PRIÈRE
6° Mon Dieu, personne n’est plus grand admirateur de votre Puissance ( et de votre Intelligence aussi colossale que votre Etre !
Je voudrais vous adorer, mais je me sens si petit, si petit, auprès de ce Dieu dont j’ai appris l’existence nécessaire et mathématique, que je n’ose lever mes regards vers vous !
Je me compare au puceron rampant sur le sol et voulant adorer l’éléphant monstrueux qui l’écrase pendant sa marche.
Est-il possible que la Providence existe ? — Cependant, si tous les Etres sont plongés dans l’éther, c’est-
LES MYSTÈRES DE CcNIVERS
à-dire dans le corps de la Divinité, il n’est pas impossible que mes prières soient entendues.
Heureux les pauvres d’esprits, qui réduisent Dieu à la hauteur de leur conception, et en font un Dieu assez petit, pour qu’il leur soit accessible... Ceux-là ont le cœur plein de leur divinité et ne craignent pas de l’implorer : cela soutient leur Foi...
7° Il me semble que les Esprits doivent considérer nos richesses et tous nos biens matériels, à la façon dont les humains considèrent une vaste fourmilière, où les fourmis ont amassé, entassé des tas de brindilles que nous regardons avec pitié; car les richesses des fourmis ne nous intéressent guère. Cependant, l’argent est devenu si indispensable, avec la disparition des peuples pasteurs, que tout pivote autour du capital social et particulier. Les conseils des Esprits peuvent être utiles ou nuisibles, selon le caractère des Etres éthérés qui nous les donnent; mais il me paraît impossible que ces Etres, s’ils dirigent nos destinées et s’y intéressent, ne s’occupent pas aussi de la gérance de la fortune publique et de celle des particuliers.
Il y a en eflet des peuples plus commerçants que nous, et qui ne parlent jamais dans leurs groupes que de leur intérêts matériels. De quelle nature pourrait être l’intervention spirituelle, si elle ne prenait pas le caractère intéressé et matériel des préoccupations des membres de ces peuples ?
La loi ne peut être que générale, et si nous sommes dirigés par les Esprits, il faut admettre que tous les peuples le sont. Par suite, les êtres éthérés, quoique l’argent leur soit devenu inutile, doivent bien être