‹ Les mystères de l'universChapitre 7 sur 12 · UNIVERS · texte numérisé non relu

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obligés de s'occuper de manier cet élément du bonheur ou du malheur de chaque humain...

Oh ! je sais fort bien que l’argent ne fait pas le bonheur de ceux qui le possèdent; mais il peut contribuer à améliorer le sort de ceux qui en ont peu, ou qui en ayant eu, ont tout perdu par des revers de fortune dont ils ne sont pas les auteurs.

Bref, il faut admettre que les esprits s’occupent aussi de nos intérêts les plus matériels, car il y a des races d’Esprits qui passent leur existence au milieu de nous, nous hantent, et nous influencent à chaque instant.

De Tinfluence incontestable de nos croyances sur les

Sociétés et sur les modes de gouvernement des nations.

Je crois que quelqu’un a dit que les peuples ont le gouvernement qu’ils méritent... Bien n’est plus exact.

Si nous remontons à l’antiquité, la vérité de mon titre y éclate à chaque instant, caries prêtres étaient en même temps législateurs et dépositaires des dogmes. Les pouvoirs civils et religieux s’unissaient pour faire exécuter les lois.

A présent que la liberté de conscience permet de tout écrire, il semblerait que les croyances religieuses ont perdu leur influence sur les nations qui cherchent cà se donner le meilleur régime. Mais il n’en est rien, et bien qu’en France, on ne parle jamais de l’idée de Dieu à la Chambre des Députés, ce sont toujours, au fond, nos croyances intimes qui règlent la forme du gouvernement.

Certes, la loi de séparation de l’Église et de l’État a du forcément amener nos Députés à s’occuper de l’importance de nos croyances religieuses. Cet événe-

LES MYSTÈRES DE l’üNIVERS

ment n’est qu’une preuve de ce que j’ai avancé. En effet, dès que la Chambre a cru que la tiédeur des catholiques était devenue suffisante, elle s’est empressée de tout laïciser, et ensuite de supprimer le budget des cultes d’un trait de plume.

Le résultat de celle destruction systématique de l’idée de Dieu, en tout et partout, serait déplorable, si les idées spirituelles n’étaient pas à cette époque dans une période de transition qui sera féconde.

Le Matérialisme a préparé merveilleusement le terrain, en balayant brutalement une foule de superstitions et de dogmes surannés. Il n’a été que la réaction forcée d’un état d’asservissement de l’esprit humain, par les ministres des cultes qui avaient abusé de leur autorité pour arrêter la marche du progrès.

Mais le matérialisme à son tour, sera balayé par le Théisme rationnel et scientifique, qui a pris naissance dans tous les pays, à la suite des études et des expériences des sciences occultes et psychiques.

Le matérialisme n’est un adversaire redoutable que parce qu’il paraît s’appuyer sur les lois de la Nature qui sont mal connues. C’est un trompe-l’œil. Les érudits, matérialistes plaident leur mauvaise cause, en laissant de côté leur base, de telle sorte que le lecteur superficiel se dit à chaque page : il a raison ! Mais le lecteur trompé ne semble pas s’apercevoir, à cause de son manque de logique, que cet érudit n’a pas démontré les bases de ses conceptions, mais d’autres faits intéressants, qui se retourneront contre l’auteur.

Quand les Spiritualistes auront accumulé à leur tour une pyramide de faits incontestés, ils pou iront alors juger le matérialisme du haut de ces hauteurs. II y aura réaction, et eux aussi eux s’appuieront sur les faits attribués aujourd’hui à l’imagination. La lutte entre le ma-

térialisme et le spiritualisme sera de courte durée, lorsque la science officielle aura admis que le monde matériel n’est pas le seul qui fonctionne; qu’il y a d’autres substances que celles qui sont matérielles ; et enfin qu’il existe des êtres dont le corps est invisible à la masse des mortels.

Il serait absurde de ne pas admettre que de nos ■croyances, résulte le régime politique et social qui régit les peuples. Par exemple, la religion des Papes •admettait que Dieu, maître absolu, avait le pouvoir de désigner les souverains des nations. Cet homme devenait ainsi supérieur à tous ses sujets et avait tous droits sur eux. L’Église damnait ceux qui n’obéissaient pas aux rois.

De là est né ce principe du Pioi légitime, par droit divin. Tout le monde connaît les inconvénients de ce régime en temps de paix. Mais en temps de guerre un Empire sera mieux obéi par ses soldats, car sous le régime républicain, le commandement n’a pas une base très solide aux yeux de la nation, tous se croyant dignes de commander. La destruction du principe du droit divin a amené la Révolution de 1789; et notre gouvernement actuel de la République est le résumé de nos ■croyances passées et présentes. Sa prospérité dépendra de notre Sagesse.

La religion protestante avec Luther a admis le libre examen de toutes choses, même en matières religieuses. Il en est résulté pour l’Angleterre la royauté héréditaire, avec le régime parlementaire, créé pour discuter les lois et toutes questions sociales. Calvin, au contraire, n’admet pas ce libre arbitre en matière sociale ou religieuse. Il déclare que chaque individu doit inarcher selon la voie que Dieu lui a tracée. Il en résulte la prédestination originelle des classes, et de

chaque membre composant une nation. C’est la négation du libre examen des lois sociales et de la discussion des castes.

C’est ce qui cause en Allemagne des luttes parlementaires en face du principe de cette prédestination des castes et des croyances religieuses.

En Russie, c’est encore pis ! outre ce principe du droit divin réglant la succession au trône, les Tsars se croyant choisis par Dieu ToutPuissant, ont admis qu’ils étaient les représentants de Dieu sur la Terre ; or, les Papes admettent aussi ce dernier principe. Il en résulte que les Tsars sont devenus les chefs des pouvoirs temporels et spirituels Ils sont donc les chefs de leur église orthodoxe, c’est-à-dire les papes de leur nation. De là, ce régime de l’autocratie absolue, contre lequel le peuple Russe se révolte en masse. La Russie gouvernera comme les Anglais plus tard et après cette révolution qui n’est pas près de finir !... que de crimes et de sang je vois...

Je pourrais multiplier ces preuves et montrer que le régime direct de la nation par le peuple, ou du bonplaisir des peuples , serait une plus grande calamité que celle de la monarchie, car le peuple est un grand enfant qui a besoin d’être constamment éduqué et tenu en bride...

Sur la claivoyance des somnambules.

Du moment que j’ai admis que le corps humain contenait deux Etres différents capables de penser, l’âme et l’Esprit, il est facile de comprendre que toute manœuvre tendant à annihiler lame, soit en la stupéfiant ou en l’endormant, permet d’autant mieux la séparation de ces deuxEtres, et à l’Esprit la liberté de manifester sesfacultés directement. Or, l’Esprit étant un Etre complet, n’a

LES MYSTÈRES DE l’üNIVERS

pas besoin des yeux du corps pour y voir(l). Le mansprit voit avec ses yeux d’Etre éthéré dans le monde occulte. Il peut donc voir les Esprits par ces yeux; ce qu’on appelle la vision intérieure. L’Esprit voit plus difficilement dans le monde matériel, étant isolé . Néanmoins il peut arriver que l’Esprit puisse lire alors que les yeux du sujet sont fermés, dans un livre par exemple. Mais on peut remarquer que notre Esprit ou plutôt notre mansprit, comme je l’ai appelé, a toujours une tendance à être farceur, à se faire prier et à nous mystifier. Néanmoins il y a des faits certains qui démontrent que l’Esprit peut lire sans le secours conscient de l ame. Mais si le mansprit ne se sert pas des yeux du corps, il se sert quand même des autres organes de perception, et il peut les influencer tous.

(1) Pour ne pas faire de confusion entre un Esprit extérieur à notre corps et l’Esprit personnel de chaque humain, je propose d'adopter le mot mansprit , pour désigner ce dernier, et le mot zoosprit pour l’Esprit des bêtes.

II. — SUR L'ESPRIT, — LES ÊTRES, — L'HOMME, LA PERSONNALITÉ ET L’IMMORTALITÉ

Vue d ensemble sur ces différents sujets.

Si les Esprits sont très flatteurs, c’est sans doute pour panser leurs blessures, et nous encourager à accomplir les travaux qu’ils nous imposent. C’est probablement pour cela, qu’interrogés sur les motifs de leur obsession, ils in’ont souvent répondu qu’ils m’aimaient pour mon Génie...

... — Oh, Génie, génie, que tu me rends malheureux! Et au moment où je viens d’écrire les trois lignes qui précèdent, plusieurs craquements se font entendre dans mes meubles, pour me prouver que je 11 e suis pas seul, qu'on m'entend et que mes pensées sont connues...) Mais qui m’entend, qui craque ainsi à chaque instant, me prouvant que l’homme est entouré de forces intellectuelles occultes? Car, ces craquements qui répondent à mes pensées secrètes ne peuvent être qu’intellectuels, puisque la force ou les Etres qui les produisent, répondent à des pensées.

Combien j’envie ces cerveaux vides et légers, ces humains heureux dans leur insouciance de tous ces problèmes profonds ! Ah ! oui, heureux les pauvres d’Esprits ! Ceux-ci 11 e passent pas leurs nuits à creuser la science et ces grands problèmes troublants qui me rendent perplexe, malade même, et me donnent le

LES MYSTÈRES DE l’UNIVEHS

vertige !... Tètes de linottes, vous êtes de charmants joujoux, pour l’Esprit universel !

Si j’ai du Génie, je n’en sais rien, car vivant seul et retiré du monde des humains, juges partiaux, je n’ai cure de leur opinion...

D’ailleurs, je sais aussi que nous ne savons et ne saurons jamais rien sur tous ces grands problèmes, malgré la profondeur de notre science et de nos trop faibles facultés. Il y a là de quoi rendre modestes les plus orgueilleux des humains, appelés Maîtres par le public...

... Le Génie, mais il ne nous appartient pas en propre ! Nous ne sommes pas les maîtres d’avoir ou de ne pas avoir du Génie, et si nous en avons par hasard, nous devenons, hélas, les esclaves de cette force occulte qui nous obsède de ses inspirations géniales ! C’est en vain que nous voudrions nous soustraire à l’emprise de cet Esprit qui nous obsède et nous inspire; nous en sommes les modestes serviteurs.

Malgré l’énormité de ce que je vais écrire, pourquoi ne m’expliquerais-je pas plus clairement sur ce sujet? — Pourquoi ne pas préciser ce qui est peut-être la vérité, ou s’en rapproche un peu ?

Tant pis, si je détruis bien des illusions, car ce n’est qu’un journal de mes perplexités que j’écris ici; mais je veux rester logique et essayer de pousser loin mes déductions, au sujet de l’axiome, que j’ai posé : l’Esprit et la matière coexistent de toute éternité.

La télégraphie sans fi 1 va me permettre de donner un corps à mes idées. Supposez donc que quelque part sur la Terre, existe cette âme intellectuelle de notre Planète, cet Esprit Universel, et dont une par- 4 celle vibrante et vivante, servira de foyer intellectuel, répandant partout sur notre Terre les vibrations de la

LES MYSTÈRES DE l’UJNIVERS

pensée de cet Esprit. Supposez qu’en tous lieux, sur les continents, soient érigés des mâts élevés, représentant les récepteurs, des appareils transmetteurs de la télégraphie sans fil. Mais au lieu de transmetteurs» de courants électriques ondulatoires, ce seront des appareils émettant des pensées, — la pensée de cet Esprit qui anime famé de la Terre, foyer capable d’émettre ces pensées, puisque nous avons admis son existence. Tous ces hauts mâts récepteurs des ondes émises par ce foyer intellectuel, qu’est l’Esprit terrestre, reproduiront ses pensées d’une façon uniforme..

Supposez encore que tous ces appareils récepteurs, au lieu d’être semblables, soient de substances différenteset telles que cette pensée universelle soit modifiée ou interprétée différemment selon la nature et la qualité des appareils récepteurs : vous aurez là une image de ce qui se passe pour tous les Etres et notre humanité.

Je veux dire que tous les Etres vivants, composésd’organes analogues, mais différents, interpréteront la réception des dépêches spirituelles, ainsi transmisespar l’Esprit, selon les facultés inhérentes de tous ces Êtres, et selon la nature de leurs organes. Est-ce que dans l’ordre minéral, la lumière et la chaleur, émanant d’une même source, solaire par exemple, n’influencent pas différemment toutes les matières que rencontrent les rayons calorifiques et lumineux ?

Dans les deux cas, ce sera le milieu éthéré, qui servira de véhicule aux ondes transmises, comme il sert aussi à transmettre les dépêches expédiées par la télégraphie sans fil.

De telle sorte que les Etres vivants ne seraient plus que des machines, des appareils récepteurs vivants, chargés de recevoir les pensées qui émanent de l’Esprit. On pourra concevoir que de la diversité des Etres, de

leurs organes, de la nature de leurs âmes, ayant des facultés et caractères différents, naîtront des interprétations adéquates à ces Etres.

La personnalité humaine consisterait alors, dans la façon dont cet Être appréciera et recevra cette influence, cette emprise de l’Esprit de la Terre. Ne voyons-nous pas tous les jours un phénomène analogue se produire en petit, lorsque nous avons à apprécier un tableau, un spectacle, un phénomène quelconque? — Autant de spectateurs, autant d’opinions. Or, nos âmes éthérées, qui sont les organes éthérés en communication avec l’Esprit, différent profondément d’un individu à l’autre. Cette âme, accepte ou repousse les pensées extérieures qui lui arrivent d’une source inconnue. Cette source profonde, inconnue, inépuisable, ne serait-elle pas l’Esprit dont j’ai admis au début l’existence, comme un axiome ?

Cette idée est pleine de conséquences, et expliquerait bien des phénomènes, et les pensées qui flottent dans l’air, ne seraient plus un rêve, mais la réalité qui nous était cachée. Certaines âmes les repousseront, car elles ont cette faculté, mais chez d’autres, elles trouveront un récepteur docile, qui les accepteront et les examineront avec soin.

C’est ainsi que tel humain, dont l’âme est géniale, aura les facultés très développés pour résoudre tel problème. l’Esprit deviendra obsesseur et ne lâchera plus sa proie, avant qu’il n’ait résolu ce problème, dont il aura accepté de s’occuper. Souvent cet humain se découragera, et lâchera ses travaux commencés; mais l’Esprit pourra revenir à la charge, ou essayer d’obséder d’autres humains, pour arriver à la solution du problème.

Cette façon de faire de l’Esprit de la Terre, sera ce

LES MYSTÈRES DE l’üNIVEKS

que j’appellerai la marche de l’esprit de l’humanité, c’est-à-dire la transformation que subira l’Esprit terrestre, trituré par l’intelligence humaine.

S’il en était ainsi, on concevrait que les résultats seuls nous appartiendraient, et que le travail de notre âme, serait la seule partie qui incomberait à l’homrne. Notre personnalité serait fictive, et ne serait que la façon dont l’âme, qui recèle le moi-conscient, interpréterait l’emprise de l’Esprit de la Terre.

Certes, cet Esprit serait immortel, puisqu’il existerait en dehors de nous et de notre corps matériel. Mais étant donné que les Etres, au moyen de leurs âmes, ne seraient que des fragiles récepteurs des idées de l’Esprit, que resterait-il de cette personnalité, après la mort de ces récepteurs, vivant la durée de notre existence si courte ? L’âme de l’enfant a pour origine l’union charnelle des parents, de la manière que j’ai expliquée; mais je ne vois plus guère de place à l’immortalité de nos âmes, si celles-ci périssenL avec le corps, auquel elles sont si étroitements liées et fusionnées...

Toute la question se résoudrait, comme toujours je l’ai dit, à savoir: si réellement nos âmes se détachent de la matière corporelle après notre mort, et si elles s’envolent dans l’éther ambiant, pour devenir un de ses hôtes; ou encore savoir si l’âme est entraînée par le mansprit.

Et si cela était, il faudrait que le monde des Esprits existât; il faudrait que les Esprits que nous voyons, et que j’ai si souvent aperçus, fussent non pas toujours descréations éphémères et voulues par l’Esprit terrestre, mais des Etres ayant leur vie et leur personnalité réelle et durable. Certes, si le monde occulte existe, il peut être peuplé, non seulement par les âmes des Etres

morts, mais encore par tous les Etres éthérés qui n’ont pas et n’auront jamais de formes matérielles correspondantes sur la Terre. Il faudrait donc être certain que ces Esprits qui nous apparaissent sont bien quelquefois ce qu’ils disent être, et non la forme que l’Esprit créateur terrestre peut faire prendre aux substances éthérées.

Cela posé, quand je songe à l’Etre misérable que je suis, si infinie sur la Terre, à ma très faible intelligence, auprès de celle de l’Esprit, je cherche encore quel est le mystère de ces communications que les mortels ont avec ces Entités intelligentes que nous appelons Esprits.

Certes, les Esprits pourraient être théoriquement et pratiquement l’Esprit lerrestre dont je viens de parler, et qui serait au moins symboliquement l’ame de la Terre; mais étant donnée la colossale intelligence que l’Esprit doit avoir, je me refuse à supposer que les médiums soient en communion directe avec cet Être inconcevable qui gouverne la Terre.

Ces intelligences mystérieuses qui nous obsèdent et qui nous hantent sont trop capricieuses et moqueuses pour qu’elles soient l’Esprit. Il ne me paraît pas possible, malgré ce que j’ai exposé, que ce soit cet Esprit directement, qui déclare à certains médiums qu’ils auront telle mission, comme par exemple pour moi, l’étude des sciences occultes. J’ai été l’objet de trop de farces et de mystifications de la part de cette intelligence occulte, pour que j ose les attribuer à l’Esprit, Génie de la Terre.

C’est là que le rôle des Esprits m’apparaîtrait très utile, pour remplir le rôle d’intermédiaires libres entre les humains et l’Esprit de la Terre.

Si nous admettions ([lie le monde occulte est peuplé

d’Etres ayant une existence analogue à la nôtre, on comprendrait que ce monde recélât des Êtres ayant une moralité et une intelligence de degrés très variés. Il serait même certain que ce monde plus intellectuel que matériel, renfermerait dans son sein des Entités, dont le caractère et l'intelligence comprendraient une très vaste échelle d’Etres divers, autrement différenciée que notre humanité.

Au point de vue corporel, toutes les races humaines se valent à peu près.

Au point de vue intellectuel il y a de fortes variations, provenant surtout de la civilisation et de l’éducation sociale des Êtres. Je supposerai donc que le inonde occulte pourrait être peuplé d’Ètres dont la mentalité et la puissance varieraient dix fois, cent fois plus que les différences intellectuelles des humains les plus bas et les plus haut dans l’échelle de notre humanité.

Dans ce cas, je me verrais forcé de revenir au monde des Esprits, qui remplirait exactement le but que je venais d’attribuer à l’Esprit terrestre, tandis que ce seraient les Esprits qui seraient directement sous l’emprise de cet Esprit terrestre.

J’ai dit aussi que les Esprits auxquels nous avions affaire avaient une mentalité satanique. Mais j’ai eu soin de préciser, en disant que j’appelais Satanique, justement la mentalité générale qui anime l'humanité.

Cela serait logique, de supposer que l’humanité doit avoir la mentalité des maîtres occultes qui la dirigent. Or, il est fort possible que notre sort soit entre les mains des Entités inférieures de ce monde occulte, qui plane sur la Terre, et ce ne serait que bien rarement que des Entités supérieures consentiraient à s’occuper de nous.

Les médiums doués de clairvoyance et de clairau-

clience seraient des récepteurs extra-sensibles des idées et de Inintelligence que possède la classe d’Esprits, avec laquelle ils sont en rapport.

Quant aux phénomènes sur la matière, ce serait cette meme classe d’Esprits, qui leur prêterait le concours de leur puissance, par des moyens que nous ignorons encore. Mais au fond, ce seraient les Esprits qui remueraient les meubles, produiraient les craquements, et tous les phénomènes qui nous émerveillent.

Il est clair que ces Esprits étant plongés dans l’éther cosmique, et en communication directe entre eux, par celte substance, il n’y aurait plus de distance pratiquement entre ces Etres éthérés. Je les conçois de merveilleux récepteurs capables à la fois de jouer aussi le rôle de transmetteurs ; et je les vois aussi sous l’emprise directe de l’Esprit, qui leur accorde la liberté qui lui plaît. C’est-à-dire que les Esprits ne pourraient rien faire sans la permission de l’Esprit terrestre, mais comme nous, ils jouieraient d’une liberté relative leur laissant la latitude de mystifier les humains à leur aise, sans dépasser les bornes de certains pouvoirs, dont ils ne pourraient user à leur gré.

Cela expliquerait pourquoi ces Etres qui paraissent ne guère connaître la pitié et la charité envers nous, ne pourraient pas commettre de crimes sur nos personnes. En effet, étant donné le caractère très farceur des Esprits, leur manque de moralité et de discipline, ils pourraient très facilement nous étrangler ou nous tuer de mille façons mystérieuses. Or, nous ne voyons pas que les fantômes passent pour commettre des crimes, eux qui sont quelquefois doués d’une puissance remarquable, au point de soulever leurs médiums dans les airs.

Ah ! que de mystères ignorés dans tout cela, et que nous savons peu de chose ! Mais inversement, nous ne

voyons non plus jamais, ces Etres nous apporter des secours matériels.

Autrement dit, en dehors des maisons hantées, et des séances voulues, où nous recherchons la production des phénomènes puissants, il semblerait que les Esprits n’aient que le droit de nous influencer moralement, et d’agir sur notre âme. C’est à tel point, que je me demande si l’Esprit qui est en moi (niansprit) ne serait pas un de ces Etres du monde occulte, qui serait venu loger dans mon corps, depuis ma plus tendre enfance. Ce serait là une règle générale, et chaque Etre à peine né, deviendrait le réceptacle d’un Esprit conforme à sa race ou à sa nature animale. — Naturellement à notre mort, ce niansprit reprendrai.! sa liberté, et on conçoit que cet Etre logé en nous, appartenant au monde des Esprits, puisse facilement s’extérioriser et se mettre en rapport avec ses semblables restés dans le monde Invisible.

Dans ce cas, la survivance de notre niansprit serait évidente, mais je le répète, je sais fort bien que mon Esprit n’est pas mon moi-conscient, et que sa survivance n’a rien à voir avec celle de mon âme, qui représente ma réelle personnalité ; celle dont j’ai conscience.

L ame et le niansprit étant deux Etres absolument distincts et différents de caractère et de facultés, on comprendrait pourquoi le médium, agissant au moyen de son rnansprit, pourra accomplir un tas d’actes que son âme (moi-conscient) ignore, mais que son Esprit, appartenant à un monde supérieur, connaît parfaitement. Je veux dire que l ame peut ignorer le latin, mais l’Esprit pourrait très bien le savoir. L’âme peut ne pas savoir dessiner, mais le niansprit pourrait le savoir, et y arriver, si les facultés de ce médium le lui permettent; et ainsi de suite.

Me voici encore retoml)é clans le monde des Esprits, malgré <|iie je les ai niés pendantces derniers mois. C’est qu'il est bien difficile d’expliquer de très nombreux phénomènes que j’ai vus et ressentis, et d’autres que j’ai lus, sans admettre le concours d’Elres qui existent en dehors de nous et dont nous avons une conscience très imparfaite... Peut-être que l’avenir m’éclairera sur ce sujet, car me voici plus calme qu’il y a une année et ces derniers temps, où je repoussais l’existence du monde occulte.

Ma pensée intime serait que l’Esprit mondial Terrestre serait le seul auteur de toutes les manifestations médianiques. Cette idéeseraitlogique et la conséquence de ma théorie, par laquelle ce serait l’Esprit terrestre qui jouerait le rôle de Mansprit dans le corps des humains. Dès lors, ce Mansprit aurait une mentalité que je connais assez bien, pour l’avoir profondément étudiée, avoir reçu ses dons, faveurs, et en avoir été persécuté. Le Mansprit serait la source de nos idées extérieures et de notre imagination, et ce serait là l’emprise de l’Esprit terrestre fixé en nous et y exerçant ses facultés, selon la nature de notre substance et selon les facultés de notre âme.

Là encore, on me dirait: Comment osez-vous supposer que l’Esprit terrestre puisse être farceur, menteur, mystificateur, etc. A cela ma réponse est prête et excellente : Puisque c’est l’Esprit terrestre qui a créé les humains voleurs, assassins et criminels de toutes façons, il n’y aurait rien d’illogique à le voir farceur et mystificateur, dans notre Mansprit, d'autant plusque nous ne le voyons pas accomplir des crimes médianimiques. Dieu a bien créé des crapauds, des cochons, des vipères, toutes sortes d’insectes venimeux, désagréables etd’autres animaux terribles antédiluviens ; il peut bien être

mystificateur, clans scs rapports avec nous, parle Mansprit créé ou par les Esprits créés.

Pour mieux comprendre ma pensée, et prouver que, par là, je n’attaque en rien la grandeur et la majesté divine, il faudrait relire mes longues pages sur l’explication du mal.

Je montre comment Dieu étant par hypothèse parfait et infiniment puissant et intelligent, les Etres qu’il crée ne sont que des œuvres que nous jugeons à notre point de vue imparfait, au point de vue moral (car matériel* lement, tout Etre est un appareil merveilleux), à cause des substances inférieures dont ils sont formés. Les rapports de l’Esprit avec nous, seraient encore une transformation des facultés divines, adaptées à l’appareil récepteur dont la mentalité est mauvaise et très imparfaite.

Bien plus, si l’Esprit ment par notre bouche, c’est que notre nature est d’être menteur, et j'ai expliqué que nous naissions menteurs comme nops naissions chanteurs et ténors.

Je rappelle que j’ai expliqué comment le Dieu Parfait et Juste pouvait être Satanique sur la Terre par son œuvre. Les félins et même nos chats sont d’un caractère que nous trouvons cruel. Nous aurions beau faire, nous n’arriverions jamais à modifier leur nature intime: ils resteront toujours féroces.

Pour bien se rendre compte de la mentalité de l’aine de la Terre, de celle du Génie qui gouverne notre Planète, nous n’avons qu’à examiner la mentalité générale de tous les Etres terrestres,y compris les humains. Or, l'homme qui est l’Etre le plus élevé dans l’échelle des animaux terrestres est évidemment satanique,car il est mauvais.

Je lisais hier, dans mon gros ouvrage de la vie des saints de Bretagne, la vie du bienheureux Le Nobletz. Il faudrait lire, page la valeur de dix pages d’un

livre ordinaire sur son adieu au Monde insensé el détestable. II commence par cette phrase(1): « Adieu monde, je te déteste de tout mon cœur. » — Le chapitre suivant commence par : « Je te renonce, maudit de Dieu... etc. » Plus loin il dit: « Tu es enchante des démons, qui te rendent sourd, aveugle et muet, pour toutes les vérités du ciel, qui te font mourir de faim, etc. » — Plus loin : « Adieu encore une fois, monde d’autant plus misérable, que tu ne connais pas la misère de tonaveuglement, et que comme tu es trompé, tu tâches de tromper et de séduire tous les autres. » — Plus loin : « Je fuis pour éviter ton infection; tu es plus mort par tes crimes qu’au cadavre en putréfaction, etc. etc. » — Plus loin : « Il n’y a jamais avec toi, ni avec tes amis, aucun plaisir sans douleur, aucune joie sans tristesse, aucune paix sans guerre, aucune amitié sans trahison, aucun repos sans crainte, ni aucune abondance sans disette... etc. » — Plus loin : « Injuste et déloyal que Lu es ! Ta conduite est toujours pleine d’extravagances et d’iniquités... Tu élèves les méchants, afin d’anéantir et d’abaisser les gens de bien ; tu pilles aux pauvres ce que tu donnes aux mauvais riches, etc. » — Plus loin: « Adieu donc pour jamais, cruel meurtrier des âmes, exterminateur de toutes les vertus, boute-feu de tous les vices, auteur de tous les crimes et de tous les malheurs, instrument général de tous les Démons ; etc... » Il y en a comme cela pendant dix pages. Or, ce saint homme était un profond psychologue, et je partage complètement ses idées.

Naturellement, étant très chrétien, il avait un profond respect, et une grande adoration pour la Sainte Vierge Marie, et pour son fils Jésus-Christ.

(1) Histoire des Saints de Bretagne « A Nosseigneurs des Estais de Bretagne », par Fr. Guy Alexis Lobineau, 1707.

Je n’ai pas à discuter la foi de ce pieux personnage. Je ne veux retenir que sa haine pour cette œuvre de Dieu, qu’était l’humanité souffrante, malgré son respect pour le créateur. Comme moi, il considérait les Esprits démoniaques comme étant les auteurs du mal en poussant les humains à mal faire... Bien plus, il affirme que la Terre est le domaine des démons, et que le monde des êtres créés est l’instrument général, dont les démons se servent pour faire le mal.

Je n’avais pas lu la vie de feu Le Nobletz, lorsque j’ai émis cette opinion ferme que les sources du mal étaient non pas dans l’humanité qui en souffrait, mais dans les Esprits sataniques qui gouvernaient les humains. Je vois que ce pieux personnage avait de notre monde une triste opinion ; mais il n’a pas conclu comme moi que les sources du mal étaient dans le monde occulte, au-dessus de notre atteinte et de nos remèdes.

Je disais aussi que les humains avaient en général l’âme bonne et tendre, portée à la pitié et à la charité ; mais que notre mansprit avait une mentalité inverse.

Je citais même à titre d’exemple mon cas, où j’avais eu la possibilité d’étudier mon mansprit, et que j’avais été stupéfait de le trouver menteur, mystificateur, et doué de tous les vices possibles. Je n’en revenais pas, moi qui ai horreur du mensonge et suis porté à la pitié et à la bonté. Eh bien ! ajoutais-je, jamais je n’aurais pu me douter de la mentalité de cet Etre caché en moi et y vivant en parasite, si ma médiumnité n’avait pas opéré la séparation de la mentalité de mon âme et de mon mansprit. C’est cette séparation (qui rend l’homme médium) qui m’a permis cette étude curieuse. Le médium devient un prisme psychique.

Des gens intègres et très honorables, qui n’ont jamais volé ni commis aucun crime, ont peut-être en eux

un mansprit capable de tuer, de voler et de commettre toutes sortes de crimes ; mais leur éducation et le milieu social où ils ont vécu les a préservés de toutes ces souillures.

C’est là un point sur lequel j’appelle de nouveau l’attention des psychologues, et qui peut expliquer les crimes passionnels, les meurtres spontanés produits par impulsion, les attentats de toute nature par ceux qui voient rouge, etc.

Sans le savoir Le Nobletz, né en 1577 dans l’évêché du Léon, était médium, il prophétisa à plus de Z|00 lieues de distance qu’un Pape qui avait pris le nom d’innocent venait d’être élu. Cette nouvelle dont on prit la date fut confirmée. Il faut noter cju’au moment où il fit cette constatation, il causait à diverses personnes. Tout à coup il s’arrêta pour dire : « Le Pape vient d’être choisi à l’instant, il a pris nom d’innocent. Rien au monde n’est plus véritable. »

Il fit toutes sortes de guérisons miraculeuses, et même on lui attribua trois résurrections d’enfants morts dans des conditions qui paraissent très authentiques par la façon dont les faits sont racontés. Ainsi, par exemple, je lis que tel enfant était déjà dans sa bière ayant sur le ventre un vase où les assistants venaient puiser l’eau bénite et cela depuis près de 24 heures, car on attendait les parents pour l’enterrement. En présence de l’immense chagrin de sa mère, il se mit à prier, invoquer Dieu, fit le signe de la croix sur la bouche de l’enfant, qui commença à respirer et revint à la vie à la stupéfaction de tous les assistants.

Je cite ces quelques faits pour montrer que malgré le dégoût et le mépris profond qu’il avait pour notre humanité mauvaise, Dieu l’avait comblé de faveurs et facultés médianiques. Ce qui est curieux encore, ce fut

LES MYSTÈRES DE l’uNJVEHS

sa mort très douloureuse, tant le feu lui dévorait le corps, sa peau se desséchait et collait à ses draps. Combien de médiums guérisseurs, je le répète, ne peuvent pas se soulager eux-mêmes, alors qu’ils guérissent les autres merveilleusement ; c’est là encore un fait incompréhensible assez fréquent et qui me paraît illogique... Certainement Le NobleLz qui avait l’àme si charitable, avait du reconnaître que toutes ses idées mauvaises et toutes ses tentations ne venaient pas de son âme ou de son Moi-conscient.

Ceux qui ont subi les tentations et les obsessions des Esprits mauvais, comprennent Irès mal au début, où se trouve la source de ces mauvaises pensées. C’est en vain qu’on veut les chasser, et moi qui 11 e suis pas un saint, j’ai du bien souvent y renoncer, et laisser passer l’orage.

Ce qui est encore incompréhensible, ce sont ces deux rôles inverses qui se jouent devant le médium obsédé. L’un dit : fais ceci et tu seras heureux, et ne regretteras rien, car tes rêves seront réalisés. L’autre écrit et souvent dans la meme ligne : n’écoute pas ces conseils mauvais qui te perdraient. Ce sont des mensonges et des ruses pour te perdre. Relève la tête et marche droit.

C’est là un des phénomènes qui m’ont rendu le plus perplexe, et qui m’ont troublé à un point que je ne saurais dire. Réfléchissez vous-même à la solution de ce problème et vous verrez combien sa solution est difficile. Peut-être contient-il tout le mystère de la vie des humains et de la conscience.

Mais, en ce qui me concerne, j’ai tellement eu de mensonges, que je ne pouvais plus rien croire, ni le bien ni le mal. Je suis arrivé à conclure que tout cela n’était que comédie pour me rendre perplexe. Je di-

sais : si de bons esprits veulent me protéger, pourquoi me laissent-ils tenter et berner? S’ils sont puissants, pourquoi ne chassent-ils pas ces mauvais Esprits obsesseurs.

S’ils sont impuissants, ou pas plus puissants que les mauvais, pourquoi ne cherchent-ils pas à attirer ma confiance, en me donnant de petites marques de bienveillance? Et en efiet je m’écriais : Esprits supérieurs et protecteurs, si vous existez réellement, et que vous cherchiez à me lirer des grilles ou atteintes des mauvais Esprits, soyez assez aimables, pour me donner quelques indices quelconques et à votre choix, de votre bienveillance à mon égard, et je vous jure que je n’écouterai plus que vous et suivrai tous vos conseils !

C’est en vain que j’ai renouvelé cent fois, deux cents fois cette prière si logique. Jamais, jamais je n’ai pu recueillir le moindre indice sensible de la bienveillance de ces soi-disant Esprits protecteurs. J’ai donc été forcé de conclure à une comédie, destinée à me tourmenter et à empoisonner les moments agréables que me procurait mon commerce avec les sylphides. Mais qu’on ne s’imagine pas que j’ai pu réaliser les récits fantaisistes que contient le livre sur le comte de Gabalis.

Là encore, je m’arrête, et j’ai toujours posé le problème de savoir si ces Esprits étaient des Etres indépendants, ayant une personnalité durable et une vie réelle. Ou bien si ces Etres n’étaient que des créations éphémères, ayant une vie factice et un pouvoir temporaire d’emprunt. Il m’a été impossible de résoudre ce problème, l’un des plus importants, car il a rapport à la réalité des entités des Etres que nous voyons et que nous touchons. J’estime que si l’histoire de la fameuse Katie King, du savant W. Crookes, était

u:s mystmiœs ni: l lni viens

exacte, il y aurait de bien grandes chances pour que celle preuve fut suffisante. En admettant meme que Katic ne fut pas lame d'Annie Morgan, cela démontrerait que le monde occulte existe réellement.

Je suis devenu tellement sceptique à la suite des farces et des mystifications de ce qu’on appelle les Esprits, que je dépasse peut-être les bornes de l’incrédulité !... je vais mieux préciser.

Nous sommes à une époque où on peu L tout dire sans aucune crainte de persécutions personnelles. Il n’en était pas de même du temps des philosophes comme Spinosa, qui était obligé de ménager la chèvre et le chou. II eut son existence menacée, et fut forcé de recourir souvent à l’anonymat pour publier scs obscures pensées. Il semble que Spinosa voudrait dire davantage et qu’il n’ose. De plus, il se ménage des arguments de défense en flattant le pouvoir absolu. C’est qu’à cette époque le pouvoir temporel et religieux ne se gênait pas pour recourir à l’arbitraire pour se debarrasser d’un gêneur.

Ce philosophe voyait en Dieu la cause de tout et de tous les phénomènes; mais je ne puis comprendre son manque de logique dans ses déductions. Ainsi il nie la liberté humaine, tout en laissant à l’homme sa res ponsabilité du bien ou du mal qu’il accomplit. De plus il admet le pouvoir autocrate des tzars.

D’après ce que m’inspire mon Esprit, Spinosa serait mort d’une affection des poumons, contractée à la suite de son métier de polisseur d’objectifs et de verres de lunettes. Les poussières de verre et d’émeri qu’il absorba dans ces conditions fui ent cause de l'inflammation de ses poumons qui causa sa mort à quarante-cinq ans.

C’est ce manque de logique des philosophes qui me

LIS S MYSTKIŒS DR l’uNIVEHS

cause un étal d’énervement tel que je ne puis en lire aucun. Une demi-page de ces lectures est pour moi une grosse corvée. En outre, on jurerait qu’ils ont voulu rester obscurs, ou qu’ils ne comprenaient pas eux-mêmes le fond de leurs pensées.

Je sais fort bien, pour y avoir passé, combien sont insolubles les questions que ces philosophes ont essayé d’approfondir. Nous sommes forcément conduits au doute en face des impasses que nous rencontrons à chaque instant.

Si j’avais écrit un livre, au lieu d’écrire un journal de mes pensées, j’aurais été forcé d’adopter une théorie définitive, servant de base à ce livre. De cette manière, j'aurais pu créer un nouveau système qui aurait l’avantage d’être basé sur l’expérience des faits que les sciences occultes révèlent. Mais les opinions sont des sentiments dont l’homme n'est pas le maître. Telle personne même distinguée, mais sans force de caractère analytique, adoptera comme des vérités les révélations des livres sacrés, et passera sa vie à déployer son talent afin de faire cadrer avec art les impossibilités bibliques et les découvertes modernes.

Peut-on admettre qu’un homme qui accomplit une pareille tâche, puisse avoir du génie ? Je ne le crois pas, et ce ne sera jamais qu’un homme doué d’un talent de formes extérieures brillantes, jetant de la poudre aux yeux en des phrases qui charmeront par leur construction littéraire.

Un philosophe de génie n’a pas le droit d’agir ainsi, et il doit rester esclave de la logique, ou s’avouer impuissant, pour arriver aux solutions qu’il cherche. Autrement ce genre d’écrits ne pourra servir que pour faire des sermons ou des conférences applaudis par un public plus amoureux de la forme que du fond des pensées.

LES MYSTÈRES DE l’üNIVERS

Pourquoi alors écrire sur ces matières, du moment que vous-même, vous déclarez l’impossibilité pour l’esprit humain de soulever le voile des grands mystères de l’univers?... Parce que les auteurs sincères peuvent indiquer des voies nouvelles pour avancer vers cette recherche de la Vérité. Parce que l’homme a soif de cette recherche, et qu’une théorie meilleure peut reposer son esprit. Parce qu’il est bon que nous sachions combien nous sommes ignorants et que l’homme s’habitue à renoncer à cette espérance, qu’il pourra tout savoir dans la suite des siècles et arriver à la connaissance de la Vérité.

J’avoue que je suis profondément affligé, quand je vois des hommes comme Darwin et mieux encore certains de ses disciples, des naturalistes comme Hæckel, etc., oser prétendre qu’ils ont trouvé la solution de notre origine, sans établir leur point de départ et en refusant un rôle à l'Esprit qui a coexisté avec la Matière de toute Eternité. Cet Esprit, qu’on l’appelle comme on voudra, pour moi c’est la puissance divine, c’est la divinité, c’est Dieu ; c’est-à-dire l’expression la plus élevée de l’Intelligence et des facultés intellectuelles, dont il est Tunique source (1).

Par exemple, je dis que nous devons poser comme axiome, la Perfection Divine et sa toute Puissance, exercée comme cela a lieu réellement. C’est là une vérité obligatoire ; mais personne 11 e saura jamais comment la Divinité exerce ses facultés. Nous pourrons constater certains résultats de cette œuvre; mais nous ne saurons jamais les moyens que la Puissance divine emploie pour travailler les substances qui servent à l’exercice de ses facultés.

(1) Les lois naturelles ne sont qu’un mode de l’intelligence de l’Esprit universel qui les recèle.

LES MYSTÈRES DE l'uMYERS

Prenez le génie humain le plus grand que la Terre ait porté depuis la création des races humaines. Les hommes l'admireront et le mettront au pinacle, tous s’inclineront devant ce génie, et nous exalterons la perfection de ce génie. Or, si nous songeons que ce grand homme n’est qu’une créature de Dieu, et qu’il n’est qu'un infime grain de poussière animée, par rapporta la divinité, nous n’aurons plus de terme dans nos langues, pour définir cette Perfection Divine, qui dépasse du fini à l'infini, ce génie humain, cet homme qui au fond, n’était qu’un pauvre ignorant, el un bel instrument humain. Dans l’ordre matériel, ce serait comme si on voulait comparer une molécule de radium au soleil: ce serait comme si nous voulions établir une comparaison entre les pouvoirs calorifiques et lumineux de cette molécule de radium et les pouvoirs du soleil. La comparaison tentée, si on l’osait, serait ridicule et il n’y aurait pas d’autre mot pour la caractériser, à moins de dire que ce serait là l’œuvre d’un fou...

Pour revenir aux savants dont j'ai parlé et de tant d’autres que je ne cite pas, leurs lecteurs complaisants oublient toujours de rechercher la solidité des bases sur lesquelles ils étayent d’énormes livres. C’est que cette base étant le seul point délicat de leurs œuvres, ils l'escamotent avec un art prestigieux, et ensuite développent les conséquences secondaires déduites de leur principe ou base non établie.

Cette manière de faire est très commune, et il faut un cerveau puissant pour montrer (pie tout est bâti sur du sable, et (pie la théorie est fausse, ne lient pas, est sans preuves. Cela n’empôchcra pas que si l’auteur a de la valeur, son livre ne renferme de précieux documents. Ceux-ci serviront plus tard à d’aulres auteurs à

Î.ES MYS'l Èl*KS DE CUNIVERS

lia

démontrer justement le contraire de ce (|ue les premiers auteurs s’étaient proposé de faire.

Qu’on excuse cette diatribe correcte contre la plupart des philosophes, mais cela expliquera pourquoi je ne peux pas lire des auteurs qui n’arrivent pas à se faire comprendre, qui n’ont pas compris clairement les sujets qu’ils discutaient, et qui ne s’appuient pas sur leurs bases, en restant toujours logiques avec euxmêmes et avec leurs points de départ.

(Test en philosophie qu’on peut dire que la critique est aisée et l’art difficile. J’admire ceux qui ont le courage de rechercher dans les écrits d’un philosophe réputé, le fond de sa pensée : le fond de celte pensée que l'auteur n’a pu exprimer, faute de la puissance nécessaire.

Tout ce (pi on pourrait faire, ce serait de démontrer que telle philosophie établie par tel auteur est fausse, si cet auteur a été inconséquent et a manqué de logique comme Spinosa, par exemple. Mais cela n'empêchera pas qu’il n’y ait dans les écrits de ces philosophes de très belles pages qui pourront inspirer des pensées profondes, et être lues avec un certain charme.

— Quanta moi, j’avoue et je le répète, je n’ai pas ce don de pouvoir lire les philosophes. C’est bien curieux, car ces sujets me passionnent, et je baille et m’endormirais eu lisant une page de ces élucubrations reposant sur des pointes d’aiguilles. Oh, les subtilités, j’en ai horreur ; et voilà probablement le secret de mon dégoût pour ces lectures sur la contingence, la connaissance, la conscience, la raison réelle ou apparente et nos autres facultés.

Je lirai au contraire avec grand plaisir les travaux des grands médecins philosophes, qui ont essayé de trouver le siège de la pensée, de savoir les rapports qiri existaient entre l’intensité delà vio et l'intelligence,

et tout ce (jLii se rapporte au fonctionnement de notre Etre psychique, et au siège de lame humaine... Ce sont là de bons travaux qui peuvent être très utiles au philosophe qui n’a pas le droit de commettre des erreurs contre les faits scientifiques bien établis.

Notons enfin que des faits scientifiques peuvent être bien établis et ([lie leur interprétation peut être tout à fait erronée. C’est ainsi que la constitution du corps humain et de l’Etre psychique qui l’anime, n’a encore été établie d’une manière indubitable par personne.

Cela me ramène à mon sujet sur les Esprits du inonde occulte. Tout de suite, je lancerai aux philosophes celte apostrophe: Comment osez-vous écrire sur la philosophie, sans vous être assuré si le monde occulte existait? Cette question est si importante pour les penseurs profonds, qu’elle devrait être toujours présente à leur mémoire.

Le grand philosophe Kant, au moins, en avait compris l’importance, et même il avait admis ces rapports occultes des humains avec des Etres invisibles qui avaient sur notre humanité une influence considérable.

Il faut noter l’époque où Kant écrivit, et les phrases qu’il a écrites sur ce sujet m’ont toujours fait supposer que Kant avait été inspiré.

Je ne cache pas que je ne suis pas maître d’écrire ou de ne pas écrire sur ces sujets, et que même je suis tellement obsédé par ces pensées, que j’en ai fait l’un de mes arguments pour prouver que l'homme n’est pas libre de faire ce qu’il lui plaît. J’aurais d’autres écrits autrement urgents à expédier, et je ne le puis. Chose curieuse, si on admet que ce sont les Esprits qui me contraignent à ce travail, cela ne m’empêche nullement d’écrire contre eux toutes sortes d’accusations et même de les nier pendant de longs mois.

LES MYSTÈltES DE l'lNIVEIIS

Il semblerait qu’un maître occulte invisible m’ait suggéré cet ordre à la façon des maîtres hypnotiseurs: « Tu vas écrire; tu écriras ce que lu voudras sur le monde occulte et les Èsprils. Tu en diras du bien ou du mal; Lu diras même toutes les sottises qui te passeront par la lête; nous nous en moquons. Nous n’avons cure de tes appréciations; mais tu écriras, écriras sans cesse, et tu mettras ton aine à nu dans tes écrits, qui seront tes seuls confidents. »

Par moment, je sens très bien qu'un certain souffle d’inspiration me passe et m’aide dans la rédaction de certaines thèses. Mais alors, jcmedemande pourquoi, s’il en est réellement ainsi, j’ai la liberté d écrire l’inverse de ce que j’ai écrit un mois auparavant... Je comprendrais fort bien que des puissances occultes intellectuelles me dirigent et me forcent à écrire un livre: le fait est déjà arrivé pour plusieurs médiums écrivains automatiques. Mais tel n’est pas mon cas, car tout chez moi n’est que semi-médianique, aussi bien mes dessins que mes écrits... Dans tous les phénomènes dont je suis le siège ou le témoin, mon moi-conscient ne perd jamais ses droits.

Kn dessin, si je laisse mon gros crayon errer sur le papier, je ne produirai que des œuvres incohérentes comme au début. Mais en y faisant rentrer mon moiconscient, j’essaie d’interpréter les groupes de personnages représentés dès le commencement du tracé et je compose d’après cela un dessin cohérent dont la composition me revient en partie.

Il en est de meme dans mes écrits : J’écoute mes pensées qui affluent en moi, et cela m’inspire un chapitre cohérent, car la raison de l’àme subsiste.

Enfin, dans mes visions d’Esprits, je suis toujours aussi éveillé qu’en ce moment. Il semblerait que les

LES MYSTlilŒS I)E [/UNIVERS

forces occultes, (|iie!les qu’elles soient, internes ou externes, <|ni me gouvernent, — n’ont pas réussi à mater mon aine (selon leur expression'!, el sont forcées de me laisser ma liberté d'appréciation.

Au contraire, chez d’autres médiums plus passifs, ceux-ci entrent en trancc avant de pouvoir apercevoir leurs visions ou les Esprits. Moi, je les vois, <|uand je veux et meme quand je ne le veux pas, pour dormir par exemple), tout en fumant mon cigare.

J'en ai vus tellement, que je suis resté fort perplexe à la vue de cette abondance d’Esprits de toutes sortes. Toutes ces visions, scènes, tableaux divers, apparitions d’Esprits isolés, etc., tout cela a paru être fait par des maîtres occultes qui avaient pour but de m’initier systématiquement à la vie, mœurs, coutumes, costumes, races, espèces d’Elres, animaux et monstres, gros et petits, du monde occulte.

Ilélas ! cette question de l'identité des Esprits que je voyais, n’a pas été résolue. Mien plus, les Etres que je voyais le moins souvent, presque jamais meme, étaient ceux avec lesquels j’étais en rapports les plus intimes.

A cela, les Esprits me répondent que les Etres que je voyais sous des aspects si divers, pouvaient très bien être justement quelquefois, ceux (pic je désirais voir. Mais que leurs visages masqués par des voiles ou de toutes autres façons, les aspects variés de leurs visages pour un meme personnage pouvaient cacher l’un des Êtres que je cherchais el qui ne se nommait pas. En tout cas, il est bien regrettable, qu’après un nombre aussi considérable d’Esprits m’ayant apparu, je 11e puisse pas encore être convaincu que ces Etres ont une existence propre et une personnalité réelle, durant tout le cours de la vie de ces Etres dit monde occulte.

LliS MYSTÈRES 1>E LÏ’MYlilïS

(Test là une des raisons pour lesquelles je patauge dans les fondrières du doute el de la perplexité depuis des mois, el sans en sortir... Mais je n’imite pas les philosophes que je critiquais; je marche quand meme, en me bornant à examiner les divers cas et les solutions qui se présenteraient si telle ou telle hypothèse était démontrée exacte.

Digression sur les théories des philosophes que je critiquais.

En feuilletant mon petit dictionnaire, je tombe sur le mot Dieu, je lis ceci que je copie : Contingence du monde et de la matière. Nécessité d’une cause première (argument cosmologique). Dieu qui a formé le monde a aussi formé la matière. L’argument par lequel on établit ce point, consiste à dire : l’existence et les qualités de la matière inorganique sont contingentes; car en considérant une de ses parties, par exemple un grain de sable, on voit qu’il exisLe actuellement, mais on conçoit qu’il pouvait ne pas exister. Comme toutes les parties de la matière se ressemblent à cet égard, la meme conception s’applique à chacune d’elles; donc leur totalité n'esl pas nécessaire, n’a pas sa raison d’être en elle-même, par conséquent doit son existence à une cause première et créatrice. Il en est de même des Etres organiques. Celte cause première et créatrice est donc Dieu.

Leibnilz formule cette même preuve de cette façon :

« Dieu est la première raison des choses : car celles qui sont bornées comme toutes celles cpie nous voyons el expérimentons, sont contingentes, et n’ont rien en elles qui rendent leur existence nécessaire... 11 faut donc chercher la raison de l’existence du monde, qui est l’assemblage entier des choses contingentes, et il

faut la chercher dans la substance, qui porte la raison de son existence avec elle, et laquelle par conséquent est nécessaire et éternelle. »

Hélas, quelle subtilité ! Quelle fausseté de raisonnement! Quelle contradiction dans ce peu de mots! Quelle obscurité! Et quel manque de base sérieuse!

Pour détruire ces méthodes ridicules de raisonner, et qui n’ont que l’apparence de la logique, bien faites pour séduire des écoliers ou des penseurs superficiels, je reprendrai le raisonnement du grain de sable. Me basant sur cette méthode, j'ai le droit d’appliquer ce raisonnement à toutes les parties de la matière d’une planète. Je vais l'appliquer à un fleuve :

« Je considère par la pensée, un centimètre cube d’eau de ce fleuve qui coule devant mes yeux. Je vois que ce petit volume d’eau existe, mais je conçois qu’il pourrait ne pas exister. Comme toutes les parties de ce fleuve se ressemblent à cet égard, la même conception s'applique à chacune d’elles; donc la totalité du fleuve n’est pas nécessaire, n’a pas sa raison d’être en elle-même, par conséquent doit son existence à une cause première et créatrice. Cette cause première est donc Dieu. »

Tout dans cette phrase, où j’ai remplacé le grain de sable, par un grain d’eau considéré dans un fleuve* est faux et absurde. Je lis par exemple que la totalité du fleuve n’est pas nécessaire, et n’a pas sa raison d’être en elle-même; et enfin que Dieu l’a créé.

Certes j’admets que Dieu est le grand ouvrier de la nature terrestre; mais on conçoit que ce fleuve est probablement nécessaire et même fatal, car il provient de la fonte des neiges des montagnes, et il ne démontrera pas l’existence de Dieu. On pourrait appliquer ce raisonnement à mon encrier avec autant de succès, ou

llî)

aux océans... Je plaisante, mais il y a de quoi, et j'ai bien raison de ne pas perdre mon temps à lire de pareilles insanités. Certainement, ce grain de sable nVst pas nécessaire; mais si nous pouvons retrancher d’une planète une partie infime de sa colossale substance matérielle, cela ne démontre pas que nous pourrions supprimer toute la Planète sans inconvénient pour' l'harmonie de notre monde solaire.

Voici en deux mots, un raisonnement analogue à ceux de ces profonds penseurs.

Ce grain de sable n’est pas nécessaire, et je puis appliquer mon raisonnement à toutes les parties de notre planète : par conséquent, je puis supprimer la Terre sans aucun inconvénient. Ce raisonnement, passant de la partie au tout, est absurde. Dans l’ordre organique : Cette cellule vivante de votre corps existe, mais je conçois qu'elle pourrait ne pas exister (j’ajoute meme : sans inconvénient .

Appliquons le même raisonnement à toutes les cellules organisées qui composent le corps d’un homme, et du même coup je supprime cet homme î Cette méthode de conclure de la partie au tout est évidemment absurde.

Je pourrais réfuter Leibnitz de la même façon : mais cela m’énerve. 11 dit : Toutes les choses que nous voyons, n’ont rien en elles qui rende leur existence nécessaire... Mais qu'en savez-vous, feu Leibnitz? Pourquoi affirmez-vous cette énorme fausseté dans un monde où tout est ordre et harmonie, où tout se tient, et où toutes les choses dépendent les unes des autres? La destruction de mon fleuve de tout à l’heure, détruirait l’harmonie et la vie de toute la vallée qu’il arrose; et il est très nécessaire, mais non indispensable. Sans ce fleuve on aurait une vallée stérile et l’aspect du pays serait modifié, voilà tout!

Il faudrait pour raisonner dans cel ordre d’idée distinguer la partie du tout, puis ce <|ui est nécessaire, utile, indispensable, fatal ou conséquence forcéed’autrcs phénomènes d’ensemble.

Leibnitz dit : Il faut chercher la raison de l'existence du monde, dans la substance (pii porte la raison de son existence avec elle, et laquelle pur conséquent est nécessaire et éternelle.

... Qui est-ce cpii est nécessaire et éternelle ? Est-ce celte raison de l'existence de la substance, ou la substance elle-même ?

Dans les deux cas cela 11e veut rien dire, et je préfère ma base si claire et si courte où je dis: La matière et l’Esprit ont coexisté de toute Eternité : on en déduit de suite la proposition de Leibnitz sous une forme claire.

De quel droit Leibnitz dit-il qu'il faut chercher la raison de l’existence du monde, dans tous les objets que nous voyons ?

Et puis il se contredit en disant (pie tous ces objets créés et que nous voyous portent en eux la raison de leur existence. Alors à quoi bon chercher, si cette raison existe dans chaque objet (pie nous voyons? Enfin, si la raison de leur existence existe en eux, pourquoi a-t-il fallu une cause créatrice extérieure, qui serait Dieu, — car il commence par là ?

On va me répondre peut-être (pie je 11e comprends pas, (pie je ne suis pas assez fort pour comprendre de pareilles subtilités.

Eli bien î j’ose répondre (pie j’ai une raison et une instruction au-dessus de la moyenne, et que si Leibnitz a écrit des charades, je me déclare incapable de comprendre ces subtilités des contingences, des causalités, du déterminisme, etc., exposés sous ces manières apocalyptiques !

LIvS MYSTÈRES DU lT.NIYKUS

lit voilà pourquoi je 11e peux pas lire ces philosophes. Appliquer les méthodes géométriques à tous les raisonnements, cela est parfait ; mais alors, messieurs, reste/ logiques et tout à fait mathématiciens. Ne comparez que des unités de même espèce ; sachez que le tout n’est pas égal à la partie; et que l’intégration nous démontre (pie la somme de quantités infiniment petites, peut donner un total colossal. Ces remarques seront utiles surtout en les appliquant à des recherches qui portent sur des espaces infinis comme l’univers.)

Puisque j’ai parlé de dictionnaires, j’ai remarqué qu’aux mots Esprits, spectres, fantômes, revenants, ces ouvrages peu anciens cependant 11e donnent que quelques lignes en disant : sortes d’ombres ou de figures que la peur fait voir. Ou bien : sortes d'apparitions fantastiques qui sont produites par l'imagination, sous l’empire de la peur, de la maladie, de l’émotion, de la folie ou du délire.

Quand je songe aux mille publications et revues diverses qui aujourd’hui traitent de ces questions et des pouvoirs des Esprits, il y a matière à réflexion.

Les Esprits seraient-ils donc de création récente, ou apparaîtraient-ils périodiquement sur la Terre ? Je lis, en ellet, qne les anciens croyaient tellement aux spectres et fantômes divers, qu’ils leur offraient des sacrifices sur les tombes des morts, afin qu’ils ne vinssent pas troubler par leur présence les vivants et les effrayer par leurs apparitions.

Je souhaite ardemment que de nombreux mortels jouissent de la meme faveur ou malheur) (pie moi, et voient les Esprits sous toutes leurs formes variées et dans les scènes de leur existence, avec la même facilité

que moi.

Cette question a fait un pas immense, depuis qu’on

peut pailer des Esprits et des fantômes sans la crainte du ridicule qui tue tout, et arrête les plus intrépides. Toutes les nations fonderont des Instituts psychiques officiels, et il ne me paraît pas possible que les humains ne soient pas fixés, avant peu d’années, sur la réalité de l’existence du inonde occulte. Oh î je ne mets pas en doute l’existence de l’Esprit ou des Esprits qui m’obsèdent : ce serait nier l’évidence ! Mais il s’agit de savoir ce que sont ces Etres, où ils vivent, d’où ils sortent; s’ils logent dans les corps des vivants ou s’ils existent dans leur inonde spécial occulte.

Ces recherches ont une importance colossale, car elles nous conduiront à trouver la preuve de la survivance de notre Personnalité, ou celle du néant après notre mort, et tout est là !

Puisque ceci est un journal, on m’excusera le décousu de mes pensées. J’écris comme je pense, et comme si je causais.

Sur Dieu créateur de la matière (1).

Je lis aussi sur Dieu qu’il a tout créé, y compris la matière, d’après certains philosophes. Or, je n’admets pas un Dieu immatériel dans le sens mathématique et physique ; c’est-à-dire que là où il se trouverait il y

(1) Pour l'auteur, le Dieu universel, créateur ou directeur de l’Univers, n’est que la répétition à l’infini d’une personnalité divine fictive, ayant l’éther cosmique comme corps, ou agent corporel dont il se sert, unissant toutes les parties de cet Etre Inconcevable. Les astres et les planètes ne sont que des centres d’activité de la Divinité ou de l’Esprit universel, localisé dans ces astres et planètes, de telle sorte qu’on peut considérer les Esprits des astres et des planètes comme des Divinités particulières, affectées à la direction de ces corps cosmiques, malgré qu’ils ne soient qu’une parcelle de l’Esprit universel localisé, et exerçant ses facultés dans ces régions de l’Univers.

aurait le néant, mais que malgré ce néant, il régnerait clans cet espace, occupé par sa présence , un Etre intellectuel capable de penser et d’y engendrer des substances tirées de sa personnalité immatérielle et par sa seule volonté.

Relisez bien cette phrase correcte, que certains penseurs religieux ont osé écrire en donnant à Dieu, non pas un état impossible à concevoir pour notre profonde ignorance, mais un état impossible et contre la raison :

1 ° Je combats franchement cette idée en disant que l’Être mathématiquement immatériel ne peut exister.

2 ° C’est pour cela que j’ai admis cjue le corps de la Divinité avait, dans ses attributs corporels, une substance aussi subtile qu’on voudrait le concevoir, mais que cette substance formant le corps de la Divinité existait aussi sûrement que l’éther cosmique.

3 ° Allant plus loin, j'ai remarqué que cet éther cosmique remplirait parfaitement le rôle du corps de la Divinité.

/i ü Sans oser me prononcer, pour déclarer si cet éther était réellement le corps de la Divinité ou associé à une autre substance plus subtile encore qui serait réellement cette Divinité, j’ai déclaré ces deux substances inséparables en disant que cet éther était un attribut de son corps éthéré, et que c’était l’agent subtil qui le mettait en contact avec tous les Etres et avec toutes choses.

5 ° Bien plus, je dis que même, sans faire cette distinction subtile, on pouvait considérer l’éther cosmique comme étant le corps de cette Divinité universelle; mi bien que tout se passait comme si l’éther était ce corps divin mystérieux, que tous les philosophes ont cherché jusqu’ici sans y songer .

LES MYSTÈHES HE L’UMVEIIS

(>° Que cet éther soit doublé d’une autre substance spirituelle cjni jouerait le rôle (rame de la Divinité, cela n'aurait que peu d'importance au point de vue des raisonnements que nous pourrions en déduire, si ce n’est pour l imité de plan de toute la création de tous les Etres vivants,

7° Cela posé, je reprends ma base de la matière et de Dieu coexistant de toute Eternité, et je dis :

Si l'éther constitue le corps de la Divinité, rien ne s’opposerait plus à ce que Dieu ait tiré toutes les substances diverses, y compris les substances matérielles planétaires, de sa propre substance.

<S° Ce qui veut dire que Dieu par sa volonté et sa puissance aurait eu le pouvoir de condenser cette substance éthéréc de telle sorte qu'elle se présente à nous sous sa forme matérielle : autrement dit sous les formes visibles et tangibles qui constituent les mondes matériels. Je ne m’oppose nullement à cette conception. Mais je ferai remarquer que ma base reste inébranlable, attendu (pie si l’éther est le corps subtil de la divinité, ou la substance qui lui tient lieu de corps, celle substance éthérée contenait en germe les substances matérielles. C'est-à-dire que l’éther devait contenir implicitement toutes les substances créées ou à créer.

Par conséquent j’ai eu raison de dire que la matière et l’Esprit coexistaient de toute Eternité.

9° Nous ne saurons jamais ce mystère profond. Mais admettons qu’à une époque qui remonte à l'éternité pour nous, Dieu existât seul avec son corps composé de Punique substance éthérée ; j’en concilierai qu’à un moment donné Dieu par sa toute puissance, l'a transformée en certains points de l’univers, pour former des nébuleuses, et enfin des soleils et des planètes.

10° Dieu aurait donc tout tiré, substances diverses,

LES MYSTÈHKS UE I.’lNIVEHS

élhérées et matérielles, enfin Etres vivants de toutes espèces, étliérés et matériels, de son corps étliere, c’est-à-dire de sa propre substance.

11° C’est ainsi (pie je conçois cette Divinité créatrice, et ce système logique a l'avantage démontrer que ce Dieu créateur renferme tout, est en tout, et par suite en communion avec tous les Etres et en communication avec toutes choses vivantes ou inertes.

12* H me paraît difficile d’obtenir une conception plus claire de la Divinité créatrice, en joignant celte explication à ce que j’ai déjà écrit sur ce sujet mystérieux. Il faut encore ne pas oublier celte base de I unité de plan de tout l’univers et de tous les Etres, malgré leur diversité. C’est pour cela que je regarde la Divinité comme un agrégat de nionobies divines.

Perplexité. — Tableau de preuves morales contre l’existence des Esprits supposés les habitants d'un monde occulte.

1 ° J’ai dit que j'attachais encore plus d’importance aux preuves morales tirées du caractère de ces Etres mystérieux, que des faits les plus évidents. Certes la preuve absolue de l’existence d’une Ivatie, dans les conditions où elle serait apparue à W. Crookes en même temps que son médium Florence Cook, serait un argument bien difficile à détruire.

'Tout ce qu’on pourrait objecter, ce serait (pie cette Katie King, serait une nouvelle édition d’une création éphémère, ayant duré trois années, et produit par la divinité terrestre. C’est-à-dire (pie la Puissance créatrice des Êtres aurait fait, aux invités de Florence Cook, la faveur de créer en leur présence un Etre aussi parfait (pie le fut l’Eve légendaire de la création biblique. Celle hypothèse me paraît invraisemblable, à

LES MYSTÈRES HE l/UNIVERS

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moins <|ue le Génie Tout Puissant qui règne sur la terre et a créé les Etres, n’ait voulu nous mystifier, en nous gratifiant de la plus belle manifestation du plus grand miracle, qui ait jamais été produit...

Malheureusement comme toujours, en pareille matière, les détracteurs ne manquent jamais d’aflirmer la fraude, et ceux qui n’ont pas vu, ceux qui n’ont pas pu contrôler, restent dans une perplexité désespérante. C’est cependant ces expériences, qui m’ont permis de m’en inspirer pour découvrir le mode de la création des Etres ; la manière la plus rationnelle dont ils furent créés. Les preuves morales qui plaident contre l’existence des Etres intelligents peuplant un monde occulte, sont fort nombreuses. J’en ai déjà exposé une bonne partie.

Je ne puis me résigner à supposer que ces Êtres mystérieux soient en rapports étroits et constants avec nous, et qu’ils aient en même temps cette mentalité satanique, (pii les différencie tellement des humains, qu’ils seraient pour ainsi dire nos frères ennemis.

Coin me n L expliquer (pie ces Etres, dont on remarque les merveilles, dont on publie partout des actes mirobolants et fantastiques soient à la fois puissants et impuissants, nos amis et nos ennemis, nos serviteurs et nos maîtres tyranniques. Par exemple, j’estime (pie mes Esprits ont le caractère satanique, d’autant plus (pie l'un des Êtres, avec lesquels je suis en rapport, a ose prendre le nom de Satan. Ce nom n’a aucune importance réelle, et je ne croirai jamais (pie l’Entité qui a pris ce nom, soit Satan, cet Etre mondial qui serait par conséquent fort puissant. Mais il est taquin, menteur, sans pitié eL il n’y a rien de bon à en tirer, malgré toutes ses fallacieuses promesses.

Je remarque que mes Esprits m’ont permis, quand même, en invoquant Dieu et les Puissances occultes, d’accomplir la guérison merveilleuse du sein tuméfié de Mlle Pauline B.., âgée de 17 ans, et que Ton devait opérer le lendemain ou le surlendemain. Le docteur Schnell, médecin des hôpitaux, demeurant, 3 , rue Thiers, à .Marseille, devait l’opérer; et cette opération n’eut plus sa raison d’être par la guérison.

J’ai guéri aussi diverses personnes de la même façon et Mme M. Meille d’un coup au sein qui menaçait de s'enflammer et la faisait beaucoup souffrir. L’imposition de mes mains la guérit radicalement dans le courant de la nuit, et le lendemain matin elle ne sentait plus rien et n’avait plus aucune trace du coup si fort qu’elle s’était donné à l'angle aigu d’un bronze très lourd. Je cite ces exemples, pour montrer, que tout en n’étant pas un saint, je ne m'en tire pas trop mal pourtant. Cela dit, comment expliquer que si un médium est malade, il pourra bien rarement obtenir un soulagement et encore moins sa guérison ?

Certes, au sujet de la mort, je suis, convaincu que notre destinée, au moins dans ses grandes lignes, doit être arrêtée; mais pourquoi ces Etres invisibles qui semblent si attachés au médium, qu’ils ne le quittent plus, ne veulent-ils rien faire pour cet homme auquel ils paraissent porter tant d’intérêt?...

Le médium ne serait-il entre leurs mains qu’un vil instrument, dont ces Etres n’auraient aucun souci ?

Pourquoi mentent-ils constamment, et cherchent-ils presque toujours à nous tromper ?

Et alors, s'il n’en est pas ainsi, c’est que nous devons nous tromper sur l’identité de ces Etres, et qu ils ne peuvent en rien être ce que nous supposons, c’est-adire des Etres ayant une mentalité même mauvaise.

LES MVSTÈltKS DE l/l'MVKHS

mais analogue à celle des humains. Ces Etres se donnent comme de grands génies, nous disant que nous sommes comme des petiLs enfants auprès d’eux, et nous appellent leur chéri. Pourquoi sont-ils alors aussi mauvais, même pour ceux qu’ils semblent réellement chérir et combler de leurs laveurs ?

(Test surtout dans la vie des saints et saintes que je les ai étudiés; et là les exemples abondent et sont parlaits. Mettant a partie côté religieux, j’ai examiné froidement toutes les farces, les fumisteries souvent de très mauvais goût, (pie leurs Esprits leur font : c’est inouï, inénarrable!... L’une des plus communes, c'est de leur conseiller de se mortifier le corps de toutes façons, et de les y encourager, en déclarant (pie ces privations, et supplices corporels de toutes sortes, sont agréables à leur Dieu, (pii saura leur en tenir le plus grand compte. Et en eflét, la plupart de ces saints médiums étaient de bons guérisseurs, comme nous en voyons souvent aujourd’hui, malgré qu’ils n’aient plus les mêmes caractères de sainteté et de vie pleine de mortifications.

Pendant la durée du quatorze et du quinzième siècle, il y eut ainsi des masses de gens qui portaient le cilice, jeûnaient, se frappaient à coups de discipline jusqu’au sang, veillaient pour prier leur Dieu, et offraient au Christ, (ils de Dieu, toutes leurs souffrances morales et physiques.

Ces saints et saintes voyaient leurs dons auinnen-

ter en proportion de ces jeunes surtout, et pouvaient être convaincus de l'excellence de leurs procédés. Il est certain que les privations et les mortifications sont un moyen d’exalter les facultés médianiques, car moins le corps domine, et plus l’Esprit est libre d’agir : cela n’est qu'un phénomène matériel et corporel, qui met

LES MYSTÈRES 1>E CuNlVKRS 1 '2V

h Etre psychique clans un état nerveux favorable aux visions et aux illusions aussi (car il y a souvent les deux mélangées). Ces pieux personnages naïfs savaient c|ue clans les couvents, où la règle est austère, toutes ces manœuvres étaient employées pour gagner le Paradis. Elles étaient recommandées pour racheter ses propres péchés et ceux d’autrui.

Mais pourquoi leurs Esprits cpii les inspiraient les trompaient-ils, et les poussaient-ils à des pratiques absurdes, qui ne pouvaient en rien être agréables à un Dieu juste et bon ?

C’est encore comme pour la chasteté. On dirait que l’Église met dans l’abstention de tout commerce charnel, la plus grande vertu, et le meilleur moyen pour gagner le ciel et les faveurs de Dieu, pendant le cours de l’existence.

Mais si cela était, il faudrait supposer que tous les Etres qui s’unissent charnellement, en suivant les lois naturelles les plus fondamentales, seraient des Etres immondes et destinés à être damnés.

Naturellement, ces saints personnages rapportaient tout à la gloire de Dieu, du Christ et de la Vierge. L'Eglise voyant les miracles produits, qui n’étaient que des manifestations médianiques, proclamait hautement la sainteté de ces humains, qui jetaient un si grand lustre sur la puissance de l’Eglise, faisant encore des miracles.

Connaissant les erreurs des bases de la religion catholique qui regarde la Vierge comme ayant enfanté des «•livres de l’Esprit divin, je me demande pourquoi les Esprits entretenaient de pareilles erreurs et les encourageaient.

Enfin, je remarque que les yoguis, à mille lieues de là, produisent les mêmes phénomènes, en invoquant

LUS MYSTÈRES DE l'uNIVERS

Yichnou et Brahma, et que la sainteté de ces yoguis, souvent fumeurs d’opium ne ressemblait en rien à celle des saints européens.

Certes, nous pouvons admettre que pour les Esprits, toutes les religions sont bonnes, et que l’on peut être un honnête homme en pratiquant la religion du Christ, de Confucius ou de Boudlia; mais ce que je ne comprends pas, c’est la façon dont les Esprits traitent leurs médiums, s’ils sont réellement puissants (et ils le paraissent, et qu’ils laissent leurs élus dans une misère profonde.

Tout cela devient plus clair et plus compréhensible, si les Esprits n’existaient pas, et n’étaient qu’une production temporaire de l’Esprit de la Terre, s’amusant à stupéfier les humains. Ce mot : amuser, parait étrange ! Si cependant les Esprits n’existent pas avec leur personnalité, nous serons bien forcés de donner à l’âme delà Terre une sorte de mentalité humaine; et si avec les saints, nous reconnaissons que le monde est mauvais, nous serons forcé de conclure que notre planète est de l’ordre satanique, en donnant à ce mot le sens de la mentalité mauvaise de l’humanité.

Ce qui est encore certain, c’est que nous voudrions bien faire, et que nous ne sommes nullement les maîtres de faire selon Tordre et ce que la saine raison nous inspire.

A chaque instant nous constatons que nous 11 e pouvons accomplir nos meilleures résolutions, et que nous sommes poussés à ces manquements par une volonté supérieure à la nôtre, dès que notre énergie pour exécuter cette volonté faiblit, par la maladie, ou tout autre cause. C'est ce que les Saints appellent les tentations démoniaques. Ils attribuent à Satan, à l’Esprit du mal, les mauvaises pensées qui les assaillent, parce

qu’ils se rendent bien compte que ce n’est pas leur âme, leur moi-conscient, qui est l’auteur de ces tentations, et de la résistance qu’ils éprouvent à bien faire.

Mais quel que soit l’auteur de ces pensées qui nous sont suggérées, elles ont une source occulte, dont je me rends parfaitement compte, en ce qui me concerne.

Est-ce mon Mansprit, est-ce un Esprit ou des Esprits extérieurs qui m’obsèdent ? Serait-ce le Génie mauvais de la Terre? Ah, quel mystère insondable !

Ce qui nous étonne le plus, quand nous examinons le rôle de ces Puissances occultes, qui paraissent nous gouverner, et capables d’une si grande influence sur les actes des humains, c'est que nulle part, en aucune circonstance, nous ne voyons la Justice Divine, la main de Dieu, se manifester clairement, ouvertement pour soutenir le bien contre le mal. Je neveux pas multiplier mes exemples, et je me borne à en choisir un ou deux, que je répète sans cesse, mais les exemples seraient très nombreux si on voulait les assembler.

Quand je vois que les hommes accomplissent des forfaits comme le crucifiement du Christ, ou la carbonisation de Jeanne d’Arc, cela me déconcerte, par le manque de logique. En efïeQ d’une part, les saints semblent recevoir l’appui des forces occultes, qui les favorisent de la faculté de produire des miracles. Or, ces personnages pieux passaient leur vie à se soumettre aux doctrines de l'Eglise, au Pape, au Christ et à la Vierge Marie.

Il serait donc rationnel d’en déduire que les Esprits, avec l’aide de Dieu, protégeaient ces pieux humains, et voulaient faire triompher la puissance de la religion chrétienne. (Test là une immixtion directe dans les affaires de Inhumanité. Comment se fait-il alors que les martyrs n’aient pas reçu très souvent, quand ils en

étaient dignes, l'appui visible de la puissance céleste?

^ ((Ifaquement î)

.J'imagine (|ue la mort subite de Jeanne d’Arc au moment de son supplice, aurait été un droit pour cette femme, qui n’avait fait qu’obéir aux ordres qui lui venaient de ces mêmes puissances protectrices et de ses saints.

Quiconque a lu les fameux procès intentés contre l’Ordre des Templiers, parPhilippe le Del et Clément Y„ pape ignoble, a du frémit* d’horreur. Ces hommes qui ont péri sur les bûchers auraient eu le droit d’être canonisés, car leur vie était exemplaire. Ces chevaliers de l’Ordre du Temple, ont donné l'exemple du plus grand courage, en face des tortures et des bûchers.

J’admets que le roi Philippe Le Uel, en 1311), agissait comme un forban, un pirate, voulant simplement s’emparer des trésors des Templiers. 11 cédait aux mœurs déplorables des monarques de cette époque. Mais que le pape Clément V n'ait pas pris, par justice, la défense de ces innocents, cela est inconcevable, car il avait tous les moyens, même par la violation des secrets de la confession, de connaître l'exacte vérité. Or, il me parait certain, indubitable, que les Templiers étaient d’excellents religieux, plutôt fanatiques.

Je mets de côté, dans ces écrits, les passions religieuses ; mais comment admettre que ces Puissances occultes aient permis que le pape Clément V fit des actes d’une pareille injustice et d’une telle cruauté. Il devrait expier mille châtiments à présent, s’il y a une Justice Divine ?

Pour être logiques, j’aurais voulu que les Puissances occultes lissent des miracles, pour démontrer l’innocence des Templiers. On dit bien que le Grand Maître de l’Ordre en montant au bûcher prédit la mort de ce pape exécrable, dans les quarante jours qui suivraient

LES MYSTÈRES DE l’UNIVERS

sa mort. II prédit aussi la mort du Roi de France qui le condamnait, pour l’année qui suivrait; mais cela ne l’empéclia pas d'être brûlé vif. — Ah! quelle triste époque que ces luttes religieuses et politiques qui, au fond, n’avaient pour but que l’accaparement des biens temporels.

lin ce qui me concerne, j’ai pu remarquer que l’enseignement des Esprits était muet. Ce n’est qu’à force de remarques répétées et de déductions que j’ai pu m’en convaincre. Mais les humains ne sont pas tous dans les mêmes conditions que moi, et ils ont besoin d’arguments qui leur crèvent les yeux.

Admettons,comme l’histoire l'affirme et l’a remarqué,, que tous ceux qui ont pris part au procès d’Urbain (irandier, et ont contribué à le faire brûler vif, soient morts peu après d’une façon spéciale et tragique. On pourra toujours arguer de coïncidences exploitées pour prouver l’innocence de cette grande victime des passions religieuses et du cardinal de Richelieu.

On jurerait que les Esprits agissent tous avec une discipline tellement rigide, qu’on dirait qu’ils reçoivent d’un Maître unique. Génie de la Terre, un mot d’ordre, dont ils ne se départissent pas. Ün dirait que réellement, ils ont des lois, des règlements qu’ils doivent observer à la lettre, et que pour rien au monde, ils 11 e voudraient ou 11 e pourraient enfreindre.

Je l’admets un instant. Mais comment accepter une pareille correction et une soumission aussi complète de la part d’Etres qui semblent agir le plus souvent comme des démons sans cœur, sans pitié, sans charité, incorrects et sans moralité, fout, absolument tout, est tellement incohérent dans les faits occultes, tout y est si incorrect et si capricieux, qu ’011 ne saurait supposer une pareille obéissance de la part des Entités qui méri-

teraient souvent le nom de démons et qui même se donnent ce nom eux-mêmes.

Où irait-on, s’écriera-t-on, si les Esprits s’ingéraient dans les affaires humaines, et venaient par exemple toucher à leurs papiers d’affaires ? Exemple : voici un homme qui a un fils naturel. Il a écrit un testament, qui nomme cet enfant (que la loi ne reconnaît pas, car il ne l’a pas déclaré ni reconnu), son unique héritier. 11 n’a que des parents éloignés. Les scellés sont apposés et ces derniers héritent de tous les biens, contrairement à la volonté du défunt, parce que le papier précieux est précisément caché dans un meuble qui tombe aux mains des héritiers légaux. Lien ne serait plus simple à l’âme du mort, si la Personnalité survit, de sauver ce testament et de le remettre entre les mains du fils naturel, par un apport médianimique. Le fils trouverait sur sa table l’enveloppe écrite par son père ; sans savoir comment elle y est venue, mais il n’aurait pas de peine à se faire rendre justice.

Eh bien ! pour accomplir des actes importants de cette nature, nous ne voyons jamais les morts user d’une faculté qui serait si précieuse pour eux. Dans les séances, nous les voyons au contraire s’amuser à mystifier les assistants réunis en petit comité, où ils feront passer un mouchoir d’un meuble dans une boîte en fer fermée à clef.

Cet exemple, pris entre mille, démontre que les Esprits, quels qu’ils soient auraient le moyen de réparer de nombreuses injustices. Eh bien, jamais ils n’usent de leurs pouvoirs pour accomplir des actes qui feraient aimer Dieu, reconnaître sa présence, et sa justice, outre le plaisir qu’ils auraient à empêcher de nombreux crimes.

C’est là ce que je ne puis comprendre. C’est pour

cela que je suis si dégoûté de m’occuper de ces Etres, qui ne peuvent nous être utiles en rien, même pour le bien; et que je m’écrie : sûrement nous devons nous tromper, et les Esprits ne sont pas, ne peuvent pas être ce que nous supposons. Et delà à les renier, puis à les nier, il n’y a qu’un pas !

C’est pour ces motifs que les déceptions que j’ai éprouvées m’ont tout fait prendre en mauvaise part.

Phénomènes.

Dans une vision récente, j’apercevais un spectacle splendide comme la vue d’un Palais des Mille et une Nuits, où des Etres habillés somptueusement allaient et venaient, donnant d’eux l’idée de très grands seigneurs vivant dans un cadre somptueux! (Inutile de me répéter ; mais je me souviens de cette phrase : a llegarde bien; tu vas voir une spectacle qui te donnera une idée de la puissance et de la magnificence divine ! ») Pendant ce temps, je fumais.

Actuellement ces visions ne fout que m’attrister et augmenter mes chagrins et je dis : A quoi bon, me faire voir cette puissance et ces tableaux de la vie d’Etres qui paraissent d’un ordre très élevé, si j’en juge par l’éclat du cadre merveilleux où ils vivent. Qu’est-ce que cela peut me faire ? — Pourquoi me faitesvous voir cela ? A quoi cela peut-il me servir ? Je suis fort malheureux et le moindre grain de mil ferait mieux mon affaire. Enfin, je conclus que cela m’est bien indifférent d’avoir ces visions, si premièrement les Esprits ne m’ont pas démontré la survivance de notre Personnalité après la mort.

Ah! si ces Êtres avaient su, ou avaient voulu m’inspirer confiance, de telle sorte que je puisse croire à leurs paroles et promesses, ces tableaux merveilleux

accompagnés des paroles suivantes, auraient pu calmer mon désespoir et me faire prendre patience en attendant la vie future :

(( Sache, Enfant, qu’après ta mort, tu seras un jour réuni à ces Etres, dont lu peux apercevoir la vie splendide. Ces Etres n’ont pas de corps matériels, et cependant tu peux voir que leur existence semble fort agréable. Tel sera le sort qui t est réservé... Regarde donc ta vie humaine comme un court passage sur celte Terre, et aie confiance dans l’avenir et en une vie future infiniment plus agréable. »

Mais au contraire, avec mon caractère aigri, je prends les choses à l’inverse et je réponds : Est-ce pour me tenter par le supplice de Tantale, que vous me faites voir des Etres qui ont l'air de rois, de princes et princesses dans ces palais merveilleux ? S’il en est ainsi, ces Etres doivent avoir la puissance. Pourquoi alors ne nu» consolent-ils pas, s’ils sont si puissants, eux qui pourraient si facilement soulager mes maux ?« Assez, assez! Cessez vos sortilèges et vos apparitions prestigieuses. Cela ne me sert à rien, qu’à me prouver, si vous existez, que je suis en rapport avec les princes du monde occulte; que ces Etres refusent de rien faire pour moi, et même de me donner le plus petite marque de bienveillance... Non, non, mille fois non, vous n’existez pas! Vous avez beau répondre à mes gestes et à mes questions par des signes gracieux, je n’y comprends rien, et cela ne prouve ([ne mon ignorance et nullement votre existence, car vous seriez trop illogiques. *

La nuit dernière, réveillé par la chaleur et les piqûres des moustiques qui entrent dans ma chambre, par la fenêtre que je laisse ouverte, j’étais sur le dos, parfaitement éveillé, réfléchissant à mon ennui de ne pouvoir dormir, lorsque plusieurs coups forts m’aver-

tirent que quelque chose allait se passer. (Il était même possible que les Esprits m'eussent réveillé dans ce but, comme cela leur arrive de temps en temps.)

En effet, une forme, accompagnée d’autres se dessina devant moi au-dessus de mon lit, à \ mètres environ.

Elle était grise et demi lumineuse. Elle tenait à la main une couronne qui avaient 50 centimètres de diamètre, <fe couleur noire et or. L’or semblait être formé de caractères lumineux que je m'efforcais de lire sans y parvenir. Pendant que je m'absorbais dans cette lecture, le magicien, car c’était lAie petite séance de magie, toucha de la baguette qu’il tenait de la main droite la couronne qu’il tenait tendue au bout de son bras gauche. II en sortit un petit Etre, haut comme la main, (pii se mita s’agiter très vivement sur le bord de ceLte couronne.

Cet Esprit me renouvela cette expérience, bien souvent répétée, de me faire voir ce petit Etre, qui élail gris foncé, grandir progressivement, jusqu’à ce qu’il arrivât à la grandeur normale. Peu après, tout s’estompa et disparut î JM .le me demande quel est le but de ces séances, et quel enseignement je puis en retirer.

J’ai raconté quelquefois des séances où de grands Esprits tenaient à la main des sortes de poupées magiques paraissant immobiles. Puis tout à coup, elles s’animaient, remuaient vivement, grandissaient et finalement s’envolaient dans l’espace, comme heureuses de prendre leur essor et d’avoir recouvré leur liberté (1). J’ai vu de ces figurines ayant toutes sortes de costumes,

(1) J’ai lu dans la Revue du Spiritualisme moderne, dirigée par M. Beaudelol, qu’à une séance du médium Miller, le même cas se produisit: une poupée de 20 centimètres se transforma de la même façon en un Esprit-femme de grandeur normale. Je comprends à présent le but de mes séances.

LES MYSTÈRES DE l’üNIVERS

et une fois grandes, elles ne différaient plus des autres Esprits. Est-ce pour m’apprendre comment les Génies terrestres, les magiciens de l’au-delà, sy prennent pour créer des Esprits à leurs ordres ou des Etres qui dépendent d’eux et auxquels ils prêtent une vie réelle ou factice ? Je n’ai pu résoudre cette question, malgré les nombreuses séances de magie auxquelles j’ai assisté.

J’ai raconté que j’en avais vu aussi sortir de boîtes, où ils paraissaient enfermés, sous ces dimensions de figurines de petite taille. J’avoue je n’y comprends rien, comme à la plupart des expériences curieuses auxquelles ces Etres mystérieux m’ont fait assister...

Mais pour en revenir à mon sujet, des preuves morales : Quel est leur but ? Que veulent-ils me prouver, ces Etres qui font tout pour me dérouter, tout en paraissant vouloir m’initier ?

Jamais ils n’ont voulu m’accorder les preuves que je leur demandais... jamais.

11 y a quelques jours, j’ai pu toucher un Esprit qui avait la peau fort douce, fraîche, ni chaude, ni froide, et une voix agréable. Je n’ai pu voir le bas de son visage à partir du bas du nez; mais chose assez laide pour une femme, on aurait dit que dans sa tête il y avait de la lumière; car à travers ses pupilles on voyait deux points lumineux, ou plutôt au lieu d’avoir le centre des yeux noir, il était lumineux. J’ai vu des Esprits avec des yeux de toutes sortes et de toutes les couleurs, même des yeux d’un bleu turquoise claire très réussi. J’en ai vu de très beaux noirs veloutés et très expressifs. J’en ai vu d’horribles lançant comme des jets de lumière par les prunelles, à la façon de certains monsLres qui avaient des yeux analogues, mais beaucoup plus grands et terribles.

J’ai vu des Esprits ayant deux paires d’yeux rap-

proches, comme ceux de l’énorme tête du Génie qui m’avait tant effrayé. L’une des paires de ces deux yeux était ordinaire, et l’autre lançait des rayons de lumière verdâtre et étaient terrifiants !

J’ai vu les Esprits se cacher le visage de toutes sortes de façons. D’abord au moyen de voiles de gaze ou d'étoiles de toutes sortes et de toutes couleurs; au moyen de chapeaux très bizarres; au moyen de casques de toutes sortes avec des visières baissées; au moyen de tètes postiches de monstres, que je les voyais se mettre et enlever ensuite à l’aide d’autres Esprits, ou seuls; au moyen de capuchons et masques de toutes espèces, comme de véritables dominos de bals masqués. Quant aux coiffures, il est impossible de s’en faire une idée, ainsi que des costumes et armures extrêmement variables, dont je voyais tous les détails et ciselures.

Dans tout ce qui se passe en trance (l)on jurerait que les Esprits ne sont pas les maîtres de choisir les sujets qu’ils me font apparaître. En effet, il me semble qu ils pourraient dans ces moments me créer de réelles illusions, et me conduire à ces fameux sabats dont on parle en occulte. Or, si j’ai vu des séances extraordinaires, sataniques, infernales, des tableaux inouïs, épouvantables ou charmants, je les ai toujours vus à l’état complet de veille et sans prendre aucune part aux scènes ([ue je voyais. La seule part [irise quelquefois, était la réponse des Esprits à mes gestes ou à mes paroles ou certaines menaces d’attaque qui n’avaient pas lieu. Je garde le secret sur mes rapports avec les sylphides.

(1) Je veux parler d’un genre de rêves que j’ai très rarement, et dans lesquels je garde une demi conscience, cl très distincts, des rêves ordinaires.

Il inc semble donc que si les Esprits avaient été les maillas de diriger mes rêves ils m’auraient depuis longtemps conduit aux Enfers en rêve et non en vision. Us auraient même pu me faire rêver que j’étais en proie aux tourments ou tortures que j’ai souvent vu infliger à desEspritsqui étaient horribles et sataniques; maisdans toutes ces visions j'étais aussi éveillé (|u'à présent.

Je répète encore que le premier soir où je vis les Esprits, jamais je ne les vis mieux, plus clairement et aussi gracieux comme gestes, à mon égard.

J\ i souvent réfléchi depuis à ces circonstances, sans pouvoir arrivera les expliquer ; car quelques jours après les tableaux étant flous, je ne pus savoir h quelles causes attribuer ce manque de clarté et de netteté. A mes questions posées sur ces demi-échecs, je n’ai reçu que des réponses mystificatrices, mais ce flou ne dura pas.

Il m’est impossible de croire qu’il puisse exister des formules de magie ou des grimoires, tenant lieu d’ordre pour faire apparaître tels ou tels Esprits. Avec les Esprits, tout est convention, et tel grimoire, telles figures, poupées magiques, etc., n’auront que la valeur que le magicien y aura attachée, d'accord avec son Es prit directeur. Il me parait donc très probable qu’un autre médium ayant recours à telle formule, gestes, etc., connus d’un autre, n’obtiendra aucun résultat. N’est-il pas évident que si les Esprits connaissaient des moyens pour arriver à tels résultats que je connais, et pour réaliser telles promesses que je sais, ils me les auraient enseignés depuis longtemps ?

Il faut donc chercher dans la lin: i talion des pouvoirs des Esprits avec lesquels on est en rapport, des raisons bien différentes de celles qu’un néophyte peut supposer à un magicien armé du parfait grimoire. J’es-

LES MYSTÈRES DE l’UNIVERS

lime que tous les Crimoires sont tout à fait inutiles a ceux que les Esprits veulent éduquer et posséder; car ils se chargent eux-mêmes de nous indiquer toutes choses utiles à leur commerce. Ou bien alors, si les Esprits nous conseillaient d’employer tel grimoire ou façon connue de faire, c’est qu’il serait convenu d’avance, qu’ils accepteront cette manière de procéder — ce qui leur éviterait la peine de faire d’autres conventions.

Je n’ai jamais lu ni même vu aucun de ces Crimoires, dont parlent les catalogues des livres occultes que je reçois, et jamais je n’en lirai un seul, bien convaincu d’avance, que ce que j’y lirais ne me serait d’aucune utilité. J’eslime en outre qu’un livre de méthodes sur ces procédés, ne pourrait cire utile et avoir delà valeur que s il était écrit par un médium qui a vu et ressenti les phénomènes dont il parle. Tous les auteurs qui pas sent pour des maîtres, et qui n’ont fait que des compilations, ne peuvent pas vous donner d’utiles conseils; à moins, je le répète, d’être eux-mêmes des médiums exercés et ayant tout éprouvé eux-mêmes.

En ces matières, nos Esprits directeurs, quels qu ils soient, sont nos seuls maîtres et professeurs utiles et indispensables. J’entends déjà crier : voilà un langage curieux pour un médium qui ne croit pas aux Esprits.

A cela je réponds que je crois aux puissances occultes, à Dieu et à l’Esprit (ie la Terre. Cela est déjà une base solide, capable de produire bien des phénomènes. Eu outre je crois fermement à mon Esprit personnel et aux miens, sans trop savoir ce qu'ils sont.

Sur les Esprits.

Comment pourrais-je nier les Esprits, moi qui les ai vus et sentis si souvent. Mais toute la question pour

LES MYSTÈRES DE l’üNIVERS

moi actuellement, serait de savoir si ces êtres qui me hantent et m’obsèdent, qui craquent dans mes meubles, remuent ma chaise, etc., sont des Esprits de vivants, ou des Etres d’un monde occulte, ayant leur personnalité.

Je crois aux puissances occultes et à Dieu, et au Génie de la Terre, qui serait une partie de la Divinité universelle (Génie de la Terre, c’est-à-dire Dieu exer- + cant ses facultés sur la Terre). Je fais ce raisonnement : Puisque, d’après ma théorie, le (iénie de notre planète a engendré tous les Etres élhérés, rien qu’en formulant sa pensée (exprimée sous des formes d’Ètres dont les types existent de toute Eternité), pourquoi ne pourrait-il pas recommencer? En ce cas, il n’y aurait pas de monde occulte ni d'Esprits ayant une personnalité réelle; mais des manifestations du Génie terrestre consentant à exercer ses facultés en présence de certains médiums et grâce au pouvoir que ce médium aurait d’extérioriser son propre Esprit ou mansprit.

Ce serait le (iénie terrestre qui se chargerait de corser l’apparition de cet Esprit, en renforçant suffisammentsa substance éthérée, de façon à le rendre visible a tous les assistants. Et la preuve qu’il y a quelque chose comme cela, c’est que l’Esprit exige souvent le sommeil ou l’entrée en trance du médium, ce qui lui permet de s’extérioriser et de se promener dans la salle des séances.

Dans d’autres cas, les Puissances occultes générales de la Terre, peuvent se dispenser d’endormir le médium pour opérer, et elles peuvent se substituer au mansprit sorti du corps par leur influx ou leur emprise sur le médium, qui généralement n’est pas à son aise, même quand il reste éveillé.

Le médium Miller, de San-Francisco, serait dans ce

dernier cas, et quand Betsey sortait de son corps, il soutirait cruellement et criait malgré lui : « Betsey, je soutire horriblement, rentrez vite, je vous en supplie ! »

Qu’aurait signifié une pareille exclamation si Betsey n’était pas sorti de son corps. Ce qui gène dans cette appréciation, que le Génie de la Terre pourrait bien être l’auteur des manifestations que nous attribuons aux Esprits du monde occulte, ce sont les âneries, les grossièretés, les fables et les farces que souvent nous observons et entendons.

Or, il faut tenir compte de deux classes de médiums : 1° Ceux dont le Mansprit remplit le rôle d’Esprit (que certains auteurs appellent lTnconscient)et 2° les grands médiums qui ont affaire à des intelligences extérieures à leur corps et autres que leurs Mansprits. Or, dans ce dernier cas, la correction est toujours parfaite. — Dans le premier cas, au contraire, c’est le caractère et la mentalité humaine qui sont mises en action ; et dans la seconde le Génie de la Terre peut aussi se servir de cette mentalité et l’asservir à ses manifestations.

D’ailleurs, il est logique de supposer que le Génie de la Terre se soumettant aux lois naturelles qu’il a créées, devra avoir avec les humains une mentalité analogue à celle qu’il a donnée à ces humains. Je veux dire que le Génie de la Terre ne pourrait pas parler comme un Dieu aux humains, car il ne serait pas compris. Il faut même supposer que si ce Génie voulait nous expliquer en vertu de quelles lois, il fait traverser un mouchoir ou une sonnette à travers une muraille, son langage serait pour nous aussi incompréhensible que si nous avions voulu expliquer à Platon la théorie du téléphone ou de la télégraphie sans fil.

11 est certain que les Puissances occultes paraissent pouvoir dématérialiser un objet inerte ou vivant et le

reconstituer ensuite sans l’altérer. Pour un Etre vivant, cela dépasse absolument notre science et même notre imagination. — Je veux dire que je défierai le plus grand savant de tenter une théorie probable et compréhensible rendant compte de ces phénomènes miraculeux de dématérialisation et de reconstitution des corps inertes ou vivants.

Sur le Génie de la Terre.

Si j’étais certain de l'existence des Esprits du monde occulte, je 11e serais pas embarrassé sur les moyens que la Divinité Terrestre peut employer pour voir et entendre. E11 effet, elle pourrait voir par les yeux et se servir de tous les organes des Esprits émanant d’elle, et faisant pour ainsi dire partie de son corps dans lequel ils sont plongés.

Par leur nature les Esprits éthérés sont en fusion et communion directe avec le Génie Terrestre. Il est clair que si les Esprits peuvent se servir de leurs yeux étliérés, le Génie Terrestre pourrait, nouvel Argus, avoir des millions d’yeux à sa disposition.

Et meme si les Esprits du Monde Invisible 11’existent pas avec leur existence personnelle, nous savons, par des expériences nombreuses, que des Etres lluidiques ou éthérés peuvent avoir des yeux voyant admirablement, et même mieux que ceux des mortels, puisqu’ils ont donné la preuve qu’ils voyaient aussi bien la nuit que le jour. O11 peut donc concevoir que la Divinité de notre Planète, qui a créé tous les organes des Etres, aurait pu très facilement couvrir son corps d’organes encore plus perfectionnés que ceux qu’elle a octroyés aux Êtres créés. Elle pourrait même avoir des organes répétés des millions de fois, jouissant en outre de la

mobilité. Cela peut se concevoir aisément clans la masse d’un corps éthéré.

Je vais même plus loin. Supposons un instant que le Génie Terrestre ait adopté une forme sphérique enveloppant la sphère planétaire, on peut concevoir que cet Etre fantastique et Inconcevable pour les humains, soit couvert sur toute sa superficie d’organes de vision et acoustiques, et d’une foule d’autres organes inconnus de nous, lui permettant de tout voir, de tout entendre et de tout ressentir. De telle sorte que finalement notre Génie, maître de notre planète, vivrait matériellement de la vie du monde matériel et spirituellement de la vie de la pensée de tous les Etres vivants y compris aussi les Esprits éthérés, si ceux-ci existent réellement.

La Matière et l’Esprit coexistant.

Je prends toujours le même point de départ:

1° La Matière et l’Esprit ont coexisté de toute Eternité. Mais nous voici un peu plus avancé,car nous savons à présent que l’Esprit n’est pas, et ne peut être immatériel, dans le sens mathématique du mot. Je veux dire que si l’Esprit était immatériel, dans le sens absolu et mathématique de ce mot, il ne serait rien, il n’y aurait rien là où serait l’Esprit. — Donc l’Esprit comme je l’ai expliqué est une substance dont nous n’avons aucune idée, et que nous ne connaissons que.par ses ellets et une partie de ses facultés.

2 U L’Esprit ne peut donc être qu’une substance douée d’intelligence, et capable des facultés que nous le voyons mettre en exercice, grâce à ses forces.

3° Il en résulte que je pourrais énoncer la première proposition ainsi: Il existe dans l’univers des substances matérielles et éthérées. 11 existe en outre une substance douée d’intelligence et de force, capable de

CWu

4i à ât-Aà, «

penser et d’ordonner les matières dites inertes et passives. — Cette dernière idée a été admisepar les matérialistes, puisqu’ils supposent que les Etres humains renferment des organes matériels capables d’émettre des pensées sni yeneris. — La difierence profonde qui existe entre ma conception et celle des Matérialistes, consiste en ce que je suppose que lu substance qui pense, est en dehors des substances inertes ou matérielles du corps humain (si je m’occupe de l’homme), et qu'elle n’est qu’associée à ces dernières substances.

C’est ainsi que j’admets l’existence de l ame, comme étant un Etre éthéré, sosie du corps matériel, et capable de penser; tandis que je refuse au corps matériel cette faculté, ne lui accordant (pie celle de percevoir les impressions de l’unie. Autrement dit, il y aurait donc dans le corps des Etres deux sorLes de substances ayant des propriétés très différentes. Les unes éthérées, actives et douées d'intelligence, et les autres matérielles, passives et soumises à l’intelligence et facultés de l’âme.

A ce propos, je rappellerai (pie j’ai distingué les facultés inhérentes aux colonies de monobies, e’esl-àdire aux monobies du corps elles-mêmes, et les facultés que possèdent l’agrégat de ces monobies. — Les premières sont pour ainsi dire fatales et instinctives, inhérentes à leur nature et sui yeneris ; les autres sont les facultés intellectuelles résultat de l’agrégation de ces monobies, toutes unies pour la vie en commun et soumises aux facultés intellectuelles, dont l’exercice est rendu possible par cel ensemble de monobies agrégées et (pii forment le sosie éthéré ou âme de l’Etre.

C’est ainsi (pie les monobies des mollusques ont la faculLé inhérente à leur nature de construire leurs merveilleuses coquilles, el (pie l’agrégat entier des mono-

bies du mollusque, constitue un Etre bien peu intelligent.

La meme théorie appli([uée à l'homme accorde aux colonies de monobies qui constituent nos organes ou des amas spéciaux, ayant leurs rôles utiles, les facultés diverses de construire les os, les cheveux, l'assimilation des aliments, la formation du sang, etc... Tandis que l’agrégat entier des monobies humaines constitue l'homme qui est un Etre fort intelligent.

Ce corps est double comme je viens de l’expliquer, riiomme matériel de chair, et le sosie éthéré qui est son âme. Il y a en plus le mansprit dont je m'occuperai plus tard.

/i° Pourquoi cette complication, me répondront les matérialistes ? Du moment que vous accordez à une substance, la faculté de penser, vous pourriez aussi bien l’accorder à la substance matérielle qui constitue le corps : celle que nous voyons, que nous pouvons toucher et qui n’a rien d’hypothétique.

A cette question, je répondrai que j’oppose ma théorie à celle des matérialistes, parce que je la trouve plusrationnelle, et qu’elle se déduit logiquement de ma hase : Matière et Esprit coexistant. Certes, l’âme ne tombe pas sous le scalpel des anatomistes, mais l’éther cosmique non plus ne peut être isolé dans l’espace qui sépare deux corps célestes.

C’est par des raisonnements de meme ordre et de même valeur, que je repousse le hasard et l’action du temps, comme étant la force aveugle qui aurait engendré l’ordre et l’harmonie de l’Univers.

Les Matérialistes disent qu’ils ne sauraient admettre la création d’un Etre, sans le germe primordial, de quelque façon qu’il se soit formé, même sans l’intervention d’une intelligence supérieure directrice.

Je noterai en passant que la conception de la création de ce fameux germe primordial, père de tous les Etres, est aussi difficile à comprendre que la création d’un Etre entier doué de vie. Cette première apparition de la vie d’un Etre si simple qu’il soit, sera toujours une difficulté insurmontable pour les Matérialistes. Ceuxci ne feront dans leurs théories, qu’escamoter ce point de départ avec plus ou moins de brio. Tout leur talent consistera dans fart et l’habileté avec lesquels ils masqueront la faiblesse de la base de leur point de départ, qui leur fera toujours défaut. — Ils seront donc forcés de bâtir sur du sable, et si beau que soit la suite du livre, il ne pourra tenir, la base s’écroulant toujours.

5° De meme que les matérialistes admettent la nécessité du premier germe vivant pour arriver à expliquer la création des Êtres vivants, je me sers du même argument en déclarant que je ne saurais admettre l’intelligence source de nos pensées, sans une origine ou foyer de cette intelligence. Surtout d’après mes conceptions, les pensées étant un mode vibratoire de la substance éthérée intellectuelle. Il faudrait même inventer un mot nouveau correspondant aux vibrations lumineuses et calorifiques, par exemple la force pensique ou spiritique, pour bien montrer que ces vibrations sont engendrées dans un milieu qui ne peut être immatériel.

Les matérialistes admettent que les vibrations électriques, calorifiques ou lumineuses, ne pourront jamais se produire sans un foyer de production. Eh bien î je dirai de même que les sources de l’intelligence et de la pensée des Etres se trouvent dans l’Esprit.

6° J’ajouterai que la pensée et la vie sont toujours associées; car sans la force vitale, pas de vibrations de

la pensée, donc pas d'intelligence. Cela me conduit à supposer, logiquement, que ce même Esprit est à la fois la source de la vie, de la pensée et des facultés intellectuelles de tous les Êtres. Il faut donc que l’Esprit de la Terre soit aussi un foyer de vie.

Si nous raisonnons par analogie, et en nous reportant à ce que j’écrivais sur le rôle fécond du soleil, source de l’entretien de la vie de tous les Êtres sur les planètes, je concluais que le soleil pourrait très bien être la source de cette force vitale, ce foyer d’énergie vitale que nous cherchions partout.

Nous savons que chez les Êtres, il suffit de frapper certains points du corps pour entraîner l'arrêt brusque de l’énergie vitale et déterminer la mort de cet Être. Pourquoi le soleil ne serait-il pas le foyer de l’énergie vitale de notre système solaire, la tète en quelque sorte de celte parcelle de la Divinité universelle, qui a pour trône et siège le soleil ? Nous assisterions là à la mort de cet organe partiel d'une infime partie de la Divinité, en le frappant à la tète par la pensée.

Supposez ((lie vous arriviez à éteindre le soleil, à tuer la vie (en apparence matérielle) de ce soleil, désormais globe noir et n’émettant plus ses rayons lumineux, calorifiques, magnétiques et toutes sortes d’autres rayons inconnus; peut-être même des rayons d’énergie vitale et intellectuelle... ?

Du même coup tous les Êtres vivants qui habitent les diverses planètes mourraient; et notre système solaire éteint ne traînerait plus que des planètes mortes elles-mêmes.

Donc en frappant à mort le centre de notre système, tout le système solaire mourrait aussi.

7 ° C’est là une des lois d’harmonie de la marche des choses de l’Univers et de la nature* qui prouve que tout

LES MYSTÈRES DE î/UNIVEUS

se lient, que tout est réglé d’après des lois immuables éternelles, dont l’Esprit est le dépositaire, que tout est voulu et conforme à des plans d'ensemble conçus de toute Eternité et d'après les lois naturelles.

C’est pour cela que je ne peux admettre que la substance matérielle contienne sa loi, de telle sorte qu’elle deviendrait indépendante, et n'aurait plus besoin de l'emprise et de la direction de l’Esprit qui coordonne cette harmonie et lui prête son intelligence.

8 (> Certes, les substances matérielles contiennent des lois qui les différencient, selon la nature de ces diverses matières; mais ces lois ne portent que sur leurs propriétés, dues encore aux substances éthérées qui les •doublent d’un sosie élhéré, comme toutes choses et tous les Etres.

Les relations harmonieuses de tous les Etres et les rapports d’ordre qui règlent la place de toutes choses et les fonctions de tous les Etres et de toutes les choses animées ou inertes entre elles, ne peuvent dépendre que d’une direction unique et générale, capable de gouverner, non un Etre ou un bloc de matière, mais l'ensemble de l’univers.

9° Cela me parait tellement logique, et devenu évident par la réflexion et l’étude de l’harmonie de la Nature et de l’Univers, que je me refuserais à considérer un philosophe comme savant et sérieux, s’il niait l'existence de l’Esprit universel, gouvernant l'Univers. Il pourra toujours ergoter, comme le médecin qui me dirait de lui montrer l’âme humaine.

Je lui répondrai en le priant de me montrer l'éther cosmique, qui est peut-être l’agent de l’aine de l’Univers; mais qui en tout cas est sûrement associé à l’Esprit Universel; Agent de transmission de toutes les vibrations d'ordre éthéré, il pourrait donc jouer le rôle du

LES MYSTÈRES DE l’uNIVERS

corps de l'Esprit, auquel l'Esprit resterait partout associé, ainsi que je l’ai expliqué.

10° Avec les bases que j’ai posées el ma conception nouvelle de la Création des Etres, on comprend facilement pourquoi tout est ordonné d’une façon si admirable et avec cette harmonie d’ensemble, autrement inexplicable, on comprend la création de tous les Etres variés, de toutes les races humaines différentes, on comprend la création des sexes différents des Etres dès le début, et des organes que cet Esprit directeur a mis à leur disposition. Tout apparaît avec plusde clarté, malgré qu’il reste encore bien des mystères à expliquer.

Dans la théorie des matérialistes, je ne comprendrai jamais l’invariabilité des races des Etres, et la création dès le début de la race de l’un de ces Etres, au moyen de deux individus de sexes différents, afin de propager leur espèce.

Non, non, il est impossible de ne pas reconnaître l’action d’un Esprit supérieur, d’un Etre Infiniment Puissant et Parfait, qui a tout réglé d'après un plan de création voulu et ordonné d’après des lois éternelles comme cet Esprit créateur. (Nous appelons ces lois, naturelles.)

11° Si nous accordions à la substance matérielle cette faculté de penser, c’est-à-dire qu’elle serait sa propre source d'intelligence, ce serait déclarer qu il n existe pas de source intellectuelle eu dehors de ces substances matérielles.

Dans cette hypothèse, on ne trouverait plus que chaos, désordre et dissemblance dans les résultats, s il s’en produisait; mais il n’y aurait plus de lois d’ensemble cause de l’harmonie de la Nature, car ce serait Pindépendance îles Etres et des choses. Ou bien alors, si ergotant toujours, vous admettiez que les substances

matérielles contiennent toutes des lois telles que cette harmonie se produisît quand meme, vous seriez obligé de chercher la cause de ces lois d’harmonie et d’ensemble. Vous tomberiez alors dans l’erreur, plus légère, il est vrai, des philosophes qui confondent dans la Nature, l’œuvre, avec l’Ouvrier qui a accompli cette œuvre. Vous discuteriez sur les résultats acquis et achevés, et non plus sur l’Esprit qui a présidé à cette œuvre de la Nature, dont vous reconnaîtriez l’harmonie admirable. Vous renonceriez à chercher la cause de celle harmonie.

Ici encore, je me refuse à confondre l’œuvre créée avec l’Esprit qui a présidé à cette création, ce qui est absolument didérent, comme je l’ai montré.

Intervention de l’Esprit (Dieu) dans les créations.

Ce qui suit est de pure hypothèse, mais il me paraît bon, dans un journal de notes, délaisser paraître le fond de ma pensée. C’est même le principal avantage des mémoires écrits au courant de la plume, négligeant totalement la forme et le style pour ne songer qu’au fond et aux idées.

Certes, dans un livre, il faudrait passer beaucoup de temps à polir les phrases, et cela est contraire à mon caractère.

.l’écris mathématiquement : c’est très laid, mais je serai sans doute plus clair que bien des philosophes, qui ont séduit par l’élégance de la forme de leurs périodes, et ont jeté le trouble et l’obscurité en raisonnant au moyen d’habiles sophismes ou paralogismes.

Cela dit, j’estime que l’intervention de l’Esprit dans la Création peut se faire sentir dans le choix des races d’Etres qui peupleront un pays, une île ou un continent. Par exemple sur une île peu étendue, l’Esprit ne mettra

LES MYSTÈRES DE l’UNIVERS 153

que des Etres d une taille en rapport avec la superficie de cette île. S’il s’agit de peupler un lac, un fleuve ou une mer, la grandeur des poissons voulus par 1 Esprit, dépendra de la surface, de la profondeur et du régime des eaux. (Les lois naturelles sont une forme de la volonté de l’Esprit.)

.l’estime que la race des Esquimaux a été douée pour vivre dans les régions polaires où nous les voyons se complaire. La preuve c’est qu’ils pourraient descendre dans le sud et qu'ils ne le font pas. J’estime que les nègres ont été matérialisés dans les pays très chauds et convenables à leur tempérament, et que Dieu n’a pas dù créer des nègres dans les régions polaires, etc.

Je rappelle en quelques mots, que, d’après mon système de Création des Êtres et des humains, ils furent d abord créés à Létal éthéré, par la volonté Divine de l'Esprit, les tirant de sa propre substance étbérée. Les Etres, puis plus lard les différentes races humaines créées à l’état éthéré, furent matérialisés aux époques géologiquesconvenables, pour vivre dans desconditions favorables et selon les lois naturelles.

Tous les Etres, y compris les humains de toutes les races, ont été matérialisés successivement à l’état adulte et sous les deux sexes, de façon à se reproduire aussitôt. Placés en des lieux où la nourriture naturelle abondait, ces opérations se comprendront facilement. Admettons que les premiers hommes aient vécu de fruits et des produits naturels comme les grands singes anthropomorphes, ce serait là la seule ressemblance que nous ayons eue dans nos mœurs avec ces grands singes, qui ont été créés à part, comme le reste des animaux.

Autre exemple astronomique : Supposons par exemple que la petite Planète Gérés (ou Pallas, etc.) soit dans des conditions de température et de climatologie analogues à

LES MYSTÈRES HE l/UNIVERS

celle de la Terre. Eh bien, il est probable que Dieu n’y aura pas matérialisé d'éléphant, ni aucun grand célacé qui exige de grandes mers. Au contraire, ces Planètes pourront avoir toutes sortes de végétations.

En passant, je j’appellerai mes notes au sujet de la façon dont les planètes de notre système peuvent être peuplées. Les habitants d’une planète peuvent être éthérés, Il indiques, semi-inatérialisés ; bref avoir les caractères variés que nous avons vu prendre aux Esprits dans les séances médianiques. îl est clair que cette facilité pour les Etres, d'avoir des corps autres que ceux des habitants de notre Terre, depuis l’état matériel jusqu à l'état éthéré des Esprits lumineux, prouve que toutes les planètes, les satellites et même le soleil, peuvent posséder des habitants ou des animaux. Je suis convaincu que, sur une planète qui comporterait par son étal, des habitants éthérés ou semi-lluidiques, la végétation serait dans les mêmes conditions. C’est pourquoi sur la planète Neptune ou d'autres de l'espace, des Etres comme nous, ne pourraient v vivre.

Tel serait l'un des côtés où la Divinité auj*aif à exercer ses facultés immenses, inconcevables et naturelles.

Les créations doivent suivre des lois naturelles en j-apport avec l'état de ces Planètes. Cette j*emarque est évidente [jour moi, en ce sens que Dieu ne serait pas logique dans sa Perfection, qui entraîne sa Justice, s'il ne se soumettait pas aux lois naturelles qu’il a établies de toute Eternité. On peut poser cette vérité, qui paraît celle de M. de La Palisse, que Dieu doit suivre les lois naturelles, naturellement'.... Elle a cependant son importance.

LES MYSTÈRES DE l’uNIVERS

Phénomènes de vision.

Le sommeil (Nuit du 14* juillet 1900).

11 était 6 heures du matin, et j’hésitais à me coucher.

Le malheur veut que les actes de ma vie, ceux qui sont le plus nécessaires, sont ceux qui m’ennuient le plus. Me coucher, me lever, m’habiller en toilette convenable, me raser, manger, et autres besoins qui s’en suivent, sont pour moi des actes désagréables.

J’estime qu’endormi, mes fonctions normales se ralentissent. De là, cette sorte de demi-asphyxie quand je m’éveille Je suis en général assez long avant de jouir de la plénitude de mes facultés. Cependant, depuis que j’ai imaginé de mettre dans l’une de mes narines un bout de caoutchouc de 2 centimètres, je respire en dormant beaucoup mieux. On peut même mettre deux bouts de tubulure grosse comme un très gros crayon, alin d’empêcher les narines de se resserrer. J’indique en passant ce moyen, aux personnes qui ont cet inconvénient de voir leurs narines se serrer et se boucher (1), C’est donc au moment où je dois me coucher que je suis le plus éveillé et en possession de toutes mes facultés. La vie est sombre le matin dans mon lit en m’éveillant et j’ai des idées très noires. A mesure que la vie devient chez moi plus intense, ces idées noires fonL place à d’autres philosophiques ou de toutes espèces qui me rendent la vie tolérable.

J’en suis arrivé à conclure, que si je pouvais toujours rester éveillé et dans l’état qui précède celui où l’heure me commande de me mettre au lit, la vie serait pour moi très tolérable (craquements). Cette obligation de

(\) Que le lecteur m'excuse, mais qu’il n’oublie pas que je publie mon journal personnel. Ce moyen très pratique, pourra servir aux médecins qui ont, des clients dans mon cas.

me coucher quand même, malgré que mes fatigues corporelles ne justifient pas cette mesure de réparation, m'a toujours fait supposer qu’il y avait là un mystère profond, dont nous ne nous rendons pas compte.

Certes l’ouvrier qui a beaucoup travaillé corporellement dans sa journée, tombe quelquefois de sommeil. Dormir devient un moyen pour lui de réparer ses forces musculaires. Je sais aussi que le travail cérébral peut être assimilé au travail corporel; mais quand même, il doit y avoir autre chose. Etant donné la composition de notre Etre psychique, et la dualité de cet Etre, ne serait-il pas possible que le mansprit nous forçat à dormir pour recouvrer sa liberté pendant le tiers de notre existence ? Ce serait Dieu qui aurait réglé cette répartition, par cette loi naturelle.

Si la survivance après la mort était un fait bien établi, je n’hésiterais pas à poser ce principe, que nous dormons en général pour permettre à notre mansprit de s'extérioriser et de vivre de la vie des Etres éthérés, pendant une durée égale en moyenne au tiers de la journée. (Craquement !)

Pendant la nuit notre Esprit personnel pourrait de cette façon se déplacer et rester en rapport avec les Etres du monde occulte! Je ne puis pas admettre que toujours ce sommeil, si bien réglé pour les Etres vivants, sur la marche du Soleil (siège delà Divinité de notre système), n'ait pour but que la réparation de nos forces. En effet, en ce qui me concerne, non seulement le sommeil ne répare pas mes forces morales ou physiques, mais encore il me plonge chaque fois dans une demi-mort, dont je ne sors que péniblement. (Craquement !)

J’ai raconté dans mes mémoires que parfois ennuyé de me coucher et de subir cette asphyxie qui me rend

LES MYSTÈRES DE i/lJNJVLRS

les mains insensibles souvent, j'avais eu l’idée de demander aux Esprits de me permettre de prolonger mon temps de veille. Plusieurs fois ils m’accordèrent cette autorisation ou faveur, disant : c’est entendu nous resterons et veillerons avec toi. De cette façon, je perdais toute envie de dormir, et je suis resté souvent quarantehuit heures sans me coucher, et sans éprouver aucun besoin de me reposer. D’autres fois j’ai demandé à sauter une nuit sans me coucher. Pressé de finir un travail : je restais trente-six, trente-huit et même quarante heures sans me coucher. Puis aussitôt que le travail, que j'avais demandé à terminer était fini, je tombais de sommeil.

J’en étais arrivé à conclure que si nos Esprits le voulaient, ils pourraient nous tenir éveillés des semaines entières.

D’ailleurs, si nous étudions la répartition des heures de sommeil chez les divers animaux, marmottes, chevaux, insectes, etc., nous pouvons remarquer que rien n’est plus irrégulier.

Mais, en voici assez sur cette question, et j’arrive à mes visions. J’allais donc me coucher à regret, lorsque des coups m’avertirent que quelque chose allait se passer. Instantanément, et comme si j’en avais reçu Tordre, je fermai les yeux et je vis aussitôt se dessiner, et se préciser un superbe monument à la façon des constructions merveilleuses des rajahs de l’Inde. Ce monument avait deux étages de colonnades, mais je ne voyais pas le haut du palais, ma chambre ne le permettant pas probablement. Au centre était un splendide escalier dans le même style, c’est-à-dire couvert de sculptures et de bas-reliefs curieux. De ce palais qui me paraissait éloigné de bO mètres environ, sortit, une masse noire, qui se laissa glisser dans la pente de

LICS MYSTIQUES DE l/üMYKRS

cette sorte d’escalier sans marche. Cette masse se rapprocha rapidement de moi jusqu'à quinze ou vingt mètres, distance du bas de l’escalier, et je pus examiner un affreux monstre aux larges écailles l’entourant comme de grands anneaux, lui cuirassant tout le corps. Sa grosseur était celle du double ou triple d’un bœuf.

Je ne puis pas donner une idée de la splendeur de ces palais féeriques des mille et une nuits que les Esprits me font apparaître dans ces visions. Je me borne à cette esquisse, sauf tous les ornements, les sculptures et l’effet de grandeur colossale du monument. Sur le dos de ce monstre, il y avait un carré rouge d’un mètre carré à peu près, pouvant faire l’office de selle.

Je ne suis plus effrayé à présent, et je peux tout examiner froidement. Mon seul but était de bien voir, pour en faire ensuite un dessin; mais j’y ai renoncé et je n’ai dessiné qu'une esquisse au crayon rl ).

Je voyais dans le lointain s’agiter sur la terrasse des Etres vivants. Mais ce monstre terrible avait tout-àfait l’air d’étre le maître de ce palais, sauf sa selle qui pouvait en faire un animal destiné à porter des Esprits. Cela me faisait songer à la Belle au Bois dormant, où un monstre habite aussi un beau château. Bref l’animal remonta ou disparut, je ne me rappelle pas très bien aujourd’hui, car voici bientôt vingt-quatre heures;, mais après il reparut portant sur son dos un groupe d’Esprits.

Je pénétrai dans une partie du palais et je vis divers Esprits, ayant l’air de pages à toques bleues ou rouges et à pourpoints de couleur inouïe rouge ou bleue. Ce monstre n’en aurait fait qu'une bouchée. Etait-ce donc une monture au service des Êtres de ce superbe Palais ?

(1 Dans mon Journal ces esquisses sont représentées.

LES MYSTÈRES DE l’lNIVEKS

De nouveaux craquements m'avertirent que ce n’était pas fini, et aussitôt mon Esprit transporta ma vue dans une immense enceinte, dont j’ai fait le dessin. Elle était de forme elliptique. Les murailles étaient verticales et encore à rangées de colonnades de cinquante mètres de hauteur. Cette enceinte ouverte au ciel très sombre, paraissait avoir trois cents mètres de longueur selon le grand axe, dans le prolongement duquel je me trouvais. Au fond, sur le sol de cet immense cylindre elliptique, des Esprits sur des chariots semblaient se mouvoir vers le bout opposé du grand axe. Ce monument colossal semblait fendu à son extrémité selon deux génératrices perpendiculaires et y laisser une ouverture de trente mètres de largeur. Il m’est, hélas ! impossible comme toujours, de rendre compte de mes impressions...

Mais ce n’était pas encore fini î Les Esprits me firent voir ensuite une autre salle immense de forme encore elliptique, mais entièrement couverte d’une dôme demitransparent. ïl aurait semblé que l’éclairage était celui d'une journée sombre d'hiver.

Ce dôme avait comme dimensions à peu près les suivantes : Hauteur (>0 mètres, et longueur 300 mètres, largeur 100 mètres. Je vis sur le sol de cet immense hall un grand mouvement de grouillement d’Etres ; mais tout y était assez sombre et flou. L’eflet général était très imposant, car jamais je n’ai vu sur terre de salle de dimensions aussi colossales. Les dimensions ne sont qu’approchées parce que les points de comparaison me faisaient défaut, et j’ai estimé au jugé.

J’ai vu quelquefois de belles salles de spectacle, occupées par les EspriLs, mais elles ne paraissaient guère dépasser les dimensions des grands théâtres de Rio de Janeiro ou de Montevideo (Calle del Solis).

Enfin, outre ces trois grandes visions remarquables, il y eut des vues de détails précis de certaines parties de ces salles. — Je vis plusieurs fois des Esprits se former, comme si on avait agité un drap d’argent lumineux. Après quelques mouvements violents, ce qui paraissait une étoffe brillante et lumineuse s’arrêtait, et se transformait en Esprit (craquement). Je n’ai pas pu comprendre pourquoi (craquement) des Esprits se formaient de cette façon dans des lieux où il y avait déjà des personnages formés. Y avait-il donc deux classes d’Ètres?

Dans la même séance, j’ai aussi remarqué des Etres composites, c’est-à-dire dont toutes les parties du corps étaient formées par des petits Esprits, grands comme la main, et groupés en forme d’essaims. Ces petits Esprits, que j’ai appelés constructeurs, parce qu’ils forment souvent des monuments (et peut-être tous les monuments que nous voyons), se groupent avec tellement d’art, et se fusionnent si bien entre eux, qu’on ne s’aperçoit de la formation d’un agrégat de ces petits Etres, que quand ils se dissolvent. Il y a déjà longtemps que je ne note plus mes visions, car malgré que chaque fois elles diffèrent beaucoup, il faudrait me répéter quand meme: Et puis je comprends très rarement ce que font les Esprits que je vois ou des groupes d’Etres paraissant très occupés. Que de costumes, de coiffures surtout, incroyables! Que d’instruments vus entre leurs mains et dont je ne puis comprendre l’emploi ! Que de feux d’artifices, de lumières allumées devant mes yeux, de jets d’eau de toutes espèces ! J’ai vu à ce propos des Esprits armés de sortes de petites pompes envoyer de l’eau à trois ou quatre mètres de distance en un jet bien fourni. — Que de moyens de locomotion divers ! Esprits glissant, volant, marchant lourdement; d’autres traînés dans

su r

toutes sortes de nacelles, de véhicules, soit sur le sol ou dans l’air.

Je les ai vus feuilleter des livres, des albums, me montrer des images curieuses... enfin faire tous les actes de la vie des mortels sans exception et même beaucoup d’autres (pie je ne pouvais comprendre en rien. Quant aux appareils dont ils se servent, j’en ai vus ayant toutes sortes de rouages et de complications. Et malgré (pie je sois un peu mécanicien, je ne saisis¬

sais pas.

Je rappelle aussi que dans de nombreuses circonstances, les Esprits mettaient des écrans sur telles parties d’une scène ou d’un tableau, afin (pie je ne puisse voir tel secret ou telle partie. Il n'y a pas de doute que la pose de ces écrans ou toiles, était voulue par eux ; et quelquefois les Esprits (pii se montrent à moi, se servent d’une manière évidente, de toutes sortes de moyens et d’objets pour se cacher une partie du visage.

J’ai raconté que lors d’une scène très intéressante, au moment où j’allais voir un dénouement, un triangle s’éleva du sol de façon à me cacher une partie de la scène, et que je puisse continuer h voir le reste. Au théâtre j’ai vu le rideau merveilleux de broderies admirables (il paraissait être en dentelles), monter du sol à la fin du spectacle. J’ai vu aussi des rideaux s’écarter de droite et de gauche, mais jamais descendre du plafond.

Je terminerai ce chapitre sur ces réflexions curieuses :

1° L’enseignement des Esprits par les visions est en général muet. Tant pis si vous n’arrivez pas à comprendre ce qu’ils vous montrent.

2° J’en ai conclu que les Esprits, tout en ayant l’air de vouloir nous instruire, se contentent de laisser cours «à notre imagination, quelles que soient les erreurs de nos appréciations.

3 U Ils ne in oui presque jamais donné, après un spectacle, aucune explication de ce que je venais de voir. Souvent avant ils me prévenaient que je verrais le séjour des peines et des Lortures, les enfers, les prisons, des salles ou maisons de plaisirs, etc ; mais jamais je ne sais au juste, quand les Esprits me feront voir tel séjour ou telle scène indiquée.

J'entends d’ici un lecteur supposé , s’écrier que j’ai eu bien de la veine de voir des scènes aussi rares! Eh bien! que ce lecteur se détrompe, car après les premiers moments d’admiration et d’étonnement, on s’habitue à tout, meme à voir des Esprits. Je les vois à présent avec presque autant d'indifférence que je vois des mortels et des spectacles de la Terre matérielle. Je dirai meme plus : cela ne m’a pas rendu heureux, et a été pour moi la cause de ces déceptions, de ces profonds désespoirs qu’on voit éclater dans nies notes secrètes {cahiers spéciaux), et aussi dans mes mémoires.

Selon ce que m’avait prédit M. St-Lannes, dans il ni tiation, j’ai vu la mort de près bien souvent; et ces études de l’occulte poussées au point où j’ensuis, équivalent à mourir trois fois. C’est peut-être payer bien cher de pareils spectacles, quand on voit, quand on sent qu’on ne peut rien en retirer pour son bonheur personnel.

Bien plus, je regarde, peut-être à tort, ces visions comme d’amères ironies, car je suppose que les habitants de ces palais doivent être de puissants Êtres, et je me crois le droit de les accuser de ne pas m’aider à sortir de l’ornière MaLérielle où je gis embourbé jusqu’au cou. Cette accusation, peut-être injuste, je la crois fondée, et elle m’aigrit l’âme et le caractère.

Je dis à ces Etres: à quoi bon me montrer le spectacle de votre Puissance, si vos pouvoirs ne peuvent

LES MYSTÈKES DE LUMYtllS

être employés à soulager vos élus et vos médiums que vous dites chérir. Si réellement vous existe/, et si vous avez des règles et lois qui s’opposent à l’intrusion des Esprits dans les détails de la vie des humains, pourquoi ne le déclarez-vous pas hautement ? Si encore voiisme donniez, commeà d'autresmédiums, des preuves de votre bienveillance, j’en déduirais logiquement que si vous ne faites pas mieux et plus, c’est que cela vous est défendu ou impossible. Or, je constate le contraire par d’autres faits, où vous usez de pouvoirs autrement draconiens (craquement), qui détruiraient ces raisonnements du droit d'intrusion dans une vie intime.

A cela vous répondez que vos droits d’intrusion sont liés à des pactes ou à des accords arrêtés entre nous. Admettons-le ; mais comment comprendre (pie des Etres menteurs et sans moralité soient des modèles d'Elres disciplinés et d’obéissance, lorsqu’il s’agirait de ue pas enfreindre vos lois et de me rendre service.

Je sais que vous me direz encore que vos droits moraux, ou droits de suggestion, vos droits intimes peuvent devenir énormes dans les cas d’obsession ou de possession ; mais que vous n’avez aucun droit de modifier les acles matériels, se rapportant aux intérêts financiers ou matériels, ni même de déranger ce bout de papier de ma table.

Admettons encore que les Esprits n'aient pas le droit d’intrusion dans la vie matérielle des humains. Mais alors pourquoi m’avoir trompé, et fait espérer le contraire ? Auriez-vous donc le droit de mentir, de nous tromper et d’agir machiavéliquement pour nous attirer par des promesses fallacieuses dans des pièges, que nous ne pouvons soupçonner de la part des Etres du inonde occulte ?...

Des dénions, direz-vous? .Mais ces Etres sont trop

' * » rfr

164 LES mystères de l’univers

sages pour des démons, et trop corrects pour être de pareils menteurs. Et puis, comment admettre de ces Etres, l’observance stricte de vos lois, lorsqu’ils donnent toutes les preuves d’Esprits indisciplinés? Alors, je ne comprends plus, et je conclus comme toujours, que tout dans le monde occulte est incohérent, illogique, capricieux, contraire à la bonne foi, et incompréhensible.

De là mes désespoirs et ma grande perplexité ; pour admettre l’existence d’habitants d’un monde occulte en rapport avec nous, et qui n’auraient aucune idée de la logique de la raison, et de la Justice... Je préfère m’arrêter, pour ne pas recommencer mes jérémiades.

Sur les Procédés des Esprits.

Dans la Vie Nouvelle que je viens de recevoir à l’instant, je lis un article signé llenriquet et extrait de la Revue Spirite. Il est dédié auxsavantsCh. Richet, C. Flammarion et YV. Crookes. On y conte l’histoire d’un médium en trance, dans lequel se serait incarné un savant Crée nommé Kvfonotos, et vivant il y a peut-être deux mille ans. Cet Esprit raconte l’aventure qui lui est arrivée pour avoir osé déclarer ([lie certain berger n’était pas un imposteur et (|iie la pierre qu’il possédait (pierre d’aimant), attirait réellement le fer. Malgré sa grande science et sa renommée, il fut bafoué par tous ses collègues pour avoir osé dans un livre, déclarer son opinion sincère et qu’il existait des minerais merveilleux doués de ces propriétés. Cet Esprit parle avec une pureté, une clarté, une logique de premier ordre.

Il conclut que de son temps les savants se croyaient déjà dépositaires de la science intégrale, et qu'ils ne permettaient pas à la Nature d’obéir à d’autres lois que celles qu'ils croyaient connaître.

Cet exemple a pour but de prouver que les savants modernes ont tort d’attaquer le spiritisme qu’ils ne connaissent pas, parce qu’ils ont refusé de l'étudier avec ardeur et sincérité : alors ils pataugent dans leur ornière et piétinent sur place, au lieu d’être à la tête des mouvements scientifiques, comme ce serait leur devoir et leur rôle. Tout ce qui est dit là est une histoire ancienne, et elle ne serait intéressante que si réellement elle était arrivée au savant Kyfonotos ; mais les Esprits sont tellernentcomédiens et mystificateurs que si on ne les croit plus, la faute doit retomber sur eux.

En somme, ce n’est peut-être que le Mansprit du médium Faber, et pour s’en convaincre, il suffirait d’endormir par l’hypnotisme un homme d’une instruction convenable et capable de nous servir une pareille parabole ; donc restons sur la réserve. En eflet, j’aurais pu répondre à ce désincarné Kyfonotos, que les Esprits 11e sont ni des pierres, ni des minerais, et que ce sont eux-mêmes par leurs mensonges, s’ils existent, qui s’opposent à la marche de la Vérité.

Il suffirait qu'une commission de l’Académie des sciences se réunisse pour que tout ratât, et que le médium devînt impuissant. En tout cas, connaissant les Esprits comme je les connais, il me paraît certain que si l’expérience devait avoir un grand retentissement, et que si elle était de nature à lever tous les doutes, bien sur rien 11e marcherait, rien 11e réussirait.

N’oublions pas cette loi, que les Esprits, s’ils existent, font toujours l’inverse de ce qu’il faudrait faire logiquement pour arriver au résultat qu’ils semblent désirer atteindre. Cela paraît étrange, absurde, et c’est pourtant une loi que j’ai vérifiée cent fois au cours de mes rapports avec les Êtres qu’on nomme Esprits, à tort peutêtre. Certes, je ne peux pas nier que je 11e sois en rap-

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n:s MYSTÈRES DE L* UNIVERS

port avec des forces occultes douées d’intelligence ; mais tout ce qui en sort est incohérent.

Ils semblent vouloir m’éduquer, et, à présent, je m’aperçois qu’ils font tout pour m’induire en erreur et m’égarer, comme s’ils avaient peur que j’en sache trop long ! Hélas î je ne reconnais que trop que je suis un ignorant profond, malgré tous les éloges que me prodiguent mesEsprils. Ils déclarent vouloir m’instruire et faire mon éducation occulte, et leur premier soin est de m’inspirer le mépris des Etres qui sont en rapport avec moi, et par suite un dégoût profond pour cette science si belle pourtant et qui sera si féconde en résultats nouveaux.

Oui, j’estime, malgré tout, et en voyant les faibles découvertes que j’ai pu faire en si peu de temps, que les sciences occultes feront avancer un grand nombre de sciences à pas de géant. Et c’est en remarquant cette malveillance de mes Esprits??? cà mon égard que je suis pris d’un grand chagrin. Et tout est comme cela avec ces Etres ??? Ils me déclarent qu’ils veulent me faire dessiner, et leur premier soin est de m’en dégoûter. Ils me déclarent qu’ils veulent faire mon bonheur, et y réussissent tellement bien, que jamais je ne fus plus malheureux avec ces Etres ne cherchant qu’à me désespérer, me poussant au suicide et meme me le conseillant pour finir ma vie misérable.

Pour être complet, je transcris leur proposition du début: « Que fais-tu dans cette vie de misères ? Tu végètes î Eh bien, viens à nous, et nous saurons te rendre heureux et te donner un sort enviable! » Ce fut dans ces conditions que j’acceptai de pactiser avec ces Etres, quels qu’ils soient !

Je reconnais que mes chagrins ont pour point de départ tous les vols d’argent dont j’ai été victime par

LES MYSTÈRES DE l’uNIVEHS

des gens sans scrupule, et qui m’ont fait perdre environ un demi-million d’argent bien compté, et le plus clair de ma fortune. Néanmoins comme mes goûts sont très simples et que j'ai pris le luxe en horreur, il me serait facile de vivre heureux avec peu, et j’aurai toujours de quoi manger et me loger. Mais déjà, dépenser 15.000 francs pour éditer mes mémoires est devenu une grosse dépense, alors qu’il y a cinq ou six ans, celte somme eût été pour moi insignifiante.

Ce que je reproche à mes Esprits, s’ils existent, c’est d’avoir joué avec moi des rôles d’Etres toqués, d’avoir été malveillants et tout fait pour me désespérer, on toutes occasions. Je dis rôle d'Êtres toqués et détraqués, car ils savent combien j’ai horreur du mensonge et du manque de logique, et ce petit moyen a réussi à me dégoûter d’eux. Leurs façons stupides, leurs âneries continuelles sont bien des actes de nature à chagriner un homme de mon caractère.

Je ne dis pas qu’ils auraient pu me rendre heureux matériellement, puisque je reconnais que ces Etres ne veulent pas, ou n’ont pas le pouvoir d’aider les fakirs, leurs élus et leurs plus grands médiums, par des services réels matériels et financiers. Mais s’ils ne m’avaient pas menti ; s’ils avaient été bienveillants ; s’ils ne m’avaient pas fait cent promesses fallacieuses, j’aurais été heureux de l’affection que ces Êtres, quels quils soient , m’auraient témoignée.

Cela aurait calmé bien des chagrins; je n’aurais pas eu pendant des mois l’idée arrêtée de me suicider, ce qui m’a fait souffrir mille morts, comme un condamné «à l’échafaud, avec cette différence que je restais madré de choisir mon heure. Allons, ce sera pour demain, ou un peu plus tard, disais-je en me couchant, et en regardant comment je pourrais amener facilement le gaz.

d’éclairage sous mes couvertures, une fois que j’aurais mis la tête sous mes draps, afin de former une sorte de capuchon et emprisonner ce gaz léthifère. Les Esprits m’y encourageaient en m’écrivant souvent que ma morl était très proche.

D’après mes conceptions, je crois que les Esprits peuvent connaître la date de la mort d’un mortel, et que la date de cette mort est écrite comme un pronostic presque certain et néfaste.

Ce qui précède doit faire comprendre quel était mon genre de vie intolérable, et le pessimisme exagéré peut-être que j’ai montré dans mes écrits. Et pourtant quel respect, quelle admiration j’ai eus pour mes Esprits au début!... Cela suffit pour démontrer que mon opinion actuelle sur les Esprits et mes dégoûts pro- ? fonds sont bien l’œuvre unique de ces Etres mystérieux. On trouvera sans doute, que je renouvelle souvent mes jérémiades ; mais tel doit être le caractère du journal de ma vie, si je veux rester sincère. Je ne dois donc pas craindre de me répéter.

J’ai raconté la lutte entre les soi-disant bons et les soi-disant mauvais Esprits. Ce que ces Etres appelaient un duel à mort entre eux.

D’autre part, il m’a été impossible d’admettre que le duel, dont j’étais l'enjeu, existait entre deux groupes d’Êtres ennemis, parce que là encore les Esprits, dits protecteurs, semblaient en accord parfait avec mes pires ennemis. Jamais, des deux côtés, la plus petite marque de bienveillance et surtout pas le moindre indice, qui me permît d’aller vers un camp plutôt que vers l’autre. Je n’ai pas besoin de déclarer qu’avec mou caractère et les goûts élevés et droits de ma pauvre âme, je me serais jeté dans les bras des bons Esprits.

Cette lutte dure depuis 1.180 jours d’après eux !

LES MYSTÈRES I)E l’üMVERS

Ne serait-ce pas absurde en tous points, quand je m’écrie :

Ne luttez pas, chers bous Esprits, donnez-moi des preuves de bienveillance telles que je puisse reconnaître (jue vous ctes des Etres sérieux et qui ne voulez pas me tromper. Je vous promets formellement d’aller à vous et à vous seuls. Convenez avec moi d’un signal, d’indices qui 11e puissent me trahir, et je vous jure que je n’écouterai que vous !

Malgré tous mes efforts, j’en ai été pour mes frais, et mes essais dans ce sens 11’ont jamais donné aucun résultat. Et puis il y avait toujours cet idiot d’Esprit, celui qui avait pris le nom de Satan, qui ne cessait de m’écrire : « Satan t’ai me ! Satan te le prouvera ! Satan s’ennuie et tu l’amuses plus qu’aucun autre mortel ! Tu es le seul au monde à pouvoir lire l’écriture magique, qui est une grosse distraction pour Satan... Tu subiras les épreuves qui te sont imposées, etc. »

liref, cet Être stupide, menteur et illogique m’a démontré lui-même, qu’il ne pouvait être Satan, ce qui est évident, mais pas même un démon intelligent et puissant. C’est un âne hâté, bon à rien qu’à baver, monter des scies, et répéter toujours les mêmes clichés elles mêmesâneries.

Si les Esprits existaient, je comprendrais parfaitement qu'une Entité de l’ordre satanique, un démon même méchant, puisse être intelligent et qu'il ait des pouvoirs occultes étendus. Mais en fait, cet Etre, qui a pris le nom de Satan, est bien le plus bête, le plus illogique, le plus crétin de tous ceux qui me hantent. II serait même possible, si les Esprits existent, que Dieu ait établi une loi splendide de compensation, et que je formulerai ainsi : Les Etres éthérés sont d’autant plus intelligents et puissants, qu’ils sont d’un ordre élevé.

LES MYSTÈRES DE à'UNIVERS

De telle sorte (|iie plus mi Esprit éthéré sérail mé 7 chant, et moins il aurait de pouvoirs réels sur les pauvres mortels. El il faul bien qu’il en soit ainsi pratiquement, pour des motifs mystérieux et sans doute naturels que nous ignorons. Autrement, étant donné le pouvoir (pie les Esprits ont de nous obséder et de nous posséder, les humains n’auraient plus de repos possible, s’ils tombaient entre les mains d’un groupe de démons farceurs et puissants. C'est une pensée analogue que j’ai lue dans quelque livre religieux où il est dit : Les démons qui apparaissent sont prestigieux et nous trompent par leurs mensonges et toutes sortes d’illusions dans lesquelles ils excellent. Les anges au contraire et les bons Esprits ne sont pas trompeurs et sont réels dans leurs apparitions.

Je ne sais pas si Kalie King, cet Esprit célèbre de Florence Cook, était un ange, en toutcas, elle était très bienveillante, mais elle avait toutes les coquetteries de la femme. D’ailleurs, les Esprits féminins ont tous des caractères très féminins et les défauts et qualités de leur sexe. Quoi qu’il en soit, je termine celle diatribe contre mes Esprits pour ne pas ressasser toujours les mêmes plaintes en concluant :

Ce sont les Esprits eux-mêmes qui ont forgé mes opinions de toutes pièces. Ils auraient donc mauvaise grâce à s’en plaindre.

Enfin, dans les conditions où je me trouve, ces Etres, par leur bienveillance, auraient pu améliorer mon sort dans de très grandes proportions, et me rendre la vie supportable, eu ne mêlant pas tant de fiel dans tous leurs rapports avec moi.

Cela servira à démontrer encore que les jouissances matérielles que peuvent procurer les Esprits, ne vaudraient pas les jouissances de lame, où l’alleclion

LES MYSTÈRES 1)E i/tNIVEIlS

et hi tendresse joueraient le rôle principal. Mais allez don'c demander cela à des démons !

Quand je dis démons, je suis obligé de supposer <|iie j’ai autour de moi des Esprits de tous genres, c esl-adire des Esprits intellectuels élevés et d’autres dont je nie plains; mais ces derniers paraissent les plus puissants par leurs actes.

Cela m’ennuie, parce je viens d’être si malade que j'ai bien cru que j'allais trépasser.

.le crois avoir eu un accès de lièvre pernicieuse. Quand le lendemain je fus en état de parler au docteur, je lui dis : Quelle maladie si grave ai-je eue?... Il me répondit: Je crois que vous avez eu un chaud et froid... C’était bien vague! Aussi, voyanl son embarras pour diagnostiquer mon cas, je lui dis: Ah ! docteur, excusezmoi, je suis un bien mauvais client, mais dites-moi au moins si j’ai eu un chaud et froid ou un froid et chaud?... Le docteur fit la sourde oreille. Deux heures après je me levai, car le lit affaiblit beaucoup, et le soir meme je reprenais la suite de mon journal.

J’ai passé ma nuit à penser et à écrire. I ouïes ces choses du monde occulte m’agitent, me rendent perplexe et m’énervent.

Après avoir cru que mes Esprits étaient mes réels professeurs, j’en suis arrivé à en douter, comme je doute de tout à présent. Je suis peut-être mauvais juge, et mes lecteurs, si jamais j’en ai, s’en feront sans doute une idée plus juste que moi. Je veux dire qu au moment, où je considère mon travail comme suffisant, il me devient impossible de l’achever, parce que je manque de renseignements précis, justement sur des points <|ue les Esprits pourraient seuls éclaircir.

Ou bien mes Esprits jugent peut-être qu’ils m en ont assez dit ; je ne sais... Le doute où je suis, si le monde

LES MYSTÈRES DE l’üNIVERS

occulte existe réellement, est l 1 un de ces points. Le deuxième [joint qui me manque est l’origine de l’Esprit ([lie je sens en moi, et donl je suis aussi certain que de ma propre existence. Je veux dire que si je doute de l’existence des Esprits du monde occulte, il m’est impossible de douter de l’existence des Esprits des vivants et de l’ânie.

L’Etre psychique qui est en nousest-il double, etsa décomposition en ses deux parties, l’âme et le mansprit, estelle une maladie, une sorte de névrose qui rend médium ? C'est-à-dire que chez les médiums naturels depuis l’enfance cette désagrégation serait naturelle ; et elle ne se produirait plus tard que chez les humains devenus mystiques ou médiums à ma façon, à la suite de secousses morales répétées ? En tout cas, il ne me parait pas possible de confondre ces deux Etres psychiques en aucune façon, car leurs caractères et leurs facultés sont absolument distincts et tellement différents que cette constatation a été l’un de mes étonnements.

Je n’ai pas lu Allan lvardec, mais dans mon journal, on y fait assez souvent allusion. lime semble que ce que lesspiriles appellent le périsprit correspondrait à l’âme dans ma théorie, et le mansprit à l’Esprit. Seulement mes idées sur l’âme et l’Esprit renfermés dans le corps humain me semblent tout à fait différentes de celles des spirites. En outre cette théorie me paraît vague, car je ne vois guère qu’on puisse donner à l’enveloppe de l'Esprit (le périsprit) des fonctions aussi importantes qui en feraient également un Etre particulier, si j'ai un peu compris cette théorie.

Dans ma conception, le siège de l’âme, sa formation, sa naissance, sa forme, ses aptitudes, etc., tout provient du père et de la mère de l’enfant. Quant à l’Esprit, je reste perplexe sur son origine ; et je me demande si

LES MYSTÈRES DE lYmyERS

cet Etre se forme en nous, par l’emprise de Pâme ou l’Esprit de la Terre, ou si le mansprit provient aussi de l’union charnelle de nos parents.

Autant je suis sûr de l’origine de notre àme, autant celle du mansprit me cause de difficultés. Si j’étais sur de l’existence du monde occulte, je n’hésiterais pas à déclarer que l’Esprit de mon corps provient de ce monde occulte et qu’il est venu s'y loger peu après la sortie de mon corps du ventre de ma mère. C’est d’ailleurs ce <[ue l’Esprit m’a dit; mais j’ai eu tellement de mensonges, qu’ils ont tué ma confiance dans leurs dires.

Ilien plus, à un moment, les faits que j’observais m’ont fait supposer que plusieurs Esprits pouvaient de cette façon venir habiter le corps humain (successivement , et à des époques différentes de la vie. Par exemple à la puberté, tel Esprits pécial viendrait habiter le corps pour aider ou pousser les humains à l’accouplement, etc. fout cela n’est pas impossible, mais ce ne sont que des conjectures qui furent si fortes chez moi à telle époque de mon Journal que j’écrivais : « Ainsi donc, les contes des fées bonnes et mauvaises venant doter les enfants à leur berceau, ont de grandes chances d'être probables.

11 en résulterait que la variété des aptitudes des enfants, la différence de leurs caractères pour des enfants venant des mêmes pères et mères, et aussi la différence des caractères, vocations, etc., des enfants avec leurs pères et mères, proviendraient de la nature des Esprits qui les hantent dès leur berceau et à diverses époques importantes de la vie... » (Voir ma théorie des corpesprits.)

En vérité, je le dis : autant j’ai conscience de l’immuabilité de ma conscience animique, de mon àme, qui est mon moi personnel invariable, autant le caractère démon Esprit me paraît mobile, multiple, insaisissable

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