‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 160 sur 198 · Apoc., VII · texte numérisé non relu

Apoc., VII

nec er ds 3921 TAMMOUZ L’'OMBRE DU RESSUSCGITÉE

lorsqu'ils adorèrent l'Enfant dans l’étable de Bethléem,

auraient pu l'appeler : Damu.

Zi ien IH y a encore un autre nom : Du-Zi en babylonien, ; ien : la Pousse, le Rejeton, la Plante Lib-lib-bou en assyrien : la Pousse, à i cette Plante de Vie que cherche Gilgamès.

ui germe — À qe É Le premier point vert des jeunes pousses sur ra A ibli Fils.

noire. c’est lui, Liblibou-Tammouz, le Vrai i Î se.

4 dans chaque grain, renaît dans chaque pous me À be Le mystère divin de la plante — la nr ï i iè ans © s'est révélé, semble-t-il, pour la première fois a i ù ar OÙ it et respire avec la pâturages fleuris de Sennaar où tout vit P éoétati terre.

végétation de la “ .

pre les pluies hivernales vient le printemp ! ï « « J n , 9 n L verdoie et s’épanouit soudainement ; la végétatio # i te jusqu’au poitrail des bœufs et des cheluxuriante monte | É è »: tement.

vaux, les brebis et les chèvres s'y noïent complètem $ : ‘ L 3 L * Z 1S il Déure y poussent, non point isolées comme chez nous, es : 8 oo ni i ses k sses compactes, i terres immenses, par mas mais en parterres tie cu bi hes de. bleues, jaunes, violettes, roses, si s anches, ges, Lt) rt de A ue toute la vallée ressemble à un tapis multicolo “4 à on- De. en revenant de la chasse, sortent de cet am ; ÿ s fleurs de spèce.

cellement colorés par le pollen des fleurs de de est | Mais dès le mois de mai, la sécheresse a tout ané ; ee. t se brisent sous les pieds ; liges des herbes craquent et se Le)

I 1 ndie

tout est noirci, brûlé comme par la flamme d un Ince , on , 1

la terre tout entière n'est plus que le royaume ae la

mort.

C’est alors que la flûte du berger entame la plaintive chanson :

Sur Tammouz le Lointain s'élèvent les pleurs,

Sur le Fils bien-aimé s'élèvent les pleurs.

Tu es l'arbre qui dans le jardin fut privé d’eau fraiche, L'arbre dont la cime dans le champ n’a pas fleuri ;

Tu es la pousse que l’eau vive n’abreuva point,

La fleur dont les racines furent arrachées de la terre.

& Il s’est élevé comme un rejeton de la terre desséchée'. »

La « Pousse », en hébreu natser, en babylonien du-zi, en assyrien Lb-lib-bou, c’est le Vrai Fils.

C’est Lui qui du fond de l’insondable, de l’antédiluvienne antiquité, est pleuré et appelé par la flûte de Tammouz.

Il a beaucoup de noms et il n’en a aucun; c’est parce qu'ils sont tous insuffisants qu’ils sont si nombreux. On dirait que les hommes, cherchant et ne pouvant trouver son vrai nom, essayent de se rappeler ce qui déjà est oublié, ou d'apprendre ce qui est encore inconnu; ils soupirent vers Lui, le Lointain, le pleurent et l’appellent toujours.

Il est loin, mais où — dans le passé ou dans l’avenir ? Dans le passé, dit le mythe; dans l’avenir, dit le mystère.

Les hommes Le cherchent avec une angoisse inassouvie et un espoir infini. On croirait qu’ils savent déjà « qu’il

1018, LIIT, à.

ny a pas sous les cieux d’autre nom qui puisse nous fauver ».

Mammouz est un très ancien dieu sumérien. Plus on pénètre profondément dans l'antiquité, plus son nom est fréquent ; par la suite il devient de plus en plus rare. Et lorsque les Sémites l’emportèrent sur les Sumériens, il réntra définitivement dans l'ombre et du mythe se retira dans le mystère. Reculer, s’en aller, s’amoindrir, telle est essence du Fils. « Il fut méprisé et abaïssé devant les hommes. Nous avons détourné de lui notre visage, nous l'avons dédaigné et nous n’avons fait de lui aucun cas”. »

Si son nom est rare il n’existe de lui aucune image. Mous les dieux sont figurés sur les monuments babylomiens, sauf Tammowuz. Il est infigurable, inimaginable, invisible ou, plus exactement, il n’a pas encore reçu d'image, n’a pas été vu; pourtant il est le plus grand des dieux et peut-être même l’Unique. Les Grecs initiés aux mystères d'Adonis-Tammouz l’appellent Mevcyevés, lUnique.

Dans le mythe, le nouveau dieu sémite, Mardouk- Mérodach-Samaë, amoindrissant et évinçant l'antique Tammouz sumérien, devient le plus grand et peut-être l'unique Dieu. Mais il n’en est pas de même dans les mystères : d’après la doctrine occulte des prêtres, Mardouk et Tammouz sont les deux hypostases d’un seul et même Dieu : soleil visible du jour et soleil invisible de la nuit.

Page 1