IV. — LES ORIGINES ET LES FINS
La vie partout sur les Planètes.
Ainsi donc, c’est là une loi éternelle, universelle, que partout où la vie est devenue possible sur une Planète, l’Esprit forme d’abord des Etres étbérés, dans tous les milieux, terres, mers, airs et surface terrestre. La mer dut donc être peuplée d’abord d’Etres marins étbérés. Puis, dès que la vie sous la forme matérielle devient possible, les Etres sont matérialisés, tour à tour, et successivement, selon les conditions vitales où vont se trouver ces Etres.
L’Esprit Intelligent, source inépuisable de vitalité, est partout et pénètre partout. Il s’empare des substances convenables, dans tous les milieux où la vie est devenue possible, afin de jouir de la Terre et de sa matière, sous toutes les formes possibles d’Etres, dont les patrons sont arrêtés de toute éternité. Il faut que l’Esprit organise et anime les substances convenables, pour prendre possession de son domaine terrestre. C’est par ces milliards d’yeux et de bouches des Etres, s’unissant et multipliant, que l’Esprit règne sur notre Globe. 11 a du se servir des substances diverses terrestres, qu'il avait à sa disposition, et qui ont déterminé la forme et la mentalité des Etres qui en étaient composés.
L’Esprit ne doit pas être le maître de ne pas créer, car il se soumet aux lois naturelles de sa propre formate.
LES MYSTKItKS DE lYnIVEHS
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liôn. C’est ainsi que sous les pierres humides, dans les bas fonds, les marais fangeux, les K-1res immondes, formés de ces substances inférieures, sont forcés (l’apparaître si la vie y est possible.
Nous savons à peu près quelles sont les conditions favorables à la vie des Etres matériels. Nous savons qu’au-dessus de 100°, et au-dessous de zéro la vie des Etres matériels est presque impossible, parce que nous n’en rencontrons pas, par exemple, pouvant vivre dans l’eau bouillante, ou par les grands froids, qui gèlent les liquides organiques. Ces températures ne sont que des limites approchées. Mais nous ne savons pas du tout, si la vie des Etres éthérés n’est pas possible dans les foyers de haute température comme le Soleil, ou dans les froids des espaces cosmiques.
Comme la vie ne peut naître de la mort, ou de matières inertes, j’ai été conduit à admettre qu'elle pouvait exister dans toutes les conditions possibles, par où passe la matière. Gela est une conséquence de la base de ma philosophie qui est (pic l’Esprit coexiste dans la matière de toute éternité. Je puis ajouter, et quels que soient les états par lesquels passent les matières. S’il n’en était pas ainsi, la Terre après avoir subi les c fiel s d’une haute température serait restée déserte, tous les germes vitaux ayant été tués.
Au moyen des germes éthérés qui subsistent dans l’Esprit qui accompagne la matière, la difficulté est levée. L’Esprit source naturelle de toute vie, se charge d’organiser les Etres sous la forme élhérée d’abord. Puis la création matérielle vient ensuite. Telle est en résumé, la source éternelle et inépuisable des énergies vitales, qui peuplent les mondes innombrables des espaces célestes et leur permet des habitants sous forme éthérée ou matérielle.
Le Disciple. — Maître, vous m'avez promis une légende sur la pomme et le pêché originel... Je serais heureux de la connaître.
Le Maître. — Certains philosophes nient la possibilité des révélations divines, qui sont la base de toutes les grandes religions. Ils disent, avec raison, que Dieu ne saurait se tromper; et ils se basent sur les contradictions que renferment les révélations des textes sacrés, pour appuyer leur opinion. Ces philosophes ont raison; mais si au lieu de les attribuer à la Divinité ils avaient songé à les faire émaner des Intelligences ou Entités occultes qui inspirent souvent les vrais prophètes, ils auraient été dans le vrai.
Les Esprits créés et leur intelligence ne sont pas infaillibles, parcequ’ils ne sont que des créatures éthérées. Ils peuvent donc avoir des opinions personnelles qui varient selon les lieux et la race des Esprits qui font des révélations.
Si ces révélations sont mensongères, elles peuvent recéler une part de vérité, cachée souvent sous des formes symboliques ou paraboliques, que les humains ont de la peine à interpréter. Les révélations et les légendes révélées par les Entités occultes peuvent donc offrir de l’intérêt. C’est à ce titre que je vais raconter cette légende, déjà résumée dans mon journal.
Légende.
En ce temps-là, les Esprits se promenaient dans les jardins terrestres, peuplés d’animaux divers. Ils ne les craignaient pas, car leur nature éthérée les mettait à l’abri de leurs atteintes. Mais un travail s’opérait en eux, et ils enviaient le sort des bêtes qui paraissaient prendre tant de plaisir à se nourrir des produits de la Terre.
Dans cos dispositions d’esprit les plus sages d’entre eux disaient :
« N’imitons pas les animaux qui mangent les herbes et les fruits des arbres et de la terre, car leur vie est courte et ils engendrent dans la douleur... Nous serons comme eux si nous les imitons... Les bêtes n’avaient pas notre raison, et leur sort a été fatal î Continuons, persévérons dans notre abstinence; car il est écrit : l’Etre qui s’est formé un corps des produits de la Terre, en les mangeant, devra mourir, pour rendre à la Terre ses emprunts. »
Rien n’v lit, et telle était la force du désir des Esprits, qui voulaient connaître le goût des fruits qu’ils admiraient, que tentés par une irrésistible gourmandise, ils goûtèrent et se mirent à manger des fruits. C’est ainsi que divers couples d’Esprits se laissèrent tenter sur diverses régions du globe. Leurs corps légers s’épaissirent sous reflet de cette nourriture, et ils remarquèrent avec joie que leurs forces sur la matière augmentaient. Ils perdirent leurs facultés d’Etres éthérés, et furent obligés de se défendre contre les animaux. Enfin, tout ce qui leur avait été prédit arriva, et pour avoir mangé les fruits matériels, ils engendrèrent dans la douleur et périrent quelques années après, afin de rendre à la Terre les substances qui leur avaient été défe ndues.
Telle fut la punition des Esprits à forme humaine,qui en différents lieux du globe avaient cédé à leurs tentations irrésistibles. Mais pendant ce nouvel état de leur corps, ces premiers humains matérialisés engendrèrent des enfants qui étaient comme eux, et avaient des corps matériels semblables à ceux de leurs parents. Crande fut leur consternation.
A cette époque qui se perd dans la nuit des temps,les
Esprits éthérés continuaient à avoir commerce et communications constantes avec les nouveaux humains. Ceux-ci les consolèrent, en leur disant que ce qui était arrivé était fatal, car l’heure était venue de peupler la Terre d’humains matériels, afin de prendre possession de cette terre matérielle et d’en tirer toutes les jouissances possibles. Ils dirent aussi : « Dieu l’a voulu ainsi ; mais sachez que si, par votre mort, vous rendez à la Terre ce que vous mangez, votre âme débarrassée du poids de ces matières, et restant unie à votre Esprit, reprend rasa forme primitive, après cette mort apparente. »
Telle est cette légende que les plus antiques générations se sont racontées et qui a été transmise jusqu’à nos jours, plus ou moins déformée. On y retrouve facilement celle de la liiblc, où Adam et Eve sont tentés par le démon, qui les engage à manger la pomme, ou fruit de l’arbre de la science, qui sera la source de tous leurs maux. Satan représente symboliquement nos passions, nos désirs qui nous poussent à faire mal.
Il serait intéressant de rechercher le rôle de la Divinité dans ces opérations de matérialisation des Etres. Il faut supposer que les futurs humains éthérés,malgré leur raison, n’ont pas eu le choix d’accepter ou de refuser ce nouvel état. Il a du être procédé pour eux, comme pour tous les autres animaux. Il faut donc considérer cette seconde création, sous la forme matérielle, comme le résultat d’une loi naturelle qui doit s’accomplir, lorsque l’heure est venue.
Les humains ne peuvent que difficilement reconnaître dans la Divinité un Etre, parce que cet Etre diffère totalement des Etres créés. En outre la mentalité divine est infaillible, fatale et suit le destin, créé par tous les événements antérieurs accomplis, car tout s’enchaîne étroitement avec ordre et harmonie.
Nous ne pouvons admettre qu’un Etre infaillible réfléchisse sur ce qu’il aura à faire, ou sur ce qu’il va faire. Dieu doit penser et agir en meme temps, car réfléchir serait supposer qu’il pourrait prendre une voie ou une autre, ou qu’il peut même se tromper. La f atalité du Destin le dispense donc de réflexions. Il pense et agit aussitôt, en accomplissant les actes nécessaires à la marche de l’univers, tels qu’ils sont réglés par les lois naturelles. Or, la sentimentalité, la pitié, la charité;* la moralité, etc., sont forcément exclues de la mentalité divine qui applique constamment des lois naturelles.
C’est ce qui fait que les humains malheureux nient et renient cette Divinité qui consent à ce qu’ils souffrent autant, malgré toutes leurs prières. C’est que les lois naturelles ne sont pas tendres pour les faibles et les vaincus de la vie.
Divinité et Esprits.
Ces lois soutiennent les forts et achèvent les faibles. Quant aux Esprits créés, ils sont également durs pour les humains; mais déjà leur mentalité leur donne des faiblesses, des défauts et des qualités,qui permettent aux humains de les apprécier un peu. Cependant les médiums savent combien les Entités occultes sont fantasques, capricieuses et souvent malveillantes. Je crois qu’on peut affirmer que les Esprits sont bien rarement accessibles à la pitié, qui est un sentiment profondément humain. Ce sont toutes ces raisons qui font que quand nous avons à faire à des Intelligences dont la mentalité diffère beaucoup de la nôtre, nous nous y perdons, nous restons perplexes, et nous ne voulons plus que ce soit un Etre réel, qui manifeste des sentiments ou qui agit si différemment.
En ce qui me concerne personnellement, jamais je
n’ai |)ii me consoler de n’avoir pu obtenir de ces Entités occultes, la plus petite marque de bienveillance,alors que je les sentais et les entendais craquer et faire gémir les meubles autour de moi. C’est cette manière extraordinaire de faire, que j’ai peinte dans cette phrase ; J’écrivais: Un médium, en rapports constants avec l’occulte, pourrait s’appuyer le canon d’un révolver sur la tempe en disant : Chers Esprits, je vous en conjure, veuillez me faire la faveur de produire trois craquements, ou bien je me tue de suite.
Eli bien ! je reste convaincu que les Entités occultes qui tout à l’heure craquaient, le touchaient, remuaient, etc., ne fendent entendre aucun craquement, et que les Esprits le laisseraient se tuer. Ce qui veut dire clairement que les forces intelligentes occultes, quelles qu’elles soient, ne connaissent pas le sentiment de la pitié.
Alors ce médium désespéré, malgré tous les faits constatés, se refusera à croire qu’il ait à faire à des Etres réels aussi méchants, et il les reniera; puis finalement les niera. Et si la mentalité des Entités occultes diffère déjà autant de celle des humains, qu’cst-ce que cela doit être pour la Divinité!
Ce sera encore par le même raisonnement et la même orientation des sentiments humains vers la justice, qu’un condamné à mort, qui est innocent néanmoins, et souffre dans sa cellule la veille de son exécution, s’écriera : « Dieu Juste et tout Puissant, ayez pitié d’un innocent, de sa femme et de ses enfants. Mon Dieu, si vous existez, laisserez-vous s’accomplir cette iniquité, et que ma tête tombe sous le couteau de l’échafaud! » Et quand il va être enfin guillotiné, ayant toujours conservé cet espoir (pie son innocence sera reconnue, il se désole,écume,puis blasphème selon son
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LES MYSTÈRES DE 1,'üMVKRS
tempérament; enfin il nie Dieu qui permet cle pareilles injustices.
Il faut considérer la Divinité, comme un Maître ou un Juge absolu, qui n’écoute pas les plaintes des humains, mais qui, les lois naturelles en main, se borne à appliquer rigoureusement ces lois naturelles et décrets du Destin Fatal.
Cependant, il faut admettre que la Divinité intervient, pour assurer Tordre et Tharmonie de la marche de l’Univers.
En ce qui concerne notre Planète, je suis convaincu (jue la Divinité intervient directement ou indirectement dans Tordre spirituel, qui dépend de son Intelligence divine. Il peut intervenir indirectement au moyen des Puissances occultes, des Entités ou Esprits créés, que la Divinité a interposés entre les Etres matériels et sa Personnalité limitée à notre système Planétaire. C’est ainsi que j'ai admis que les systèmes planétaires étaient des régions de l’univers où la Divinité, où l’Esprit universel, exerçait ses facultés.
Si par exemple le Soleil est le centre d’activité où réside une parcelle de la Divinité, il en sera de meme de chaque Planète, où s’exercent les facultés divines. On pourra donc considérer au moins symboliquement chaque Planète, et chaque astre, comme ayant son Génie directeur particulier. Mais, je le répète, ces grands Génies directeurs seront tous de même nature.
N’ai-je pas dit, en efTet, que la Divinité Universelle n’était que la réunion de tous les centres d’activité de cette Divinité, un Esprit Universel, formant des sortes de cellules divines actives, toutes semblables entre elles, et se répétant à l’Infini?... De telle sorte que l’Esprit directeur de Sirius est le même, ou de même nature, que celui de notre Soleil. Et tous ces
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centres d’activité, sont réunis entre eux, par l'éther cosmique, jouant le rôle du corps de la Divinité Universelle.
Que peut être l'homiue, en face d’une Divinité aussi Colossale et aussi Inconcevable? Je conçois les humains à la recherche de dieux plus petits qui soient à leur portée. Je comprends les anciens créant leur Olympe, avec des personnages ayant les passions, qualités et défauts des humains, compris par eux et accessibles à notre pauvre humanité,avide d’idéal !... Qu’est-il résulté de toutes ces aspirations religieuses? C’est que les Esprits créés ont pris la place de l’Esprit primordial ou de la Divinité Universelle.
Origine des religions et sur la création.
Il me paraît bien difficile aujourd’hui de nier l’existence des Puissances occultes ou des Entités avec lesquelles nous sommes mis en rapport grâce aux facultés des médiums. S’il en est ainsi, comme Kant, et beaucoup de savants philosophes l’admettent, ces Entités occultes, afin de combler ces aspirations religieuses, vers lesquelles toutes les nations se trouvaient attirées, ont inspiré des prophètes, ou suggéré l’idée des prêtres, des théogonies et théocraties diverses.
Des révélations, des miracles médianiques confirmateurs, ont été recueillis, et sont devenus le point de départ des idées religieuses inspirées par les Entités occultes. C’est pour ces motifs, je suppose, que nous constatons dans les séances médianiques, que les Entités occultes s’occupent beaucoup des questions religieuses et qu’ils combattent ou approuvent telles ou telles théories qui leur sont chères ou antipathiques.
Pour moi, je ne vois pas d’autre origine aux révélations et aux religions qui en sont résultées, avec un
LES MYSTÈRES DE l’uNIVERS
cerlain fond de mystification, que possèdenl les EntiLés occultes, lorsqu’elles ont affaire aux humains. J'en donne vingt exemples, dans ce Journal, tirés de communications médianiques (pie des saints ou des saintes clairvoyants ou jouissant de la clairaudience, reçurent pendant le cours de leur existence. Quand tel Esprit se disant le Christ, annonce la peste, la guerre ou la famine aux humains qui désertent ses autels, on ne peut s’empêcher de sourire et de reconnaître une mystification. Du moment que cela était utile au temporel de l’Église les évêques 11e manquaient pas de proclamer que les anges étaient les auteurs de ces révélations et ainsi de suite.
Une faut pas nous étonner de ne pas trouver la morale dans les lois naturelles, car elle est d’invention humaine dans l’ordre spirituel, au même Litre que nos inventions matérielles dans l’ordre matériel. La morale est due à la perfectibilité humaine, et elle est un résultat de notre civilisation. La morale 11’a rien d’absolu, car nous voyons de nos jours, des peuples accepter ce qui offense notre moralité (mœurs orientales)...
Si nous remontons dans l’antiquité nous voyons qu’en Egypte, ou en Grèce, des Lais, des Pliryné et autres courtisanes, étaient presque reines, par leur puissance et leurs richesses. — La prostitution sacrée a existé en Égypte et autres lieux, et des Inipéralrices célèbres de Lous les temps, 011L donné l’exemple des débordements de Loute nature. Il est donc probable que la mentalité occulte se rapproche surtout des lois naturelles, et d’1111 absolu que nous ignorons.
Il est bien difficile d’apprécier la mentalité des Entités occultes, car nous ne savons d’elles, que ce qu’elles nous montrent. Il semblerait cependant que ces Êtres mystérieux ont toutes les passions humaines;
et que l’échelle de leur intelligence descend au-dessous de celle des hommes, chez certains Etres, et dépasse aussi de beaucoup notre humanité chez les Entités élevées.
Les races qui furent matérialisées sous la forme humaine semblent avoir été choisies entre ces extrêmes et c’est peut-être là, (|ue l’intervention divine s’est manifestée. Il doit exister, en effet, dans le inonde occulte, un nombre considérable d’Etres éthérés qui n’ont pas leurs correspondants matérialisés. Mais ces considérations n'ont qu’un rapport éloigné avec mes conceptions, et je vais achever ce qui se rapporte à la création des humains et des animaux, ce qui est la même chose.
J’ai déclaré que j’étais convaincu que tous les Êtres vivants, y compris l'homme, avaient été matérialisés adultes et en état de pourvoir à leur nourriture et besoins. Je veux dire que l’intelligence qui a présidé à la création, n’aura pas placé dans les régions polaires des Etres incapables d’y vivre; pas plus que le Sahara, ou Centre-Afrique n’aura vu apparaître des rennes ou des oms blancs. Celle création n’a pu se faire non plus au hasard, comme si on déposait des Etres vivants au petit bonheur. Par exemple pour les poissons, le milieu aqueux a du intervenir de telle sorte, que les Êtres appelés à vivre dans les eaux, furent, dès le début, et sous la forme éthérée, organisés pour y subsister. Plus tard étant matérialisés, ils se trouvèrent dans leur élément naturel.
Jamais nous ne saurons par quelle progression les Êtres ont passé avant d’être matérialisés. Si nous nous reportons aux séances médianiques, où des Esprits furent matérialisés, nous savons que la matérialisation d’un membre ou d'un Être, peut se produire rapide-
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LES MYSTÈRES DE î/UMVERS
monL. Mais je ne veux pas faire Etal de ces expériences malgré que leur grand nombre leur donne un caractère d'authenticité difficile à leur refuser. Je laisserai donc celle progression dans le doute, rue bornant à indiquer le fait.
Le premier couple humain. Sa reproduction. Sa mort.
Je considérerai, par exemple, le premier couple d'humains adultes, apparu sur la terre, sous la forme matérialisée. Ce couple fut suivi de beaucoup d'autres et de races différentes sur diverses régions du (jrlobe.
Cel homme et cetle femme se nourrissent de végétaux et de fruits divers, comme les autres animaux. S’ils ont froid, ils cherchent à se vêtir au moyen de feuillages, et cherchent un abri pour dormir en sécurité. Je laisse l’homme primitif, dont il serait facile d’imaginer la vie, pour passer à l’accouplement de cet homme et de celte femme.
11 faut supposer (pic ce couple était doué d'instincts qui les guidaient, et qui dans la suite furent remplacés par l’éducation. Ils s’unirent donc charnellement comme les autres animaux.
Comment l’âme et l’Esprit purent-ils se reproduire? Ee corps uni à l’âme, n’est que la demeure de l’Esprit. Le mansprit est donc l’Etre principal logé en nous, et ayant la forme exacte du corps, comme l’âme qui n’en est que la doublure éthérée, monohic par monobie. Donc les organes du corps, de l’âme et de l’Esprit sont superposés. Il en résulte (pie dans l’acte du coït;, la semence est triple et contient les germes charnels du corps, ceux de lame et de l’Esprit. Par conséquent comme il en est de même chez la femme, et le fœtus qui en résultera sera une reproduction de ces trois parties qui constituent le corps humain.
Pour ceux qui réadmettraient que l’existence <le l’âme, § opération serait la même, et s’expliquerait encore plus simplement. J’estime que l’âme ne possède la vie, que parce que le manspritla lui a communiquée, sous la forme vibratoire, étant lui-même foyer de vie et d’intelligence. T/âme est l’un de nos deux sosies éthérés. Elle est notre moi-conscient, parce que toutes les pensées émises par l’Esprit, passent par l’âme et nos organes charnels et éthérés de réception et de perception des pensées. Lame ne peut avoir conscience ([lie des pensées qui lui sont transmises constituant le réservoir de ses souvenirs, et formant la personnalité consciente.
Chez l’homme normal, l’âme et l’Esprit étant fusionnés, le caractère, *à un moment donné, résulte de l’état des pensées de ces deux êtres. L’âme peut donc ne pas savoir ce que l’Esprit pense, tant que les pensées de l’Esprit n’ont pas été transmises à l’âme.
La médiumnité est produite par la désagrégation plus ou moins complète de l’âme et de l’Esprit. Dans les séances hypnotiques, c’est l’âme qui est à peu près annihilée. Je ne veux pas m’étendre davantage sur ces questions que j’ai développées longuement dans mon journal. Je dirai simplement que nous devons toujours considérer les substances éthérées comme étant d’un ordre supérieur aux substances matérielles. Que dans la formation du fœtus, c’est l’Esprit qui contient les lois de forme et de croissance de l’Etre qui va se fo rn ier et grandir, et que ce travail est celui de LEsprit, qui le transmet à Lame qui façonne plus directement les chairs, les organes et les membres.
Je renvoie le lecteur à mes articles sur la formation du poulet dans l’œuf. Par ma conception, je résous ce problème de savoir si ce fut un premier œuf , ou une
première poule , qui fut créée . On voit que ce fut un premier couple adulte qui fut créé et produisit les premiers œufs.
Quant aux plantes, je le répète, je suis convaincu qü’clles ne sont que des constructions effectuées par des monobies végétales, à la façon dont les coraux et les madrépores furent construits. Les fucus, comme les végétaux terrestres, sont un autre mode de construction des monobies végétales. Dès lors, nous entrevoyons l’usure de l’Etre de chair; et la décrépitude des organes, entraînant la déchéance morale et physique; car les organes des perceptions deviennent en mauvais état.
La mort de l'Etre de chair entraîne l’arrêt de toutes les transmissions de pensées de l’Esprit, ainsi que toutes les sensations de l’âme. L’âme n’avant plus d’organes capables de fonctionner, elle ne peut plus rien sentir ni rien percevoir. Le corps ne pouvant plus recevoir aucune pensée, aucune impression, devient immobile. La circulation du sang, les effets chimiques, et les vibrations vitales provenant de l’Esprit ne peuvent plus s’effectuer. Le corps se refroidit, le corps est mort. Mais l’Esprit, par son indépendance même dans le corps, avec lequel il n’est relié que par la substance éthérée de l’âme, n’a pu être atteint par les troubles produits dans son enveloppe charnelle.
Ce premier couple qui avait été matérialisé, va donc perdre par la mort et la putréfaction -du corps, les substances matérielles, cpii le différenciaient d’avec leur état antérieur d’Esprit. En perdant les matières de son corps charnel, le premier homme de la création qui vient de mourir, va retrouver son état primitif d’Esprit, et pouvoir reprendre sa place dans le monde occulte qu’il avait quitté, pour venir faire un stage sur
la Terre, et la peupler d’enfants semblables à lui. Ainsi donc, par cetie conception , la vie future se trouverait confirmée par la façon même dont les humains furent créés.
Ici, je puis placer celle remarque, pour ceux qui ne voudraient pas admettre que les Esprits éthérés s’accouplent aussi dans le monde occulte. Je ferai d’abord observer, que cela n’empêcherait pas ma conception d’être possible et vraisemblable. 11 me paraît que dans les lois naturelles, tous les Etres, quels qu’ils soient, doivent exister sous les formes nulle et femelle, quelles (pie soient les substances dont ils sont formés. Et s’il en est ainsi, car le principe des deux sexes est éternel, il me paraîtrait impossible de refuser aux Entités occultes le bonheur de s’unir et de s’aimer.
En outre, je suis convaincu que les Esprits des jeunes enfants morts en bas âge, continuent à grandir dans le monde occulte, dans leur nouvel état éthéré. Et si les enfants grandissent, je ne vois pas pourquoi les Esprits n’en auraient pas ? N’ai-je pas dit que dans le monde Invisible, les Esprits étaient organisés comme les Etres du monde matériel, et qu’ils existent entre eux aussi matériels (pie nous le sommes entre nous, humains matériels? N’ai-je pas dit que les humains étaient aussi vaporeux pour les Esprits qui les traversent comme des ombres, que les Esprits qui traversent nos murs î En résumé, il n’y a plus qu’à s’habituer à cette idée (pie nos appréciations erronées proviennent de notre nature matérielle, de nos organes imparfaits et de nos sens, qui ne nous permettent de voir et de sentir (pie dans le monde auquel nous appartenons.
Itenversez la question pour les Esprits. Parmi les idées (pie j’ai émises au sujet du rôle de l’humanité et des Etres matériels sur la Terre, je me bornerai à rap-
LES MYSTÈRES DE L’iNIVERS
peler la suivante : « Serait-il possible que les Esprits, zoosprist et autres Etres qui peuplent le monde occulte, ne soient pas organisés pour la reproduction de leurs espèces, soit que leur nature éthérée s’y oppose, soit que leurs organes ou toute autre cause s’y oppose ?
« S’il en était ainsi, la matérialisation des Etres n’aurait pour but que la multiplication des habitants du monde occulte.
« Ne pouvant se reproduire qu’en s’accouplant sous la forme matérielle, les Etres éthérés durent subir cette transformation, afin de multiplier leurs espèces.
« Mais ce court séjour sur la Terre n’est pas long, par rapport à la longue existence que les Esprits, créés par les humains et autres animaux, retrouveront après la mort de leurs corps matériels.
« Si ce que j’avance avait un fond de vérité, la matérialisation des Etres du monde éthéré, aurait été une nécessité, résultant de cette loi naturelle qui ne permet pas aux Etres éthérés de se multiplier par leur accouplement. 11 en résulte que la création matérielle serait le complément obligatoire du inonde éthéré et occulte, forcé de prendre la forme matérielle, lorsque leur heure est venue, afin de permettre à la loi de fécondité, de s’exercer sur le seul terrain matériel où elle est possible. »
Je livre ces réflexions aux penseurs, mais cela ne change pas ma conception dans ses grandes lignes.
De tous côtés clans le monde entier, des Journaux spéciaux relatent les miracles des Esprits, par l’intervention des médiums. Aujourd’hui qu’on ne craint plus pour sa vie en discutant ces questions occultes,
que la liberté de tout dire et de tout écrire, en matières religieuses est acquise, il faut espérer que la vérité ne tardera pas à être connue.
Aurions-nous la chance de revoir de nouveau une nouvelle Ivatie King, c’est-à-dire un Esprit aussi parfaitement matérialisé ? Ce qui m’étonne, au sujet de cet Esprit, c’est qu’au lieu de raconter des récits de son ancienne vie aux Indes, aux enfants de W. Crookes, assis en rond et à la turque autour d’elle, Katie, n’ait pas révélé le mode de vivre des Esprits entre eux : cela eût été infiniment plus intéressant pour les humains qu'elle était venue soi-disant, instruire de la réalité des Esprits.
D’après des relations américaines, Mr Miller, de San-Francisco, pouvait faire venir dans la même séance sept à dix Esprits différents.
Mais il vaudrait bien mieux que le même réapparut souvent, car ces apparitions successives du même Etre constituent déjà un bon commencement de preuve d’identité. Les Esprits seuls peuvent nous éclairer sur la réalité du monde occulte, sur leurs mœurs, leurs lois, leur hiérarchie, et nous faire savoir s’ils s’accouplent et peuvent se reproduire.
Je remarque, que si souvent ces Êtres mystérieux jouent de divers instruments de musique, onne les voit jamais goûter à aucun aliment ou breuvage matériel, dans les séances publiques. Si j'avais eu la bonne fortune d’assister aux célèbres séances de Miss Fl. Cook, j’aurais eu l’indiscrétion de prier l’Esprit Katie de boire ou de prendre quelque aliment à son choix.
Je sais fort bien que l’action d’ingurgiter en apparence toutes sortes de choses, n’aurait pas prouvé grand’chose, car les Esprits ont la faculté de faire disparaître sous nos yeux tout ce qui leur plaît. Un Es-
-.’ttttittùti
prit pourrait donc paraître boire et vider un verre de vin de Porto, et cependant ne pas l’avoir absorbé réellement. Ce sont ces facultés surnaturelles, qui me rendent si perplexe pour apprécier les actes des Esprits. Cependant, j’aurais été heureux de vérifier ma légende de la matérialisation définitive au moyen de la nourriture.
D’après ma conception un Esprit est un agrégat de monobies éthérées, identique à celui de l’agrégat humain; avec cette seule différence, comme je l’ai ex- UU né, que la partie matérielle des monobies charnelles, est remplacée par une substance éthérée (pii tient lieu de chair aux Esprits.
Le cœur de Katie battait et son pouls accusait un nombre de pulsations différentes de celles de son médium El. Cook. Donc son sang circulait, elle respirait, et devait avoir aussi des organes génitaux parfaitement formés.
Peut-être que les Esprits connaissent le danger qu’il y a pour eux à goûter de la pomme, et que s’ils mangeaient, ils ne pourraient plus se dématérialiser. Il serait curieux d’assister de cette façon à la création d’un Etre matériel, venu dans notre monde sous la forme d’Esprit. Mais probablement, qu’aucune de ces Entités ne se soucie de faire chez nous un stage long, qui entraînerait pour elles l’obligation de mourir de nouveau, pour se débarrasser de la funeste matière, qui aurait épaissi leur corps étliéré, au point de le rendre charnel comme le notre.
D’après ces hypothèses, il faudrait supposer que la chair dont le corps de Katie était composé, n’était pas de la véritable chair comme la nôtre, mais en avait toutes les apparences. Si je m’en rapporte au récit d’un témoin, amie de Katie, Mme Marryat, le corps de Katie
LES MYSTÈJŒS I)E l/UNIVEHS
pesait 25 kgs 500 , alors que celui de Kl. Cook pesait le même poids. A Tétât normal Miss Cook pesait 51 kilos, Il y avait donc partage des éléments charnels d’après ces expériences. Mais je n’y attache qu’une légère importance, parce que dans d’autres cas, les médiums paraissent ne pas subir de diminution de poids. Je ne pense pas en effet (pie, quand Mme (l’Espérance se promenait dans la salle des séances, tenant par la main, la belle Népenthes, Esprit qui s’était matérialisé (et donna de beaux moulages de ses mains dans la parafine), cet Esprit ait rien emprunté à la chair de Mme d’Espérance, son médium.
Il est vrai que dans d’autres circonstances, Mme d’Espérance eut le bas du corps dématérialisé, et elle fut même malade à la suite de cette séance.
Je crois qu’on peut affirmer que les Entités occultes ont de nombreux procédés différents pour se matérialiser, et faire leurs emprunts des matériaux nécessaires, ailleurs que sur le médium exclusivement. Pourquoi, par exemple, n’amènerait-on pas un cheval à une séance, auquel l’Esprit pourrait emprunter toute la matière convenable à sa matérialisation.
Ma théorie répond à cette question. En ellet, les monobies éthérées d’un Esprit ne peuvent s’adapter ([ue des monobies (Tune chair identique à ces monobies fondamentales, puisque ce sont elles qui déterminent la formation et le genre des monobies humaines. En Esprit ne pourrait donc pas adapter à ses monobies éthérées constituées comme la chair humaine, les monobies d’un autre animal quelconque. De même un Esprit de chien sera forcé d’emprunter à un chien les éléments de sa chair matérielle, pour apparaître matérialisé. Je crois aussi que, dans d’autres circonstances, les Esprits peuvent emprunter certaines matières inertes ou convena-
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LES MYSTERES 1)E l’uNIVERS
blés, pour épaissir leurs fantômes et se rendre suffisamment solides. Cependant je ne pense pas que les Esprits que j’ai assez souvent touchés, etdontla chair était douce et fraîche, m’aient jamais rien emprunté... Je crois donc que les méthodes doivent varier beaucoup, selon les capacités et les facultés très variées du monde occulte. — Il faut sans doute attribuer plutôt aux facultés des Esprits d’un médium, les pouvoirs différents de ces Etres, plutôt qu’aux facultés personnelles du médium qui est passif, et sans lequel pourtant, rien n’a lieu!.
Pour en revenir aux apparences des chairs des Esprits, je citerai cette expérience de Mme Marryat, consistant à couper avec des ciseaux l’opulente chevelure de Katie. Cette chevelure repoussait au fur et à mesure qu’elle était sectionnée : coupez, coupez toujours, répétait Katie !... Enfin les mèches de cheveux emportées précieusement comme des reliques par les assistants, disparurent aussi, hélas!... Ces expériences, mieux que toutes les photographies du monde, prouveraient encore plus nettement l’origine surnaturelle de cet Etre si gracieux, dont le vénérable-et savant Crookes disait: que se mettre à genoux devant elle, n’eut pas été trop, pour rendre hommage à sa beauté surhumaine !...
11 faut avouer qu'il serait curieux que cette beauté si remarquable, n’ait pas été connue, à Londres, après la fin des expériences de Katie, car elle aurait fait sensation.
Je crois en outre que la jeune fille qui aurait joué le rôle célèbre de Katie, aurait eu bien de la peine à rester muette et à garder un secret si lourd, en présence des sollicitations de toutes espèces dont elle aurait été l’objet.
Comme pour toutes les grandes et célèbres expériences, meme dans l’ordre physique et matériel, il y a eu des détracteurs, mais jamais on n’a pu mettre le faux
Esprit, ayant joué le rôle de Ivatie sous les yeux du savant Crookes. J’ajoute que j'ai tellement confiance dans riionnételé scientifique de Sir \V. Crookes, que je n’hésite pas à déclarer que ce savant aurait reconnu spontanément et publiquement son erreur, malgré ses affirmations antérieures très nettes sur la réalité de l’Esprit Kalie. Au contraire, malgré les attaques virulentes et de mauvaise foi, malgré la Presse le conjurant de dire la vérité, il a toujours soutenu qu’il n’avait pas un mot à changer dans ses affirmations, contenues dans son livre, sur les apparitions de Katie, dont la dernière eut lieu le 21 mai I87/1.
Tous ces phénomènes sont tellement étranges, tellement au-dessus île tout ce (|ue nous pouvons nous figurer, (pie le premier mouvement de tout lecteur est de nier, de nier quand meme. Ne suis-je pas moi-même un exemple frappant de cette classe de gens incrédules quand même, puisque avec toutes les expériences si nombreuses que les Esprits m’ont faites, malgré qu’ils m’aient touché maintes fois et réciproquement, j’en suis arrivé à nier les Esprits, uniquement par colère et dépit, et parce qu'ils ne voulaient pas faire ce que je leur demandais avec insistance. — Donc, malgré le témoignage de tous nos sens, les passions nous aveuglenL, et l’emportent balayant des monceaux de documents authentiques.
Dieu plus, ceux qui ont été les témoins défiants de certains phénomènes, oublient et renient leurs témoignages de la réalité des manifestations, au bout d’un certain temps. Malgré toutes les précautions les plus minutieuses prises, ces phénomènes heurtent tellement nos idées préconçues, (pie six mois ou une année après les séances, ils désavouent leur signature apposée au bas des procès-verbaux.
Tous ceux qui renient les plus belles expériences ont comme moules motifs d’ordre privé, ils ont dû éprouver des déceptions, ou ont mis en doute le témoignage de tons leurs sens.
Ils diront : oui, j’ai bien vu ceci et cela; j’ai touché et été touché dans telles et telles circonstances, mais j’ai dû m’illusionner. On nous a tellement appris à nous défier des illusions et hallucinations, que certains médecins aliénistes ou non se refusent meme à tenter de s’assurer de la réalité des faits.
Des gens, voyant une lourde table s’enlever seule audessus du sol, sans aucun contact des personnages présents, et le médium étant à deux ou trois mètres de la table, ont été jusqu’à dire: oui, j’ai bien vu cela, mais j’ai dû être halluciné. Si on leur montre la photographie de la scène en question prise au moyen de l’éclair de magnésium, alors ils disent : Je vois bien, je reconnais, je... bref, je n’y comprends rien, ou il doit y avoir quelque truc inconnu.
Je tâche de lutter contre cet esprit absurde de dénégation niant tout de parti pris ; mais par moment c’est plus fort (pie moi. Le dépit, les déceptions nombreuses que j’ai éprouvées, les farces, les mensonges, les mystifications de toutes sortes dont j’ai été le témoin et l’objet, m’ont profondément dégoûté du commerce avec mes Esprits... Ce sont eux, en résumé, qui ont forgé de toutes pièces mon opinion sur leur mentalité... Et quel respect, quelle admiration j’avais pour mes Esprits au début ! Hélas, ils se sont chargés de détruire tout cela et mes rêves les plus chers...
A l’heure actuelle, mes manifestations semblent avoir diminué dans une très forte proportion, parce (pic je n’ai pas accepté de me livrer à tous leurs caprices et fantaisies diverses. Mais comment agir autrement, si je
LES MYSTÈ1ŒS DE ï/UNIVERS
suis réellement en commerce avec deux groupes d’Esprits de mentalité opposée ? Je suis bien certain de toujours déplaire à un groupe, quand je plairai à l’autre et vice versa. De telle sorte que ma situation est intolérable...
Dans ces moments de colère je lance ces mots : Tenez, je vous renie, vous n’ètes pas dignes d’exister! Puis plus tard : Non, vous n’existez pas ; vous ne pouvez exister avec une pareille mentalité ! Puis enfin : Non, non, je ne crains plus rien ; je ne crois plus à rien et je vous nie !
J’écris ces phrases, pour montrer que je me rends bien compte du processus de ma pensée, et que je puis l’analyser... Mais chose curieuse, à force de crier que je 11e crois plus à rien, j’oublie peu à peu tout le passé et tout l’acquis.
Mes Esprits, sans doute froissés par mes colères d’enfant qui veut ce qu’on lui refuse, sont de plus en plus réservés, et alors je crie encore plus fort : non, non, vous 11’existez pas !
Tout mon journal est plein de mes gémissements et jérémiades, et j’eu suis arrivé à maudire le sort qui me lit médium à un âge aussi avancé. Et cependant combien grande fut ma joie aux premiers craquements et aux premières visions si belles, qui me faisaient espérer un avenir merveilleux et romanesque, digne du comte de Gabalis. J’en suis arrivé à craindre ce cj ne j’avais adoré et à tout repousser comme étant commerce trop dangereux, et n’olïrant en échange de ces dangers aucun avantage sérieux... Et puis, je le répète, ma situation est unique. Placé entre l’enclume et le marteau, il se trouve justement que les Esprits qui, soi-disant, me protègent, et veulent me sauver (sic) ne veulent m’accorder aucune marque de bienveillance de leur côté.
D’autre part, ce que je recherche surtout, ce sont les
~.ntut tutu
phénomènes nets, forts et puissants, et jamais je n’ai remarqué qu’en écoutant les conseils des soi-disant Esprits supérieurs, j’aie obtenu de meilleurs résultats. Bien au contraire, plus je les écoute, et plus je me conforme à leurs conseils, en repoussant les Entités féminines incorrectes, plus je suis sage et raisonnable et moins j’obtiens.
Comme au début, les Esprits corrects avaient eu l’air de me faire espérer que je n’arriverais haut que par eux, et que je devais repousser et même mépriser les Entités inférieures cpii m’obsédaient, j’avoue que j’ai éprouvé une profonde déception en voyant de nouveau que j’étais encore mystifié. Les Esprits supérieurs me disent qu’il y a un duel à mort, entre eux et ces Entités inférieures sataniques, et déclarent qu’ils me sauvent, et m’ont en ce moment presque sauvé... Et moi de leur répondre :
« Presque sauvé ! Mais je n’en reste pas moins désolé de voir que tous mes rêves semblent s’anéantir de plus en plus. Je suis tellement sauvé, que mes idées de dégoût de la vie me reprennent comme jadis, et que je serais heureux de mourir. C’est à tel point, qu’à certains moments, j’ai pensé aux moyens les plus commodes pour en finir avec la vie.
Voilà mon état d’âme qui n’est guère enviable, et qui me fait déclarer cpie dans mon cas, être médium obsédé est un réel supplice que je ne souhaite pas aux autres... Certes, j’ai appris, j’ai vu et j’ai senti des choses mystérieuses que peu de mortels ont vues et éprouvées... Mais aussi à quel prix ? Ah ! il en serait bien autrement, si ces Entités m’avaient donné quelques preuves
LES MYSTÈ1ŒS DE l/UNIVERS
de leur bienveillance, et m’avaient prouvé qu’elles avaient pour moi de l'affection au lieu de passion !...
Quand on est convaincu que certains phénomènes mystérieux n’ont pour .but que notre perte, et ne sont ([ue le résultat de passions quelconques mauvaises, on est pris de peur, et on lutte contre des Etres, ([lie des imprudents appelleraient bien volontiers, s’ils savaient que cela est possible! Pourquoi faut-il qu’en occulte, tout paraisse incohérent, et contraire aux lois de la logique, de la raison, et même de la moralité ? Il en résulte que le pauvre humain, qui veut raisonner et mettre les faits d’accord avec ses principes et appréciations humaines, n’y comprend plus rien, et ne sait plus à qui se vouer, ni lequel des deux camps, ou groupes (l’Esprit entendre. Et dans le doute, le sage a dit : abstiens-toi !... C’est là où j’en suis réduit, et c’est là ce qui me chagrine, car rien ne m’éclaire sur la voie à suivre...
J’avais toujours espéré que les Entités supérieures, voyant mes efforts, m’eu tiendraient compte, et sauraient m’indiquer la marche convenable. Cent fois, ils m'ont écrit: tous tes doutes seront levés complètement! Hélas, au contraire, tous mes doutes me restent et ils se sont accentués de plus en plus. Devenu perplexe, je n'ose plus écrire mes conceptions, car les bases me manquent eL m’échappent.
Et pourtant, il leur faudrait si peu d’eflorts pour me rendre, si non heureux, du moins plus calme ! Je n’ai plus qu’à attendre, et c’est ce que je ferai; mais j’ai perdu ma foi et toutes mes espérances premières qui nie donnaient du courage pour achever mon œuvre—J’écris sans plaisir, pendant que ma chaise souligne mes phrases par de petits et nombreux craquements...
Mais que veulent dire ces craquements ? Je ne le sais
LE 9 MYSTÈRES DE l’üNIVERS
meme pas ! Est-ce un encouragement ? Cela veut-il dire simplement: Nous sommes toujours là!
Bref, je ne sais rien eL n’y comprends rien !
Remarques et lois et propos de la multiplication des germes ou monobies et de leurs constitutions sous forme d’agrégats de monobies, qui sont les Etres divers. Ames des corps inertes. Leur intelmate.
J’ai dit que tous les corps étaient doubles et composés dans notre monde d’une partie matérielle visible, et d’une autre de meme forme, qui est invisible et en constitue le sosie éthéré.
Cette loi se répète molécule par molécule pour les corps matériels dits inertes. La partie moléculaire éthérée constitue pour eux, ce qui correspond à l’àme cb ez les animaux ; mais les corps inertes n’ont pas d’Esprit.
J’ai appelé intelmate, cette partie éthérée des corps inertes; c’est-à-dire par abréviation, intelligence de la matière, parce que c’est grâce à cette substance éthérée que les corps peuvent exercer leurs propriétés, et qu’ils doivent leur forme et leur aspect. Par exemple, c’est grâce à leur intelmate, que certains corps purs peuvent cristalliser selon des formes géométriques. C’est sur l'intelmate des corps que la chaleur agit, et qui les fait passer de l’état solide à l’état gazeux, car leur intelmate subit l’influence des vibrations de la chaleur. C’est encore à cause de leur intelmate, que dans l’analyse spectrale, les raies des spectres des corps seront brillantes ou obscures, selon que la lumière émise par le corps analysé, proviendra d’un corps solide incandescent, ou liquide incandescent ou gazeux.
Le spectroscope sera l’un des premiers instruments qui permettra d'étudier les substances de Tordre éthéré contenues dans les corps inertes.
.l’arrive à présent aux germes, ou monobies détachées d’un agrégat et destinées à reproduire cet agrégat ou l’Etre vivant qui a produit les germes. J’ai expliqué comment en résumé se fait la fécondation chez l'homme et la femme accouplés.
La semence de l'homme contient des monobies vivantes, qui seront chargées de féconder les ovules ou monobies femelles de la femme, qui se trouvent dans l’ovaire. Le spermatozoïde et l’ovule, ou en tout cas les deux monobies males et femelles qui s’unissent quelles qu’elles soient, fusionnent et 11e tardent pas à se multiplier.
J’ai dit aussi que cetLe multiplication se faisait selon des lois de forme et de croissance dues à l’Esprit et communiquées à l’âme. Je veux dire qu'au début, les monobies constitutives contiennent les lois de leur croissance, de leur processus sous des formes successives et déterminées, de la même façon que les microzoaires des coraux construisent leur arbre de corail.
Ce sont là des facultés des substances; facultés plus ou moins complexes, et du même ordre que celles inhérentes aux monobies humaines, grâce aux germeséthérés de Taine et de l’Esprit qui accompagnent la semence matérielle. Je veux dire que la forme de l’Etre est contenue dans le germe du à l’Esprit de l’homme et de la femme, qui dirige l'opération de la forme et de la croissance. Il 11e faut pas oublier que ce sont toujours les substances éthérées d’ordre supérieur, qui contiennent toutes les faculLés et propriétés de la substance matérielle, et que cette dernière est toujours gouvernée et dirigée par les substances éthérées.
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J’ai déjà exposé longuement les applications de cette théorie si féconde, sur divers types d’Etres, je ne me répéterai donc pas, et le lecteur pourra assez facilement se rendre compte de la façon dont les Êtres se développent et grandissent.
Je rappellerai encore une de ces lois importantes: pour qu’une colonie de monobies, existant sous forme de graine, d’œuf, ou de germes quelconques, puisse reproduire l’Etre ou l’agrégat de monobies qui a produit le germe fécondé, il faut que la température du milieu où le germe se développera, soit égale à celle du corps de l’agrégat ou de l’Etre qui a produit ce germe.
Ainsi admettons que la température du corps de tel oiseau qui a pondu cet œuf fécondé, soit de 39 ° centigrades, il faudra que l’œuf soit à la même température,pour que les monobies vivantes que contient l’œuf, puissent continuer à vivre, à manger, et à former le corps de l’oiseau. C’est-à-dire que les monobies de l’œuf devront être à la température normale du corps de l’Etre que l’œuf doit former.
Cette loi parait évidente; mais cependant il fallait la formuler, pour en tirer maintes déductions. Si l’œuf pourrit par exemple, c’est que les monobies vivantes qu’il contient ne peuvent vivre longtemps à la température de l’air ambiant, si elle est inférieure aux 39 ü dont j'ai parlé. Les monobies de cet œuf pourront rester pendant quelques jours dans une sorte de léthargie due au manque de calorique; mais au bout de peu de temps, elles mourront, et l’œuf deviendra putréfié.
Je ne crois guère qu’un œuf conservé longtemps par des moyens artificiels, tels que la privation de l’entrée de l’air dans l’œuf, puisse prolonger réellement la durée delà vie des monobies de ces œufs conservés. Je pense que dans ce cas on a affaire à une matière organique
LES MYSTÈRES DE l'üNIVEHS 300
quelconque, qui n’entre pas en décomposition, comme une boite de conserves; mais que cet œuf conservé, bon encore à faire des omelettes, ne pourrait pas être couvé avec succès.
Cette théorie montre aussi que les œufs des poissons peuvent arriver à se développer sans être couvés, parce que le corps de leur mère est précisément àla température des eaux dans lesquelles elle les a pondus. Il en est de même des graines des Etres végétaux. Leurs œufs, sont de véritables petites colonies de monobies végétales, qui ont tout ce qu’il faut pour un début de multiplication à la température normale de la terre. Ces monobies sont dans le même cas que certains microzoaires ou infusoires qui restent en léthargie, une fois desséchés. Dès qu’on les met dans de l’eau, immédiatement on les voit s’animer et reprendre le cours de leur vie arrêtée,comme s’ils s’éveillaient d’un long sommeil.
Je ferai remarquer que les monobies des végétaux, qu’elles soient des cellules d’ordre absolument végétal, ou des microzoaires entourés de diverses substances ligueuses et végétales, construites par eux, la théorie de leur croissance et de leur multiplication reste la même.
Dès qu’on met dans la terre une graine, c’est-à-dire une colonie de monobies, celles-ci sont voraces, et commencent de suite à manger d’abord leur propre substance, et ensuite la terre, au moyen des prolongements qu’elles construisent en se multipliant. Les racines seront une colonie nourricière. Obéissant aux lois de croissance et de forme, contenues dans les germes de cette colonie, elles poussent des rejetons hors de terre pour respirer.
Cette plante, dont tous les principes de forme exis-
LES MYSTÈRES DE I.’lJNIVERS
laient en elle dans la substance éthérée, va donc obéir à sa loi, et construire la plante, d’après le modèle inhérent aux facultés de la substance vivante contenue dans la graine. Ce sera une opération analogue à celle de la coquille construite par la substance qui forme les monobies des mollusques. La multiplication se fera en volume en tous sens, largeur et longueur. Dès (pic la plante aura poussé, elle produira des germes, analogues aux graines futures , sous forme de bourgeons . Ces bourgeons ne sont qu’un mode de reproduction sur place de colonies ou d’enfants de la plante, destinés à rester attachés à la tige.
Plus tard quand l’agrégat sera formé, ses monobies construiront des œufs ou graines destinées à reproduire l’espèce en dehors de la famille, et qui pourront germer dans le sol. Pour un arbre, c’est le meme processus <[ue pour les coraux de la mer, dont les monobies construisent les branches de corail, et même des Heurs curieuses, en fixant dans les branches le carbone contenu dans la mer pour le corail, et le carbone contenu dans l’air pour les plantes.
Le fœtus humain se développe d’après les mêmes principes, ainsi que les (tufs d’oiseaux. J’ai expliqué ces cas longuement déjà, et je lie veux pas trop me répéter. Tous les germes des Etres vivants contiennent donc outre leurs germes matériels, les deux germes de l’àme et de l’Esprit de l’agrégat. Ces germes sont donc triples, et c’est ce qui leur permet de croître selon les formes déterminées par la nature de ces germes.
Dans la croissance d’un Être, il faut comme toujours distinguer les facultés inhérentes aux monobies, qui forment des colonies sous formes d’organes et de membres, et enfin les facultés de l’agrégat qui se retrouvent dans la première colonie fécondée de mono-
bies et déterminent toutes les conditions de la croissance et de la forme extérieure de l’Etre.
Cela permet de distinguer le travail d’une colonie ou de l’agrégat entier. On comprend que chez l’animal c’est l’Esprit qui intervient pour la production du fœtus qui reproduit l’Être entier. Ce qui veut dire ([lie comme toujours, les substances éthérées d’ordre supérieur, gouvernent les substances matérielles, les organisent, et les façonnent selon les formes, dont les lois sont contenues dans l’Esprit de l’Etre qui commande la matière et l’âme.
L’âme sert d’intermédiaire entre l’Esprit et la matière. L’Esprit possède la connaissance de l’Etre à construire.
L’Esprit est également constitué par un Etre formé de monobies éthérées comme l’âme, et doit avoir une forme définitive déterminée. C’est lui qui modèle l ame, qui façonne le corps de chair à son image. Cela veut dire que la construction de l’Etre étliéré est toujours en avance virtuellement sur le processus charnel.
Mais le mental de l ame et de l’Esprit peuvent beaucoup (libérer, parce que le mental de l’âme dépend des substances charnelles que les parents ont léguées à leur enfant par leurs germes.
L’Esprit au contraire n’est pas relié intimement avec la chair et peut conserver une certaine indépendance. L’Esprit était en eflèt logé, chez chacun des parents, comme un locataire emprisonné, et nous ignorons ce que peut produire le mélange des deux mentais de l’Esprit, car il s’agit ici de germes éthérés sans nié* lange.
Comme le caractère de l’Etre dépend à la fois de l’âme cl de son Esprit, il en résulte que le mental de l’enfant, résultant de son âme et de son Esprit person-
nels, pourra différer beaucoup de celui de ses parents, ou de celui de ses autres frères et sœurs. J’ai d’ailleurs fait souvent remarquer que la plupart des humains ignoraient la mentalité de leur Esprit.
Pour terminer cette question, je rappellerai le cycle complet de l’existence d’un Etre.Je n’admets pas l'avancement dans la hiérarchie occulte au moyen d’incarnations répétées de l’Esprit d’un mort, dans le corps de divers humains de conditions différentes et cela à titre d’épreuves nécessaires. Qu’une reine «ayant fait des sottises, revienne sur la terre dans le corps d’une cuisinière qui fait sauter l’anse du panier, je ne vois pas en quoi cette nouvelle existence,assez mauvaise encore, pourrait faire monter l’Esprit de cette reine dans la hiérarchie occulte.
Dans toutes les situations nous commettons des fautes et des erreurs en rapport avec ces situations et le milieu social où l’Étre grandit. De telle sorte qu’un humain, élevé au milieu de brigands, et commettant des crimes n’est guère plus coupable que l’homme élevé au milieu de gens honorables et fortunés commettant des fautes légères. L’humanité a une mentalité mauvaise, et revenir jouer un rôle au milieu de cette humanité, c’est exposer fatalement l’Esprit incarné de nouveau, à commettre une série de fautes et d’erreurs aussi grandes, et proportionnées au milieu dans lequel il est appelé à vivre.
L’expérience ne semble pas avoir amende l'humanité, et on voit bien rarement un homme méritant le titre de juste et bon... et les saints ne sont plus de notre temps. D’ailleurs, ces anciens et pieux personnages travaillaient pour leur salut, par crainte des enfers, et vivaient selon des règles et des vœux, violant toutes les lois naturelles.
LES MYSTÈRES DE l'üNIVEHS
Quant k admettre qu’un Esprit pourrait s’incarner dans un corps humain, après avoir perdu tout souvenir de sa vie, de ses fautes et erreurs passées, ce serait absurbe; car justement on lui enlèverait les leçons de son expérience, et ses épreuves nouvelles seraient illogiques et irritantes, car il ignorerait les causes de ses misères. Non, non, tout cela est une invention,qui a le malheur de pécher par la logique. D’ailleurs, alors que la Terre était depuis longtemps peuplée d’animaux divers, le monde occulte devait exister. Que tirent donc pendant de longs siècles, ces malheureux Esprits à forme humaine, qui attendaient depuis des milliers d’années la venue des premiers hommes sur la "ferre, pour s’y incarner et avancer dans la hiérarchie occulte, comme disent les spirites.
Je vois d’ici tous les Esprits, ayant hâte d'avancer , se précipitant pour être les premiers à s’incarner dans le corps du premier fœtus, afin d’être les premiers arrivés en grade. A cette époque où les humains venaient d’apparaître, a-t-il fallu que le Bon Dieu distribuât des tickets réglant les tours d’entrée dans les premiers fœtus, au fur et à mesure que les premiers couples s’accouplaient!
Non, je le répète, tout cela est absurbe, et supposerait que le Dieu tout Puissant aurait été forcé de créer un Esprit à chaque fœtus conçu dans le sein d’une femme mère. Cela ne peut pas être, et si le monde occulte existe, il a du précéder de beaucoup la création des Etres matériels ainsi que je l’ai expliqué.
Dans ma conception au contraire, les humains après leur mort forment une société d’Entités éthérées, où les différences des mentalités sont analogues à celles des humains matériels. Seulement la nature de leur corps étant changée, la nature de leurs goûts, de leurs
LES MYSTÈRES DE l’uNIVERS
sentiments, île leui* intelligence même doit être profondément modifiée.
Cela se produit en vertu de ces principes immuables : 1° la mentalité, les goûts et les passions, etc., dépendent de la nature des substances formant le corps composite de l’Etre; 2° nos sensations, nos appréciations, notre mentalité, etc., dépendent de nos sens et de nos organes.
Cycle d’existence des Êtres.
Les humains désincarnés, devenus Esprits du monde occulte, meurent ensuite après une existence beaucoup plus longue que la nôtre. Par cette seconde mort, la partie éthérée qui représente la chair de leur corps disparaît encore. L’Esprit qui meurt doit avoir un nouveau corps plus subtil et plus pur. Ce qui veut dire ([ue les Esprits avancent malgré eux après chacune de leurs morts, jusqu’à ce que la pureté de leur corps soit à peu près égale à celle de leur Esprit. Arrivé au maximum de pureté des substances qui composent l'Esprit, il est aussi près de Dieu que possible et il ferme son cycle d’existence.
Le Disciple. Je ne vois pas dans cette conception d’épreuves, ni de peines, ni de récompenses après la mort des Etres. Qu’est-ce qui peut alors établir entre eux une hiérarchie ? Comment se fait enfin la progression des Êtres vers les plus hauts sommets qu’ils peuvent avoir l’espoir d’atteindre?
Le Maître. — Toutes ces questions sont déjà à peu près résolues par la logique de ma conception :
1° Tous les humains, qu’ils soient bons ou mauvais, honnêtes et charitables, ou avares et criminels, commencent par appartenir à la même classe d’Etres éthérés ; car ce premier échelon ne dépend que de la nature
du corps (le l'Etre, comme je l’ai déjà expliqué. L'Esprit d'un humain reste ce qu’il était pendant la durée de sa vie ; mais ses facultés sont changées, ainsi que ses organes. Il en résulte un changement d’existence qui est obligatoire. Les Esprits ont plus de facilité pour se grouper selon leurs goûts et leurs nouvelles aptitudes. Les Etres mauvais et méchants seront méprisés par les bons et sages Esprits, et ils en souffriront.
2° Nous ne trouvons pas injuste qu’un humain criminel avance dans la hiérarchie des Etres en perdant sa tête sur l’échafaud et son corps matériel. Il n’est pas plus injuste que ce même criminel devenu Esprit, avance plus tard, par une nouvelle mort, gravissant ainsi un deuxième échelon dans la hiérarchie. Mais dans toutes ces hiérarchies, les groupements d’Esprits en sociétés diverses selon leurs goûts et leur élévation morale, feront que ce criminel sera encore dans les dernières classes de ces Etres arrivés au deuxième échelon. Le monde matériel n’est qu’une image grossière des sociétés des Esprits après la mort du corps.
3° Comme les souffrances morales sont proportionnelles au degré de pureté des Etres, tout restera proportionnel ; mais les Etres éthérés peuvent s’amender dans chaque degré de la hiérarchie par leur conduite.
4° Si je m’en rapportais à mes visions et aux révélations, chaque hiérarchie d’Esprits aurait ses peines et punitions très variées. Je n’ai vu que les punitions; mais cela m’autorise à supposer par la logique, qu’il doit exister aussi des récompenses. Mais, peines et récompenses sont subies ou accordées pour des actes accomplis à l étal d’Esprit. Les bons auront de grandes jouissances morales. 11 est probable qu’un mauvais Esprit, provenant d’un humain qui était mauvais à l’état
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LES MYSTÈRES DE lTnIVEIIS
matériel, pendant sa vie terrestre, aura beaucoup de chances d’encourir des punitions à l’état d’Esprit. Il souffrira aussi du mépris qu'on aura pour lui.
5° Il serait téméraire d’indiquer la façon dont meurt un Esprit. Mais d’une manière générale, on peut poser en principe, que lout Etre créé et dont le corps est composé d’organes, même éthérés, doit voir peu à peu son corps et ses organes s’user sous l’action de l’exercice des facultés et de l’énergie vitale, qui se sert de ce corps et de ces organes. Conclure autrement ce serait admettre la perfection de l’Etre, chez lequel les pertes sont exactement réparées, par des substances diverses qu’il absorbe pour sa nourriture, ou pour- récupérer ses forces. Tout Etre qui vit est une machine, pinson moins parfaite; et c’est à ce titre (pie l’usure doit se produire dans les organes.
()° A mesure que l’Etre s’élève dans la hiérarchie des Etres éthérés par des morts successives, le corps s’épurant de plus en plus, il faut admettre qu’il se rapproche de plus en plus au point de vue physique de la perfection, et (pie ses vies successives sont de plus en plus longues.
7° J’ai montré que la perfection physique entraînait celle du moral, et cela fatalement, obligatoirement. Il en résulte (pie la progression des Etres est fatale, pendant qu’il suit son cycle d’opérations vitales.
8° Sonl-ce des morts réelles avec perte de connaissance, ou un état léLhargique, qui permet la transformation de l’Esprit et l’acquisition d’un corps plus subtil et plus parfait ? Il serait téméraire (l’affirmen une opinion sur ce sujeL. 11 suffira de savoir qu’après une période d’existence nouvelle dans chaque hiérarchie d’Etres éthérés, qui devient de plus en plus longue, l’Esprit doit finir par fermer le cycle de son existence
sur la planète terre, et arriver au summum de l’état qu’il peut y atteindre.
9° Les cycles doivent varier suivant les Planètes, car les états des Etres à l’état matériel ou à l’état éthéré y sont fort dillérents.
On doit déjà comprendre que la substance corporelle des Esprits créés ne peut atteindre la perfection du corps de la Divinité dont ils sont issus.
10° Ou bien, si cela arrive à la fin des temps réglés pour le cycle de la vie des Etres, devant s’harmoniser avec la vie de la Planète où ils sont nés, cela voudrait dire qu’arrivés à la plus haute perfection, leur Esprit rentre de nouveau dans le corps de la Divinité et s’y incorpore de nouveau. L’Etre sorti du corps de la Divinité, ne ferait alors que revenir à son point de départ, après avoir accompli un travail, sous forme de cycle complet.
11° Si je me base sur l’ordre et sur l’harmonie merveilleuses, qui règlent toutes choses de la création, il est probable que les vies des Etres d’une Planète sont liées à la vie géologique de cette Planète, et cela depuis l’apparition ou formation de cette Planète, jusqu’à sa mort. Car, ne l’oublions pas, une Planète naît, vit et meurt. Il ne serait donc pas téméraire de supposer que quand tout sera mort à la surface de la Terre, tous les Etres seront rentrés dans le giron de l’Esprit Créateur qui les en avait fait sortir, pour peupler cette Planète et accomplir leur mission vitale.
Remarques diverses.
Si je m’en rapporte à mes visions, il existerait dans le monde occulte de réels Enfers. Ce séjour serait celui des Ames perdues, d’après les Esprits, et j'ajoute, peut-être aussi celui de certains Esprits punis pour fautes graves.
Il paraîtrait que les Esprits habitant les Enfers, seraient gouvernés par des maîtres fort durs et ne badinant pas. Ils seraient traités comme des* esclaves, et leur existence serait celle des démons. Leurs maîtres seraient des Esprits Infernaux de diverses classes, ayant tou Le une hiérarchie, et gouvernés par Satan ou Belzébuth. Mais ce Satan, ou Prince des Ténèbres, lloi des Enfers, ne serait pas du tout ce que l’Eglise nous enseigne, un Etre révolté contre le Seigneur tout Puissant. Belzébuth, serait au contraire, l’humble esclave de la Divinité toute Puissante gouvernant la Terre. Les démons ne seraient que les exécuteurs des hautes œuvres, et seraient aussi utiles à la hiérarchie des Êtres occultes, que notre Justice sur Terre.
Il est encore possible que les entrailles de la Terre soient peuplées d’Etres éthérés, qui seraient un genre de démon. Cette hypothèse n’a rien d'illogique, quand on songe que les Esprits traversent notre matière, comme si elle était un simple nuage. Ils pourraient donc se mouvoir à l’aise dans les profondeurs terrestres que j’ai visitées en Esprit. Ce serait ce séjour dans les entrailles terrestres, qui serait sombre et sans la lumière du soleil, qui ne peut y pénétrer. La lumière qui éclaire toutes choses y est artificielle et propre à ce séjour pénible. Dans mes mémoires j’en ai déjà parlé longuement, aussi je n’insisterai pas davantage.
Il est très possible que la Divinité intervienne pour détruire et dissoudre certains Etres nuisibles, et qui ne doivent pas continuer telle existence ou tel genre de vie devenu inutile ou nuisible aux projets de la Divinité qui règle toutes choses relatives à la vie des Êtres. Ce qui veut dire qu’il peut exister des catégories d’Etres qui doivent mourir définitivement. Il suffirait pour cela que le Cénie de la Terre détruisit leur corps et que
LES MYSTÈRES DE lVnIYEUS
l’Esprit de ces Etres réintègre la masse spirituelle de ce Génie. Cette opération est compréhensible, puisque les premiers Esprits sont sortis de l’Esprit Universel Créateur, qui les a isolés, limités par un corps, ce qui en a fait un Etre ayant sa personnalité (tout cela a été expliqué).
Autre remarque.
Enfin, je termine par cette hypothèse, qui sera chère à ceux qui ne veulent pas que les Esprits puissent engendrer. J’en ai déjà dit un mot et je conclus dans cette meme hypothèse.
Admettons que Dieu ait créé à l’état élhéré les premiers Esprits seulement, ainsi (pie les divers zoosprits de tous les autres Etres quelconques. Après leur matérialisation, ceux-ci n’auraient eu [jour but que de multiplier le nombre des Esprits et zoosprits de tous genres issus des Etres matérialisés, à mesure qu’ils mourraient. De celte façon, le monde occulte se serait peuplé par la mort de tous les Etres matériels, devenus Esprits et zoosprits du monde occulte. Tel aurait été le but du monde matériel. O 11 conçoit qu’à la fin de la vie géologique de la Terre, le monde occulte se trouvera peuplé d’un nombre colossal d'Esprits et zoosprits de toutes sortes, formant un total imposant. Il en résultera que tous ces Êtres devenus éthérés après leur mort à l’état matériel, seront aptes à peupler de nouvelles Planètes, grâce à cette abondance des Êtres du monde occulte à cette époque encore très éloignée. Je donne celle hypothèse selon môn habitude de tout dire.
LES MYSTÈRES DE ï/uMVERS
Complément à ma théorie sur les facultés des substances dans l’ordre matériel et dans Tordre éthéré ; applications aux habitudes vicieuses ou non des humains.
Je reviens sur cette question déjà traitée pour la compléter.
.4.— Dans l'ordre matériel. — Voici une femme morphinomane. Peu à peu elle a empoisonné sa chair, et elle en a modifié la composition, en introduisant dans son économie générale la substance morphine. Sa chair en est plus ou moins saturée, ce qui. influe sur son aine. Elle a pris au début une dose que j’appellerai dix. Ces dix parties de morphine auront sur son corps une action d’appel proportionnée à ce chiffre dix. Aussi après s’ètre injecté cette dose, Rappel sera éteint. Mais en général, la victime s’exagérant les besoins de cet appel, peut augmenter son chiffre peu à peu. La voici rendue au chiffre 20. Elle agira encore de même et ainsi de suite jusqu’au moment où elle se tordra les bras de désespoir de ne pouvoir pas lutter contre cet appel impératif de sa chair. C’est que justement cet appel est proportionnel à la quantité de morphine introduit dans le sang. Ou mieux : la morphine appelle la morphine, proportionnellement à la dose d’intoxication.
C’est donc la présence de la morphine dans le sang, qui est cause de tout le mal. De même que l’alcool, qui se fixe dans l’économie de l’ivrogne, appelle l’alcool, ce qui justifie ce proverbe : qui a bu boira ! Il en sera ainsi de toutes les substances introduites danç la chair, car cette propriété d’appel des substances est une loi générale, analogue à celle qui force l’animal à se nourrir de matières organiques en rapport avec sa nature.
C’est ce qui fait que Thomas de Quincey qui a écrit
sur l’usage de l’opium un livre remarquable a pu écrire eu tête : ajuste, sublime , subtil opium ! Je rappelle que toute substance est double. La partie matérielle de l’opium agit sur le corps matériel, et la partie éthérée de ropium sur famé et l’Esprit. Les propriétés puissantes de cette partie éthérée sur l’Etre psychique en fait une substance psychique puissante. De là deux effets séparés .
Le mot juste , veut dire que le fumeur ou le mangeur ne réclame que la juste dose, nécessaire pour calmer ses besoins et appels de l’Etre.
Cette théorie montre assez exactement la puissance des substances que nous introduisons dans nos corps et qui s’y fixent, pour que cette puissance réduise l'humain à l’esclavage. Sa volonté 11 e peut rien contre cet appel de chaque instant, s’il ne prend le parti de lui donner un autre aliment calmant, ou s’il ne combat pas ces appels avec la dernière énergie en réduisant les doses rapidement et en endurant les souffrances de ces appels avec une certaine jouissance de vaincre.
On sait aussi que la suggestion morale est d’un très grand poids dans ces luttes ainsi que la distraction et les changements radicaux des autres habitudes, qui par les bouleversements opérés, rendent les appels moins clairs.
/?. — Dans l'ordre élhéré . — Pour les substances, je viens d'indiquer la cause des effets produits sur l’Etre psychique, au moyen des substances éthérées fusionnées avec les substances matérielles. Ce qui est curieux, c’est de constater combien nous prenons vite l’habitude d’accomplir certains actes (pie nous appelons habituels : Ici, pas de substance. Ainsi, quelqu’un a l’habitude d’exécuter telle promenade ou tel jeu après son déjeuner. S’il n’exécute pas son programme il est gêné. Cela
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provient de ce (pie nos actes et nos pensées s’inscrivent sous forme de mémoire dans notre Etre éthéré, et dans les organes appropriés de notre mémoire.
Personne ne peut démontrer exactement où réside la mémoire. Je me suis déjà étendu longuement sur ce sujet, montrant que tous nos membres eL organes jouissent de cetLe faculté plus ou moins. Nous savons aussi que certains organes cérébraux ont des fonctions de perception et de transmission des actes et pensées passés ou réalisés.
J’ai même comparé la mémoire à un accumulateur se chargeant et se déchargeant, par les memes organes qui ont élaboré les pensées relatives à celles qui ont été inscrites définitivement. Quoi qu’il en soit, on peut affirme* que quelque part le siège de la mémoire existe, et que c’est là que nos souvenirs s’enregistrent.
Cela démontre la réalité des substances psychiques. Eh bien ! notre Etre psychique peut être altéré, modifié, empoisonné par ces substances éthérées, comme notre corps matériel l’est par des poisons matériels. Notre corps éthéré peut aussi être empoisonné par des pensées mauvaises, qui répétées nous pousseront à commettre des actes mauvais.
Les pensées sont donc quelque chose que nous ne pouvons comprendre dans l’éLat actuel de la science. Elles se manifestent sous formes de vibrations de l’ordre éthéré et dans l’éther, et laissent des traces profondes dans notre organisme humain.
C’est comme la lumière, qui n’est rien par elle-même, mais qui porte au loin des vibrations provenant du foyer émetteur de cette lumière.
Elle impressionne donc les substances convenables (jue nous possédons pour recevoir ses eflêls. Eh bien !
LFS MYSTÈRES ni l'uNIVFRS
tel organisme, qui a reçu les impressions réitérées d’actes répétés constituant une habitude, opérera un appel sur notre volonté d’agir et de répéter ces actes, comme plus haut pour cette morphinomane. II en résultera que plus l’acte sera répété et plus l'habitude, ou le manque de volonté pour résister, croîtra. L’habitude sera donc proportionnelle à l’importance que nous aurons attribuée à nos actes d’où dépend la profondeur d’impression et leur répétition.
C. — Habitudes séculaires. — Cela fait songer aux habitudes que nos pères nous ont léguées dans notre organisme par hérédité; par exemple les sentiments ou habitudes religieuses.
C’est ce qui fait que malgré soi, bien des gens ayant perdu leur foi, voient d’un mauvais œil attaquer la religion.
C’est inscrit dans notre organisme. C’est pour cela qu'il faut des générations pour faire disparaître certaines habitudes séculaires et que bien des paysans ayant peu de foi, se révolteront, quand on voudra attaquer les églises où ils ont reçu le baptême, la communion, et où ils ont été mariés de père en Mis...
I). — Dans l'ordre matériel et élhéré. — Il est clair que certaines habitudes intéressent à la fois l'ordre matériel et éthéré, quand elles se composent d’actes influençant à la fois les corps matériel et éthéré.
C’est ainsi que le fumeur d’opium peut décomposer son acte en deux : l’un qui intéresse la chair et qui est l'empoisonnement de son corps matériel; et l’autre qui est l’acte de fumer en lui-mème, en dehors de la nature de la substance fumée. II est clair que ces deux actes doublent la difficulté que le fumeur d’opium aura à vaincre sa passion, car il aura les appels de sa chair et ceux de son Etre éthéré. C’est pour cela que les
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fumeurs ont tant de peine à se déshabituer de leur funeste passion. C’est pour cela que les fumeurs de cigarettes ou de cigares cherchent à se tromper et à éteindre l’un de ces appels, en fumant du camphre ou rien du tout, dans des embouts en os ou en ivoire.
Je crois en avoir dit assez sur ces questions pour en indiquer les lois.