pourquoi lui as-tu donné un cœur toujours inquiet?

reproche à Dieu la mère du héros.

De Gilgamès à Faust, ils se ressemblent tous, ces chercheurs de vie éternelle qui, haïssant leur la mort même, ont été possédés par la passion de la

souffrance.

Ignorant le repos, Gilgamès n’en | il entoure la ville de murailles gigantesques, construit des s, — peut-être un Zikkurat touchant iel ». Il épuise tellement ils se révoltent enfin onner à Gilgamès Engidou,

A : 3 ame Jusqu a

aisse pas aux autres;

temples, des tour aux nuages, « degrés vers le c les hommes par ces travaux qu contre le roi et implorent les dieux de di un rival. Et les dieux crèent la Bôte-Dieu,

« afin qu'ils luttent entre eux et que les hommes trouvent

le repos ».

Engidou, attiré dans la ville par la prostituée, provoque s, vainqueur, aime son

Gilgamès au combat. Gilgamè ommandement : « rends

ennemi, accomplissant ainsi le c le bien à qui La fait le mal ». C’est alors que « de la

force naît la douceur », de la force du lion la douceur

du lis.

Les héros s’en vont ensemble,

poursuivre leurs exploits; ils tuent deux monstres,

comme deux frères, le géant

Humbaba et le Taureau Céleste. Mais après ces prouesses vulgaires se produit soudain une chose étrange. Comme une bête en cage, Engidou, dans la ville, se consume de

tristesse, il voit la mort en un songe prophétique et meurt.

Quelle est la cause de cette mort soudaine? Ni la peste,

ni le glaive, ni le poison. De quoi donc meurt-il? De rien. Il entend le doux appel de la mort et se rend à cet appel. Peut-être quand la prostituée le caressait, le germe de la mort tomba-t-il en lui en même temps que le germe du désir. Il vivait dans le désert comme une bête et un dieu, ignorant de la mort; il s’en alla chez les hommes, goûta aux fruits de l’Arbre de Science et connut la mort.

Malédiction sur moi, 6 mon frère!

Ce n’est pas en combattant que je succombe.

Heureux les intrépides tombés dans un combat,

Mais moi j'ai eu peur et je meurs sans gloire ; Sur un lit de repos, je meurs comme un lâche!

De quel combat eut peur l’intrépide? Il ne le sait pas lui-même. « Les hommes vont tous s’entre-tuer » -— de

Gilgamès à l’Iliade, de l’Iliade à nous, cette prophétie

s’accomplit. La fin du premier monde, c’est le déluge d’eau; celle du second, le déluge de sang et de feu. N'est-ce pas de cette fin qu’eut peur Engidou? N'a-t-il pas, le premier entre les humains, pressenti dans la mort de l’homme celle de l'humanité ?

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