DES DEUX
Il ne fut pas pardonné à Gilgamès. Le héros cherche la vie éternelle et trouve la mort, Le châtiment du blasphème, c'est Pathéisme, et celui de l’athéisme, le néant du monde, le « fond du pot aux rogatons impurs ».
Mais dans le blasphème, comme dans la vénératon, le sexe est uni avec Dieu; celui qui est contre le sexe est contre Dieu.
Le sexe est lié à la personnalité en ses deux pôles : la reconstitution, l’accomplissement de la personnalité, c’est la résurrection. Mais la personnalité sans le sexe, le mystère de l’Un sans celui des Deux, ne peut s’accomplir. Voilà pourquoi Gilgamès ne trouve pas la vie éternelle. La déesse [star est « celle qui ressuscite les morts », mubali-tal-mili, et il Va repoussée.
La déesse de l'amour aurait pu lui répondre ce que l'Esprit de la Terre répond à Faust :
Du gleichst dem Geist den du begriffst, Nichl mir !
Tu ressembles à l'esprit que Lu as compris, Mais non à moi !
Gilgamès fait le compte exact des souffrances et des crimes de l'amour, mais il n’en réclame pas le prix là où il faut. Le sexe est maudit, défiguré, souillé, mais non par Dieu — par l’homme. La déesse IStar descend au fond de l'Enfer humain, et les hommes clament vers elle :
: Es ! ? ! ‘ qu'as-lu fait de nous? Mais elle pourrait leur répondre : qu'avez-vous fail de moi, vous ?
Divina Astarle..… hominum deorumque vis, vila, salus, Rursus eadem quæ es pernicies, môrs, interilus. O divine Astarté..…. vie, force et salut des hommes et des Tu en es aussi la mort, la ruine et la perte! ! [dieux, Les hommes choisissent eux-mêmes la vie ou la mort dans l'amour — dans le sexe. Ils ont choisi la mort, et le sexe meurtrier dévaste la terre comme le « Taureau au souflle de feu ».
Je prononcerai lon jugement, Ô prostituée,
Et il ne changera jamais.
Voici : de la malédiction la plus lourde je te maudis ! Ta maison sera la rue,
Ton refuge, l'ombre du mur,
Par la fatigue tes pieds seront meurtris.
L'ivrogne et l’homme sobre te frapperont aux joues. Parce que tu m'as voué à l’affliction
ën natllirant de mes champs vers la ville ?.
C’est ainsi qu'Engidou, la bête-dieu, maudit la courtisane de la déesse I$tar. « Je prononcerai ton jugement, prostituée », commence Engidou, et Saint Jean, à Pathmos, achève : « Ton jugement est venu... Elle est tombée, elle est tombée, Babylone, la grande Prostituée* ! »
1, Praure : Mercator, IV.
>. Guicanis, VII, 125-142