SCHELLING
Il le comprend bien lui-même: « la nature, dit-il, est attirée par l'opposition, et elle en tire une harmonie... Ainsi a-t-elle réuni le masculin avec le féminin‘ ». Deux principes contraires, deux sexes, « s'unissent dans l’action comme les deux parties opposées de la lyre ou de Parc ? ». Ceci signifie que tout dans la nature est tendu par la tension sexuelle (la « Spannung » de Schelling) comme la corde de l’arc ou de la lyre. Ainsi l’antinomisme d’Héraclite, ou plus exactement l’anantiüsme (du mot avavrt, le « contraire », « l'opposé »), n’est autre chose que le trinitarisme qui n’est luimême que le sexualisme religieux reflété dans la pensée philosophique. C’est la tension sexuelle des antiques mystères. Dans le monde, le Sexe ; en Dieu, la Trinité.
Entre deux sexes ou, comme nous dirions aujourd’hui, entre deux pôles électriques jaillit la divine étincelle d'amour, « l'Éclair qui guide tout »,selon Héraclite. « De même qu'un éclair vient de l'Orient et brille jusqu’en Occident, de même sera la venue du Fils de l’homme. » Et, selon Héraclite : « le Feu, lorsqu'il viendra, jugera tout et prendra tout pour lui. Le jugement du monde et de tout ce qu'il contient s’accomplira par le feu * ». « Je suis venu descendre le feu sur la terre », dit aussi le Fils de l’homme.
Tel est l'orage d'amour qui s’amasse dans le monde et en Dieu.
Hénacztre : lragm., 10.
J. Gran»: Le Sentiment religieux en Grèce, 23». Marm., XXIV, 27.
. Hénacure : Fragm., 63-65.
Luc, XII, 49.
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