BA LN'LONE
plus grande que toutes les tempêtes sociales, que toutes les révolutions, pour que nous le comprenions.
€ Chaque femme née dans ce pays doit, au moins une lois dans sa vie, entrer dans le temple d’Aphrodite pour se donner à un étranger... Dans l'enceinte du sanctuaire sont ménagés des passages séparés par des cordes; les étrangers les parcourent et choisissent les femmes qui leur plaisent. La femme qui a pris place dans l'enceinte ne peut s’en aller avant qu'un étranger ait jeté de l'argent sur ses genoux el se soit uni à elle en dehors de l’enceinte. în jetant l'argent il doit dire : « J’appelle la déesse Mylitta! » Et, si maigre soit le don, la femme ne peut refuser : cela lui est interdit par la loi, car ce don est sacré; elle suit le premier qui lui jette de l'argent !, »
Hérodote raconte cela sans condamner ni approuver ; mais déjà, comme nous, il n’y comprend rien. Qu'estce donc en effet? « Prostitution sacrée »? L'union de ces deux mots est une absurdité et un blasphème, mais nous n'avons pas d’autre expression.
La prostitution est le suicide sexuel de la femme. La proslituée vend son corps et garde l'argent. Mais ces femmes et ces filles de Babylone, si généreux ou si maigre soit le don, le rem2ttent à la déesse, et la corde tendue entre les passages les rend toutes égales, riches ou pauvres, nobles où humbles. Il ne peut même pas y avoir de désir, au sens grossier du mot, du moins de la