‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 175 sur 198 · Uxexan : 0p. cil · texte numérisé non relu

Uxexan : 0p. cil

3, OPrerr : Grundzuge der Assyr. Kunst, 24.

Ainsi chaque sceau marque le sexe dans la personnalité le mystère des Deux dans le mystère de PUn.

Que signifie ce symbole et quel en est le but?

« Si la femme se détourne de son mari et lui dit : tu n’entreras plus chez mot, il convient de savoir : est-elle coupable devant son mari? Et si elle est innocente, si c'est le mari qui a violé la loi et négligé son épouse, il n’y aura sur celle-ci aucune faute; elle peut reprendre sa dot et retourner dans la maison de son père ». Telle est la loi du roi Hammourabi qui régnait au début du second millénaire avant J.-C.

€ Moi, Hammourabi, lUnique, j'ai montré aux hommes la lumière, je les ai conduits dans les voies de la paix... Et, afin que le fort n’opprime pas le faible, j'ai édicté mes lois. Que l’opprimé vienne devant ma face, qu'il entende mes paroles, et 1l sera absous ; que son cœur se soulage et qu'il dise : en vérité, le roi Hammourabi est le père de son peuple, et que de tout son cœur il prie pour mot Mardouck, mon Seigneur. »

Quarante siècles après, Anna Karenine, l’honnète femme, et Sonia Marmeladova, la prostituée, auraient pu prier pour Île roi Hammourabi. Lui seul n’a pas dil d'elles . «C’est à Moi qu’appartient la vengeance, ct c'est Moi qui châtie », mais « se baissant, Il traça quelque chose sur le sable ». Ne serait-ce pas ces paroles : « Il convient de savoir : est-elle coupable? » — « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Oui, le roi Hammourabi avait bien le droit de dire :

« J'ai montré aux hommes la lumière. »

Lumière du ciel, feu ardent, C'est toi, Ô déesse, qui te lèves sur la terre !

La déesse létar est la « Femme revèêtue de soleil » ou la Fiancée de Dieu, Enitu, au sommet du Zikkurat, avec le sombre triangle de la pudeur : « De Les flancs [I fit un trône, et Ton ventre, Il le fit plus vaste que les cieux. »

Nous regardons ce triangle ou ce parallélogramme et ne comprenons rien. « Abomination! » disent Voltaire railleur et Pascal tremblant. Mais ni le rire ni l’effroi ne secourent Anna Karénine et Sonia Marmeladova : l’une finit sous le train, l’autre dans le bouge des prostituées. N'est-ce pas ainsi que finira toute notre civilisation? « Ne pourrail-on pas envoyer au diable toute cette civilisation, car sans aucun doute c’est de lui qu’elle vient? »

Pour anéantir les bourgeois Nous mettrons le feu au monde!

Ce n’est, nous semble-t-il, qu’un incendie social. Pas uniquement : sous la tempête sociale retentissante, ilya la silencicuse tempête du sexe; sous la lumière du feu social, les rayons obscurs du radium sexuel.

« Que les femmes se taisent... que l’épouse obéisse à

1, Rozanov.

son mari », enseigne l’apôtre Paul. EL si la femme se détourne de son mari et lui dit : « Tu n’entreras plus chez moi », comme le roi Hammourabi l'avait prévu deux mille ans avant Paul, que faut-il faire? « Il convient de savoir si elle est coupable »? Non, ces paroles tracées sur

le sable se sont eflacées.

Tout le mystère de l'amour — mystère divin des Deux — nous l'avons ramené à la « Belle Hélène »,

aux « droits de la femme », à la police des maisons publiques. Les feux célestes du sexe se sont éteints, et les feux terrestres de la prostitution se sont allumés. Notre civilisation chrétienne rappelle la Prostiluée de Babylone plus qu'aucune civilisation païenne. « Dieu dans les entrailles de la femme », c’est pour nous une abomination. Dieu est parti, le démon est venu. Notre civilisation, par essence, est asexuelle, parce qu'athée, et cela ne lui sera pas pardonné : « l'amour refroidira », descendra en enfer, et la terre sera vouée à la malédiction de la stérilité.

Les greniers à blés furent épuisés...

Les hommes affamés dévorèrent les hommes...

La mère apprèta son enfant pour son repas...

La seconde Atlantide périra comme la première.

Que signifie l'adoration babylonienne du kteis) Que signifie la chastelé, l'intégrité du sexe — l'intégrité de la personnalité — en tant que chemin menant à la résur rection? En vérité, il faut la tempête silencieuse du sexe,

Page 1