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TAMMOUZ

L'OMBRE DU RESSUSGITÉ 319

travers la nuit épaisse de cette barbarie brille, étrange, incompréhensible pour nous, la Vraie Lumière. Il y a dans ces cœurs farouches le même sentiment, lilial et léonin, que dans le cœur de Gilgamès-Engidou. Sauvages, féroces, ils versent le sang comme de l’eau, tuent impassiblement. Mais voici que soudain arrive un instant où le regard de l’homme rencontre celui de la

victime ; la pitié comme un glaive transperce le cœur du

sacrificateur et, dans le gémissement des flûtes de Tam-

mouz, résonne un accent inouï :

A-dan dub-ba en dingir-Dumuzi.

Sur Tammouz le Lointain s'élèvent les pleurs, Avec son chevreau la chèvre est immolée, Avec son agneau la brebis est immolée..…

Sur le Fils Bien-Aimé s'élèvent les pleurs.

Le Fils Bien-aimé, c’est lui, la Victime éternelle, « l’Agneau immolé dès la création du monde », selon

l’Apocalypse.

Un autre nom de Tammouz, et tout aussi ancien, c’est Umune-Etura, le Maître de la Bergerie.

Sortant de l’abime du déluge, la terre fertilisée par le limon du premier monde détruit n’était plus qu’un immense pâturage verdoyant; les hommes y sont des bergers et Dieu est leur Berger.

Tammouz-Adonis-Adonaï :

de Babylone à Israël, c’est

toujours le même Dieu-Pasteur : « Le Seigneur est mon

berger... Il me fait reposer sur de verts pâturages et me conduit vers des eaux vives. »

Et d'Israël au Fils de l'Homme c’est la même chose encore : « Je suis le bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis... Et ils entendront ma voix et il n’y aura qu’un seul troupeau et un seul Pasteur? »

Et du Fils de l'Homme à la fin des temps c’est Lui encore : « Îls n'auront plus ni faim ni soif. car Agneau les mènera paître et les conduira aux sources de la vie*. » Voilà où le Berger Tammouz conduit ses brebis.

Il se nomme encore : Seigneur du Royaume Souterrain. Lorsqu'il s’agit de Tammouz, Etura signifie bergerie souterraine, ce qui est la même chose qu’Arallu, le royaume des morts, car Tammouz le Berger ne paît pas seulement les vivants, mais aussi les morts.

« Quand je marche dans la Vallée de l'ombre de la Mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi... Ta houlette et ton bâton me protègent » : c’est ainsi que le psaltérion de David chante Adonaï, Dieu d'Israël, et que la flûte pastorale de Babylone célèbre Tammouz-

Adonis.

Il se nomme aussi Damu, l'Enfant. Les Mages d'Orient, Ps XXIIT, 1-2.

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