‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 174 sur 198 · IL · texte numérisé non relu

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La Fiancée de Dicu, Enitu, prêtresse de la déesse IStar, gravit la tour babylonienne, le Zikkurat à sept étages et à sept portes et, lorsqu'à la septième porte on enlève de ses flancs le dernier voile de la pudeur, la foule innombrable des fidèles se prosterne, frappée d’une terreur sacrée :

€ De Tes flancs Il fit un trône, ét Ton ventre 11 le fit plus vaste que les cieux ! »

« Abomination! » tel est le premier sentiment que nous inspire celte coïncidence du passé et du présent. Voltaire, l’athée, rit, et Pascal, le croyant, frémit, mais tous deux sont d'accord — et ils ne le sont que sur ce seul point — pour voir dans l'antique sainteté une « abomination ».

Sur ce point nous ne discutons plus : nous nous divisons, nous nous combattons en tout, mais ici c’est

la paix : il n’y a plus ni hellène, ni barbare, mais uniquement la « créature nouvelle », le monde nouveau, antipode de l’ancien. L’antique sentiment religieux du sexe est aussi impie à nos yeux que le serait pour les anciens notre insensibilité religieuse à son égard. La force centripèle du sexe est devenue centrifuge : ce qui jadis attirait tout repousse tout aujourd’hui. Insensiblement. invisiblement le monde a tourné sur son axe, et c’est là la plus grande de toutes les « révolutions ».

Nos os sont rongés par la lèpre sexuelle, la syphilis spirituelle, mais nous nous taisons, nous avons honte d’en parler. Et nous périrons ainsi, dans le silence et dans la honte.

Jamais nous ne comprendrons que le sexe est un lieu saint ou maudit, porte du Ciel ou de l'enfer, mais qu’en tout cas c’est un abîme et non point une platitude. De tout son poids notre monde, notre Enfer, pèse sur ces portes pour qu’elles ne s'ouvrent pas :

Ouvre-moi, gardien, ouvre-moi les portes.

Si tu ne les ouvres pas, je briserai les verrous, Je romprai les battants, détruirai le seuil,

Et je ferai sortir les morts!

Sur un cône de pierre assyrien, consacré à la déesse Mylitta (en grec Miax=x, en babylonien Mullittu, Celle qui enfante, la Mère), on voit représenté un prêtre se prosternant devant un autel; au-dessus de l'autel un étroit parallélogramme, symbole géométrique du Kteis,

le sexe féminin, figure à côté de l'étoile du matin et du gure,

soir, Vénus’. L'étoile indique que l’action représentée se

passe dans le ciel, dans la région transcendante.

Dans le ciel qui s'illumine, je monte,

Je monte dans la perfection, selon les prophéties, Moi, l$tar, déesse du couchant,

Moi, l$tar, déesse de l'aurore.

Peut-être l'étoile elle-même est-elle un Kieis, flam: boyant dans les profondeurs ténébrenses de la nuit, de

Ia « Fiancée au visage voilé? ».

« Chaque Babylonien à son sceati », dit Hérodote. Voilà pourquoi il nous est parvent une telle quantité de ces cylindres en lapis-lazuli, en jaspe, en agale, en cor” naline, en calcédoine, en hémalite, en cristal de roche et autres pierres précieuses.

Chaque homme a sa gemme possédant sa vertu particulière, personnelle. Le plus souvent le nom du propriétaire y est gra é à côté du dieu auquel l'homme est consacré; des symboles magiques compliqués expriment le lien qui les unit, lien également personnel ; et là encore, parmi les étoiles, le croissant de la lune et le disque du soleil, c'est-à-dire dans la région céleste. transcendante,

se place le parallélogramme du kteis, du sexe féminin”.

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