‹ Les mystères de l'universChapitre 5 sur 12 · Réflexions générales sur l'état de mes · texte numérisé non relu

Réflexions générales sur l'état de mes

croyances, après environ 1.200 jours de commerce avec les êtres divers du monde occulte.

Sur Dieu.

Je crois en Dieu, non à la façon du chrétien fervent et convaincu qui a la foi ; non ! La foi est un don attaché à la nature du mental, et j’ai le caractère trop analytique pour avoir cette foi précieuse et brutale qui ne raisonne pas.

Je crois en Dieu à la façon du philosophe mathématicien qui a réfléchi longtemps à cette question, et qui a été forcé d’admettre l’existence d’un Etre suprême, d’une Intelligence ordonnatrice de l’ordre et de l’harmonie de l’Univers. Cet ordre et cette harmonie exigeant une unité parfaite dans les vues et pensées du Maître Céleste.

En admettant que ce Dieu Universel ne soit que la réunion d’un nombre infini de personnalités divines, j'en concluerai que toutes ces divisions dans la Divinité Universelle ne sont que des parties identiques d’un meme Etre, répétées h l’infini. Je veux dire que nos convictions philosophiques sont telles, que j’estime que riJnivers Infini a été conçu surun Plan Unique. Les lois, qui régissent les portions de cet Univers, situées à des distances colossales de notre planète, sont les memes partout, et exercées par des portions identiques du meme Esprit Universel.

Il est donc probable que la Divinité elle-même est conçue sur ce même plan que tous les Êtres, si inconcevable que puisse nous paraître un Dieu aussi colossal dans ses dimensions infinies. De même que tous les Etres vivants sont formés de monobies (cellules vivantes, caractérisant chaque Etre et sui (jeneris ), de même cette Divinité doit être composée de parties identiques, se répétant à l’infini et composant l’agrégat divin ou le corps de la Divinité.

Ou bien il faudrait supposer un nombre infini de Dieux secondaires, tous identiques et attachés à chaque monde céleste, ce qui reviendrait à peu près à la même conception.

La matière et les mondes cosmiques ne seraient que les substances et les régions dans lesquelles l’activité divine se manifeste pratiquement.

De telle sorte que notre monde solaire, par exemple, pourrait être considéré comme un Être complet où une partie de la Divinité, constituant cet Être complet (monobie divine), exerce ses facultés.

Le Soleil serait le Centre ou la tête de cet Être, d’où il rayonnerait et répandrait vie, chaleur et lumière sur les Planètes de ce système.

L’éther cosmique serait l’agent corporel de cette divinité, ou lui tenant lieu de corps, pour lui permettre d’être en communion et en communication avec toutes les planètes faisant partie de ce système solaire et aussi avec les autres mondes célestes éloignés de nous.

Les lois divines.

Le rôle de la Divinité se borne à exercer les lois naturelles de l’Univers, dont elle est détenteur. Elle ne peut donc marcher contre ses propres lois, qui sontappliquées fatalement, et constituent le Destin et la Providence.

La Providence suppose l’intervention opportune de la Divinité. Elle suppose encore une intervention intelligente pour choisir les époques favorables où certains phénomènes nécessaires doivent s’accomplir. C’est-àdire que la Providence serait l’inverse de l’aveugle Fatalité.

La Providence serait encore l’intervention Divine, empêchant telle catastrophe de se produire dans le jeu et l’exercice des lois naturelles, lorsqu’elles sont contraires au plan divin.

Ces propositions relatives à la Providence sont fondées sur les bases mêmes de ma philosophie disant : L’Esprit et la Matière ont coexisté de toute Eternité.

Cela suppose que la Matière est régie par l’Esprit T et que cet Esprit ne peut être qu’un Être vivant intelligent et doué de forces pour exercer ses facultés.

J’en conclus que cette Intelligence de l’Esprit ou de la Divinité ne peut agir en aveugle, quand on remarque l'ordre et l’harmonie universels.

Donc, cet Etre-Esprit doit intervenir avec Intelligence, lorsque celte intervention est nécessaire.

Et si on me demande quel est le degré de celte Intel-

ligence, je répondrai par cette loi que j’ai posée: à savoir, que l’Intelligence des Etres créés doit être infiniment inférieure à celle du Créateur de ces Etres, quels qu’ils soient. J’en conclus que, moi qui écris, je suis un profond ignorant, et une infime créature intellectuelle, auprès de la Divinité qui a conçu mes semblables d’abord à l’état étliéré, et qui ensuite les matérialisa sous la forme actuelle.

Nos conceptions philosophiques les plus profondes ne sont donc qu’un jeu d’enfant pour la Divinité Parfaite et infiniment plus intelligente que nous.

Certes, nous pouvons, dans notre ignorance, nous demander pourquoi la Divinité n’empêche pas telle catastrophe volcanique de se produire; et cela nous porte à nier la Providence. Remarquons d’abord que nos appréciations sont forcément enfantines, auprès de celles de la colossale divinité, et que notre façon de tout rapporter au bonheur ou au malheur des humains doit fatalement vicier toutes nos appréciations.

Nous ne sommes, en effet, que des atomes animés à la surface de notre planète, et raisonnant faux, comme tous ceux qui veulent que la Divinité ne tienne compte que de l’opinion des humains. L’Esprit, dépositaire des lois naturelles universelles, ne peut qu’appliquer ses propres lois, sous peine de se mettre en contradiction avec lui-même.

La Divinité serait l’esclave des humains s’il lui fallait modérer le Soleil pour ne pas brûler ses moissons, calmer telle tempête qui menace d’engloutir leurs bâtiments, arrêter telle éruption qui va ensevelir une ville, et exterminer tous les animaux et insectes qui ne sont pas utiles à l’homme ou lui nuisent. —L’homme, atome vivant de l’univers, voulant asservir son Créateur à ses désirs et passions, cela serait illogique.

Les sciences occultes.

Les sciences occultes nous démontrent qu’il existe, en dehors des Êtres matériels, des Etres intelligents invisibles qui les entourent et qui sont en communication constante avec eux. Ces êtres intelligents, si puissants qu’ils soient, si étonnants que soient les miracles qu’ils accomplissent, sont néanmoins des Etres créés par la Divinité. Toutes ces merveilles stupéfiantes, accomplies par les Puissances occultes, n’ont pour but que de nous démontrer qu’en dehors du monde matériel, il existe encore un monde occulte invisible.

Le grand malheur de cet enseignement, c’est qu’il est muet, et qu’il faudrait aux humains, un caractère d’observation, et un pouvoir analytique bien plus considérables, pour en tirer toutes les conséquences logiques que nous ne savons pas démêler.

Certains philosophes ou prophètes religieux ont voulu à tort voir dans les révélations que nous font ces Etres invisibles des révélations divines : c’est là une erreur grossière, qui a été la cause de l’inutilité de ces révélations, et qu’on n’y a pas attaché assez d’importance, vu les erreurs cjui s’y sont glissées.

Les savants s’élèvent avec raison contre ces prétendues révélations regardées comme divines, attendu, disent-ils, que Dieu ne saurait mentir ni se tromper. Mais avec ce correctif que j’ai indiqué, tout s’explique. Les Êtres occultes qui nous font des communications ne sont que des Etres créés comme les humains. Ils sont donc sujets à erreur comme toutes les créatures.

En outre, il faut bien le dire, ces Êtres aiment à se moquer des humains, qui se piquent de se faire obéir des Êtres invisibles, et de les avoir pour serviteurs dévoués et obéissants. Ces Etres nous font souvent

payer bien cher cette erreur des pseudo-magiciens; et ceux qui voudraient leur commander sont le plus souvent profondément mystifiés et réduits par eux à l’esclavage. Pendant qu’ils croient commander ils sont les jouets de ces puissances occultes, ils perdent leur liberté et même leur libre arbitre.

Ces Espri ts, sous des apparences de caractères élevés, s’amusent à nous tromper, et à modifier notre mental' par de telles suggestions impératives, que nous perdons nos moyens ordinaires d’apprécier les faits, et que nous devenons le jouet d’illusions de toutes sortes.

Ce qui nous trompe le plus, c’est que tous ces mensonges et illusions provoqués par les Êtres occultes, sont mélangés avec des faits d une réalité certaine, et que nous ne savons plus démêler le vrai du faux au milieu des méandres de la magie.

11 est impossible de connaître quels ont été les pouvoirs réels des plus grands magiciens que notre planète ait portés, mais il est probable que ces pouvoirs se sont réduits à peu de chose.

Je crois qu’on peut regarder le médium Home (1) (Dunglas) comme l’un des plus puissants qui aient vécu sur notre Terre. Le grand malheur, c’est que les révélations des puissances occultes ne paraissent pas en rapport avec leur puissance sur la matière, et que malgré la bienveillance que les Esprits témoignaient à Home, il n'a pas laissé d’œuvre philosophique sur les Esprits, la vie future et même sur la réalité du monde occulte ; serait-ce par discrétion ?

En revanche, je sais que Swedenborg, qui était voyant, mais faible médium, a laissé d’importants ouvrages

(1 Home a publié les Lumières el les Ombres , en 1883, où il tombe le spiritisme.

LES MYSTÈRES DE L’uNIVEnS

philosophiques sur le monde occulte et les mœurs des Esprits. Je serai curieux de lire ses œuvres un jour, si elles me tombent sous la main.

Sur les Esprits.

Malheureusement, je sais trop par expérience combien les Esprits, aimant à nous mystifier, prennent plaisir à nous stupéfier par leurs récits fantastiques.

Et comment savoir s’ils disent vrai ou faux? La réalité est peut-être encore plus éloignée de tout ce qu’ils nous racontent. — Que penser, par exemple, des mœurs des peuples éthérés qui habitent l’écorce terrestre, et peut-être les plus grandes profondeurs. Certains ouvrages racontent que la Terre est habitée intérieurement par les gnomes, Êtres de petite taille et fort laids, gardiens des trésors terrestres de toute nature. Les uns disent que leur grandeur ne dépasse guère 2 b à 30 centimètres, et que s’ils sont fort laids, leurs femmes sont en revanche remarquablement jolies, que leurs costumes sontd’une richesse fantastique, etc., etc...

Eh bien ! chose curieuse, dans mes visions si nombreuses, j’ai vu bien souvent de petits Esprits de très petite taille et de races naines. J’en parle souvent dans mes mémoires journaliers; mais ces petits Esprits sont de races diverses et rien n’indique leur séjour.

Ceux que j’ai appelés les petits Esprits Constructeurs et dont la taille est à peu près celle de la main, ne sont certainement pas des gnomes.

Il peut exister des races de petits Esprits, aussi bien au-dessus du sol qu’au-dessous. Mien ne s’y oppose.

Je pense que c’est une pure superstition de supposer que des Esprits gnomes ont comme rôle de garder les trésors de la Terre. Ils doivent n’en faire aucun cas; et ce serait comme si on disait que les

452 LES mystères de l’univers

poissons sont les gardiens de la mer et des rochers...

Les Esprits constructeurs nuageux diffèrent aussi de certaines autres races de petits Esprits, qui ressemblent aux grands en tous points et n’en diffèrent que par la taille. Je les ai vus bien souvent en groupes ou couples gracieux, ayant des costumes ressemblant à ceux du temps’de Louis XV (costumes Pompadour) se faisant la cour mutuellement d une façon correcte et charmante: on aurait juré apercevoir un salon de poupées automatiques.

Ce qui est encore bien remarquable, c’est que jamais je n’ai vu de races intermédiaires allant graduellement des petits Esprits à ceux de la taille des humains. — Le saut est assez brusque entre ces petits Etres éthérés et les grands Esprits. De même, à partir de la taille humaine, il y a au-dessus des races d’Etres géants. Jamais je n’ai pu en voir un entier, mais d’après leur buste, ils pouvaient atteindre trois mètres et même davantage. Ils ont en général des figures terribles, et je ne saurais dire si ce sont de bons ou de mauvais génies. Il doit y avoir les deux; car la logique défend de supposer que les bons ou les mauvais Esprits soient les seuls à jouir de ces grandes tailles.

J’ai raconté l’effroi que .m’avait causé l’apparition de l’un de ces Esprits géants, au ciel de mon lit, et dont les doubles yeux jetaient des éclats verdâtres avec un rayonnement bizarre qui m’inquiétait.

Si les Esprits de ténèbres existent, et cela paraît certain, il faudrait supposer que leur séjour est dans les entrailles de la Terre. J’ai fait de très nombreuses visites dans ce séjour, et dans celui que les Esprits appellent leur enfer, qui n’a rien à voir avec celui des chrétiens.

En général, nous invoquons Dieu, quand nous vou-

LES MYSTÈRES DE l'üMVERS

Ions avoir affaire aux bons Esprits ou à leur protection. Il est certain que ce n'est pas Dieu qui intervient* mais cela n’empêche pas ce mot d'être celui qui a le plus de puissance cabalistique. Les mots sont, en effet, des idées et des pensées exprimées ; et les pensées ont une puissance dans le monde occulte, où elles ont leur mode représentatif.

Il est probable que les Esprits bienveillants qui répondent à l’appel du nom de Dieu évoqué, le font à la façon dont les parents d’un petit enfant lui répondent, quand ils lui disent : oui mon enfant, le Bon Dieu mettra cette nuit de Noël des jouets pour toi dans tes chaussures.

Il en est de meme pour Satan : les mauvais Esprits peuvent tous prendre le nom de Satan, même quand ils sont presque impuissants et bons à rien; même pas à faire le mal. Mais les mauvais Esprits, comme les bons, doivent différer énormément en puissance.

Mon opinion est que les bons comme les mauvais Esprits doivent obéir à des lois ou règles immuables, dont ils ne se départissent jamais.

A propos des mauvais Esprits, quand on voit qu’ils sont aussi menteurs, aussi frondeurs, ne respectant rien, n’ayant aucune moralité, ni pitié, ni charité, je me suis toujours demandé quelle était la crainte qui pouvait les retenir et qui les empêchait d'enfreindre les lois et règles dont j’ai parlé ?

Faut-il supposer que ces Etres misérables aient tellement peur d'être punis sévèrement, que cette crainte les rend tout à fait obéissants ? Cela est bien curieux.

Comment admettre, par exemple, que ces Êtres vous apporteront des pierres, des rondelles de cuivre ou de zinc, et que jamais ils ne vous apporteront une perle ou un diamant, parce que cela leur est défendu ? Or, ils-

nous déclarent eux-mêmes qu’ils se moquent de tout et de tous, et qu’ils n’ont d’autre règle que leur bon plaisir.

Aide-toi et le Ciel t aidera.

Si vous laissez faire vos Esprits, ils vous raconteront les mœurs et même le langage des habitants des planètes Mercure, Mars, de Jupiter. Certains vous affirmeront qu’ils le savent pour y avoir vécu, etc... Il parait certain que les bonnes pensées appellent les bons Esprits, ou les substances intelligentes de bonne nature. De telle sorte que dans le monde occulte éthéré, les substances psychiques intelligentes sont aussi variées que les substances matérielles de notre monde.

C’est ainsi que l’humain en colère appellera naturellement des substances intelligentes qui augmenteront sa colère, et prendront des formes d’Ètres correspondant à sa pensée.

Tel autre ayant des sentiments de charité sincère, se sentira entouré d’une atmosphère psychique de charité qui le fortifiera.

Tel autre ayant du désespoir, sentira que plus il s’enfonce dans ses idées noires, et plus il lui en est fourni par les éléments psychiques d’ordre éthéré.

On pourrait presque affirmer qu’à chaque nuance de sentiments correspondent des substances psychiques ou plutôt des Etres de bonheur, de malheur, de crainte, de charité, de pitié, etc., dans notre champ psychique.

Ces considérations nous conduisent à formuler cette règle, que nous devons lutter contre les pensées mauvaises qui nous assaillent, sous peine de nous créer une atmosphère phsychique qui nous tiendra enlacé, emprisonné dans nos pensées regrettables.

Il en résulte que la règle : aide-toi et le ciel t’aidera,

trouve ici son explication naturelle, car la lutte appelle autour de soi des Etres capables de nous remonter le moral, si on puise en soi assez de force ou d’énergie pour lutter.

Substances psychiques.

Ce qui précède m’amène à parler de l’influence réelle des substances que nous absorbons par des voies quelconques, soit que nous les mangions, buvions, respirions ou que nous les absorbions par la peau. C’est en même temps une bonne application de ma théorie, se rapportant aux facultés inhérentes aux substances dont un corps vivant est composé.

J’ai, en efïèt, démontré qu’en dehors des facultés intellectuelles d’un Etre, ou agrégat de monobies, il y avait aussi les facultés inhérentes à la nature des substances dont les monobies sont composées (Voir mes Mémoires).

Dès lors, on comprendra de suite, qu’en modifiant tant soit peu la nature et la qualité des substances qui composent nos monobies, il en résultera dans nos facultés des altérations et modifications plus ou moins importantes.

C’est ainsi que si nous respirons du protoxyde d’azote, nous deviendrons gai et que nous auronsdes tendances à rire.

Si nous absorbons de la morphine ou de l’opium, nous empoisonnons notre sang, et toutes nos monobies. Il en résulte deux sortes d’altérations dans nos facultés : 1° celles inhérentes aux monobies ellesmêmes ; et 2° celles de l’agrégat de nos monobies, c’està-dire le corps et l ame humaine.

L’opium et ses alcaloïdes sont des substances psychiques (si j’ose m’exprimer ainsi), possédant des pou-

voirs très énergiques sur l’âmc, c’est-à-dire sur notre moi-conscient ou notre mental ou partie de notre mental, car l’Esprit ne paraît pas atteint, si ce n’est par répercussion.

En empoisonnant notre chair, il en résulte que notre corps perd de sa vitalité et de son énergie; or, l'âme est liée au corps, monobie par monobie ; il en résulte que l’âme perd aussi une énergie psychique analogue et proportionnelle, au point de vue mental, à ce que le corps perd en force, vitalité et énergie.

Il en résultera que sans connaître à fond les effets de l’opium, nous pourrons affirmer que si l’intelligence est peu attaquée, en revanche, le corps et l’âme perdent leur vitalité et leur énergie. Ce sera la faculté d’agir qui sera le plus profondément attaquée. Le morphinomane voudra agir, mais il ne le pourra pas. L’Etre mental sera frappé d’impuissance encore plus sur le corps physique, attendu que nos actes corporels sont plus importants pour un humain qui sort peu, mais passe son temps à faire des projets surplace, sans pouvoir en exécuter aucun. C’est là ce qu’on confond avec la force de l’habitude. Mais, comme je le démontre clairement, l’habitude, dans ces cas de matières absorbées, provient du changement que subit la composition de notre chair, ce qui entraîne un changement dans les facultés.

11 faut bien le dire aussi les monobies sont des Etres très tyranniques et si on les habitue à un certain état bon ou mauvais, par un phénomène naturel d’assimilation ou d'acceptation à se plier à un état anormal, elles réclament la drogue, qui les met dans un état d’équilibre, contre lequel elles auront longtemps lutté au moyen de signes extérieurs.

En effet, le corps réagit contre ces poisons, et je

suis convaincu que les vomissements des débuts, pour ceux qui fument l’opium, sont dus à deux causes : la première, parce que l’opium les fait vomir comme le tabac pour les jeunes fumeurs, le second est ce signe extérieur que l’âme provoque pour avertir l’homme que son acte est mauvais et nuisible.

Ce second point peut paraître contestable, puisque l’opium fait vomir naturellement. Mais j’ajoute que l’âme ou l’Esprit peut provoquer ce vomissement, à la façon dont nous avons des nausées, des bâillements, des hésitations, et toutes sortes de signes extérieurs,, avant d’avoir ingéré telle substance qui nous dégoûte ou nous est désagréable à prendre.

Il y a là un phénomène analogue à celui qui se passe quand nous allons absorber certaines pilules ou de l’huile de foie de morue. Mais dans le cas dont je parle, c’est le mental qui fait acte d'intelligence; c’est par une sorte d’auto-suggestion mentale, et inconsciente, due peut-être à notre Esprit (l’Inconscient, comme l’appellent certains médecins), que nous aurons ces signes avertisseurs, alors que la nature seule n’aurait pas suffi pour les provoquer. J’appelle mansprit cet Esprit personnel.

Je suis convaincu que les singes doivent éprouver des suggestions impératives dues à leur Esprit, lorsqu’on leur met en main un fruit malsain ou qui pourrait les empoisonner. Ils sentent, ils goûtent et le goût aurait beau être agréable, leur Esprit les prévient que ce fruit est dangereux: alors ils le repoussent. Le baschich (Canabis indiccï) produira des effets analogues. Seulement il a l’inconvénient de troubler la raison et de faire naître des illusions extraordinaires, que ne produit pas l’opium, comme on le croit.

Or, à force d’altérer la raison momentanément, il est

LES MYSTÈRES DE i/UNIVERS

clair que ces altérations passagères finiront par subsister, et c’est là un inconvénient capital.

L’éther est encore une substance psychique bien connue. C’est un dérivé de l’alcool, et son usage est dangereux à tous les points de vue. Naturellement l’alcool est aussi une substance psychique ; tout le monde en connaît les elïets variés selon les tempéraments.

Cette variation des effets des substances identiques, sur différents humains, démontre la réalité de cette théorie basée sur la variation des facultés, due à la variation des substances composant le corps et qui leur donnent naissance.

Ce fait est tellement vrai que déjà les médecins ont remarqué que les caractères des individus variaient comme leurs tempéraments, qu’ils classent en bilieux, sanguins, lymphatiques, nerveux, etc..., plus les combinaisons entre ces divers tempéraments. Or, qu'est-ce qu’un tempérament bilieux, par rapport à un autre lymphatique, si ce n'est une variation dans la composition des substances corporelles et des humeurs, comme on disait jadis ?...

Ainsi donc, il aurait suffi que tel homme ait un tempérament sanguin, pour que le sang lui montât facilement au cerveau, et provoquât chez lui des accès formidables de colère que n’aura pas un lymphatique dans les memes circonstances.

Ces remarques ont une grande valeur au point de vue psychologique, car elles nous prouvent que nous ne sommes pas toujours les maîtres de faire ce que nous voulons. Nous ne pouvons que lutter contre notre nature; et qui dit lutte, déclare manquer de liberté d’agir à sa guise. C’est de cette façon qu’on peut démontrer que faire le bien sur notre Planète n’est pas un

état naturel, car la nature humaine est poussée au mal par ses instincts naturels. C’est cela qui m’avait fait écrire que notre monde était mauvais naturellement.

J’ai montré aussi que les causes de ce mal étaient profondes, au-dessus de notre atteinte, dans le monde occulte qui nous gouverne, et dû aux substances inférieures dont notre Planète est formée. C’est ce qui m’a permis de dire que la Divinité, exerçant ses facultés, avait dû se servir des substances mauvaises de notre Planète, et n’avait pu former qu’une humanité d’ordre inférieur, comme elle a pu en former d’autres très supérieures à la nôtre sur d’autres Planètes.

Grâce à ces commentaires, on pourra commencer à comprendre l'influence des substances dans bien des cas, et étudier aussi la question du libre arbitre qui dépend de notre nature. Je veux dire par là que deux hommes placés dans des conditions identiques agissent différemment, par un fond de causes involontaires et indépendantes de leur sincère volonté. C’est ainsi que tel homme pourra dire en vérité : Je voulais bien faire, et j’ai fait mal; c’est-à-dire le contraire de ma volonté.

Substances au point de vue occulte ou magique.

Ces considérations sur les facultés attachées aux substances pourront nous conduire à examiner l'influence de diverses substances réputées comme ayant des pouvoirs magiques. Disons de suite que, la plupart du temps, si les substances sont brûlées ou ingérées, elles peuvent mettre le magicien dans un état d’âme que j’ai expliqué. Or, cet état d’âme correspondra avec le mental de certaines puissances occultes attirées par l’attrait qu’exerce la similitude d’un mental humain avec celui d’Esprits ayant un mental analogue.

De telle sorte que naturellement, l’humain, qui est

dans telle disposition d’Esprit, doit attirer dans son champ psychique des Entités ou des substances intelligentes d’une nature analogue à la sienne.

Il en résulte que, selon les variations journalières de son état psychique, le magicien verra varier la population de son champ psychique, si je puis m’exprimer ainsi.

Du moment qu’il sera prouvé qu’il y a une corrélation mystérieuse et naturelle entre les facultés et la nature des substances matérielles, il ne sera plus étonnant qu’au moyen de parfums s’élevant des cassolettes, de vapeurs et fumées produites par la combustion des plantes aromatiques et dites magiques, on pense créer des milieux favorables à la venue ou à l’apparition des Entités correspondantes aux substances vaporisées.

A ces effets directs des substances, il faudra joindre ceux qu’elles produisent sur le cerveau et le mental humain. On sait par exemple que les Aïssaouas font brûler des parfums où le benjoin joue un grand rôle. Les Arabes mettent leur nez sur les cassolettes où brûlent les substances, de manière à les respirer à pleins poumons. L’expérience prouve que ces pratiques purement matérielles produisent des genres d’ivresse, dont la variété est aussi grande que les mélanges employés en vapeurs, et dont l’intensité change pour chaque personne.

Certains fakirs, derviches et Orientaux agissent de même. Donc, ces sortes d’ivresses ont en général pour résultat d’agir spécialement sur le corps et l’âme qui lui est liée. Or, on sait que toutes les manœuvres (y compris l'hypnotisme), qui ont pour résultat d’endormir, de stupéfier l’ame plus ou moins, produisent une sorte de séparation ou de désagrégation de l’âme et du mansprit (Le mansprit est l’Esprit personnel).

J’ai déjà dit que cette séparation de l’âme et du mansprit, poussée à des degrés divers, rendait l'humain plus ou moins médium, c’est-à-dire apte aux actes magiques.

Ce que je viens de dire au sujet de substances brûlées ou vaporisées artificiellement, doit se produire aussi dans la nature, c’est-à-dire dans les régions où des parfums, où des vapeurs de toutes espèces s’élèvent dans l’atmosphère. C’est ainsi qu’on pourra comprendre que certains lieux soient occupés de préférence par certains genres d’Esprits,et tels qu’on nous les dépeint dans les mystères de l’antiquité.

On sait que quelques pythonisses étaient assises près de l’ouverture de certaines crevasses émettant des vapeurs assez malsaines, qui plongeaient ces prêtresses dans une sorte de sommeil ou d’ivresse ou de surexcitation nerveuse, même très pénible.

Comme toujours dans ces sommeils ou excitation artificielle, il y a commencement de séparation de l’âme et du mansprit. De là les phénomènes médianiques qui en résultaient, en rendant le mansprit plus ou moins libre.

J’ajouterai qu’on avait soin de choisir des sujets favorables à ces pratiques et chez lesquels on avait déjà remarqué des facultés naturelles, sans avoir besoin de ces pratiques supplémentaires. Mais pour ces sujets, le trépied fatidique et les vapeurs respirées remplaçaient, en quelque sorte, les manœuvres hypnotiques et magnétiques.

Si on avait grisé ces sujets avec du bon vin, on aurait obtenu des résultats analogues. Et puisque je parle de l’ivresse des humains alcooliques ou non, nous comprenons de suite, à présent, que certains hommes ivres puissent avoir des visions réelles et extraordinaires analogues à celles des voyants.

Mais, comme nous ne sommes pas habitués à considérer l’ivresse comme un état spécial permettant d’avoir des visions, on traite d’hallucinations toutes les visions des hommes ivres, des alcooliques, et de ceux qui sont atteints de la terrible maladie du delirium tremens. Or, dans cet état morbide de delirium, il est probable que la séparation de l’àme et de l’Esprit doit être poussée à un degré assez élevé. On sait que dans cet état, l’humain perd une partie de ses facultés, entre autres sa liberté d’agir, la décision, la volonté énergique, etc.

Mais, quand en outre les organes matériels de transmission et de perception des pensées sont atteints gravement, comme dans le ramollissement de la masse cérébrale, l’humain perd, en plus, une partie de sa raison, et peut même arriver à la folie furieuse.

Le genre des visions qu’ont les alcooliques aux derniers degrés se comprend facilement, puisque la composition des substances corporelles et psychiques est profondément altérée par l’alcool. Cette altération entraîne les changements dus à l’alcool dans la mentalité et l’âme de l’alcoolique. Or, les visions de ces malades dépendent de leur mentalité plus ou moins crapuleuse, et sont modelées dans la substance éthérée.

J’ai expliqué aussi que nos pensées, nos états d’âme, avaient dans la substance éthérée ambiante des modes représentatifs, qui peuplent notre champ psychique. Il n’est donc pas étonnant que les ivrognesatteints de delirium aperçoivent dans leur champ psychique éthéré attaché à leur mental, des figures d’Etres immondes, tels que serpents, crapauds et ignobles bêtes rampantes et visqueuses de toutes espèces.

Revenant aux lieux infestés d’Esprits divers, on pourra de même comprendre (pie les égouts, les

marécages puants, les séjours moisis de certaines grottes et fissures naturelles, puissent attirer les Etres immondes de l’Au-delà.

11 faut bien se persuader, que notre monde matériel, n’est qu’une image grossière du monde occulte, ainsi que me l’ont bien souvent répété les Esprits. Par conséquent, si dans notre monde il y a des Etres immondes, il doit y en avoir dans le monde Invisible d’autres encore plus immondes et dont nous n’avons pas idée.

Pour ma part, j’en ai aperçu, hélas! trop souvent, qui étaient repoussants au suprême degré. Mais les Esprits m’avaient prévenu qu’ils avaient à faire mon éducation, et qu’il fallait que je voie le beau comme le laid.

De même que les marais pestilentiels et les cadavres putréfiés attireront les Êtres immondes de l’Au-delà, les jardins fleuris de la Terre pourront attirer des Êtres charmants de toutes sortes.

Par ces considérations générales, que j’ai déjà indiquées jadis, nous arrivons de suite à concevoir que tous les lieux de la Terre doivent être peuplés par des Esprits ou des Êtres en rapport avec l’aspect, la nature, les émanations et les substances de ces régions.

Je ne serai donc pas éloigné de revenir à cette croyance antique, qui me parait assez logique, que les forêts, les eaux, les terres, les mers, etc. (et même le feu du soleil), sont peuplés d’Êtres se plaisant de préférence dans tels éléments ou tels séjours. De là aux sylvains, aux ondines, aux gnomes, aux salamandres, il n’y a plus qu’un pas. Mais on aurait tort de s’arrêter à ces grandes divisions, attendu que la variété des Êtres occultes dépasse tout ce que notre imagination pourrait concevoir...

Substances éthérées et matérielles.

J’ai ditqueles substanceséthéréesétaientd'ordresupérieur aux substances matérielles. Ce sont, en ell’et, les premières qui possèdent le pouvoir d’arranger, d’agencer, d’organiser les secondes, passives, inertes parleur nature. Les premières seraient des substances intelligentes par rapport aux secondes, subissant l’emprise des substances éthérées. On ne peut pas dire que dans une pierre qui possède un sosie éthéré de même forme, la substance éthérée, qui est fusionnée avec la substance matérielle que nous appelons pierre, soit douée d’intelligence ; mais elle recèle la partie la plus noble de cette pierre et lui tient lieu d’àme.

C’est ce sosie qui recèle ses facultés et propriétés. C’est lui qui lui donne sa forme à l’état solide actuel; enfin, c’est lui qui lui permettra de cristalliser dans certains cas de pureté sous des formes géométriques bien caractérisées.

Ce serait l’occasion d’agiter la question de l’unité de la matière, et de se demander si l’état d’une substance matérielle ne dépendrait pas uniquement de l’arrangement moléculaire que lui aurait fait subir son sosie éthéré. De telle sorte qu’une seule et meme substance matérielle pourrait prendre toutes sortes d’aspects, selon la manière dont l’emprise éthérée se serait produite sur la substance emprisonnée.

Mais on pourrait également renverser la question, et se demander si cette substance éthérée est la meme pour tous les corps matériels, le mode d’emprise seul variant; ou bien s’il y a autant de substance éthérée qu’il y a de substance matérielle ?

C’est là, je crois, un problème aussi difficile à résoudre que celui de l’uni lé de la matière, el que nous ne serons

guère prêts à résoudre, tant qu’un savant chimiste n’aura pas réussi à transformer un corps simple, un métal par exemple, en un autre métal différent. C’est tout simplement le problème de la transmutation des métaux. Déjà, il semble qu’entre l’hélium et le radium il y a des transformations difficilement explicables.

Je crois le problème d’autant plus difficile que si dans l’Univers une seule matière existe, elle serait l’éther cosmique, comme je l’ai déjà expliqué. Mais le problème serait encore mieux résolu par l’existence de deux matières fondamentales; l’une d’ordre éthéré et pouvant se condenser, et l’autre matérielle, pouvant prendre tous les aspects que nous connaissons.

Ces problèmes sont d’une telle complexité qu’il est actuellement bien imprudent d’oser en parler, quand on n’a que des raisons spéculatives à exposer. Mais r dès qu'il y aura des faits certains, si petits qu’ils soient,, on pourra commencer.

Il ne faudrait pas croire, parce que tous les corps peuvent émettre des vapeurs sensibles, que cela prouve que ces corps retournent à l’éther : j’ai montré le contraire.

Les considérations qui précèdent nous montrent tous les corps comme possédant, outre les substances et propriétés qui tombent sous nos sens, un autre corps éthéré de même forme, composé de molécules éthérées r qui sont unies, molécules à molécules, à celles qui sont matérielles. Comme on le voit, l’âme humaine, qui est le sosie de notre corps de chair, est unie à cette chair, monobie par monobie; c’est-à-dire qu’à chaque monobie matérielle, correspond une monobie éthérée. La fusion de notre âme et de notre chair est donc parfaite, et analogue à celle de l’âme de la matière inerte, où les molécules remplacent les monobies suigeneris.

Pour ne pas confondre, j’avais appelé l’âme delà matière, son intelmate (intelligence de la matière, comme recélant la partie noble de la matière, on pourrait aussi l’appeler matâme, âme de la matière).

Ce qui précède nous permet de comprendre l’action des forces se transmettant par l’éther sur la matière, grâce à la présence de la substance éthérée qu’elle contient. C’est ainsi que la chaleur qui se transmet par l’éther se communiquera à un corps matériel, grâce à son sosie éthéré, qui entrera en vibration, et permettra l’emmagasinement de cette chaleur. Pendant cette opération, on dirait que le corps échauffé se remplit d’éther condensé, qui le dilate proportionnellement au nombre de calories que ce corps emmagasine, comme si la chaleur avait un volume réel.

On sait aussi qu’il y a une relation entre les poids atomiques des corps et leur chaleur spécifique. Ces considérations pourront peut-être permettre un jour d’étudier de plus près la nature des sosies éthérés des corps, qui ont tant d’influence sur la forme, l’aspect et l’état des corps; par le spectroscope par exemple.

On conçoit que, grâce à ces substances éthérées que recèlent tous les corps vivants ou inertes, sous forme d’âme, ils soient tous en communication par l’éther cosmique ambiant, dans lequel tous les corps sont plongés.

Corps vivants et corps inertes (1).

C’est ce qui permet à l’Esprit cette communication avec tous les Etres et tout ce qui existe à l’état matériel ou éthéré.

(1) L’auteur admet la dualité de tous les corps inertes ou vivants comme la chair des Êtres. Ils se composent d'une substance matérielle et d’une substance éthérée de même forme qui en est le sosie.

Ce serait donc l’Esprit qui distinguerait les corps vivants des corps inertes; et l’âme d’un Être recevrait ses vibrations vitales et psychiques de l’Esprit agissant comme foyer de vie et de pensées. Mais du moment que l’Esprit aura allumé dans l’âme un nouveau foyer vital et psychique, le jeu des organes de la vie suffira pour entretenir dans l’âme cet état communiqué comme par induction.

C’est donc le manque d’Esprit dans un corps matériel, qui en fait un corps inerte et passif ; et c’est le départ de l’Esprit d’un corps vivant, qui détermine sa mort, l’âme ne pouvant continuer à vivre sans le concours de l’Esprit. Grâce aux substances éthérées, qui constituent à la matière inerte une sorte d’âme (intelmate), les corps inertes peuvent subir toutes sortes d’influences, provenant soit des autres corps dits inertes, soit des corps vivants. Il en résulte que la matière peut conserver des traces de ces impressions et même subir une sorte d’activité temporaire et anormale, par suite de charges quelle peut conserver quelque temps. Pour prendre un exemple, je dirai que, si vous tenez à la main une pierre, elle s’échaufTera ; mais elle pourra également conserver des traces des forces vitales et psychiques que votre main lui aurait communiquées, comme si la pierre en avait été chargée. Cette charge psychique durera assez longtemps.

Plus tard, on arrivera à étudier ces actions déchargés psychiques et vitales par la photographie ; et au moyen d’appareils sensibles qui décèleront les actions de ces charges, elles serviront à étudier Pâme de la matière, et à

LMme, substance ethérée, est donc le sosie du corps de chair, et réciproquement; mais un esprit existe en outre dans les corps des fitres vivants, qui les distingue des corps inertes : c’est le mansprit pour l'homme et le zoosprit pour les bêtes.

LES MYSTÈRES DE i/üNIVERS

j>rouver la présence de substances éthérées dans l’intérieur de tous les corps, quels qu’ils soient.

On démontrera encore rinduence de la nature des substances sur la grandeur des charges retenues, et on connaîtra le coefficient du pouvoir psychique de chaque espèce de matière, comme on connaît la chaleur spécifique du corps. Mais avant d’établir des tables, il faudra choisir l’unité qui serait la base d’un pareil système. Je crois que l eau pure renfermée dans un vase et sous un volume et une forme donnée, serait un point de départ assez convenable, parce que l’eau est facile à se procurer semblable à elle-même, et qu’elle sert aussi de base à une foule d’unités classiques.

Par le spectroscope, on étudiera les propriétés intimes des substances éthérées enfermées dans les corps -et par leurs spectres lumineux. Par la photographie on étudiera leur pouvoir actinique, lorsque, par exemple, une plaque de bois, de papier, d’ardoise, etc., sera soumise aux radiations de l’énergie vitale et psychique humaine.

On pourra, par exemple, recevoir l’image d’une personne sur une planchette de sapin, choisie aussi homogène que possible. On la mettra à la place de la plaque qui reçoit le cliché, et l’image bien au point. Après un temps de pose convenable et à étudier, on retirera cette planchette de sapin et on l’appliquera sur du papier à photographie très sensible.

Il faut faire ce contact de la planchette impressionnée et du papier photographique sans perte de temps. On trouvera sur le papier photographique une image de la personne, comme si on l’avait mis sous un cliché ordinaire, mais moins vigoureux, assez cependant pour reconnaître le personnage.

Enfin, au lieu de bois divers, on pourra opérer avec

toutes sortes de plaques de substances diverses, et constater les différences des effets, ou des pouvoirs actiniques des substances.

Au lieu de la lumière on pourra mettre la main sur ces planchettes et en tirer ensuite des épreuves de la même façon. Il est clair qu'au cas de la lumière, les substances qui jouissent de la phosphorescence, après leur exposition à la lumière, donneraient les meilleurs résultats. Je veux parler des substances qui permettent de voir la nuit le cadran d'un réveille-matin, porteallumettes, etc.

Pour photographier les Etres invisibles qui errent autour d'un sujet qu’on photographie, il faut qu'il y ait peu de lumière dans la chambre où se fait la photographie, et mettre le sujet devant un rideau de noir de fumée, c’est-à-dire sans reflets brillants. S'il y avait trop de lumière, cela gênerait, vu le peu d'éclat que les Êtres éthérés projettent par eux-mêmes. L'irradiation produite autour d’eux, absorberait leur éclat personnel. Il est bon d'opérer avec des plaques dites instantanées.

Peut-être arrivera-l-ou à impressionner un appareil stéréoscopique en regardant les clichés avec ses deux yeux* appliqués devant l'appareil. Je veux dire que ce serait un procédé renversé pour obtenir les images qui se forment sur la rétine par la pensée. Les deux clichés seraient un contrôle pour prouver que ce n’est pas le hasard.

On ferait aussi cette expérience : le sujet fixerait quelque temps un objet ou un paysage très simple, mais fortement éclairé. Les images se formeraient sur la rétine. Un appareil stéréoscopique tout prêt et mis au point serait là. Aussitôt le sujet, y appliquant ses deux yeux, pourrait produire l'image, qui s'était formée sur sa rétine, sur les deux plaques à clichés pho-

LES MYSTÈRES DE i/üNIVERS

tographiques, placées dans le stéréoscope à photographies.

Je me borne à indiquer quelques expériences à faire; mais on pourrait les varier à l'infini, et l’avenir nous apprendra des merveilles dans ces voies que je viens à peine d’esquisser.

Sur l’Étude des Sciences occultes.

C’est avec chagrin que je constate que, malgré tous mes efforts intellectuels, c’est à peine si je peux comprendre les enseignements des forces ou des Etres occultes.

Quand je parle de substances éthérées intelligentes, il est clair que ces substances doivent revêtir des formes déterminées ou d’Ètres vivants pour agir et se communiquer à nous. La question serait de savoir si ces Êtres ne sont que des formes temporaires, que revêt la substance psychique qui nous enveloppe de toutes parts. Je penche fortement vers cette dernière opinion, tout en faisant des réserves au sujet des Etres à formes fixes, pouvant peupler le monde occulte, dont les Esprits ont à démontrer l’existence.

Ce ne sont certes pas les humains qui peuvent avoir sur ces Êtres invisibles une action quelconque ; mais eux nous voient, et doivent savoir ce qu’ils ont à faire mieux que nous ! 11 n’en est pas de même de cette substance psychique de l’ordre éthéré, dans laquelle les Esprits puisent pour opérer toutes sortes de phénomènes. Cette substance doit être éminemment plastique, et obéir à toutes sortes d’influences des Êtres éthérés, comme des Êtres matériels.

Je veux dire que cette substance doit prendre des formes, d’après les effets que l’énergie vitale et psychique produisent sur elle. De là probablement la for-

mation de toutes sortes d’images temporaires qui se dissolvent à peine formées, après s’ètre modelées dans la substance éthérée.

Ces images, sorte de reflet de notre mental, n ont que des apparences de vie et d’intelligence, se forment et se déforment selon la nature du foyer vital et intellectuel qui est proche, mais sont quand même objectives.

Ce sont même ces images que les voyants voient le plus souvent et que nous pouvons très bien confondre avec des Esprits réels. Nous ne savons pas, en ellet, distinguer par des signes certains un Etre temporaire d’un Esprit réel et ayant une personnalité propre, et ce n’est qu’avec l’habitude qu’on y arrive.

Ce sont tous ces mélanges d’illusions, de faux et de vrai, qui rendent ces études occultes si pénibles et si décevantes. En outre, j’ai déjà dit combien les Esprits aériens aiment à mystifier les humains. Il en résulte que jamais nous ne savons si nous marchons bien ou mal, ni si nous avançons dans la bonne voie pour obtenir une progression dans la marche et la réussite des phénomènes annoncés et promis par ces Esprits mystificateurs.

En réalité, les Esprits auxquels nous avons affaire sont mauvais. Je vois d’ici les spirites se récrier! Mais je leur répondrai : cela est logique, car la Terre est une Planète mauvaise, et notre humanité est elle-même mauvaise à cause de cela. Et comment en serait-il autrement, lorsque nous voyons, par suite des lois naturelles, tous les poissons qui se dévorent entre eux, forcés de le faire pour se nourrir; ainsi que tous les animaux qui hurlent en s’entre-déchirant et en se dévorant mutuellement.

Notre planète offre le spectacle de tous ses Etres lut

£2 LES MYSTÈRES DE l/lJNIVERS

tanta chaque instant pour se défendre des Etres voisins ; car le sort de la Terre est tel que les choses ont été arrangées de façon que les uns, plus faibles, servent de nourriture à d’autres plus forts : ce n’est qu’un vaste champ de carnage... De telle sorte qu’on ne voit d’un bout du monde à l’autre que pleurs et grincements de dents et des êtres broyant leur pâture palpitante et sanglante.

Et puisque ce sont les Esprits qui gouvernent le monde matériel, comment ces Êtres éthérés seraientils bons, eux qui, sans cœur et sans pitié, président à ces agapes et sanglantes boucheries.

Les humains sont aussi des Etres très cruels et n’ont pas échappé à cette loi de malheur et de méchanceté qui pèse sur notre Planète : ils sont dirigés par des Ét res occultes qui sont plus cruels et plus féroces qu eux. Il ne faut donc pas s’étonner de trouver que les Esprits sont sans cœur, sans pitié, sans charité, sans aucune bienveillance pour les humains.

Je le répète, les communications de ces Etres aux saints et saintes, données comme venant des anges ou bons Esprits, ne sont que de pures mystifications quand on les analyse sans idée religieuse arrêtée. Mais, ce qui est plus stupéfiant, c’est que, si nous étudions leur mental au point de vue humain, ces Etres nous paraissent détraqués et dénués de raison. De là toutes ces âneries débitées par eux.

C’est en vain que vous voudriez raisonner avec eux : cela est impossible et ils paraissent toujours faire l’inverse de la raison, ou de ce qu’il faudrait faire logiquement, pour arriver au but qu’ils semblent désirer atteindre.

Ce sont ces raisons, plus que toutes autres, qui font douter de la réalité d’un monde occulte peuplé d’Ètres

dont la raison est contraire à celle de notre humanité. Est-il possible qu’il y ait deux raisons, et que 2 et 2 fassent 5 dans le inonde occulte ?

Ah ! je plaindrais sincèrement ceux qui étudieront les sciences occultes et seront en rapport avec des Etres aériens analogues aux miens. D’ailleurs, pour toute consolation, ils n’ont su que nous répondre ceci : « Que fais-tu sur la Terre, tu végètes et tu mènes une vie misérable. Tu n’as qu’à te tuer, pour trancher le fil de ton destin fatal et arrêter la fin de tes misères... »

J’ai souvent été sur le point de céder et je ne me suis arrêté qu’à cause de mon entourage... Rien, absolument rien, ne vient réconforter le malheureux medium tombé entre les mains de ces Etres exécrables... Jamais la plus petite marque de bienveillance ne vient éclairer sa triste existence.

Perplexité. — Prière à Dieu.

Il manque aux humains d’être assez intelligents pour comprendre les enseignements innombrables de la nature et pour en faire ensuite la synthèse. Ces enseignements sont en outre muets, et ce n’est qu’à force de raison que nous arrivons à en tirer quelques déductions. Ces déductions n’ayant pas les caractères de faits ayant une certitude absolue, il en résulte que ceux qui voient juste peuvent voir leurs opinions discutées par des savants qui ont plus de talent et d’érudition que de génie.

1° Il est certain que les matérialistes sont dans l'erreur la plus grossière. Des hommes de talent ont soutenu ces théories avec un certain succès lorsque leurs bases ne reposaient sur rien de démontré. Ils ont cependant eu la gloire d’être réfutés en grand, alors qu’il eut suffi de démolir leurs édifices creux, en démon-

trant l'absence de possibilité ou de vraisemblance de leurs bases.

Je ne puis mieux comparer leurs méthodes sur l’origine de la vie, qu’à celle d’un savant qui voudrait expliquer la présence d’un foyer gigantesque allumé, en partant d’une première étincelle de feu, ayant embrasé tout le foyer. Mais il sera aussi difficile de prouver l’origine du premier Etre vivant, que de la première étincelle.

2° Quand je considère la nature, et la Personnalité Divine, je me demande comme tant d’autres, quel est le but et la lin des Etres vivants sur la Terre, ,1e les vois se dévorant tous entre eux, et on serait tenté de conclure que tous les Etres n'ont été créés que pour se servir de nourriture mutuellement. Cela me parait impossible et me rend perplexe.

J’ai bien pensé à supposer que les Etres matériels ne servaient qu’à enfanter des Etres éthérés, chargés ensuite de peupler d’autres inondes cosmiques. Cette idée ne renverserait pas ma conception, car il suffirait de matérialiser ensuite un certain nombre de ces Etres éthérés sur un autre monde, pour opérer une autre création matérielle, ainsi que je l’ai expliqué.

Le nombre des mondes cosmiques à peupler doit être en effet incalculable, et cette loi de la multiplication de la vie à la surface des planètes formées, doit avoir une cause et un but final, utiles et mêmes nécessaires.

3° Faudrait-il supposer que le Dieu de notre système planétaire, qui est un Etre qui vil et pense, a créé les Etres pour son agrément, et pour orner la surface des mondes cosmiques d’animaux vivants, à la façon dont un propriétaire peuple ses jardins, forêts et volières d’Ètres animés pour son agrément? Cette solution ne serait pas si invraisemblable qu’elle en a l’air, car si

sr>

Dieu est J)ien un Etre pensant, il doit avoir le goût de tout ce qui est beau et peut orner son œuvre.

Si Dieu était un Etre comme Satan, je serais encore plus affirmatif; car alors je comprendrais cette vie misérable des Etres, créés pour l'agrément d’un Dieu inférieur, et s’intéressant à cette lutte de tous les Etres combattant pour vivre et se nourrir. C’est la Grandeur Colossale de ce Dieu Universel qui me retient, car je ne puis admettre que cet Être Tout Puissant, puisse se complaire à examiner un champ de carnage, et écouter avec joie toutes les plaintes que les victimes dévorées font entendre à leur créateur...

![° J’ai déjà dit que notre monde était mauvais et j'en ai attribué la cause à la qualité inférieure des matériaux dont notre planète était formée.

Dieu exerce ses facultés sur les substances que le monde cosmique recèle, et qui sont très variées. Si les facultés des substances que son génie a triturées, sont telles qu'elles ne peuvent donner naissance qu’à des- Etres inférieurs, la cause n’est plus en Dieu, mais dans ces matières que Dieu eût à organiser. Il a dû en tirer le meilleur parti en appliquant les lois générales et naturelles, immuables de toute Eternité.

C’est même là un des arguments qui me font supposer la coexistence de l’Esprit et de la matière, car si Dieu avait créé la matière en la sortant de son corps, qui est la substance éthérée, qui remplit les espaces cosmiques, il l’aurait créée parfaite partout!...

5° C’est en voyant le sort des humains que je me lamente, car je songe que la Justice n’est pas de notre monde. Nous voyons, en effet, des méchants réussir en tout, et n’avoir aucun remords de leurs forfaits : ils sont relativement heureux. Nous apercevons au contraire d’honnêtes gens calomniés, et victimes des premiers.

ou d’un sort fatal, passant leur existence dans la misère et les larmes : ils sont très malheureux, malgré leurs vertus... Nous ne sommes pas libres non plus de faire ce cpie nous voudrions pour éviter les maux qui nous frappent, car bien souvent l’énergie nous manque, malgré notre bonne volonté.

Le moi-conscient, je l’ai dit, n’a qu’un libre arbitre apparent, et il est souvent le jouet de son mansprit ou des Esprits. Cependant, si notre personnalité est composée d’une âme asservie et d’un mansprit presque omnipotent, ce serait ce dernier Etre dans lequel notre li ber té réelle d’agir existerait.

Mais c’est à peine si l’âme connaît cet Etre qui est notre Esprit personnel, et qui semble se dissimuler de son mieux, pendant lecours de notre vie,afin démasquer de son mieux notre esclavage réel.

C’est ce mansprit que certains appellent l’Inconscient ou Etre intérieur. Nous pourrions presque l’appeler l’Inconnu personnel.

Page 1