‹ Les Mystères de L'OrientChapitre 78 sur 198 · MADRUS CET UNE TS TRRE DES DIEUX OI · texte numérisé non relu

MADRUS CET UNE TS TRRE DES DIEUX OI

l'oflice divin, lorsque je me trouve près de l'autel du Seigneur », écrit le père Oustinsky, un pieux prêtre russe orthodoxe, véritable chrétien, « en qui il n’y a nulle malice », à Wassily Rozanov, le seul penseur peut-être qui, durant deux mille ans de christianisme, ait soulevé la question religieuse du sexe.

« Que les époux mettent au chevet de leur lit l’image de la Sainte Vierge avec une veilleuse brûlant nuit et jour, et que la sainte Face les contemple de près, même pendant l'acte sexuel. » C’est ainsi que Rozanov poursuit la pensée du père Oustinsky. Mais ce n’est pas Sans motif que celui-ci ajoute : « Que lon n’aille pas qualifier mes paroles de blasphème ». Quel blasphème pourrait-il donc y avoir, si le mariage est un sacrement et si la parole du Père : «© Les deux ne seront qu’une seule chair, » est répétée par le Fils?

Oui, il en est ainsi dans le dogme, mais non dans la sainteté. La sainte Face contemplant l’acte sexuel, ce n'est même pas un sacrilège, mais un transcendant manque de goût, une confusion de deux ordres, une dissonance aussi insupportable à Poreille métaphysique que l’est à l’oreille physique le grincement d’un clou sur du verre.

« Je dois dans l'acte sexuel me tenir devant Dieu. » Je le dois, ma raison en tombe d’accord, mais je ne le puis, car loule ma chair, tout mon être physique proteste. Non, on ne pourra jamais unir ces deux feux : l’un d'eux doit s'éteindre, ou le feu du sexe, ou celui de la sainteté.

L'homme est un animal pudique. Mais qu'est-ce que la pudeur? D'où vient-elle C’est par le mystère de Ja pudeur que, dans l’essence même du sexe, est posé le problème de son origine surnaturelle. C’est une énigme

que Dieu nous a donné à résoudre.

La face d’Istar, déesse assyro-babylonienne de l'amour, est recouverte d’un voile avec cette inscription : « Celui qui soulèvera mon voile mourra ».

La pudeur est le voile de la Face Divine dans le sexe.

« Et le Seigneur appela Adam et lui dit : Où es-tu? Etil répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur parce que j'étais nu!. »

Voilà de quelle source profonde vient cette peur de la nudité, peur transcendante du sexe — Ja pudeur. « Les deux ne seront qu'une seule chair », est-il dit avant le péché originel; mais lorsque l’homme tomba dans le péché, le voile de la pudeur tomba aussi sur lui, et il ne sera pas enlevé jusqu'au jour où lPhomme « verra un nouveau ciel et une nouvelle terre ».

C'est là seulement, à celte profondeur, en ce premier point, que se rencontrent les deux Testaments; mais

ensuite, plus ces deux lignes se prolongent, plus elles

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