‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 33 sur 198 · Poucukine · texte numérisé non relu

Poucukine

XLVITI

Memphis et Héliopolis sont plus près de l'avenir, plus € apocalyptiques » que toutes nos cités contemporaines. Les aiguilles de pierre des obélisques sur les places ‘de Constantinople, de Rome, de Paris, de New-York et de Londres sont d’éternels jalons sur la route de l'humanité, sur la route de l’Atlantide vers lApocalypse.

XLVIIT

Lorsqu’aux jours les plus noirs de la terreur bolcheviste, en décembre 1918, dans les salles non chauffées de la Bibliothèque nationale de Pétersbourg, où l'encre gelait dans les encriers, je feuilletais les énormes volumes de l’Expédition de Bonaparte, de Champollion et de Lepsius, avec les planches des dessins et sculptures égyptiennes, je n'y aurais rien compris si là même, à côté de moi, je n'avais vu s’accomplir « l’Apocalypse de nos jours ».

Je me rappelle, dans mon enfance, sous le ciel vert et transparent d’un jour de février, au-dessus de la nappe brumeuse et blanche de la Neva, les faces de granit rose, poudrées de givre, des Sphinx. Avec quelle avidité les contemplais-je ! Comme je voulais savoir à quoi ils songent !

Et aujourd’hui encore Je voudrais le savoir, savoir ce qu’ils pensent de tout ce qui se passe autour d'eux. Leurs

pr

LA! AUITEUEN ÉGYPTE 91

1 i us les yeux de pierre ne voient-ils pas plus avant que to : à dia yeux vivants dans le mystère de l'avenir!

La fin de l’Atlantide, le commencement de pes c’est la fin du premier monde et le a “ second. L’Apocalypse, c’est la fin du second É e co ; mencement du troisième, car en trois mondes s’accomp

le mystère des Trois.

\ s d ï Que l'Égypte soit la seule voie vers ce mystere, à 7 ñ . . 5 , " r le comprendrons un jour si le Christ n’est pas mo

dans nos cœurs. LA Me Et voilà ce que signifie notre fuite en Egypte.

« z- ï Ï a “ie vous, Chatov, des minutes d'harmonie éter nelle : l 4 : e?... Il y a des secondes, cinq ou six à la fois, pas avantage, où vous sentez soudain la présence de l'har monie éternelle parfaitement atteinte. Ce n’est pas senti si] i :

ment terrestre ; je ne veux pas dire que ce soit quel que chose de célest i ; a este, mais que l’homme sous sa forme errestr ' i . e ne peut le supporter. Il faudrait qu’il changeât Re ou mourüût. Îl est clair, ce sentiment, et in ne i isculable. C’est comme si vous vous sentiez soudain en co ai avec toute la nature et disiez: oui, c’est vrai. il créai Fe ieu, lorsqu'il créait le monde, disait à la fin de pe ; : mn nn des Journées de la création : « Oui, c’est vrai « c’est bien ! » C’est ; de FR 1 est... ce n’est pas de l’attendrissement e n'est que de la joie toute simple. Vous ne RATE rien ni 1 dE qu'il n’y a plus rien à pardonner. Ce n’est as de l’amour L i $ our. Oh ! c’est plus sublime que l'amour! Et e plus terrible en tout cela, c’est it si si ot ) que ce soit si simple, et que cela donne une telle joie. L'âme ne pour rai k i # la supporter plus de cinq secondes : une de plus et * RÉEL E e en mourrait, disparaîtrait. Je vis toute une vie en ces j i cinq secondes et je donnerais pour elles toute ma vie

car elles la valent. Pour supporter dix secondes, l’homme devrait changer physiquement". »

Certes, ni Kirillov ni Dostoïevsky lui-même ne soupconnaient qu'ils touchent ici au plus profond mystère de l'Égypte.

L’épileptique et démoniaque Kirillov se trouve centre même de ce cyclone tourbillonnant d’où sortira un jour la révolution russe el peut-être universelle, l’«Apocalypse de nos jours », la fin du monde. Ce n’est qu'à travers cette fin que nous comprenons le commencement du monde, à travers cette « tempête de démons » que nous comprenons le calme, la sérénité divine de l'Égypte.

au

Dans le Service journalier célébré dans chaque temple égyptien etdivisé, pareillement à nos offices, en « heures », à la première heure de la nuit, le prêtre qui lit les prières des morts asperge de l’eau vivante du MNoun — le Nil céleste, l'Océan primordial — le corps du dieu mort, la momie d’Osiris, fait brûler des aromales et prononce quatre fois :

Le ciel s’unit à la terre! »

La grande pleureuse (quatre fois). — Joie céleste sur la terre !

Le prêtre. — Dieu vient ! Glorifiez-le !

La grande pleureuse (en frappant le tympanon). — Joie

céleste sur la terre!

Toute l'Égypte est là, parce qu’elle est tout entière la

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