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174 LES MYSTÈRES DE l’iINIVEKS
sous toutes les formes étranges, où il se révèle «à moi.
Telle est la cause pour laquelle j’ai pu supposer que je pouvais bien ne pas avoir en moi un seul Esprit, mais des Esprits en nombre plus ou moins grand.
D’après mes Esprits, j’avais en moi une cinquantaine <1’Esprits; et il est rare que leur nombre atteigne80 ou90, chilire maximum. Pour me le faire comprendre, mes Esprits m’ont; fait de nombreuses théories, des visions, des dessins, etc., me montrant le corps formé par des essaims de petits Esprits, qui chacun gouverne mes membres et mes organes. Autrement dit, si l’âme est unique, l’Esprit serait ti cs complexe. Ils m’ont montré à l’état de vision bien souvent des personnages formés de petits Esprits, qui se décomposaient devant mes yeux, en donnant ainsi une image de ce qu’ils disaient être la réalité.
Tout ce que je puis dire, c’est que, pour raisonner, nous pouvons très bien regarder chaque membre et chaque organe de notre corps, comme une colonie dépendant de l’agrégat corporel général, qui forme le corps. Chaque membre et chaque organe est susceptible d’éducation si nous voulons nous eu donner la peine. Chaque membre et chaque organe est doué d’une mémoire particulière, qui montre qu’ils savent se souvenir des impressions bonnes ou mauvaises reçues et qu'ils savent aussi demander et même exiger du corps toutes sortes de services, comme s’ils étaient doués d’une intelligence spéciale et nécessaire à chaque membre et organe. Ceci est certain, en ce (pii concerne la manière dont le corps est formé.
Sur la mémoire.
N oyez quels progrès ferait faire l’étude des sciences occultes, si nous connaissions ces vérités fondamen-
taies, sans pouvoir en douter. Si nous étions surs de rexistenee du inonde occulte, la survivance au moins d’une partie de notre Etre aurait de grandes chances d’être une réalité, car l’Esprit devrait probablement survivre à notre mort. Puisque 1 Esprit, après la mort du corps, se rappellerait les détails de sa vie, nous serions forcés de conclure que la mémoire a son origine non plus dans une matière corporelle de chair, mais dans notre Etre spirituel.
Certes, le corps pourrait recevoir des impressions provenant du travail, des vibrations de la pensée. Ce travail produirait sur des organes ad hoc , des traces, à la façon dont la lumière impressionne des plaques photographiques. Ces traces inscrites dans le corps seraient passives, et pour nous en servir, il faudrait que nous les excitions au moyen de notre âme, qui ferait revivre ces couches profondes où la mémoire a inscrit les différents événements de notre vie. Ces traces de la mémoire ne seraient nécessaires qu’à cause de la nature charnelle de notre corps terrestre; car il faut toujours une liaison entre les phénomènes de l’Etre spirituel et de l’Etre charnel. Mais après la mort, ces inscriptions charnelles étant détruites, sans pour cela que la mémoire soit altérée, on pourrait conclure ([lie le siège réel de cette mémoire n’est pas charnel, mais spirituel. 11 en résulte que si nos organes charnels qui mettent en communication le siège de la mémoire inscrit dans les organes de chair, avec le siège réel où s’inscrit la mémoire des faits dans l’Etre spirituel) se trouvaient altérés, nous pourrions perdre tout ou partie de cette mémoire en apparence.
En effet, nos organes charnels n’auraient plus encore comme fonction que de servir d’organes récepteurs de la mémoire de l’Etre spirituel, de même que notre
j:s ai ystèhi:s ni: l’i;nivehs
cerveau, n'est qu’un organe de réception et de perception de pensées, sans être capable d’engendrer aucune pensée par lui-même.
11 faut bien nous habituer à cette vérité que tous nos organes intellectuels, qui semblent producteurs de pensées et d’intelligence, n’ont que des fonctions de réception et de perception de l’litre psychique. Comme les matérialistes nient l’Etre psychique logé dans notre corps, il est clair.qu’ils ont attribué au cerveau, par exemple, la production des pensées, ce qui est absurde.
On remarquera que je parle de l’Etre spirituel et de l’Etre psychique, parce que je n’ose déclarer si Pâme ou le mansprit ou les deux, sont capables de mémoire. Mais je le crois, cependant, parce (pie l’àme a la faculté de penser comme l’Esprit, et comme la mémoire n’est (pie l’inscription des pensées, j'en conclus que l’âme et l’Esprit possèdent chacun la faculté de la mémoire et séparément. Je veux dire que les pensées de l’Esprit ne se confondent pas avec celles de l’âme et leur mémoire non plus. Mais j’ajouterai, point important , (pie l’Esprit paraît connaître les pensées de l’âme, et que l’âme ne connaît pas les pensées de l’Esprit qui nous étonne si souvent.
Ce mansprit est un Etre extraordinaire sur lequel nous n’avons que bien peu de renseignements, tandis (pie je crois assez bien connaître mon âme.
Pour terminer ce chapitre sur la mémoire, il y aurait à étudier toutes les sortes de mémoires (pie chacun de nos organes et de nos membres possède : on verrait (pie la question est autrement complexe qu’on ne le suppose et que chaque partie de notre corps possède son siège de mémoire. L’estomac se rappelle très bien ce ([ui lui plaît ou lui déplaît. Il est exigeant, et quand, par nos yeux, nous apercevons un plat ou un mets qui
u:s mystères m : lVmvieks
lui plaît, l’estomac sait fort bien faire appel à nos sens. Il nous fait saliver, désirer le manger; c’est ce qu’on appelle « l’eau qui vient à la bouche». Il en est de meme pour toutes les colonies de notre corps.
J’en ai dit assez pour indiquer la voie et écrire un volume sur ce sujet, en citant des exemples de mémoires des pieds ou des mains, etc. Il n’y a qu’à réfléchir pour trouver une ample moisson. Mais tel n’est pas mon genre de travail, et je laisse ce soin à d'autres, après avoir indiqué la voie.
Sur ma maladie.
Je reviens à nia maladie incompréhensible . Je m’étais couché vers 0 heures du matin après une nuit de gros travail, comme toutes mes nuits. Rien ne pouvait me faire présager cette crise qui m’a mis à deux doigts de la mort, que j’ai envisagée avec plaisir. Environ une heure ou deux après m’être couché j'ai été pris de frissons très forts et prolongés avec un froid vif que je ressentais. On me mit descouverturessupplémentaireset je claquais des dents. Puis des crampes me prirent dans tous les membres surtout les jambes dont je souffrais.
Enfin, la tête se prit et le mal de tète devint intolérable. Je commençais à perdre à peu près la conscience de ce qui se passait et je n'ai à peine souvenir de la visite du docteur (]..., qui me trouva si mal qu’il n’osa se prononcer. Comme la veille au soir vers
10 heures, j'avais éprouvé comme des coups de poignards dans le cœur, le docteur me prescrivit de la digitale. Je l’ai su après. Puis j’eus une forte diarrhée et n’avais pas la force de me soulever pour ces besoins.
11 fallut me soulever le corps, et j’avais à peine conscience de ce qui se passait, la tête perdue par une très forte congestion.
J’eus en lin le délire quelque temps, et Mme Meille, toujours très dévouée et qui ne me quitta pas un instant, me fit prendre une dose de 2 cuillerées à café de bichlorurede mereureà 1 gr. p. 1.000,qui me fitun grand bien l).l Dés lors tout alla de mieux en mieux el je me remis comme par enchantement. J’oubliais aussi de dire que je souffrais beaucoup de tout le bas du dos, c’est-àdire des reins probablement. Le docteur Cl..., n’a pu me dire le nom de ma maladie, qu’il a appelée un chaud et froid. C'esl vayae :
Je reçus assez mal le docteur, dès que je fus en état de parler;car je suis un très mauvais malade u’en faisant qu’à sa tète. Je puis affirmer que les seuls cas où un médecin soit venu nie voir, sont des cas où j’étais à peu près sans connaissance. J’estime que le médecin est alors très utile pour donner le permis d’inhumer, et c’est son rôle réel dans la vie. Ils sont également utiles pour diagnostiquer le nom de la maladie. Comme l’a dit Papus, on naît guérisseur, et les diplômes ne donnent pas cette faculté.
(Vest pour cela que je suis partisan de la médecine libre, et (pie je ne puis approuver cette idée de la faculté de médecine officielle, que les malades sont faits pour les médecins.
Quant à moi, j’estime qu’avec de l’opium, du bichlorure de mercure, de la quinine et quelques autres médicaments, on peut guérir presque toutes les maladies.J’ai guéri d’une fièvre typhoïde bien déclarée et bien carac-
(1) Pour les plaies et les blessures de toutes sortes envenimées, j’ai toujours fait usage de bichlorure à 2 p. 1.000. Après avoir bien lavé les plaies avec ce fort bichlorure je faisais un pansement avec des bandes de papier à colle que je Irampais dans le bichlorure à 2 p. 1000. Je dois faire remarquer que si 1 p. 1000 est suffisant dans les petils cas ordinaires, il ne réussit pas dans les cas graves. Il faut absolument employer le dosage 2 |>. 1OÜ0 pour réussir. Avis.
LES MYSITUIKS I)L LÏMVEHS
térisée le jeune Raoul (qui était soigné par le docteur Seh... , au moyen du bichlorure de mercure, à raison de deux cuillerées à café par jour pendant quatre jours. La maladie dura quinze jours, au lieu des trois mois que le docteur des hôpitaux de Marseille avait pronostiqués. Je lui montrais après guérison tous les (laçons rangés et bien bouchés; mais je les avais fait acheter pour ne pas le froisser. Le brave docteur n’en revenait pas de le voir manger avec appétit après quinze jours de lit; mais après avoir écouté ma théorie de l’empoisonnement du tube digestif, justiciable du bichlorure, à titre de désinfectant intérieur, il approuva mon système, sans doute pareequ’il avait réussi, et qu’il n’avait rien à objecter en face du succès, ou peut-être aussi par politesse.
J’ai fait avec ce bichlorure d’admirables cures par leur rapidité, surtout dans les cas de dysenterie, de choléra et toutes affections infectant le tube digestif à l’état aigu, lorsqu’il y avait diarrhée. J’adjoignais à ce désinfectant des cachets de un demi-gramme de quinine pour combattre la fièvre. Puis, pour évacuer tons les produits de ce savonnage, je donnais la douce purge du ricin à haute dose. C’est étonnant comme cette médication m’a réussi.
Le docteur a paru me dire : « oui, oui, ce que vous dites est très exact. Votre théorie me semble parfaite. D’ailleurs vous avez réussi. Mais dans un hôpital il faut suivre les errements cou nus, sous peine de passer pour un innovateur imprudent, ou de ne pas connaître la thérapeutique officielle bien connue et consacrée par tous les traités de médecine pratique». Voilà un argument curieux mais humain.
j:s mystèhks ni-: i/cniveus
Preuves morales contre l'existence du Monde occulte.
Je reviens constamment sur ce sujet, cela prouve qu’il me préoccupe énormément, et combien j’attache (l’importance à la solution de ce problème. J’v pense d’autant plus que la réponse à ma queslion semblerait contenue dans le discours si parlait tenu par l’Ksprit Kyfonotos incarné dans le médium Eaber et parlant par sa bouche. A moi aussi ils ont raconté des histoires merveilleuses et m’ont toujours promis de lever tous mes doutes ; si bien qu'au début je croyais aux Esprits et qu'à présent j’ai toutes les peines du monde à y croire. (Il y a peut être des Esprits temporai res et des réels.)
Malgré moi , j'en parle fort souvent comme si j’y croyais,en face des faits certains, positifs que j’ai constatés. Puis repris par ma logique inexorable et dégoûté par tous les mensonges, les erreurs, les contradictions, les incohérences, le manque de logique de ces Etres, il me devient impossible de croire à rien. Je ne puis croire, en elïet, que les Esprits, fussent-ils des humains désincarnés, soient inférieurs aux humains vivants comme intelligence. Le grand savant d’il y a 2.000 ans nous prouve qu’à cette époque, il y avait des hommes qui croyaient posséder la science intégrale; et cependant, quel serait leur bagage scientifique en présence d’un modeste savant moderne ?
Il m’est impossible de croire qu’étant en relation avec tant d’Esprits, je sois tombé sur un asile d’aliénés du monde occulte. Ce serait réellement trop de déveine. Le grand malheur a voulu aussi que ces Esprits si mystificateurs, si menteurs, si incorrects, se soit donnés pour les âmes de mes parents, amis et amies décédés. Cela ajoute un poids énorme à mon raisonnement et je dis
LES MYSTK1ŒS DC L-UNIVERS
encore : Je ne puis croire que tous mes parents, amis et amies qui m’entourent (en dehors des autres entités dont je ne parle pas), aient perdu la raison et soient devenus presque mes pires ennemis.
Si j'avais le pouvoir d'obtenir la faveur d’un entretien avec l’aimable et antique savant Kyfonotos, je lui demanderais la raison de ces faits étranges, illogiques, inexplicables, qui auraient transformé en démons tous les mortels décédés que j’ai pu connaître. En démon encore ce 11 e serait rien avec la logique en plus, car alors je concilierais tristement : à notre mort, les humains passent dans la catégorie des Esprits mauvais et malfaisants que nous appelons démons. La preuve, c’est que mes excellents parents qui avaient le cœur si haut placé, et dont la moralité et l'honnêteté étaientà tontes épreuves, sont hélas! devenus île mauvais démons. Ma pauvre mère qui m’aimait tant, ainsi que mon père, n’ont pas trouvé le moyen de m’accorder la plus petite marque de bienveillance.
Mais ma conviction est que tous mes parents et amis ne peuvent être devenus des démons.
Je ne sais pas ce que les spirites me répondraient; ils 11 e seraient sûrement pas embarrassés. Ils m’enverraient des phrases banales de ce genre : Evidemment, vous êtes tombé sur de mauvais Esprits, qui se sont joués de vous et qui n’ont cherché qu’à vous tromper et à vous mystifier.
Quand 011 est convaincu et apôtre d’une nouvelle religion, la religion spirite, 011 trouve toujours des arguments en faveur de sa thèse. Est-ce que les docteurs de l’église catholique n’ont pas tenu le haut du pavé avec leurs fameux docteurs en théologie ? El cependant ce sont aujourd’hui les spirites qui les démolissent et sont devenus leurs plus sérieux ennemis, avec lesquels
LES MYSTÈRES HE CuNIVEHS
ils auront à compter. Et cela durera jusqu'à ce qu'une autre religion occulte, encore plus rationnelle, démolisse le spiritisme.
La preuve (pie le spiritisme est devenu une grande chapelle, c’est (|ue je suis convaincu qu’aucun journal spirite n’oserait publier mes écrits et théories qui allaquent le spiritisme. Déjà les adeptes du spiritisme, qui 1 X 3 prétendent pas imposer leurs croyances et laisser la tribune de la discussion ouverte, ne veulent pas accueillir les articles où leurs dogmes sont discutés. Ils vous répondront, en vous priant de bien vous pénétrer de la doctrine de leur vénéré Christ ou Mahomet Allan Kardec !... C’est à tel point que lesjournaux ditsoccullessonl mal vus par les nombreuses revues spirites, qui alléelent de les ignorer. Les spirites, les ihéosophes et les occultistes forment déjà trois schismes qui se causent le plus grand tort.
Je l’ai déjà dit, et cet argument est sans réplique : Chacune des trois sectes prétend tenir ses vérités d’Esprits qui se sont révélés par la bouche de leurs médiums. Or, il serait absolument logique que les Esprits qui parlent par la bouche d’un médium français, anglais, américain et indien, tiennent le même langage, quant au fond des vérités essentielles révélées. Or, lout y est contradiction.
Entre ces trois doctrines incompatibles, il y a encore une foule de nuances, un nombre énorme de communications qui ne se rattachent guère à aucune de ces trois théories. Peut-être les miennes, si j’avais le temps de les comparer,ou si j’osais le faire.Alais je ne veux lire aucun livre de doctrine de ces trois sectes se contredisant, de crainte d'augmenter encore ma perplexité. Eh bien! savant ivyfonotos, si vous n’étes pas un être imaginaire, si vous êtes réellement la personnalité qui dit avoir existé, qu’en pensez-vous?...
Il y a deux ou trois mois, je lisais cetteespéranced’un homme qui raisonne fort bien : « Peut-être se levera-til un jour un génie, qui reliera les faits et nous mettra d’accord en trouvant les explications cherchées de tant de faits mystérieux. » Mais sapristi, puisque les Esprits, disent les spirites, font tout pour instruire leurs frères incarnés, et qu’ils se mêlent de nous catéchiser en de nombreuses communications, pourquoi un Kyfonotos logique et sincère, ne voudrait-il pas prendre cette peine ?
Sa communication sur la pierre d’aimant a près de huit pages de texte d’un livre ordinaire. Si au lieu de nous raconter une histoire,que le premier d’entre nous pouvait imaginer sans effort, il avait dicté les vérités fondamentales que je réclame de mes Esprits depuis plus de mille jours,les choses seraient autrement avancées. Il ne serait pas très long de dicter des vérités comme celles-ci :
1° L’homme se compose d’un corps et d’une âme de meme forme qui en est le sosie éthéré;
2° Outre l’âme,le corps renferme un ou tant d’Esprits éthérés;
3° Les Esprits viennent habiter le corps de l'homme à partir de l’enfance, puis vers tel âge, tel autre âge et ensuite;
/t° Les quelques explications sur l’origine de ces Esprits et leur but, ainsi que les rapports de l’Esprit et de l’âme;
5° L’âme ou l’Esprit commande à l’autre. Ou tel Esprit est le seul maître occulte de l’âme et de tous les Esprits du corps (au cas où il y en aurait plusieurs);
(>° L’âme provient de Tunion charnelle des parents, mais non les Esprits du corps dont je viens de donner l’origine occulte ;
7° Du moment que l'Esprit (ou les Esprits) pro-
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viennent du inonde occulte et entrent dans le corps des humains librement, il est clair que c’est là un bail dont la durée est celle de la vie, après laquelle le ou les Esprits reprennent leur liberté;
8° {Au sujet de la Personnalité survivante). On comprend que l’Esprit ne peut dans ces conditions représenter la personnalité entière d’un humain;
9° Mais sachez, mortels, qu’au moment de la mort, l’Esprit s’unit à l’ame éthérée (qui est prisonnière dans le corps durant la vie) d’une façon si intime que ces deux Êtres psychiques se soudent indissolublement et s’envolent pour jouir de la vie future.
10° Etc., etc.et tous les médiums diraient de même.
Certes, le savant Kyfonotos nous aurait rendu là un service bien plus grand qu’en lions racontant une histoire ressassée sous mille formes, depuis les bolides qui ne pouvaient tomber, puisqu’il n’y avait pas de pierres dans le ciel.
Et c’est parce que, je le répète, je sens que le monde des Esprits devrait être logiquement supérieur au monde matériel des humains, que je ne puis croire que ces Êtres, se montrent absolument an-dessous de nous, restent incohérents, et fassent preuve d’une sottise désespérante à en faire pleurer de chagrin. Et alors, j’aime mieux dire : non, non, tout cela n’est pas possible, le monde occulte ne peut être un ramassis de farceurs, de menteurs et d’Êtres détraqués, capricieux et méchants à ce point.
En conséquence, nous devons nous tromper encore, comme cela est arrivé pour bien des religions antiques fondées sur de pseudo-révélations. Ces révélations restent un mystère profond ; et ce que nous appelons, à tort sans doute, des Esprits, ces fantômes que nous voyons s’agiter et nous faire des gestes, d’autres
LES MYSTÈRES DE i/rNIVERS
meme disent parler à liante voix, sont mi mystère énorme, colossal, incompréhensible, que la science expliquera peut-être bientôt, comme elle a simplifié le ma- ^ gnélisme en découvrant l’hypnotisme. Cette dernière
science, en ellet, passait pour provenir d’un pouvoir
mystérieux, un don que possédaient seuls les magnétiseurs favorisés du ciel.
Aujourd’hui, nous savons que ce n’est pas le magnétiseur qui est la pièce importante des phénomènes, mais au contraire le sujet. Avec un bon sujet, tout homme devient un grand magnétiseur. Rufin, nous pouvons,
aujourd’hui, répéter à coup suret à heures fixes, grâce
à l’hypnotisme et sans aucun pouvoir, toutes les expé- , riences du magnétisme. Il en sera de même sans doute un jour des Esprits, avec de bons médiums; mais ils sont rares
J’avais repoussé, au début, l'hypnotisme comme un enfantillage, auprès des expériences des médiums, et je vois à présent, au contraire, que le magnétisme et l’occultisme sont cousins germains. Je veux dire que les sujets hypnotisables peuvent devenir quelquefois des médiums dits à incarnations, et ce sera le trait de jonction entre les médiums à trance et les somnambules.
On verra que tous ces phénomènes ne sont (pie des modes divers d’une seule et même puissance mystérieuse, qui se manifeste différemment selon les facultés du sujet. Or, si les Esprits existaient, ce ne seraient pas les sujets qui gouverneraient les Esprits, mais les Esprits qui s'empareraient des sujets hypnotisés ou en trance. Ergo. A toi, grand Kyfonotos.
Phénomènes. — Mauvaise nuit.
J’avais manqué mourir la veille, ce (pii ne m’a pas
empêché hier de me lever vers 2 heures de l’après-midi.
Je me suis borné à boire un peu de lait dans la journée.
J’ai dit combien j’aimais peu me coucher; aussi trouvant ma santé passable et la force de rester debout, cela ne m’a pas empêche de rédiger ([uehpies pages de mon journal. Enfin, vers 5 heures ce malin, je me suis alité, tombant de fatigue.
Tout le monde a ressenti des bourdonnements dans les oreilles. Cela ressemble un peu au son qu’on perçoit quand on approche de son oreille un gros coquillage. J’avais ce bruit dans les oreilles au moment de me coucher et je l'ai encore en ce moment; mais sans aucun mal de tête. Quel ne fut pas mon étonnement au bout de cinq minutes environ devoir ce bruit, à peine sensible au début, enfler, enfler progressivement, au point de devenir effrayant. On aurait dit les vents et la mer déchaînés et faisant rage. Ce lut à tel point que je commençais à m’ellrayer, pensant cpie ce bruit formidable, dont je n’avais pas idée, devait m’annoncer une catastrophe imminente, telle qu’une congestion cérébrale ou une apoplexie. Cependant, c’est à peine si j’avais un léger mal de tête.
En même temps, je percevais des visions qui étaient très désagréables. C’étaient des vues de démons étranges de toutes sortes et de diverses tailles. Ils ressemblaient à peu près à ces démons que les peintres anciens ont dessinés jadis. Leurs yeux étaient allumés et ellrayants. De même, de hideux rictus laissaient voir des bouches, je pourrais dire des gueules, armées de longues dents bien visibles. Quelques-uns avaient même, de côté, une dent plus longue ressemblant à la courte défense des sangliers. D’autres, avaient des cornes. 11 y avait des figures simiesques et bestiales de toutes espèces. Tout cela tourbillonnait devant mes yeux en rondes lentes et infernales.
Pendant ce temps, je recevais sur toutes les parties du corps et en grand nombre de petits coups, des bourrades légères, comme si plusieurs mains agissaient en même temps. 11 me semblait que j’étais soulevé et que je perdais mon poids... J’étais plongé dans des eflluves puissants et occultes qu’exagéraient des phénomènes ordinairs, que j’avais souvent ressentis et décrits. Mais ce matin, c’était intolérable !
Le plus curieux, c’est que des voix nombreuses semblaient parler, comme si un phonographe avait fonctionné dans la chambre voisine; ou comme si des personnes causaient entre elles, sans que je puisse distinguer le sens des paroles. C’était bien là l’eflet exact d’une personne essayant d’entendre une conversation se tenant dans une chambre voisine. Il y avait aussi des chansons diverses entremêlées, et des voix plus rares à ma droite et plus élevées se faisaient aussi entendre.
J’étais là comme dans un véritable sabbat infernal, et je me demande quel aurait été mon ellroi, si j’avais été victime d’une pareille manifestation au début de mon initiation ! Heureusement que je suis cuirassé à présent et aguerri par toutes les séances que j’ai vues. Cela m’a permis de garder mon sang-froid complet. Je voyais bien qu’on me parlait et je disais: « Parlez plus clairement »; mais ce fut peine inutile ! J’ai bien entendu des lambeaux de phrases comme ceci : « Lorsque j’ai cassé ma fiole!... » etc. Mais rien de précis, pouvant m’éclairer sur le but de cette manifestation étrange, qui paraissait être de vouloir m’eflVayer.
Je vois d’ici une brave religieuse d’il y a deux ou trois cents ans, aux prises avec ces Entités occultes dans sa cellule ! Je crois qu’elle en serait restée raide de frayeur et sans connaissance. Cette fantasmagorie a
LES MYSTÈRES DE l’üNIYERS
duré une heure environ, et c’est avec vif plaisir (pie j’ai constaté l’aflïublissement des sons de vent et de tempête, en meme temps cpie tous les autres phénomènes, qui paraissaient liés entre eux. On aurait dit qu’une horde de démons sortis des enfers s’était ruée sur moi, afin de me terrifier, et de lever mes doutes; ces doutes que j’avais émis dans mes écrits le soir même, si vigoureusement, et (pie les Entités occultes avaient voulu me punir de mes railleries, selon leur habitude. Je ne souhaite pas à un néophyte qu’il soit jamais soumis à une pareille épreuve, car il fuirait son lit, éperdu !... Enfin, passons...
Je me suis borné à décrire les phénomènes aussi sèchement (pie possible. La question est de savoir ce ([ne cela prouve, et ce que les Esprits, s’ils existent, ont voulu me prouver. Ces mots : s'ils existent , peuvent paraître ironiques, après celle séance; mais elle ne détruit pas mes arguments basés sur la moralité des Etres du monde occulte. A moins qu’on ne me réponde : « Mais si ! Cela prouve que vous êtessouvent en rapport avec des Entités démoniaques et sataniques qui sont les rois du mensonge, de l’erreur, de l’hypocrisie et de tous les vices. Donc cet entourage mauvais expliquerait cette incohérence et ce manque de logique, (pie vous reprochez à des Esprits d’un ordre très inférieur, et dont l’essence est d’être méchants malveillants et peu intellectuels. »
Très bien ! mais alors je serais forcé de reconnaître que je suis aux [irises avec deux camps opposés : l’un composé d'Esprits supérieurs, et l’autre d’Esprits démoniaques; et l’histoire du duel de ces deux camps serait exacte !... Que deviennent alors mes arguments qui combattent celte façon d’expliquer les choses !
LES MYSTÈRES DE l’üNIYERS
Remarque.
Je dois signaler que pendant la durée de ma courte maladie, je n’ai eu aucune vision, meme pendant le temps que je suis resté au lit étant mieux.
Quand je suis indisposé, si j’ai des visions, elles sont très (loues ou assez rares. Mes plus belles visions ont toujours eu lieu, quand je me sentais bien portant et surtout parfaitement éveillé.
Il m’a été impossible de remarquer aucun indice, aucun signe quelconque, aucun état d’âme ou d’esprit spécial, qui puisse provoquer l’éclat des visions, leur fréquence ou leur netteté.
Bref, je n’ai trouvé aucune règle, et les Esprits semblent toujours agir spontanément, comme si eux-mèmes n’étaient pas les maîtres de le faire à leur gré. C’est presque toujours au moment où je m’y attends le moins ([tie j’obtiens les scènes les plus importantes, que rien ne pouvait me faire supposer. Cependant, je me rappelle qu’au début de mon initiation, mes Esprits m annonçaient parfois sinon le sujet, mais qu’ils allaient me faire soit une séance théâtrale ou de magie; ou bien encore une scène d’illusions, ou une scène mixte, c’est-à-dire illusions mélangées d’Esprits réels. C est précisément cet emploi des illusions par les Esprits, qui peut amener des confusions et des doutes.
Dans ce dernier ordre d’idées, je me rappelle une séance typique, où, ayant mis mes yeux au regard magique: (voir les explications dans mon journal], les Esprits s’étaient servis du cadre formé dans la grande glace qui était derrière le grand lustre de ma salle a manger. Crâce à l’éclairage et aux divers objets, les Esprits, au moyen de l’illusion, avaient transforme les images réelles réfléchies dans la glace en une salle
splendide. Puis, au milieu de ce décor improvisé par leur art de créer des illusions, ils firent apparaître un superbe Esprit qui marchait et s’agitait.
J’ai longuement analysé ce genre de vision dans mes écrits.
C’est ainsi qu’ils transformeront une grande tache en un buste de personnage, en mettant les yeux au regard magique. Mais ce qui ajoutera à l’illusion de la réalité du personnage illusoire, c'est ([ne les Esprits ij ajouteront quelque chose de plus , qui aura pour but d’animer le visage du personnage, lui faisant remuer les yeux, ouvrir et fermer et même sourire la bouche. Tout cela est bien curieux et j’ai pu étudier à fond ces procédés.
Ce n’est pas très long d’apprendre à mettre ses yeux au regard magique, et, avec un peu de patience et d’habitude, je crois que tout le monde pourra y arriver. La question qui reste à savoir, c’est si les Esprits y ajouteront ce quelque chose qui anime la vision.
Je reviens à ma dernière séance si peu agréable, mais instructive.
Ijes lecteurs trouveront peut-être naïves les réflexions qui suivent, mais ce 11e serait pas un journal sincère de mes pensées, si je me bornais à rédiger un ouvrage didactique. La forme y gagnerait, mais le fond y perdrait. En outre, si je passais mon temps à chercher mes mots et à polir mes phrases, je 11’écrirais plus comme je pense. Ce sera moins littéraire ainsi, mais plus instructif.
Donc, pendant ce temps long, qui 111’a paru une heure, je faisais toutes sortes de réflexions. J’ai invoqué Dieu le Seigneur Tout-Puissant, le priant de tout mon cœur de faire cesser ce spectacle horrifiant.
Il y avait bien des hauts et des bas, comme dans une tempête qui souffle; mais ça 11e cessait pas quand même, et je craignais que ce ne fut une sorte de congestion cérébrale, qui allait me faire perdre connaissance. Ayant à peine mal à la tête, cela me rassurait cependant. Mais je ne connais pas les symptômes de ces crises.
Quoi qu’il en soit, je songeais et je me disais : si je vais perdre connaissance et mourir, est-ce là le milieu occulte, ce milieu infernal, où ma mauvaise fortune, mon destin fatal, m’auront poussé? Est-ce parce que j’ai fait des pactes avec des Entités sataniques, sans trop le savoir, que je vais être condamné à prendre place dans cette borde de diables de toutes sortes qui attendent peut-être la catastrophe, pour me saisir et m’entraîner avec elle ? Je résistais fortement, faisant appel à ma conscience qui ne me reprochait rien comme honnête homme; et sur de n’avoir pas mené une vie digne de faire partie du monde infernal occulte, je revenais encore à la validité des pactes que j’avais signés plusieurs fois, d’accord avec mes Esprits.
Mais tout cela n’est pas sérieux, m’écriais-je par la pensée! Il 11’est pas possible que ce jeu des petits papiers, ces pactes joujoux, puissent lier un homme pendant sa vie et que cela se prolonge après sa mort! Est-ce que les serments faits par les humains aux Esprits auraient de la valeur après la mort ?
Et puis, je 11’apercevais pas mes sylphides au milieu de cette tourmente. Alors, elles n’en faisaient donc pas partie comme j’aurais pu le croire? Ou bien leurs apparences trompeuses étaient-elles, en réalité, celles de ces infectes dénions ?
Je me disais encore : Mais comment mes pactes se-
raient-ils valables dans leur intégralité, puisque bien peu des conditions acceptées de part et d’autre avaient été remplies par les Esprits. Me basant sur la Justice divine, je me disais qu’il me paraissait impossible qu’il soit permis à ces Etres éthérés de nous tromper par des promesses fallacieuses, de nous attirer dans des pièges en nous tentant. Puis, ayant réussi à arracher notre signature, que cet acte soit suffisant pour la lui faire expier pendant de longues années après sa mort. Que devenaient en tout ceci les Esprits dits protecteurs ? Que faisaient-ils, et pourquoi n’arrivaient-ils pas à mon secours ?
J’ai bien remarqué, à la fin, une horrible mêlée, où des Etres se battaient. On aurait dit qu’avec des lances, des harpons meme, ils arrachaient des Etres, des démons du sol pour les rejeter en arrière ! N faut avoir vu cela pour s’en rendre compte : c’était inouï!...
Je puis dire enfin que ma conscience nette, et ma confiance en la Justice de Dieu me rassuraient fortement. Ce n’est pas, pensais-je, pour des peccadilles avec des Entités éthérées sur lesquelles je n’ai guère de renseignements d'identité, que je pourrais être condamné à quelque peine importante.
J’avoue qu’en ce moment je songeais encore que si la mort devait me transporter dans un pareil milieu, la vie future n’aurait aucun charme pour moi. Je n’ai pas le caractère démoniaque, et je ferais un démon détestable, car j’ai horreur du mensonge et de la duplicité. Serait-il possible qu’un mariage accepté avec un Esprit éthéré put se continuer après la mort dans le monde occulte ? Jamais je ne l’ai cru, malgré les dires de mes Esprits.
Ab! s’il fallait croire toutes les sornettes extraordinaires qu’ils vous racontent, on n’en finirait pas, car
ce genre d’Esprits est coutumier du fait, et ils m’ont fait des récits étonnants. Mais je considère ces contes comme des fantaisies analogues à la venue de la belle Léa, la femme chevalier de la planète Mars.
Je me suis toujours demandé où étaient précisées ces histoires, et de quelles Entités intellectuelles elles pouvaient sortir ? MetLez les Esprits sur le merveilleux, et cela coulera de source, sans que vous ayez cà faire aucun effort d’imagination venant de votre propre conscience.
D’ailleurs, si vous connaissez des médiums intelligents, dits à incarnation, vous pourrez essayer, et vous serez sans doute satisfaits. A les en croire, les démons forment un peuple d’Esprils très nombreux avec une puissante hiérarchie, rois, princes, princesses, etc. Les serviteurs y sont fort maltraités, et ils ont toutes sortes de monstres à leur disposition.
Ils disent qu'ils ont besoin de grandes intelligences, et qu’ils les recherchent avec soin, pour s’en servir plus tard après leur mort. (Merci du compliment!) En conséquence, mes rêves seraient réalisés, en habitant l’un de ces palais luxueux qu'ils m’ont fait voir, et en devenant l’époux légitime d’une princesse des Enfers. J’y mènerais une vie large et facile, conforme âmes goûts, et le Paradis de Mahomet serait à ma disposition.
Comme on le voit, ces Enfers sont bien loin de ceux de l’Église chrétienne. Mais les peines y sont terribles, comme j’ai pu m’en convaincre, en visitant les prisons et les salles de tortures.
Tous ces récits que j’abrège, m’ont fort intéressé, surtout an début de mon Initiation, où je' n’avais pas encore le dégoût de l’occulte. Ce dégoût est venu justement de tous les mensonges, mystifications et pro-
messes fallacieuses dont j’ai été victime, et qui m’ont désespéré en me faisant reconnaître qu’il n'y avait à compter sur rien, et qu’il était impossible de faire état des paroles de ces Entités. Depuis lors, je n'ai plus écoulé aucun récit, considérant que c’étaient des histoires de brigands, dont les auteurs m’étaient inconnus. Aussi je ne raconte ces fantaisies que pour mémoire, déclarant que je n’ai aucune raison pour croire des Etres qui m’ont menti vingt fois contre une vérité. Et alors, jetant le manche après la cognée, je médisais : comment saurons-nous jamais la vérité sur les Esprits, puisque les seuls Etres qui pourraient nous les révéler nous mentent outrageusement ?
Quoique ce qui suit ne soit guère à sa place, je ferai remarquer que les Esprits excellent à créer des coïncidences, qui nous rendent toujours perplexes pour affirmer la réalité d’un fait. Pour faire comprendre ma pensée bien connue des médiums, je citerai celui des coups et craquements de meubles.
Pa rexemple, sans y songer, je m’approche d’un bahut, et ce meuble me salue d’un fort craquement. 11 en résulte que je pourrais croire que c’est le poids de mon corps qui a fait fléchir le plancher et a provoqué ce craquement. Or, il n’en est pas ainsi; car si vous recommence/ le meme chemin vers le meuble, en pensant à produire un nouveau craquement , rien ne se produira plus. Mais une heure plus tard, si vous n’y pense/ plus, le meme phénomène de craquement se reproduira identique. Ce n’est donc que par sa répétition, que vous pouvez affirmer que ces craquements sont dus à une force occulte quelconque. J’ai fait cinq cents fois cette expérience.
Je cite ce petit fait, parce qu’il est très net. Et je dis : Si les Esprits craquent, c’est sans doute pour attirer
mon attention, car il faut un motif et je n’en vois pas d’autre. Pourquoi, alors, refusent-ils de recommencer pour confirmer cette sorte de salut amical, et attendent-ils que je n’y songe pas ? Bien plus, si j’y pense, il est bien rare que le meuble craque.
Mais, alors, que veulent-ils ? Veulent-ils, oui ou non, se manifester? Si oui, pourquoi refusent-ils de recommencer ? Et si non, pourquoi commencent-ils les premiers à se faire entendre, quand on ne leur demande rien ? (Les médiums doivent être au courant de cette nuance.)
C’est à n’y rien comprendre, et cela devient agaçant, parce que c’est de l’incohérence, et il faut alors se rappeler ma loi : Les Esprits font toujours l’inverse de ce qu il faudrait faire pour arriver au résultat qu'ils semblent désirer...
Esprits et Mansprits.
Ce qui me chagrine le plus à mesure cpic mon travail avance, c’est de ne pas être fixé sur certains points que les Esprits ou mon Manspril pourraient seuls élucider.
On remarquera que je me répète, que je tourne autour de la solution sans pouvoir poser ma plume, avec la satisfaction de l’œuvre achevée. Oh ! je sais bien qu’en pareille matière, on ne peut rien achever; car pour le philosophe, qui ose envisager Dieu et son œuvre, il y a tant de mystères insolubles que je traduirais mal ma pensée. Je dirai plutôt une œuvre présentable, et mise sous une forme qui aura satisfait l’Esprit d’un humain ignorant. Encore faudrait-il que je ne Hotte pas entre trois systèmes différents.
Comment écrire un système de la création suffisamment complet, en étant forcé à chaque instant de dire : si le monde occulte existe, ce serait ceci; mais si les
[j-:s mystères me l’univers
Esprits du inonde Invisible n'existent pas, celte hypothèse serait inadmissible. Si l’âme et le mansprit ne font qu’un seul Etre psychique, à la façon des deux corps matériels mâles et femelles fusionnés dans chaque humain des deux sexes, ce sera telle théorie; mais si Taine et le mansprit ont des origines différentes ayant Tunion sexuelle pour origine, ce seront encore deux autres théories didéroutes.
Je puis dire que dans mon journal, j’ai discuté «à fond toutes ces hypothèses, espérant que, traitées avec logique, la lumière jaillirait. Et puis, je l’avoue, j’avais toujours un sorte d’espoir que mes Esprits lèveraient mes doutes à ce sujet. (Il peut exister des Esprits éphémères) il).
Un mathématicien qui ne lirait que quelques-unes de mes pages, pourrait me lancer : « Mais, du moment que vous parle/ des Esprits comme s’ils existaient, la cause est entendue ; car par ce fait meme vous admette/ implicitement cette existence (pie vous déclare/ douteuse. A cela je réponds que pour connaître mon état d’âme, il faillirait avoir suivi mes écrits depuis trois ou quatre mois au moins. Alors, ce lecteur saurait que je ne nie pas les Esprits. Je suis au contraire certain d'avoir en moi, au moins un Esprit. Je suis donc certain de /’existence des Esprits des vivants . Il est clair que si le monde occulte n’existe pas, les Esprits proviennent, comme l’âme, des œuvres charnelles du père et de la mère. Je m’arrête, car
(1) Je dis : Pas de médiums, pas d’Esprils, pas de phénomènes. Mais mes variations d’opinion peuvent provenir de ce que certains Esprits sont modelés dans la substance éthérée ambiante plastique, par suite des facultés du médium. Ceux-ci seraient éphémères. D’autres seraient réels. De lâ mes variations et mes doutes, variant comme le genre d’Esprits auxquels ; ’ai affaire successivement.
LES MYSTÈRES DK L UNIYKRS
je ne veux pas recommencer à discuter mes doutes. »
Je voulais simplement faire remarquer que je n’admets pas que mon mansprit qui vit en moi, ne sache pas quelle est son origine... Je n’admettrai jamais que l’Esprit, s’il vient du monde occulte, oublie sa vie passée, et ce qu’il est et a été, en entrant dans le fœtus à l’état de trouble comme l’enseignent les Spirites. Cette ignorance est absolument incompatible avec les facultés que nous observons chez les Esprits.
En outre, comme ils s’extériorisent, et voient dans l’éther ambiant, nos Mansprits doivent être tout à fait fixés sur l’existence du monde occulte. Des images qui pourraient tromper nos yeux matériels et même impressionner les plaques photographiques, ne doivent pas pouvoir tromper les yeux des Esprits des vivants ou ceux de notre Etre intérieur qui vit en nous.
Et alors je me désespère m’écriant: « Comment, j’ai en moi un Esprit qui est fixé sur ces matières, dont je cherche la solution ; et au lieu de me répondre, ce Mansprit rit, plaisante avec moi! Il ne cherche qu’a me tromper, et à me mystifier ! Non seulement il ne me dit pas la vérité, mais encore il me raconte des à-peuprès ou des choses fausses, afin d’égarer ma religion, et d’enrayer mes conceptions... » —N’y a-t-il pas de quoi être profondément chagriné ?
Ou bien alors, je tourne autrement mon raisonnement et je me dis: « Mon âme, c’est bien moi, c’est bien là l’Etre que je suis et dont j’ai conscience. Or, cette àme ne peut en savoir plus que moi, qui écris sur ce sujet en ce moment; et c’est pourtant un Etre éthéré qui voit sans doute le Mansprit. Il serait donc possible que le Mansprit, s’il est né des œuvres de nos parents, n’en sache pas non plus plus long que notre âme; ce qui veut dire qu’il ne sait rien sur lui.
Note/ que les âmes des savants, qui ont nié l’existence de lame logée dans le corps, 11e leur ont pas crié: a Vous faites erreur, car nous, âmes qui vous parlons en ce moment, nous vous crions notre présence dans vos corps. » Cela démontre qu’un Etre psychique peut exister et qu’il n’a pas les moyens de nous raconter son existence et de nous crier qu’il existe ! N’est-ce pas là un fait bien curieux ? (Le Mansprit éprouve encore plus de difficulté.)
L’âme ne nous parle pas comme un Etre renfermé dans sa cage de chair, mais elle se confond avec sa cage, avec laquelle elle fait corps lié intimement. C’est là sans doute ce qui est la cause de cette impossibilité. Mais le Mansprit, lui, parle de moi et de l’âme, comme si j’étais un Etranger. Il parle de moi comme s’il était dans mon corps volontairement, et meme quelquefois en dehors. Chez moi, l’âme et le Mansprit paraissent deux Etres bien differents.
Href, je concilierai que si le Mansprit ne connaît réellement pas son origine, c’est qu’il provient de l’union sexuelle de nos parents. Il peut donc être aussi ignorant que l’ânie. Mais du moment qu’il s’extériorise, il doit savoir si le monde occulte existe, et si des âmes de morts y figurent. Le Mansprit devrait donc être fixé sur la réalité et de la vie future et du monde des Esprits. — Notons que la réalité du monde occulte ne serait pas une preuve absolue de la vie future.
Ame et Mansprit.
J’aurais cru que l'homme devait avoir un Esprit conforme comme mentalité à son âme ou inversement. Si c’est le Mansprit qui est dans l’homme l’Etre psychique principal et l’âme, l’Etre étliéfé vibrant sous l’influence des vibrations de l’Esprit, il aurait été logique de sup-
poser que l’Ame eut été un reflet du Mansprit, accommodé à nos organes.
D’après mes idées, l’Esprit éthéré n’est pas assez relié à la chair du corps, pour se servir facilement des organes de chair. Il en résulte que l’aine, d’essence éthérée comme le Mansprit, est le lien naturel entre l’Esprit et le corps. Mais ce qui est curieux, inexplicable, c’est cette divergence que j’ai constatée entre les sentiments de mon Ame et de mon Mansprit.
Je concevrais encore une Ame passive, n’ayant pas d’idées personnelles et l’humble esclave du Mansprit. Mais il n’en est pas ainsi : le Mansprit propose et l’âme discute avec sa raison toutes les idées, propositions et tentations du Mansprit. Lame paraîtrait donc la maîtresse d’agir à son gré, mais il n’en est pas encore ainsi, attendu que l’âme n’a qu'une apparence de liberté de discussion, et une apparence de croire qu’elle a choisi le parti qui lui convenait le mieux. C’est là un mystère bien difficile à expliquer.
L’impression qui se dégage de mon étude sur ces deux Etres est telle, qu’on pourrait dire presque ceci au moins symboliquement. Nous avons en nous un ange et un démon : l’ange c’est l’Ame et le démon tentateur, c’est le Mansprit. En deux mots Dieu et Satan (I).
Quand je dis que l’Ame est un ange, en somme elle est ce que nous savons nous-mêmes chez chacun de nous, en descendant au fond de notre conscience. Il y a certes des âmes très noires, et sans aucune moralité. Je serais curieux de savoir si dans ces cas le Mansprit est bon par opposition ou par compensation.
Je m’en rapporte à ce que j’ai pu observer en moi,
(1) Si on admet que l’Esprit de la Terre est mauvais pour notre Planète, le Mansprit étant une parcelle de cet Esprit, cette mentalité se comprendrait.
IÆS MYSTERES DE l’üNIVERS
tout-à-fait, par hasard. Suis-je victime d’une grosse erreur d’appréciation, et croyant avoir afTairc à mon Mansprit, ai-je affaire à de mauvais Esprits qui me hantent et m’obsèdent. Il m’est impossible de le décider...
J’ai déjà dit cent-fois, que les sentiments des puissances occultes qui semblent me gouverner sont exécrables. J’ai assez répété aussi, que je ne pouvais concevoir lescausesde cette malveillance de mon propre Esprit pour son âme. J’ai eu tellement de mensonges, (pic je suis peut-être égaré. Néanmoins, je crois pouvoir affirmer que l’un de mes Esprits, et l’un des plus mauvais, 1 un des plus importants, le n° 1 , comme je l’appelais jadis, est en moi depuis ma plus tendre enfance. Quant aux autres, ils ne valent guère mieux. De telle sorte que j’ai le chagrin d’être aux prises avec des Etres exécrables, qui font tout pour me dégoûter d’eux-mêmes, de là vie, de mes travaux, de ma foi en Dieu, et de mon resLe d’espérance dans la survivance.
En un mot, ils font tout pour que je ne crois à rien, pas même au monde occulte.
Si les Esprits existaient malgré tout, cela démontrerait que ces Etres nuisibles et malfaisants sont bien les causes profondes et ignorées de la présence du mal sur la Terre. Etant donné que ces causes du mal ont leurs origines en dehors de la sphère d’activité directe de notre humanité, comment les humains peuvent-ils espérer enrayer le mal et le déraciner?
Réellement, je hausse les épaules, quand je lis, dans une revue spirite, des communications de soi-disant bons Esprits où il est dit que nos frères désincarnés font tout pour nous éclairer. Et moi je réponds qu’ils font tout pour nous égarer et nous mystifier.
Je me référerai toujours à ces preuves, tirées des communications des pseudo-anges, saints, saintes,
LES MYSTÈRES DE l’uNIVERS
Christ ou Vierge Marie, dont les discours sont des fumisteries de très mauvais goût. Je sais bien que les prêtres et évêques ont trouvé les discours de ces anges très beaux, parce qu’ils menaçaient les mortels dont le zèle s’était refroidi, de leur envoyer guerre, peste, famine ou choléra, s’ils ne se rendaient pas en masse aux pieds des autels et de la croix du Christ. Mais en examinant ces paroles, entendues par de pieux personnages, médiums sans le savoir, et jouissant des facultés de clairvoyance et de clairaudience, en mettant de coté tout fanatisme religieux, il est clair qu’un pareil langage n’est pas digne du caractère d’un saint homme ou d’un ange de miséricorde.
Les prêtres étaient heureux de livrer ces messages, donnés comme divins, à des foules anxieuses, afin d’en tirer profit pour augmenter leurs bénéfices temporels ; mais ces discours n’en sont pas moins de vilaines mystifications. Eh bien ! les spirites, en train de fonder leur nouvelle religion, ne s’aperçoivent pas que les discours de leurs médiums spirites, ont exactement le même but et les mêmes tendances. Ils fulminent contre tout ce qui n’est pas spirite, et les adeptes fervents du spiritisme applaudissent à ces paroles venues d'en haut !
Je ne saurai assez répéter qu’ils 11e peuvent avoir la prétention de détenir la vérité, puisque d’autres médiums aussi bons, parleront en excellents ternies de la religion de Brahma ou de Mahomet ou même de Confucius, selon les pays d’origine des médiums ou fakirs.
Enfin je rappelle les schismes entre théosophes, occultistes et spirites créés par les révélations des Esprits. Et comme elles se valent toutes, cela démontrera clairement que si les Esprits existent, ils ne cherchent qu’à nous égarer, en se bornant à confirmer simplement les idées régnantes dans la région où ils opèrent.
Ce qu'il y a de curieux, c’est que si vous adressiez à un spirite bien convaincu un message obtenu par un excellent médium, même par l’écriture directe, et contraire à sa théorie, il vous répondra que ce médium doit avoir eu affaire à des Esprits farceurs, qui out voulu éprouver le groupe où les faits se sont passés. Dans ce cas, le plus simple est donc de ne pas discuter sur les schismes et les nuances et de ne pas préférer les communications obtenues par les Hindous et confirmant le culte de Brahma comme étant le meilleur, etc., car toutes se valent... Le fait est (pie leurs fakirs sont bien remarquables, et que si on se base sur la valeur des miracles en matière de religion ou de dogmes révélés, il n’y aurait plus rien à répondre.
Et moi, je reconclus que tout cela n’est pas sérieux, et (pie si les Esprits existent réellement, ils se font un jeu de nous stupéfier et de nous mystifier, lis paraissent trouver, de leur côté, autant de plaisir dans ces plaisanteries, (pie nous en éprouvons nous-mêmes à nous livrer à la Magie et aux sciences occultes.
lin ce qui me concerne, le malheur a voulu que je n’aie pas le caractère assez naïf pour accepter, sans discuter, toutes les blagues et sornettes qu’ils m’ont racontées. De là, peut-être, celle rancune contre moi, qui se manifeste à présent, par des persécutions corporelles et morales surtout, ayant pour but d’entraver tous mes travaux et de me désespérer.
En tout cas, cela n’indique pas un caractère élevé et une moralité d’Elres généreux et puissants (Je ne parle que du groupe de mes mauvais Esprits). Car les Etres puissants sont bienveillants pour les faibles. Non seulement ils leur pardonnent leurs erreurs, mais ils les éclairent. Pour moi, ils n’admettent pas la discussion, et veulent que je croie tous leurs men-
songes, et cela m’est impossible, car ils sont illogiques.
Bref, en voilà assez sur cette scie toujours renouvelée, mais dont je parle quand même tant elle me tient au cœur. Je suis mal tombé, c'est certain, et je suis comme un maudit au milieu de ces Etres exécrables qui me menacent, me tirent la langue, me font des pieds de nez, me montrent des triques ou des fouets, en guise de plaisanteries...
Je n’ai plus peur depuis longtemps, car je ne crains plus rien. J’ai eu de belles visions, des rapports charmants surtout au début, et je vois que plus je vais et plus le caractère satanique s’accentue malgré mes efforts réels pour rester en rapport avec de bons Esprits. Mais s’il n'y en a pas, que faire?... ou bien encore si je suis entouré d’un cercle, d’une horde d’Entilés inférieures et démoniaques, cela prouverait que les bons Esprits laissent volontiers un mortel sans défense aux prises avec des Etres exécrables, contre lesquels il est sans protection... (J’ai aussi affaire avec des Etres très intelligents, heureusement.)
Découragement; perplexité; que faire?
Voici trois nuits nouvelles passées depuis celle que j’ai contée et qui fut si désagréable. Ces nuits ont été semblables à celles qui précédèrent ma maladie. D’où je conclus que la mauvaise nuit fut un fait exceptionnel.
Je me suis demandé pourquoi les Esprits attendent que je sois couché pour me faire entendre ces voix nasillardes? Je le concevrais, si pour ces phénomènes il fallait que je fusse dans un état semi-somnolent. Au contraire, il faut que je sois bien éveillé, car tout cesse dès que je commence à sommeiller, vaincu par la fatigue. Je suis en ce moment assis et bien éveillé, pourquoi les Esprits ne me font-il pas percevoir ces
sons si curieux; ces voix qui semblent produites à un ou deux mètres de moi, comme derrière une cloison?
Il y a bien des mois (pie je n’avais plus tenté une séance de nuit en compagnie de Mme M.Meille.Je me suis donc assis avec elle devant ma grande table de ma salle à manger. A peine assis, un fort craquement se produit dans le buflet... Puis c’est tout. Nous restons lin quart d’heure et rien, rien, absolument rien, c’est désespérant et cela me dégoûte encore.
Je ne parle pas de quelques Esprits lumineux que, seul, j’ai aperçus, car ce phénomène n’a plus rien de nouveau pour moi. D’ailleurs, ils étaient assez flous et mal formés. Ils flottaient dans la salle de-ci delà. Si encore j’avais pu les faire voir à Mme M.! Je me lève, regrettant cet essai infructueux, qui me mit de mauvaise humeur, car j’y vois de la malveillance de la part des Esprits... Je n’insiste pas car j’ai rebattu ce sujet.
Je remarque aussi que je passe mon temps à écrire un peu et même beaucoup la même chose. Je tourne autour du but sans pouvoir l’atteindre. On doit sentir combien j’ai essayé de tordre les questions et de les pressurer afin d’en extraire quelque chose, et cela sans résultat. Le manque de réussite dans mes recherches me décourage fortement, et je voudrais surtout ne plus écrire, n’ayant rien à noter d’intéressant en ce moment. Je voudrais arrêter ces mémoires désormais finis...
Il y a hélas! longtemps, que j’ai posé dans mon cerveau les grandes lignes de mes conceptions sur les mystères de l’univers.Sou vent je passe des heures à lire ce livre idéal, puisqu’il n’est pas encore écrit... Tantôt, c’est sous la forme biblique; tantôt didactique; tantôt sous la forme d’un dialogue entre un maître et son disciple qu’il initie. Quelle forme adopterai-je?
Ah, je suis profondément découragé!... Ma santé est
faible depuis ma grosse secousse, el je manque d’énergie, parce que je ne me sens pas du tout soutenu par les puissances occultes du début, qui semblent m’avoir abandonné. Je crains de ne jamais pouvoir écrire mon résumé. C’est curieux, plus je suis sage, plus je repousse les mauvais Esprits, plus j’admire Dieu et sa Toute Puissance alliée à la Perfection divine, et plus je me sens isolé. Plus je me sens d’hostilité sourde autour de moi. Est-ce illusion ? ou bien mes sens intérieurs ne me trompent-ils pas?
Quelles seraient les bases de ma philosophie?
1 ° La matière et l’Esprit coexistant de toute éternité; cet Esprit possédant la Force lui permettant d’agir;
2 ° Matières de deux sortes : les substances éthérées et les substances matérielles;
3 ° L T n corps quelconque du monde matériel est toujours doublé d’une substance de meme forme, qui est son Sosie éthéré. J’appelle intelmate cette partie éthérée de la matière; c’est-à-dire en abrégé l’intelligence de la matière, ou ce qui correspond à son âme. C’est ce sosie qui lui donne sa forme, son aspect et ses propriétés. Ce sosie sert aussi à le mettre en relation avec l’Esprit universel ;
A 0 Tous les corps sont formés de parties ultimes et très petites d’une nature sui generis qui différencient les corps entre eux;
5 ° J’appelle molécule, cette partie d’un corps inerte, qui ne pourrait plus être divisée par la pensée sans altérer la nature de cette molécule ultime;
6 ° Cette molécule est doublée elle-même, comme Je corps auquel elle appartient, d'une molécule éthérée qui en est le sosie moléculaire : c’est l’agrégat de tous les sosies-moléculaires qui forme le sosie du corps;
206 LES MYSTÈRES DE l’uNIVEHS
7° J’appelle monobie, quelque chose qui rappelle la cellule vivante des corps. Mais la monobie matérielle est doublée par la molécule d’un sosie-monobique, qui détermine la forme de la monobie complète d’un Etre vivant:
8° Chaque Etre est formé d’un agrégat de monobics vivantes sui generis et caractérisant l’espèce d’Ëtre, comme la molécule différencie les corps inertes;
9° L’agrégat des monobies matérielles et charnelles constitue le corps de l’Etre ; et l’agrégat des monobics éthérées constitue le sosie éthéré du corps de l’Etre ;
10° C’est ce sosie éthéré qui est l’aine de l’Etre. Cette aine est donc intimement liée au corps dans toutes ses parties les plus profondes et les plus intimes;
11°L ame a donc la même forme que le corps, et possède tous les organes du corps sous la forme étbérée;
12° Il en résulte que dans l’union charnelle des sexes, les âmes s’unissent en même temps que les corps de chair; et c’est de cette façon que l’ame des Etres est créée.
Le mode de fécondation dans toutes ses phases se fait donc à la fois sous la forme matérielle-charnelle, et sous la forme éthérée par le sosie; car le sperme est double.
13° Le corps contient aussi un Esprit éthéré, qui possède la vie et l’intelligence, qu’il communique à l’âme, grâce à son énergie vitale sous la forme des vibration vitales et de la pensée. Dans l’union sexuelle des humains, les Esprits de sexes différents s’unissent entre eux, mais ils n’y sont pas obligés, à cause de l’indépendance dont jouit ce Mansprit dans le corps.
C’est l’Esprit qui constitue une différence radicale dans la composition des corps inertes ou vivants.
t.BS MYÇTËIlBS De i,Vmv '.ers
Nota. — Je reviendrai sur cette question de l’Esprit et de la constitution du corps humain à propos de la création des Etres par la Divinité. On comprendra alors clairement le rôle de l’Esprit et de Pâme dans le corps.
] !i° Le monde matériel n’est que l’image grossière du monde éthéré et invisible qui nous entoure.
Toutes lessubstances matérielles ont leurs correspondants dans le monde éthéré sous la forme de substances éthérées correspondantes ;
15° L’univers entier est conçu selon un plan unique existant de toute éternité, comme la forme des Etres de toutes espèces des mondes matériels et éthérés ;
16° La Divinité Universelle est elle-même un Etre formé parla répétition à l’Infini des monobies divines identiques et sui generis. Autrement dit, le corps inconcevable de la Divinité est formé de parties éthérées identiques se répétant à l’infini et soudées entre elles par l’éther;
17° Gomme tous les Etres émanent de la Divinité, c’est pour cela que le mode de formation de leurs corps, est le même que celui de la divinité; c’est-cà-dire la répétition de monobies dont l’agrégat forme le corps de ces Etres;
18° L’éther cosmique constitue sinon le corps, au moins l’un des attributs du corps de la Divinité, car l’éthercosmique est le seul corps éthéréqui soit partout, traverse tout, remplit tout, et reçoit toutes les sensations (y compris les pensées), par le mode vibratoire de cet éther; nous pouvons donc le regarder comme le corps de Dieu ;
19° Tous les soleils que nous voyons vibrer dans la nuit céleste, y compris le nôtre, sont des centres actifs de la Divinité, réunis par l’éther cosmique. Ils seraient
IÆS MYSTÈRES DE l/UNIVERS
symboliquement comme autant de tètes de celte divinité, pour mieux préciser; <[uoi(|iie nous ignorions sous quelle forme une parcelle divine a son siège dans le soleil de notre système planétaire;
20° I n monde céleste est donc une manifestation de l’activité divine, possédant une forme limitée, un corps et une tète. Ce serait aller trop loin que de vouloir préciser que c’est là une monobie divine; mais la divinité y est bien manifestée sous une forme concrète; car à présent, nous comprenons bien la façon dont la divinité est présente dans notre monde solaire, avec le soleil comme troue de la divinité de notre système planétaire, et. les planètes comme régions où se manifestent les facultés divines;
21° Il va déjà un point important d’acquis, c’est que la Divinité (ou l’Esprit) est présente partout où se trouve l’éllier cosmique; car il est nécessaire et logique qu’il en soit ainsi ;
22° L’Esprit est une substance, aussi subtile qu’on voudra le concevoir. 11 n'en est pas moins quelque chose, car autrement il y aurait le néant là où serait l’Esprit seul par hypothèse : ce qui serait absurde. Ce quelque chose ne peut être qu’une substance dont la nature nous échappe;
23° Il en résulte qu’il peut exister des substances intelligentes; comme l’est celle cpii compose l’Esprit Universel, douée en outre de Force pour exercer leurs facultés;
2/i° Cette substance intelligente doit forcément penser, sentir, combiner, gouverner selon dos lois existant de toute éternité ;
25° L’Esprit contient ces lois éternelles et naturelles. Il ne peut donc (pie s’y soumeltre fatalement, sous peine de gouverner contre ses propres lois.
L’esprit agit en meme temps qu’il pense, car il ne peut discuter,c’cst-à-dire avoir à choisir entre plusieurs solutions naturelles;
*26° L’harmonie et l’ordre général de l’Univers prouve la colossale Puissance Intellectuelle de l’Esprit et sa Perfection. L’ordre entraîne la juste distribution de tout. Donc Dieu est Parfait et Juste.
Nota .— J’avoue qu’en posant mes bases, je me trouve bien embarrassé; car je vois que voulant faire un court résumé de matières que j’ai développées en des pages si nombreuses, je ne brille pas par cet ordre des matières. Il faudra bien cependant que je me décidetà faire cette table des matières que je viens de commencer en 26 articles... Je continue.
APPENCICE
Je mettrai en appendice ma cosmogonie nouvelle, basée sur les sphères d’égales attractions et qui est si féconde, ainsi que ma théorie de la Lune, du Soleil et des Comètes. J’y mettrai aussi quelques renseignements sur les grands phénomènes naturels que doit savoir un philosophe sérieux. La théorie fondamentale des vents, basée sur l’écoulement de l’air selon les lignes de plus grande pente des surfaces isodences (théorie que j’ai présentée à l’Académie des Sciences), ma théorie sur les tourbillons et les cyclones. Celle de la grêle qu’on m’a fait l’honneur de rendre classique, ce qui me touche peu, car ma théorie des vents est plus belle, plus importante et moins connue.
Peut-être mettrai-je ma théorie sur les courants magnétiques et les aurores boréales qui doivent avoir lieu simultanément dans les deux hémisphères quand ce n’est pas un phénomène local polaire.
Enfin, en l'écrivant je verrai ce que je mettrai encore, selon l’importance de mon livre.