‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 177 sur 198 · Hénonore, E · texte numérisé non relu

Hénonore, E

er S

part de la femme : ce n’est pas elle qui choisit l'homme,

Une fois dans leur vie, toutes les femmes et les filles de Babylone sont consacrées à la déesse Mylilla, ét cerlines d’entre elles le sont pour toujours. Celles-ci demeurent à l'intérieur du sanctuaire, dans des cellules, comme des recluses, et sont nommées pures, kadistu, saintes, lede$a, fiancées de dieu, enitu. Leurs lois sévères rappellent celles des Vestales romaines ou la règle des couvents de femmes au Moyen Age. La ville d'Ourouk (Erech) est la cité sacrée des kedesa, des prostituées de la déesse I$tar qui est elle-même la Kedesa, la Prostituée des dieux.

Le roi Hammourabi légiférait sur la prostitution sacrée en même lemps qu'il édictait la loi sur la liberté des femmes dans le mariage et l'égalité des époux, loi qui n’a rien de comparable dans notre civilisation chrétienne.

Non, réellement, nous n’y comprenons rien.

Pour nous, l’unique sens du sexe, c’est la procréation. L'homme naît pour engendrer el mourir; la personnalité est mortelle, l'espèce est immortelle : c’est l’ordre naturel existant, nous le tenons pour nécessaire et nous n’en cherchons pas d'autre.

Babylone cherche: déjà elle pressent confusément qu’il y a dans l’amour sexuel quelque chose d’inutile pour la race impersonnelle, mais de suprêmement précieux pour la personnalité humaine, que pour l’homme la loi de la nature qui édifie l’immortalité de l'espèce sur les ruines

de la personnalité mortelle est une iniquité, et que cetle loi existe, mais ne devrait pas exister. Et l’homme se révolte. C’est de cette révolte encore aveugle, criminelle, obscure, mais déjà prophétique, qu'est né ce que nous appelons la « prostitution sacrée ».

Tout être humain doit, une fois au moins dans sa vie, s’arracher à la chaîne des naïssances-morts ; une fois au moins dans sa vie tout homme doit s'unir à une femme el toute femme à un homme, mais non pas pour enfanler, puis mourir. Lorsque l’homme dit : « J’appelle la déesse Mylitta », la femme est pour lui Mylitta elle-même, et le voile de la pudeur tombe de ses flancs comme de ceux mêmes de la déesse I$tar au fond de l'Enfer ou de la « Fiancée de Dieu » au sommet du Zikkurat. Et l’hôte fortuit, l'étranger, entre chez elle comme le mystérieux Messager à la fleur blanche.

Il entra et je n’ai pas eu peur,

Je n’ai pas eu peur du Rayonnant.

[IL m'est comme un frère... Je ladorerai, Mon frère, messager du Très Haut :

Il m'a donné une fleur blanche.

« Et le roi Josias détruisit les maisons des prostituées auprès du temple du Seigneur, où les femmes tissaient les vêtements pour Astarté. Et les hauts lieux qui furent élevés par Salomon, roi d'Israël, il les souilla et il en couvrit l'emplacement d’ossements humains ”. »

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