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III. — LA CRÉATION

Conception originale de l'auteur.

L’Esprit., étant l'Être créateur et fécondant les Pla~ nètes, a du former les premiers Etres sous la forme éthérée, d’un ordre plus élevé que la substance matérielle.

Les substances éthérées sont plus dociles aux substances intelligentes qui composent l’Esprit Universel.

Toutes les formes des Êtres sont naturelles et établies de toute éternité. L’Esprit n'a qu'a appliquer ses propres lois.

(1) En vcrlu ries hases de sa conception, l’auteur enseigne que quand la Lerre eut pris sa forme, l’Esprit continua h coexister avec les matériaux éthérés et matériels composant notre planète. L’Esprit de la Terre se compose de l’éther ambiant et aussi de cette substance lumineuse qu’aperçoivent les médiums voyants. L’Esprit de la Terre ou Divinité de notre globe n’est que l’emprise de l’Esprit Universel, localisé et exerçant ses facultés créatrices sur notre planète. L’Esprit de la Terie a d'abord créé les Êtres à l’état éthéré, en se servant de V cette substance éthérée, dont les médiums se servent inconsciemment 1 pour former les Esprits dans leurs séances, Les Êtres vivants de toutes formes sortirent donc de la masse inépuisable constituant l’Esprit éthéré de notre planète. Ce fut la création au premier degré. Plus tard, aux époques géologiques convenables, les Êtres furent matérialisés successivement, ainsi que les premiers couples humains et à l’état adulte Ils purent dès lors se multiplier et constituer le monde matériel, ou le règne de l’Esprit sur la Terre, sur tous les éléments de notre planète, sous toutes les formes et dans les milieux où la vie était possible. L’Esprit de la Terre doit être, logiquement, d'une intelligence intimaient supérieure à celle de ses créatures. Il créa, en exerçant ses facultés créatrices, selon les lois naturelles, immuables et éternelles qui régissent la force et la vie des êtres, selon la nature et l’essence des matériaux dont ils furent composés.

C’est probablement par la pensée de l’Esprit que les Etres se sont formés dans sa matière corporelle éthérée. C'est par la pensée qu'il a du et pu en préciser toutes les formes et caractères si divers.

Pour animer les Êtres il n’a eu qu’à laisser la substance intelligente organiser les substances éthérées selon les lois établies et fatales. Dès que les Etres eurent reçu les organes nécessaires à la vie, l’Esprit étant un foyer de vie leur a communiqué les vibrations et l’énergie vitales, comme un foyer de chaleur allumo une niasse de matières combustibles par ses vibrations calorifiques.

Après avoir créé le monde des Etres étliérés, à l’heure convenable et voulue, correspondante aux lois naturelles, certains Êtres étliérés commencèrent à être matérialisés avec les sexes qu'ils possédaient.

La Divinité a du suivre l’ordre logique suivant : matérialisation de microzoaires formant rinimus; plantes, végétation, insectes, animaux et êtres végétariens de toutes espèces; carnassiers, oiseaux et enfin l’homme matérialisé.

Tous ces Êtres furent matérialisés à l’état adulte et pouvant se suffire à eux-mêmes.

Nous n'avons pas à chercher comment les choses se passeraient en posant des hypothèses quelconques, Non, nous devons essayer au contraire d’établir nos hypothèses d’après les quelques lois naturelles que nous connaissons.

En appliquant ce principe, il faut que la loi de fécondation soit regardée comme une loi éternelle.

11 en résulte que nous devons supposer qu’il existe des substances mâles et femelles parmi les substances intelligentes et fécondantes, qui organisèrent la matière pour en faire des Êtres vivants.

LES MYSTÈRES DE l’uNIVERS

Ces substances éthérées mises en action par l’Esprit, durent agir selon les lois naturelles qui leur étaient propres et qu’elles contenaient. Agissant sur des substances analogues et dans les mêmes conditions naturelles, les substances males créèrent les mêmes Etres que les substances femelles créèrent identiques, mais avec Je sexe différent (1).

Les connaissances humaines ont des limites étroites, que nous ne pouvons songer à dépasser; et sans chercher trop loin cette cause des sexes différents, nous sommes forcés d’avoir recours à une hypothèse aussi simple (pie possible, comme le sont toutes les lois naturelles. Il est certain que le principe des sexes et de leur reproduction a du exister de toute éternité, car nous ne connaissons pas d’Etres privés de moyen de reproduction de son type, quel que ce soit ce moyen.

Dans des cas de sissiparité, cela prouve (pie la fécondation a lieu sur place et dans l’Etre même, qu’il s’en sépare tout formé. Alais ce mode de faire n’exclut pas la fécondation intérieure.

11 est logique de supposer que les Etres éthérés furent créés adultes et en état de se suffire, puisqu’il est prouvé que les petits ont besoin de leurs parents pour arriver à l’état adulte. Il en résulte que les Êtres éthérés durent pouvoir s’accoupler peu après leur création, et cela en vertu du même principe naturel d’accouplement que nous voyons mettre en action par tous les animaux.

Plus tard, lorsque l’Esprit créa le monde au deuxième degré, pour régner sur le monde matériel et en jouir, il dut en être de même.

(1) Il serait plus simple de supposer que tous les Etres furent créés à iclal él/iérc avec leurs sexes, sans se préoccuper de substances rnàles et femelles hypothétiques.

Ce furent donc des Esprits et zoosprits adultes qui furent matérialisés, et connue il y en avait des deux sexes, dans chaque race d’Etres matérialisés,ils purent aussitôt vivre et s’accoupler.

Mettez en liberté des animaux quelconques, nés dans des ménageries, et dans les conditions naturelles où ils pourront trouver leur subsistance, ces animaux ne seront pas embarrassés pour boire et manger. Les Êtres ont donc en eux des connaissances intimes et innées, qui leur permettent de vivre sans aucun apprentissage.

Les premiers humains durent être aussi intelligents que les grands singes, et il n’y a aucune raison, pour qu’ilsaient été embarrassés pour trouver leur nourriture, exclusivement végétale d’abord. C’est là le seul rapprochement que les humains aient eu avec la race des singes anthropomorphes.

Attendu que les Etres éthérés sont des créatures, composées de substances de l’ordre éthéré, et que vivants, ils dépensent de l’énergie vitale; attendu que celte énergie vitale est un travail vibratoire qui nécessite une dépense quelconque de substance, il faut admettre que les Etres éthérés se nourrissent d’une façon quelconque.

D’ailleurs le monde éthéré qui nous est fermé, est aussi riche au moins, en substances diverses que le monde matériel.

Il est donc probable, et cela estnécessaire, qu’il existe dans le monde éthéré des substances diverses propres à la nourriture des Esprits et Zoosprits de toutes espèces, s’il est prouvé que ce monde existe encore.

Du moment que les Esprits s’accouplent, ils peuvent avoir des enfants. Donc les Esprits grandissent dans leur monde éthéré, comme les Etres du monde matériel.

LES MYSTÈRES DE l’uNIVERS

Tout Etre créé sous nue forme déterminée doit s’user par le fonctionnement des organes de la vie. Il en résulte que les Etres éthérés doivent mourir comme nous. Mais on conçoit que plus la substance d’un corps est pure, et plus la durée de la vie doit être longue.

J’en conclus que la vie des Etres éthérés doit être beaucoup plus longue que la notre.

Si l’Esprit des Etres ne meurt pas, comme étant une émanation directe de la Divinité (on pourrait presque dire une parcelle de cet Esprit divin), le corps seul doit périr.

Il en résulte ([lie la mort des Etres éthérés doit être suivie d’une nouvelle transformation qui les rapproche davantage de 1’Esprit pur ou Universel.

Cycles de la vie d'un Être.

A ce sujet, il faudrait consulter ce (pie j’ai écrit sur le cycle de la création d’un Etre quelconque dont l’Esprit survit.

A. — Cet Etre sort de la Divinité sous sa forme la plus éthéréc.

B. — Puis cet Etre voit son corps s’épaissir sous des influences naturelles que nous ignorons.

C . — Par quelles transformations diverses passat-il ? Nous l'ignorons.

I). Peut-être prend-il l’état semi-fluidique.

/?. — Enfin l’heure de la matérialisation est arrivé, cet Esprit a désormais une enveloppe de chair, un corps charnel qui enveloppe l’Esprit et en fait un Etre du monde matériel.

F. — Cet Etre meurt. Il perd son corps de chair, et passe sans doute par les situations D mal connues.

G. — Puis après une ou plusieurs morts il arrive à la situation C et B.

LES MYSTÈRES DE l’UNIVERS

//. — Enfin pur une dernière mort, il reprend le corps qu’il avait dans la situation A, alors (pie Dieu l’avait créé.

De telle sorte cpie finalement l’Etre se sera rapproché de la matière pour y régner et en jouir et qu’il sera revenu à son point de départ, après un travail vital prolongé et correspondant probablement à la vie géologique de notre planète.

Je sais (pie des philosophes pourront trouver le cycle trop long. Il serait facile de le réduire à quatre termes; mais d’après ce que nous savons du monde occulte, il est très probable que l’Esprit après la mort du corps, ne se trouve pas encore Esprit pur.

Le mot pur s’applique ici à la nature du corps de l’Etre, car il faut bannir les questions de morale et de sentiments de la nature. D’ailleurs, si les animaux survivent aussi après la mort de leur corps, comme ils 11e peuvent être responsables de leurs actes, il est clair (pie leur situation, dans l’échelle des Etres éthérés, ne peut dépendre que de l’état de leur corps étliéré.

Je ne vois pas pourquoi l’homme 11e jouirait pas des mêmes privilèges.

La vie matérielle est une vie à destinée fatale. L’homme malheureux est comme l’arbre qui a poussé entre deux rochers, et à part de bien faibles variations, au point de vue des lois naturelles, il ne saurait être fait une grande différence entre le juge qui a condamné des innocents à mort, et le meurtrier qui a tué par passion ou pour voler. L’évêque qui aura envoyé au bûcher une hystérique comme possédée du démon, aura commis une erreur aussi funeste que l’homme ivre qui aura vu rouge et tué quelqu’un.

Toutes ces nuances se fondent et disparaissent en face des lois de la nature !

LES MYSTÈRES DE l’uMVERS

Et puis l’homme est-il aussi libre que nous le croyons ? A-t-il réellement son libre arbitre ?

Je ne le crois guère, et pour moi, il n’a que les apparences de la liberté et du libre arbitre.

L’Esprit caché en nous, vit dans notre corps comme un parasite.

C’est à peine si nous le connaissons; et quant à sa mentalité réelle, je puis affirmer que peu d’hommes la connaissent; attendu que l’Esprit est le principal metteur en scène de nos actions, quoiqu’il reste caché dans la coulisse, il en résulte que tel homme, que nous condamnons, n’a peut-être pas été libre d’agir autrement qu’il ne l’a fait.

Quel homme, en effet, peut répondre de la sagesse de son Mansprit?

De cet Etre que nous ignorons le plus souvent et qui se dissimule au point de n’être connu que des médiums? Et encore les médiums ne le connaissent qu’en partie.

Qui ne connaît l’indépendance et les caprices de cet Être éthéré qui a des facultés transcendantes et sort de notre corps pendant notre sommeil, pour aller vivre avec les Êtres ethérés comme lui, mais appartenant déjà au monde occulte, où il ira après la mort de sa prison de chair.

Je m’arrête encore, et je sens que je ne saurais aboutir. L’heure n’est peut-être pas venue; mes idées ne sont peut-être pas encore assez mures pour être cueillies !...

Grand Dieu, que cette tâche est noble, grande, mais difficile !

Remuer ainsi la Divinité, les Esprits et le monde matériel !

Mettre en action ces Puissances occultes colossales !

Ali ! pauvre mortel, tu crois être modeste, parce que tu connais ton ignorance, mais cette ignorance ne prouve-t-elle pas ton orgueil? Orgueil non raisonné, il est vrai ! Mais oser s’attaquer à de pareils mystères, n’cst-ce pas de la folie ? de cette folie humaine qui cherche à tout connaître, à savoir même ce qu’il ne pourra jamais comprendre ?

... Hélas, c'est en vain, que je veux poser ma plume. Une force cachée, que je ne soupçonne pas, me force à continuer.

Il faut donc que je me torture l’esprit, et que j’applique ma pauvre science, si petite, à la solution de ces énormes mystères.

Mais, je le confesse, je sens que je n’arriverai pas au port. Peut-être dépasserai-je d’autres penseurs, en mettant mes conceptions sous une forme plus précise, qui ne se paie pas de mots creux.

C’est en cela que mes écrits reposent mon Esprit désespéré. Ils sont pour moi un soulagement, une façon d'arrêter le flot de mes théories qui monte et menace de me submerger.

Ah! q ue n’ai-je trois points de départ certains? Avec ces trois équations posées, (pie de déductions, que de théorèmes importants je pourrais résoudre à la façon des mortels. C’est-à-dire que je pourrais décrire des phénomènes, mais non les expliquer, car rinimain ne peut rien expliquer, quant aux causes profondes et premières du plus petit phénomène naturel.

Cela dit, hélas ! je continue à écrire.

Pouvoir créateur de la Divinité, des Esprits et des humains.

L’Esprit divin est un Être formé d’une substance subtile, qui possède en soi les sources de la vie et de

l’Intelligence. IlcontienLseslois inultiplesel lcsapplique fatalement, mais avec Sagesse, ordre et harmonie aux heures voulues et marquées dans la suile des temps Eternels, grâce à la force liée «à l’Esprit.

Il existe donc des substances douées d'intelligence. J’en déduis qu’il suffira qu'elles connaissent la pensée de l’Esprit, pour opérer un acte de la création.

Elles doivent le pouvoir, et il faut que ces substances soient à la hauteur de la tâche qui leur est dévolue dans la nature.

La première faculté des substances intelligentes, qui émanent de l’Esprit qui les contient, c’est de pouvoir organiser la matière selon les pensées qui créent la forme de tous les Etres, selon des modes et des modèles de formes arretés de toute Eternité. Nous pouvons donc concevoir que ces substances intelligentes puissent et soient meme obligées d’obéir aux ordres pensés par la Divinité, .le veux dire qu’il suffira que la Divinité conçoive la forme d’un Être, pour que la substance intelligente, s’empare des substances éthérées convenables, et les groupe selon la forme imaginée. Mais cette forme imaginée n’est pas et ne peut être quelconque. Elle sera ce qu’elle doit être selon les lois naturelles que l’Esprit applique à l’heure convenable, et en présence des matériaux convenables et favorables.

Si la création se fait d’abord sous la forme éthérée, c’est que ces dernières substances sont plus mobiles, d’un ordre plus élevé, et sont plus faciles à manier que les substances inertes matérielles. C’est pour ce motif que toute création d’Etres matériels est toujours précédée par une création éthérée de même forme. C’est donc sur des substances de l’ordre éthéré, que l’Esprit exerce d’abord ses facultés créatrices. Ces formes

seront plus tard matérialisées ou non, selon la marche de l’histoire géologique du globe où le phénomène se passe.

Je conçois que l’histoire de la création des Êtres doit suivre un processus parallèle à l’histoire de la Planète qu’il s’agit de peupler. Je veux dire que l’Esprit agit pour déterminer ces formes qu’il imagine, selon des lois naturelles et éternelles qui ont précisé ces formes des Êtres. Car si nous imaginions parla pensée, qu’une Planète puisse se trouver dans la région de l’étoile Sirius et sous sa dépendance dans les memes conditions géologiques et climatologiques que la Terre; si nous imaginons en outre que les substances de cette Planète idéale, soient identiques à celles qui forment notre Terre, il n’est pas douteux que la Divinité engendrerait sur cette Planète des habitants identiques à ceux qui peuplent notre Terre.

C’est là un principe fondamental que je tiens à bien préciser. Voilà donc comment l’Esprit crée les Êtres. Mais par hypothèse, Dieu a commencé par créer des Esprits, qui sont des émanations divines, et contiennent des parcelles des mêmes substances intelligentes dont l’esprit est composé.

Il en résulte que nous pouvons comprendre que des Esprits créés (et doués de cette pensée féconde et créatrice, que Dieu mit en œuvre pour les créer) puissent, à leur tour, se servir de leur pensée pour essayer de créer d’autres Êtres éthérés. Car l’ordre de la pensée des Esprits sur les substances intelligentes peutêtre perçu par cette substance qui vit à sa façon et d’une manière inconcevable pour les humains.

Mais il est logique de supposer que les faibles créations de l’Esprit créé ne peuvent être les mêmes que celles de Dieu; et qu’il doit exister un abîme entre

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les œuvres du Créateur Naturel, et les œuvres imitées par ses créatures. Néanmoins, je puis concevoir que ce pouvoir doit exister. C’est-à-dire que la pensée des Esprits agissant sur certaines substances élhérées convenables, puisse leur faire prendre les formes que leur pensée imagine. Cependant, les Esprits ne pourront pas jouir de l’originalité des formes à créer. Ils ne pourront qu’imiter et penser à des formes qu’ils ont vues déjà, ou qu’ils sont capables d’imaginer, par leur intelligence très bornée auprès de celle du Créateur.

En outre, ces créations seront sans doute éphémères, et n’auront pas les propriétés et facultés voulues pour être définitives. Engendrées par les pensées des Esprits, elles se dissoudront lorsque l’énergie de ces pensées, n’entretiendra plus les contours de ces formes imaginées. Ces formes secondaires, nées de la pensée des Esprits, auront un besoin continuel de cette pensée pour vivre et subsister. Elles ne pourront donc qu’être des Entités éphémères et factices, possédant tout par emprunt. Ce sera là la différence fondamentale qui distinguera les œuvres solides et bien conçues du Créateur de celles de ses créatures. Il est logique d’être certain que les créatures seront et resteront toujours très inférieures à leur créateur.

J’ai déjà développé éette pensée, à propos de l’intelligence des Etres créés, parrapportà celle del’Esprit Créateur, infiniment plus élevée, plus puissante et possédant des facultés divines spéciales que les créatures ne pourront jamais posséder. C’est ainsi que, grâce à cette conception, je me rends compte de quelle façon les Esprits peuvent faire apparaîlre devant mes yeux toutes sortes d’Elrcs éphémères et même de superbes palais. La pensée des Etres est créatrice, et il leur suffira de penser, pour que les subsLanees intelligentes, dociles,

s’organisent et se disposent selon les formes imaginées.

En ce qui concerne les Esprits secondaires créés par les Esprits réels, et dont je viens de parler, les substances intelligentes, qui ont la faculté d’organiser les substances, pourront répéter ces petites expériences de création partielle et éphémère, avec toute la différence qui subsistera entre les œuvres du Créateur et de T une de ses créatures infimes.

Apres les explications qui précèdent, il sera aisé d’en déduire la théorie des apparitions obtenues grâce au concours des médiums. Les médiums sont des humains qui ont déjà un pied dans le monde des Esprits, si j’ose employer celte figure. Il paraît certain que ces humains sont dans un état anormal, qui leur permet de voir dans les substances élhérées, et de ressentir des phénomènes du monde occulte et des substances intelligentes dont j’ai parlé.

Ces substances intelligentes dont j’ai bien démontré l’existence, pourraient déjà à elles seules suffire pour expliquer tous les phénomènes médianiques. Mais il semblerait que bien souvent, pour les belles manifestations, l’aide des Esprits, ou Entités intelligentes quelconques, du monde occulte, paraît indispensable. Je veux dire que quand nous constatons que pendant une belle séance, une Entité occulte prend la direction effective de cette séance, et indique, elle-même, toutes les mesures à prendre, il serait presqu’impossible de nier l’existence d’Etres invisibles menant, dirigeant tout, et accomplissant des merveilles de magie devant nos yeux.

11 serait difficile de distinguer la part exacte du médium dans la création de fantômes lumineux ou non, et celle que des Esprits invisibles peuvent prendre, pour

favoriser la réussite des manifestations et des expériences.

11 me paraît d’abord évident que tout Etre humain, dont le corps renferme un Esprit, doit jouir d’un pouvoir créateur du aux facultés des pensées de cet Esprit, s’il veut essayer des créations. Mais chez la plupart des mortels, ces pouvoirs sont si faibles, qu’ils ne valent pas la peine du temps perdu à ces recherches. En outre, si des formes sont créées par des humains normaux, ils ne possèdent pas les facultés de clairvoyance pour les apercevoir (Tous les humains créent des formes-pensées).

Après ces constatations, je dirai que sans avoir besoin de rien créer, il est possible que les'Esprits puissent apparaître eux-mêmes et revêtir des formes diverses. Pou j* le dire, je me base sur ce que j'ai vu cent fois : des Esprits pouvant changer de forme sous nos yeux. — On comprendra que ces mêmes Esprits au lieu d’apparaître, pourront triturer par leur pensée la substance intelligente et faire apparaître une forme déterminée. Ce sera ce que les Esprits appelleront faire matérialiser un Esprit sous nos yeux. On voit alors de la substance éthérée lumineuse s’agitant convulsivement et prenant forme ensuite. L’Esprit seul du médium, qui peut s’extérioriser, pourra aussi remplir l’office d’Esprit du inonde occulte, et opérer pour son propre compte. Cependant, je n’oserais pas affirmer que les Esprits du corps des humains, soit leurs mansprits, soient capables de créer des formes, sans le concours d’aucun Esprit du monde occulte.

Bref, entre les facultés du médium seul et de son mansprit, et celles des Esprits invisibles du inonde occulte, on comprendra qu'il puisse exister une infinité de nuances, selon la grandeur de la part du concours que nous donnent les Esprits. L’importance de cette

part el du mode de fusion des facultés du inansprit et du genre d’Entités occultes auxquelles nous aurons affaire, influeront sur la puissance des manifestations et la netteté des phénomènes dits médianiques. Il n’y a (|ue les Esprits eux-mêmes qui pourront nous éclairer sur le mode de production des phénomènes.

Nous savons déjà que dans les séances d’hypnotisme, ce sont très probablement les mansprits qui sont en action. Cependant dans les cas de force extraordinaire développée par le sujet qui résiste à deux ou trois hommes réunis, il est encore possible que les Esprits interviennent ; ou peut-être, cette substance intelligente qui est réellement douée de vie et capable de percevoir nos pensées, car elle émane et fait partie de l’Esprit naturel de notre Planète, qui possède de la force réelle.

Les lecteurs pourront avec les données qui précèdent essayer de résoudre les divers cas étranges qui se sont présentés à eux et ont exercé leur sagacité. Donc je m’arrête.

Médiums guérisseurs.

Je note en passant et à titre d’application de cette théorie, celle des médiums guérisseurs.

De quelque manière qu’on envisage la question, la substance intelligente entre en action, sous la pensée de guérir du médium, qu’un Esprit lui apporte ou non son concours.

Or, j’ai dit que cette substance intelligente possède la faculté d’organiser la matière. Il en résulte que, si dans le corps d’un humain, il y a des dérangements morbides, ou des désorganisations, il est facile de comprendre que les substances qui ont pu organiser les corps des Etres, doivent avoir aussi la faculté de reconnaître ces dérangements.

LES MYSTÈHES DE l’üNIVERS

El du moment (|ue j’accorde cette faculté d’organiser la matière à l’Esprit, il peut le faire encore, car il ne peut avoir disparu de la Terre. Donc, par la seule puissance de ces facultés, l’Esprit sera capable de réorganiser les organes malades ou dérangés, et qui ne sont plus selon les lois naturelles qui avaient présidé à leur organisation première. De là cette faculté de guérir comme par enchantement que possède l’Esprit.

Cette théorie explique aussi pourquoi certains lieux pourront posséder cette propriété, puisqu’il suffira (pie l’Esprit veuille bien accepter de remplir cet office de guérisseur, c’est-à-dire de remettre dans I«e bon ordre et l’harmonie les organes dérangés.

Sur la base de ma Philosophie.

(. Dialogue entre leMaitre et le Disciple )

Le Maître. —- L’Esprit et la Matière coexistent de toute Eternité.

Le Disciple. — Avez-vous posé cette base comme axiome, ou par imitation d’autres philosophes?

Le Maître. — Cette base résulte de toutes mes réflexions, depuis le début de mes recherches sur les Puissances occultes.

J’ai reconnu qu’il fallait qu’il existât dans l’univers un principe d’ordre et d’harmonie; que pour que cette harmonie et ordre existassent, il fallait un pouvoir unique afin que l’unité de plan, de lois et de principes, ne soient combattue par aucune autre Puissance occulte différente. L’Esprit possède la force pour exercer sa puissance.

Comme ce n'est pas une loi malhématique, j'ai donc été obligé de la poser comme si j'admettais cette vérité comme démontrée. Quant à moi je considère cette base

comme telle, parce qu’elle me parait obligatoire et que rien ne pourrait la remplacer dans ma conception.

Le Disciple . — Yolisavez ditquc l’Esprit était composé d’une substance intelligente. De quelle autre matière coexistante, voulez-vous parler?

Le Maître. — Je veux parler de toutes les autres substances matérielles ou éthérées, autres que celles qui composent le corps de l’Esprit.

Le Disciple . — Mais l’Esprit, que vous appelez aussi l’Etre ou le Principe créateur et directeur de l’univers, n’aurait-il pas pu créer ces matières ?

Le Maître. — Admettons que l’éther cosmique soit réellement le corps de l’Esprit, il serait possible d’admettre que l’Esprit ait fait sortir ces matières de cet éther cosmique. Alors je dirai : Au commencement il y avait l'Esprit, dont le corps était l’éther cosmique, remplissant les espaces célestes, ou l’agent dont il se servait.

Par suite des facultés créatrices de l’Esprit, il travailla l’éther cosmique, et en lit sortir toutes les sortes de substances matérielles (pie nous connaissons et qui forment les corps célestes, et aussi les substances étliérées qui ne tombent passons nos sens directs.

L’époque de ce travail colossal se perd dans l’Eternité. Mais après qu’il fut accompli, en remontant par la pensée à cette création de la Matière, j’aurai le droit de dire à ce moment: Dès lors l’Esprit et la Matière coexistèrent. Je ne fais donc (pie supprimer cette opération primordiale, et je considère l’Univers à partir de l’époque où la .Matière et l'Esprit coexistent désormais. Cette création de matière peut être continuée...

Enfin, si nous pouvions prouver que les diverses substances matérielles que nous connaissons, peuvent se transformer en éther cosmique, par une opération quelconque de diflusion poussée à un degré que nous

ignorons, nous aurions alors le droit d’ajouter à la création ce chapitre nouveau.

Du moment que les substances matérielles pourraient se transformer en éther ou s’y diffuser totalement, ou y retourner, nous aurions le droit de supposer que l’Esprit a pu opérer cette condensation de l’éther et en tirer, par ce moyen, les substances matérielles des systèmes planétaires. Mais jusqu’à ce que cette dernière vérité soit démontrée, il sera peut-être plus sage de s’en tenir à ma proposition du début, qui ne complique pas celle base philosophique.

Le Disciple. — Pourquoi êtes-vous convaincu que l’éther cosmique doit être le corps de l’Esprit, ou un attribut obligatoire du corps de la Divinité universelle ?

Le Maître. — Parce que la Divinité doit être partout. Elle doit tout ressentir. Elle doit gouverner tout, et percevoir toutes les forces de la Nature, qui se transmettent d’un corps à un autre parties vibrations variées. Nous avons pu mesurer quelques-unes de ces vibrations et leur fréquence; mais il en est bien d’autres que nous ne connaissons pas. Les vibrations de l’énergie vitales et de la pensée sont liées ensemble comme celles de la chaleur et de la lumière,

Par l’éther cosmique dans lequel les Etres sont plongés, la Divinité (ou l’Esprit) peut percevoir toutes les pensées de ces Etres.

Les substances intelligentes dont l’Esprit est formé, doivent être capables de les comprendre, de les enregistrer et de les interpréter. Si la survivance est une réalité cela ne démontrerait-il pas que les substances matérielles ne sont pas nécessaires pour enregistrer la mémoire des Etres. En ellêt, si la Personnalité survit, elle subsiste sous sa forme éthérée, et l’oblmation de se souvenir du passé, qualifie une des nécessités de la

Personnalité conservée. L’Etre psychique recèleraitdonc la mémoire.

Eu conséquence, l’Esprit étliéré ne pourrait-il aussi enregistrer tous les actes des mondes passés et présents? Donc la Divinité pourrait se souvenir.

Ce travai l’intellectuel immense, qui s’accomplit dans tous les mondes cosmiques et toutes les sphères éthérées, peut représenter l’acquit intellectuel et intégral de l’Univers.

Cher Disciple, aucune substance ne remplit mieux que l’éther toutes les conditions, pour constituer, pour la Divinité universelle, un organe merveilleux de perception répandu partout et pénétrant tout. Voilà pourquoi j’admets que j’ai trouvé le corps de la Divinité, sous une forme nouvelle et plus compréhensible. Mais Dieu n’en reste pas moins un Être colossal Inconcevable, sur lequel les humains seront forcés, dans leur orgueil de tout savoir, de laisser un voile épais.

C’est cette même pensée, qui m’a fait supposer que tous ces points lumineux de la voûte étoilée, étaient comme les yeux de cette Divinité. C’est pour ce même motif, que j’ai été conduit de déduction en déduction, à trouver dans tous ces soleils des centres d’activité divine, qui en font un Être possédant un nombre infini de têtes ou centres d’activité. C’est ainsi que notre soleil serait le centre d’activité fécondant et régnant sur notre système planétaire. Tue, éteins cette tête, ce Soleil, par la pensée, et tu tueras toute vie et toute pensée dans notre système solaire ; car vie et pensée sont liées... Tu auras donc tué le système solaire... — Si ce n’est qu’une comparaison symbolique, elle doit avoir un côté réel et mystérieux qui nous échappe; car nous ne saurons jamais, sous quelle forme une parcelle active de la Divinité siège dans le soleil et meut notre système.

LFS MYSTÈRES DE L UNIVEHS

Le Destin.

Le Disciple . —- Le Deslin Fatal n'est-il pas plus Puissant que la Divinité ?

Le Maître — Le Destin est la conséquence des actes de la Divinité. Il serait donc illogique qu’elle s’opposât à l’exécution des décrets du Destin qui découlent de ses propres actes.

Le Disciple — Comment peut-on supposer que le Destin existe ?

Le Maître. — De deux façons: La première résulte des conséquences de la prédiction de l’avenir. Or, il paraît certain que les humains possèdent des exemples Lien authentiques, où l’avenir a été prédit et s’est vérifié. Dans cette preuve pratique, il n’y a pas d’objection contre les faits, car ils démontrent que pour avoir été prévus, ils ont du être connus d’avance. La deuxième façon de montrer que le Destin doit exister, est basée sur la genèse même des pensées : écoute donc ceci.

II n’y a pas encore bien longtemps, on aurait cru impossible d’enregistrer les sons d’un orchestre de cent instruments mêlé de chants divers. Or, par le phonographe, il est démontré que tous ces sons variés peuvent être reproduits au moyen d’une succession de points en creux, tracés sur une ligne droite, et reproduisant l’ensemble des vibrations de l’orchestre et des chants.

Ainsi donc, malgré l’extrême complication des vibrations entendues, elles peuvent être enregistrées par des creux se succédant à des intervalles plus ou moins rapprochés. Ces creux sont plus ou moins profonds, et par la marche du style enregistreur, il se produit des bavures qui déforment ces empreintes creuses dans le sens du mouvement du style; bavures qui jouent un

LES MYSTKPES DK l’i’MVF.HS

rôle énorme sur la reproduction musicale en question et sur le timbre des chants et instruments.

En somme voici un phénomène qui paraissait très compliqué, et que le phonographe résoud avec une simplicité surprenante qui atteint les anciennes théories. Or, les pensées de l'Esprit ont pour source une substance éthérée dont nous n’avons pas idée. De meme l’énergie vitale primordiale a pour source cette meme substance éthérée, puisque vie et pensées sont liées.

Plus haut, j’ai expliqué que l’Esprit devait enregistrer les pensées et se souvenir. Nous ne pouvons refuser à l’Esprit, source de la vie et de la pensée primordiale de tous les Etres, de lui accorder au moins tous les attributs que possèdent les créatures. Il est meme certain que l’Esprit en possède un grand nombre que les humains ne peuvent soupçonner et parmi ceux-ci la mémoire.

Cher Disciple, il faut t’habituer pour raisonner, à regarder l’Esprit Universel, comme un Etre bien vivant, pensant et ayant toutes nos facultés (et beaucoup d’autres que nous ignorons), sous une forme qui échappe aux humains, puisque la Divinité est un Etre Inconcevable pour notre profonde ignorance. Cela posé, toutes les substances éthérées, aussi bien (pic les matérielles doivent suivre des lois naturelles qui existent sûrement, mais dont nous n’avons pas idée. Il est probable que si nous pouvions percevoir les vibrations de la pensée comme celles des sons, nous songerions à les enregistrer, si nous connaissions un instrument capable de le faire. Mais de ce que nous ne pouvons pas le faire, cela n’empêche pas que toutes vibrations de substances quelconques, exécutent un travail mécanique quelconque. Que ce travail soit d’ordre psychique, cela n’y fait rien. Cela voudra dire que ce travail porte sur

les substances intelligentes et puissantes qui composent l’Esprit.

Prédiction du futur.

Par suite, la substance pensante est profondément modifiée à chaque instant, par le travail de toutes ces vibrations enregistrées. Delà résulte un ordre qui se modifie sans cesse, un aspect qui change constamment dans la niasse des substances pensantes. Attendu que les actes des Êtres sont le résultat des pensées préalables conscientes ou inconscientes, nous admettrons que l’Esprit doit avoir conscience de ses actes.

En ce qui concerne l’Esprit lui-même, il n’y a aucune difficulté qu’il sache l’avenir des actes qu’il aura à accomplir, car il suit des lois naturelles bien déterminées. Mais les pensées des créatures sont à leur tour devenues de nouvelles sources de vibrations qui doivent modifier l’ordre et l’aspect de la substance éthérée pensant et enregistrant ces pensées. Il en résulte que l’Esprit n’aura pas de peine à reconnaître les modifications ou altérations produites par le fait des pensées des créatures. Or, les actes passés ne sont que clés pensées accomplies et enregistrées. Les actes futurs dépendent des actes passés, c’est-à-dire des pensées passées.

Tout se tenant, le temps et l’espace n’étant rien pour l’Esprit, il en résulte que le futur d’un siècle doit être pour l’Esprit comme le fait qui doit s’accomplir à la seconde pour nous, et que nous, humains, nous pouvons prévoir par les mêmes principes. La solution du Destin Fatal est donc liée à celle de la prédiction possible des actes futurs. Or, je viens de montrer que les substances pensantes (ou psychiques pour les humains) doivent suivre des lois naturelles, et que très probablement des parties modifiées de ces substances doivent avoir

LES MYSTÈ1ŒS DE l/UNlVERS

des actions sur d’autres parties des substances pensantes dans un état vibratoire diüerent.

Ou bien, si on le préfère, le mode vibratoire des pensées doit encore être plus varié que celui des diverses couleurs du prisme, dont les vibrations sont fort di(Térentes selon la couleur.

J’en conclus que selon la qualité et la nature des pensées, le mode vibratoire doit être très différent, et afî'ecter les substances pensantes de toutes sortes de manières variées et en rapport avec ces pensées.

Le tableau des pensées inscrites doit donc s’oflrir à l’Esprit sous des aspects correspondants et variés, qui lui permet les prédictions.

On pourrait considérer les pensées comme des séries d’équations non résolues, tant qu’elles n'ont pas été exécutées. 11 n’en est pas moins vrai que ces équations contiennent la solution cherchée, et comme les pensées présentes (ou les faits, ce qui est la même chose) dépendent des équations psychiques déjà posées, l’avenir en dépend, et il se trouve déterminé.

Le Disciple. — Mais alors que deviennent la conscience, la raison, le libre arbitre, si la Destinée existe?

Le Maître. — Je l’ai déjà dit : L’homme n’est qu’un instrument de chair au service de l’Esprit (la Divinité). Il a l’apparence de la liberté, et son esclavage lui est caché précieusement. Les animaux n’ont même pas la raison humaine pour se décider dans leurs actes naturels et impulsifs; mais sache que les animaux gagnent en repos et agrément ce qu’ils perdent en connaissance, car ils n’onl pas comme nous tous les soucis de la réllexion, de la déduction et les af 1res de la mort. Ils se moquent de l’Immortalité, car ils n’ont pas la faculté d’y songer.

Toutefois l’homme a une sphère d’action où il jouit

crime liberté relative. Mais c’est la marche (le celte sphère d'action, clans lequelle il est enfermé, contre laquelle il ne peut rien. Cela veut dire que pour une foule de détails de la vie, il sera libre, mais que les grandes lignes sont déjà fixées à sa naissance. Ainsi s’expliquent certaines destinées fatales, capricieuses, inouïes, qui devaient s’accomplir inexorablement.

C’est par leur communion avec l'Esprit que certains prophètes ont pu dire l’avenir, inspiré par cet Esprit dans lequel nous sommes tous plongés. Cette pensée d’avenir, qu’ils émettent sous l'influence souvent d’une grande émotion, ne vient pas d’eux, mais de l'Esprit qui la leur communique. C’est ce qui fait que la prophétie est spontanée, et que celui qui prédit ne doit pas chercher à réfléchir ni à expliquer. Il émet simplement son inspiration eL telle qu’elle lui vient. De meme les Esprits, en communication plus intime avec la Divinité, jouissent souvent de cette faculté; quand l’Esprit le permet et les inspire.

Quant à la raison, elle consiste en cette faculté que possède l'homme de refuser ou d’accepter les pensées perçues par lui, dans l’ordre convenable pour déduire logiquement. C’est l'Ame qui possède la conscience normale.

Les pensées étant des vibrations, celles-ci sont agréables ou désagréables à notre Etre psychique, exactement, comme le goût, l’odeur, la couleur des choses. Mais pour pouvoir raisonner, il faut que l’Etre psychique humain soit capable aussi de penser et de produire des pensés proprio motu. Si en effet nos pensées venaient de l’Esprit extérieur à nos corps, la raison consisterait à faire raisonner cet Esprit, et nous ne serions que les auditeurs de la discussion des pensées. Kélléchir, c’est causer entre rame et le Mansprit.

LES MYSTÈltKS DE l’uNIVEHS

Le Disciple .—- Eermelte/.-moi d’être désolé de ce (|iii précède. De quelle utilité peuvent être les efforts individuels sur la destinée ?

Le Maître . — D’une manière générale, les efforts individuels ne donnent que de maigres résultats, si comme l’Esprit nous envisagions, non pas l’Etre, mais riiumanité ou la Nature entière. C’est pour cela que les efforts collectifs peuvent devenir féconds en résultats, et voici l'argument consolant.

Nous ne connaissons pas les dimensions de la sphère d'activité de chaque Etre, emporté dans le tourbillon d’une destinée sociale, ou de celle de son milieu, ou d’un groupe d’humains. Cette sphère est peut-être plus large que je me l’imagine personnellement (à cause de mon sort).

Il est probable que tous les efforts individuels, tendant à élargir cette sphère étroite, doivent avoir un résultat, par le fait même que cet effort a été fait à l’état potentiel. C’est en cela que les intentions ou pensées bonnes ou mauvaises deviennent des forces, qui peuvent un jour recevoir leur exécution dans des circonstances favorables. Je comparerai cela aux inventions ou à la solution de problèmes difficiles qui apparaissent sur plusieurs points du globe en même temps.

Cette invention était dans l’air, dira-t-on sous forme imagée. En réalité, ce n’est pas là une image. Les organisations spéciales ou d’élite profitent sans le savoir etmême»sans s’en rendre compte, des travaux d’obscurs chercheurs, morts dans la misère, ou dont les travaux de génie sont restés inconnus du public. Mais, sache-le bien, les pensées vivent et influent sur la masse des pensées déjà enregistrées. C’est en cela que par un phénomène analogue, l’humanité progresse, dirigée par l’Esprit.

LKS MYSTKHES DE l’uNIVEHS

'Tout en so conformant aux lois naturelles, on conçoit que l’Espril puisse favoriser les ellorts des génies intellectuels qui lui sont chers, car ils sont son œuvre. Malheureusement la Nature est cruelle et sans pitié. La charité lui est inconnue, et elle ne voit (pie le hul à atteindre. C’est ainsi qu’elle achèvera les blessés et soutiendra les loris. L’homme, heureusement, ne connaissant pas son deslin doit faire tous ses ellorts pour arriver au but qu’il se propose, car il peut supposer (pie ces luttes et ellorts sont dans sa destinée. Quelquefois, il ne réussira pas, mais d’autres fois il recevra la récompense de ses elTorls.

Suppose deux hommes à la mer en train de se noyer. L’un dira : à quoi bon lutter, je ne vois aucun secours venir; je serai mort avant leur arrivée et telle est ma destinée. — L’autre dira : cj 11 i sait, luttons de toutes nos forces. Peut-être trouverai-je une épave pour me reposer, etc. Bref, le premier se noie et le second est en lin sauvé par un secours qui lui arrive au dernier moment.

En discutant cel exemple, il y aurait beaucoup à dire.

Il serait possible (pie le premier dut mourir noyé, et (pie les idées de ne pas lutter (pii lui venaient, étaient conformes à sa destinée fatale.

Tandis ([lie l’heure de la mort du second n’elait pas encore sonnée, et il recevait l’inspiration de lutter à outrance. C’est la une solution assez conforme à mes conceptions, que I on pourrait appliquer aux Turcs fatalistes dont la maison brûle.

Toutefois, j’aimerais à croire (pie la Divinité peut souvent intervenir, et modifier le sort des peuples par sa toute Puissance. L histoire de Jeanne d’Arc parait dans ce cas.

LES MYSTKHES DE u’UNIVEIlS

Sans être maître du Destin, auquel il ne peut que se conformer fatalement, il est probable que la Divinité, doit chercher à améliorer le sort de ses créatures, quand cela lui est possible, sans altérer les grandes lignes des lois inexorables qui régissent les substances matérielles.

Dans un système Planétaire, le livre du Destin pourrait donc subir des modifications, selon la marche des faits d’ordre psychique. Or, il faut reconnaître que, finalement, les pensées pouvant aboutir et se traduire par des actes, les substances éthérées intelligentes pourront intervenir, lorsque les faits se rapporteront à des pensées de VEsprit ou de ses créatures , dans Vordre osi/chique plus élastique.

La Divinité pourra ne pas intervenir pour modifier la marche des faiLs purement matériels, et sur lesquels la pensée ne peut rien. Il en sera ainsi par exemple des phénomènes cosmiques, comme la marche des astres dans l’univers, ou des vents sur la Terre. Mais il est possible que la Divinité intervienne dans la marche de ('histoire des peuples, où la pensée intervient. Je dirai meme plus, il faut que ce soit ainsi, puisque j ai affirmé que les humains n’étaient que des instruments de chair au service des Puissances occultes, quelles qu’elles soient. On ne comprendrait pas, en ellét, que la Divinité ait créé ces Etres merveilleux que sont les humains, si elle n’avait pas eu l’intention de les diriger pour un résultat à atteindre. Si elle adonné aux humains une parcelle de son Intelligence colossale, il faut supposer, que ce fut dans le but de mettre leurs facultés perfectibles au service du but caché que s'est proposé cette Divinité. C’est en cela que le Destin peut ne pas être fatal, et (pie les efforts des humains peuvent être suivis de réussite; ce qui exclut l’aveugle Fatalité.

Le Disciple. —J’avoue, cher Maître, que je ne suis pas fixé complètement.

Le Maître. — C’est cjne tu me demandes la solution de l’un des problèmes les plus difficiles de ma philosopliie. J’ai dit ce que je supposais; mais l’homme est sujet à erreurs dans ses appréciations.

Dans ce que jjai dit, il doit y avoir une part de vrai, puisque l’avenir a pu être prédit plusieurs fois. Mais il y a peut-être aussi une part d’erreur, parce que la pensée iTagit pas directement dans l’ordre des substances matérielles, et que la Divinité cpii pense, doit rester maîtresse de ses pensées qui sont des actes présents, passés et futurs.

De ce que la Fatalité doit exister dans l’ordre des substances matérielles, cela 11 e démontre pas qu’elle doit aussi exister dans l’ordre des substances psychiques, lit cela est sûrement encore moins vrai dans la substance psychique personnelle de la Divinité, qui constitue l’Esprit. Autrement dit : Si la Divinité est l’esclave de ses pensées dans l’ordre matériel, elle peut régner en maître dans l’ordre éthéré qui la concerne ainsi que dans l’ordre psychique.

Si la Fatalité existe pour les matières que nous appelons inertes, elle peut être relative ou peut être modifiable pour les Etres organisés, attendu que leurs pensées sont essentiellement mobiles et changeantes. Il est possible que dans l’ordre de ces substances pensantes engendrant les futurs actes, tout soit également mobile et changeant. Tu vois, cher disciple, combien la question est complexe !

Le Disciple. — Alors que faire?

Le Maître. — Eli bien! dans le doute, pratique la formule connue : Aide-toi et le ciel t’aidera. Admets qu’il n’y a pas de Fatalité, et laisse cela aux philosophes

qui en sont certains, sans pouvoir le démontrer. Agis en conséquence, et comme tu ne connais pas ton Sort, arme-toi de toutes les forces de ton énergie pour lutter dans la vie, et arriver au but que tu désires atteindre. Et surtout, ne dis jamais : A quoi lion, le sort en est jeté! A quoi bon lutter, si le Destin fatal est arrêté?

Bref, ce Destin peut être arrêté, mais il peut aussi ne pas l’être; parce que je crois que Dieu conserve la direction de l'humanité et de ses créatures. Donc agis en conséquence et ne te laisse jamais abattre.

Le Disciple. — Si Dieu gouverne l’humanité, d’où nous viennent nos défauts, nos mauvaises passions, le mal en un mol?

Le Maître. — Il est évident que le mal est en nous, que nos mauvais instincts sont en nous, à la façon dont les carnassiers sont cruels naturellement. 11 faut admettre que l’Esprit Créateur n’a pu faire autrement. Pour le dire, je me hase toujours sur l'ordre de l’Univers et sur toutes les merveilles de la nature, révélant un Etre profondément, colossalement intelligent; si intelligent, que les pauvres humains n’ont pas une idée,même très éloignée,de ce que peut être celte intelligence qui a accompli le miracle de la Nature créée. Cela étant admis, je dois en conclure, (pie les choses ont dû se passer fatalement comme elles ont eu lieu, et que l’Esprit a dû tirer le parti maximum des matériaux qu’il avait à sa disposition pour créer les Êtres, en exerçant les lois naturelles.

Je t’ai déjà démontré qu’il y avait deux sortes d intelligences : l’une fatale et innée,dépendant de la nature intime des substances organisées; l’autre maniable, susceplilde de volonté propre et provenant de l’agrégat de ces substances organisées sous la forme d’Etres vivants. C'est ainsi que la substance organisée du mol-

LES MYSTERES DE l'uNIVEHS

Jusque construira fatalement un genre de coquille qui sera propre à l’espèce de ce mollusque. Ce seront les facultés des monobies de ce mollusque. Quant à l’agrégat de ces monobies,il constituera le mollusque luimême, qui aura un genre d’intelligence spéciale à cet Etre. Je prends cet exemple exprès, afin de te montrer qu’un Etre fort peu intelligent pourra être composé de monobies accomplissant fatalement (ce cpie vous appelez par instinct) la construction de coquilles remarquables comme architecture et connue coloration.

Chez l’homme, c’est en vertu de ces memes facultés des monobies de son corps, que les os se forment, que la digestion se fait, que les cheveux et les ongles sont construits, que le sang se forme, est épuré, circule, et (pic les déchets sont expulsés, etc., etc. C’est là l’intelligence latale innée de la chair humaine, de nos organes divers, travaillant au service de la corporation des monobies qui forment l’Etre humain. A l’inverse du mollusque, si scs monobies ne sont guère plus intelligentes prises individuellement, par groupe ou colonie, en revanche, l’agrégat des monobies humaines constitue l’E tre humain, dont nous vantons l'intelligence souple, variée et la perfectibilité.

Tu vois donc déjà que nous avons en nous des facultés latales et innées, dont nous ne nous doutons pas,et dont l'Esprit a doué notre corps. Or, déjà la construction de nos organes divers est effectuée par ces memes monobies. Ce seront les monobies, par exemple, qui entretiendront nos organes cérébraux dans l’état convenable pour leur permettre de percevoir et d’analyser les pensées. Il en résulte qu’il doit exister une loi mystérieuse qui relie les incultes des monobies considérées isolément et celles de leur agrégat en une masse formant le corps des Etres.

L’Esprit créateur ne saurait avoir réglé avec autant d’intelligence les facultés des monobies, sans avoir également réglé les facultés de leur agrégat. On conçoit, en effet, que chaque Etre est exécuté sur un [dan bien déterminé, et dont l’origine se perd dans les formes éternelles déterminées et voulues de toute éternité, selon les conditions des substances de ces Etres et du milieu où ils sont appelés à vivre.

Cela posé, il est évident que l’Esprit créateur, nous a créés avec tous nos vices, [lassions, défauts et qualités, et que l’état mental des Etres doit résulter des substances dont ils sont formés et du milieu où ils doivent vivre.

Du moment qu’il existe des substances pensantes et intelligentes, il est logique de supposer qu’il peut exister des substances d’ordres divers qui se classent en substances inférieures et supérieures de différents ordres.Nier cette vérité, ce serait vouloir nier aussi que la Divinité créatrice n’a pas doué les poissons de celte voracité qui fait que les gros poissons se nourrissent de plus petits. Donc n’ergotons pas, et acceptons le fait comme certain. Comme nous descendons d’Esprits de meme forme, par voie de matérialisation, il faut admettre également que les Esprits anthropomorphes avaient une mentalité analogue ou adéquate à la nôtre.

Il est clair que les Esprits, ayant des corps différents des nôtres, et n’étant pas formés des memes substances, ne devaient pas apprécier les choses comme nous.Nous ne pouvons, en effet, apprécier toutes choses que par les facultés de nos organes. Il en résulte que les Esprits ayant des organes d’une autre nature, sinon de meme forme, et des facultés différentes que nous ignorons, devaient exercer leur mentalité dans des directions différentes des nôtres.

LES MYSTÈRES DE l’uNIVERS

Il n’en est pas moins exact que les Esprits dont nous descendons devaient avoir, au moins en germe, sinon à un degré plus élevé, toutes les passions, tous les défauts et qualités qui caractérisentla mentalité humaine matérialisée.

Autre point. — Nous savons que les forces qui agissent comme la chaleur sur l’éther cosmique et le mettent en vibration, n’exercent pas des effets identiques sur les substances matérielles. Il n’y a qu’à se rappeler les points de fusion des corps ou les lois de leur chaleur spécifique. Pourquoi n’en serait-il pas ainsi des substances éthérées intelligentes et pourquoi, dans l’exercice de leurs facultés, ne produiraient-elles pas des eflcts différents dans l’ordre intellectuel et mental? Je veux dire par là, que l’Esprit créateur ne saurait donner à un tigre par exemple une mentalité autre que la sienne. Autrement dit, chaque Etre doit avoir la mentalité qui convient à sa nature, à son genre de substance dont il est formé, au milieu où il vit et conforme à l’espèce d’Etres dont il fait partie. C’est ainsi que je puis dire que le mal est fatal et (pie ses sources profondes sont au-dessus de nos atteintes. Ce n’est que par sa perfectibilité ([lie rimmain a pu et peut atténuer les résultats d’une situation créée et désolante.

11 est logique d’aflirmer que la Divinité n’a pas voulu créer le mal, et ([lie ces maux dont nous nous plaignons sont le résultat des lois naturelles qu’elle suit fatalement.

Si la survivance existe, les humains, en perdant la substance de leurs corps de chair, perdront donc une des sources de leurs misères. Et, à mesure que par des morts successives, les substances composant leurs corps s’épureront,! leur mentalité s’épurera fatalement et malgré eux, puisqu’ils n’auront plus en eux les sources des maux qui les affligeaient.

LES MYSTÈRES DE l’üNIYERS

C'est la Perfection Divine,son intelligence colossale, les lois d’ordre et d'harmonie de l'univers (|ui me permettent d’affirmer que cet Etre Inconcevable ne peut vouloir que ce qui est Juste, car la Justice dépend de l’ordre et de l’harmonie. Il serait illogique de supposer qu’un Etre doué d’une intelligence aussi colossale, qui embrasse l’univers, puisse vouloir ce qui est imparfait ou le mal. Je crois avoir démontré l’existence de substances pensantes et intelligentes. Qu’y aurait-il d’illogique de supposer qu’il peut exister des substances d’ordres inférieurs et d’ordres supérieurs?

Autre point. — De même que sur une Planète nous remarquons la diversité des Etres et de leurs facultés, si nous examinons un système planétaire, nous serons convaincus que ce n’est là ([lie petite chose par rapport à l’univers infini.

Au point de vue symbolique et synthétique, embrassant une création Planétaire intégrale, nous pourrions regarder la Terre comme un Etre ayant la mentalité moyenne des Etres qui vivent à sa surface. Il en résulte que nous pourrons dire que la Terre a une mauvaise mentalité. C’est là un malheur pour ses habitants. Mais pour tous les mêmes motifs que je viens d’invoquer, nous pouvons aussi affirmer qu’il doit exister des mondes cosmiques autres que notre pauvre Terre, où la mentalité moyenne doit être bien supérieure, comme il doit exister d’autres Planètes inférieures à la nôtre comme mentalité.Tout étant créé d’après un plan général unique, de même que sur notre Terre il y a des animaux immondes et venimeux, il doit exister dans les espaces des PlanèLes immondes et venimeuses symboliquement. De même dans l’ordre matériel pur des matières inertes, il y aura de grosses Planètes et de très petits corps célestes, comme il y a des éléphants et des microzoaires.

Certes, notre soi t n’est pas enviable, car il doit exister des mondes célestes, qui doivent être de véritables paradis auprès de notre Terre. Mais il doit exister aussi des Planètes qui sont des enfers auprès de notre existence.

Je ne pense pas (pie la loi naturelle fasse jamais reculer les Etres dans Tordre mental et intellectuel. Peutêtre jouirons-nous plus tard d’une existence qui nous consolera de ce séjour terrestre bien pénible pour les déshérités de la vie. Peut-être qu’un jour, la Divinité se décidera à donnera l’humanité, et quand l’heure sera venue, des preuves absolues et indiscutables de la survivance de la personnalité après la mort du corps.

Là encore, comme pour la Fatalité je concilierai (pie dans le doute il faut laisser les philosophes se creuser la tète pour arriver à une solution morale qui ne dépend pas d eux. Il est bon, il est moral, d’enseigner aux peuples la réalité de cette survivance, base de toutes religions. Gardons-nous d’enlever leur foi à ceux qui la possèdent. Ce serait un crime; car la foi entraîne T espérance, et l’espérance est la seule richesse du malheureux, la seule croyance qui puisse le consoler et le moraliser...

Le Disciple. — Si j’ai compris, il faudrait admettre (pie des substances pouvant penser, devaient contenir leur genre de moralité qui découle de cetle faculté de penser ; que, par suite, dans l'univers les substances pensantes pou vaient se classer en inférieures et supérieures avec toutes les nuances intermédiaires* Ensuite, que la Divinité n’ayant eu sur notre Planète que des substances d'un ordre assez inférieur, l’Esprit créateur en avait tiré le meilleur parti possible, mais que la mentalité terrestre qui en résultait n’était pas brillante* Enfin, qu’il devait exister dans l’univers des Planètes ayant toutes sortes de mentalités. Est-ce cela?

Le Maître. <— Oui, telle est ma pensée superficielle; celle qu’il me paraît plus simple (l’exposer. C'est cette ihéorie qui m’a fait dire que la Divinité était satanique symboliquement sur notre Planète, quant aux résultats obtenus.

Il faudrait distinguer entre les substances pensantes organisées par l’Esprit, dont la substance pensante incréée,coexistante et préexistante de toute éternité doit avoir la perfection certaine. Ce sont les substances pensantes organisées et correspondant aux Etres créés qui sont inférieures et entraînent une moralité inférieure.

Cette question de substances pensantes créées et de qualité inférieure que notre humanité possède, m’a fait songer que c’était là un argument pour maintenir ma base du début telle quelle, à savoir : L’Esprit et la matière coexistent de toute Éternité. En ellet, si l’Esprit avait tiré de la substance corporelle de son corps, qui est l’éther cosmique, toutes les autres substances et matières diverses, nous pourrions accuser la Divinité, ou l’Esprit Créateur, d’avoir accompli un mauvais travail. Pourquoi l’Esprit aurait-il créé ici de la substance élhérée et matérielle inférieure, et dans tel autre système Planétaire des substances éthérées et matérielles supérieures ? Pourquoi d’une meme substance homogène comme l’éther, n’aurait-il pas extrait, partout dans tous les inondes cosmiques, et par la même opération les substances éthérées et matérielles les plus parfaites ? Cela eut été une faute illogique, et un manque de soin incompatible avec la Perfection et la Toute Puissance divine. Bref, je préfère m’en tenir à ce mystère, que l’Esprit et la matière coexistaient; et que l’Esprit a du exercer ses facultés prodigieuses sur toutes les sortes et espèces de substances éthérées et matérielles, telles qu’elles s’oflraient à ce travail de création s’accomplis-

saut (|uand l’heure marquée par le Destin était arrivée.

Je ne veux pas dire que Satan, à l’existence duquel je ne puis croire par logique (car il ne peut y avoir deux maîtres), gouverne la Terre, mais l’Esprit de notre Planète n’en est pas moins satanique, dans la plus large acception du mot. C’est ainsi que je dirai : notre humanité est satanique, sans blasphémer.

Pour terminer et compléter cet exposé, j’ajouterai ceci encore : Si le monde occulte des Esprits existe, si ce monde Invisible est bien un monde réel peuplé d’Etres ayant leur personnalité, je dirai que les Esprits avec lesquels les humains sont en rapports étroits et dont ils sont descendus par voie de matérialisation, ont forcément aussi cette mentalité satanique et que meme nous la leur devons. En clFet, ce ne sont pas des Esprits supérieurs qui s’occupent de tous les détails des affaires humaines, mais bien des Etres éthérés d’un ordre inférieur et attachés encore aux choses matérielles de notre Planète. Ces Esprits auraient donc une mentalité mauvaise qui indue tellement sur la moralité humaine, qu’ils sont les causes profondes et occultes du mal...

Le Disciple .— D’après ce qui précède, je comprends qu’il est préférable, dans l’état actuel de la Science, de maintenir la base de la matière et de l’Esprit comme coexistant, sans que les substances diverses aient pu être extraites de l’éther cosmique par la Science et la volonté de l’Esprit; mais ce n’est pas absolu...

Le Maître . — Il faut toujours soigner les bases d’une théorie, et essayer de les établir aussi solidement que possible. J’ignore si les substances ne peuvent retourner dans la masse de l’éther cosmique; mais je crois que nous pouvons affirmer que rien 11 e nous autorise à le supposer. Et si les Puissances divines, par

LES MYSTÈRES DE ï/UNIVERS

la création, avaient opéré ce travail de transformation de l’élher, en substances diverses matérielles et éthérées créées, ce ne serait pas pour permettre qu'au cours de Vhistoire géologique de notre globe , ces diverses substances puissent retourner à leur source éternelle.

Le Disciple . — Sur quel principe est basée cette affirmation ?

Le Maître . — Sur les faits que nous connaissons. En effet, il faut admettre qu'aux confins de notre atmosphère, tous les gaz qui la composent, y compris la vapeur d’eau, sont dans un état de raréfaction telle, qu'il ne nous serait pas possible de concevoir une plus grande diffusion de ces gaz. Or, à la limite de l’atmosplière ces gaz raréfiés sont en contact direct avec l'éther, et ne s’y mélangent pas. En efièt, s’il en était ainsi, l’atmosphère terrestre aurait vite disparu peu à peu, par son mélange des conciles extrêmes avec l’éther. J’en conclus que rien ne prouve la réalité de ces phénomènes, mais qu’au contraire la séparation de l’éther et de l’atmosphère est parfaitement tranchée. J’en déduis qu’un corps d’ordre matériel, fut-il raréfié à ses extrêmes limites, reste quand même matériel, et qu'il y a un abîme entre ces deux genres de substances éthérées et matérielles.

Je maintiens donc ma base énergiquement, et je ne crois pas que jamais cette question soit solutionnée pratiquement. C’est-à-dire que les humains puissent arriver à démontrer que les substances matérielles extrêmement raréfiées et diffusées, se transforment en éther, c'est-à-dire en une substance impondérable. Je veux dire enfin que la masse d’un corps ne perd jamais ses droits, et que quelle que soit la forme sous laquelle nous envisageons une masse solide d’un corps matériel, sa masse restera invariable, qu’il soit solide, liquide ou

LES MYSTÈIŒS DE i/UNIVEtlS

gazeux. Toutefois Dieu pourrait disperser les matériaux d’une Planète, en agissant sur le Sosie élhéré de cette Planète.

Cette invariabilité de la masse des corps esl une garantie de ma base, et c'est la meilleure preuve (pie nous ayons de la réalité des matières qui composent notre Planète et les autres corps célestes.

Quant aux substances éthérées, dont j’admets l’existence, nous n’avons sur elles (pie bien peu de renseignements. J’admets leur nécessité pour les mêmes raisons <pii ont permis aux savants d’admettre l'éther cosmique logique. C’est un raisonnement analogue (pii permet (l’affirmer l’existence et la nature éthérée de l’Ame humaine (pie nous ne voyons pas...

Le Disciple. —Je désirerais être mieux lixé sur l'Esprit. non créé, et sur la Création des Etres doués d’Esprit.

Le Maître. - Il vaudrait mieux dire l’Espril-Créateur et les Esprits créés. L Esprit naturel, ou la Divinité Eternelle, étant la source naturelle de toute vie et de toute intelligence, n’a pu (pie faire des emprunts à sa propre source, pour créer la vie et l’intelligence des Êtres.

Dieu.

Entre les Esprits créés et l’Esprit divin, il y a l’abîme qui sépare Dieu et la Nature. Je veux dire que bien des penseurs ont du être tentés de confondre la Nature, œuvre créée, et l’Ouvrier Divin, son créateur. Je suis convaincu que des génies comme les Newton, Pascal, Laplace, etc., n auraient pas commis cette faute contre la logique, car il est impossible de ne pas reconnaître un plan dans la création, et de méconnaître

l’ordre et l’harmonie universels, qui exigent une direction supérieure unique.

Je dis unique, parce que si l’on pouvait supposer, qu’en deux points différents de l’Univers, il existât deux pouvoirs divins exerçant des lois contraires ou différentes, il n’v aurait plus de raison pour ne pas supposer l’Univers peuplé de Divinités diverses et obéissant à leurs lois différentes. Il en résulterait dans ce cas, un bouleversement général, et il n’y aurait plus ordre et harmonie universels : ce serait le chaos.

Au contraire, d’après ma conception la Divinité Universelle est composée de la répétition à l’infini des parties de celte Divinité, exerçant ses facultés sur tous les mondes et systèmes Planétaires qui gravitent à travers les espaces stellaires. C’est de cette façon que je conçois que notre système solaire a sa divinité spéciale, qui n’est qu’une partie de la divinité Infinie fixée dans notre système solaire. Puisque l’éther cosmique est le corps sensible de la Divinité et sa partie la plus substantielle, il est clair que cet éther met en communication, fusion et communion tous les mondes cosmiques et toutes les parties de l’Univers. L’Esprit, qui anime le système planétaire de Sirius, ne saurait donc être différent du nôtre. Il y exerce les mêmes facultés et il y suit les mêmes lois naturelles et éternelles.

Ce sera dans les œuvres créées, que nous pourrons constater de profondes différences ; car les facultés de l’Esprit s’exerçant sur des substances différentes, devront naturellement produire des résultats différents. C’est-à-dire que la création opérée dans le système de Sirius, différera profondément; à moins que, par un hasard prodigieux et improbable, non seulement la forme du système de Sirius soit identique à notre sys-

tème solaire, mais encore que les substances composant ces deux systèmes si éloignés soient identiques aussi.

La Création.

Cela dit, lorsque l’heure de la création des Esprits, zoosprits, végetsprits, etc., ou Etres élhérés de toutes espèces fut arrivée pour noire Planète, l’Esprit a du faire non seulement des emprunts dans sa propre substance corporelle éthérée, mais encore se servir des diverses substances qui composaient notre Planète. Cela me paraît évident, pour tous les motifs que j’ai déjà exposés, et parce que, s’il en avait été autrement, la Divinité n’aurait pas besoin des mondes planétaires pour y exercer ses facultés. Il aurait alors créé dans l’Espace des Etres, qui auraient été semblables à lui, ou du moins, auraient été une partie exacte de son corps et de son Esprit, ce qui n’est pas.

Pour faire comprendre ma pensée, je vais la matérialiser. Supposons que la mer soit le corps d’une divinité créatrice, comment supposer que cette divinité créerait des Etres liquides et exclusivement composés d’eau de mer comme elle. Il faudrait donc que cet Etre idéal formé d’eau de mer, ait des limites, des contours arretés, el queltiue chose de plus, qui empêcherait cet Etre, formé d’eau de mer, de se confondre de suite avec la mer immense, dont la divinité aurait voulu le faire sorlir et le différencier de sa personnalité...

De cette comparaison je conclus que le Créateur a du se servir des substances qu’il avait à sa disposition, pour donner un corps éthéré à ces Etres éthérés. Pour cela et par scs facultés créatrices naturelles, j’ai déjà expliqué qu’il avait, par ses pensées créatrices, organisé

LES MYSTERES DE i/uMVERS

les substances de manière à leur donner des formes et des facultés dépendant des substances dont les nouveaux El res étaient formés.

D’après cette conception de la Divinité, nous devons la supposer à tout instant, en pleine possession de toutes ses facultés. .le veux dire que l’Esprit n’a pas du s’essayer à créer, ou faire des essais plus ou moins heureux, lia dù triturer les substances d’après des lois éternelles et naturelles. Autrement dit, le premier insecte que l’Esprit créa, a du être aussi parfait que les insectes similaires qui peuvent ou pourraient exister aujourd’hui : par exemple les grillons, que nous retrouvons dans des couches de charbon fossile, provenant des immenses forêts des premières créations.

Sache bien, cher disciple, que le monde matériel n’est qu’une image grossière du monde élhéré, créé dans les débuts de l’histoire géologique de notre Globe terrestre. Lorsque la Terre était inhabitée, elle était déjà peuplée de tout un monde d’Étres éthérés de toutes formes et de toutes espèces, qui devait donner naissance à notre monde matériel, c’est-à-dire à tous les Etres matérialisés.

Ainsi que jelemonlre, les Esprits créés, l’ont donc été sous deux formes différentes: sous la forme éthérée, puis en dernier lieu sous la forme matérielle, par voie de matérialisation , des formes correspondantes éthérée s, dont le sort fatal et naturel, était de subir cette transformation, à mesure (pie iheure sonnait, pour chaque espèce (VEtres éthérés , d'être matérialisée ... Les végetsprits, les zoosprits (Esprits animaux , commencèrent les premiers à subir ce sort, quand les conditions normales, climatologiques et naturelles furent favorables.

A propos de la création, comme en toutes matières philosophiques où la Divinité intervient, nous devons

LES MYSTÈHES DE CUNIVEHS

toujours supposer <|ito les faits ont subi une marche naturelle, logique et fatale. Il ne faut pas imaginer, mais chercher, par tous les moyens, à se rapprocher des fails autant que possible. L'homme ne peut rien expliquer, il ne peut que constater et décrire des phénomènes de son mieux : j’essaierai d’en faire autant.

Nous devons donc suivre un ordre logique pour celte création. Cela nous conduit de suite à supposer que le inonde élhéré de Pair et de la mer, devait pulluler de microzoaires éthérés, qui furent les premiers Etres matérialisés.

Cette sorte de matière animale, à existence éphémère, a du tomber un certain temps, comme une pluie, au fond des mers et sur la Lerre. Ce fut ainsi que les divers genres d’humus et de terres végétales terrestres et marines, furent créés.

On conçoit qu’ensuilc des végétaux purent être matérialisés, car ils trouvèrent dans ces terres, leur nourriture naturelle. Les végétaux furent donc les premiers Etres terrestres, ceux chez lesquels l’esprit était doué d’une intelligence presque nulle. Mais remarquons au contraire que les monobics végétales sont douées de facultés aussi remarquables et aussi variées que celles de tous les animaux y compris l’homme.

Digression sur la véritable nature des végétaux.

Quoique ce ne soit passa place, tu me pardonneras de faire une digression au sujet des Etres végétaux, en rappelant une de mes anciennes pages de mon Journal.

Les mers durent être peuplées avant la Perre, si nous en jugeons par l’histoire géologique de notre Olobe.

A l'époque de son refroidissement, la mer dut couvrir toute la surface terrestre. Il est probable qu’elle dut être peuplée avant qucles terres eussenlle temps d'émer-

ger; mais cela n’est pas certain. En ellet, l’apparition des terres est due aux plissements de l’écorce terrestre, par suite des contractions occasionnées par son refroidissement. Or, cà l’époque où la Terre ne s’était pas encore assez refroidie, pour que de grands ilôts eussent apparu, il est probable que la température de la mer devait encore être considérable et peut-être bouillonner sous l’eflet de ces plissements et contractions qui devaient amener des éruptions sous-marines d’une manière continue. Lorsque les premières terres parurent, la température des eaux de la mer devait être encore Irès élevée.

Il ne serait donc pas impossible, que la première partie du globe, propre à recevoir des Etres vivants, efiLélé un continent assez vaste pour échapper aux vapeurs marines. L’épaisseur de croûte terrestre, mauvaise conductrice de la chaleur, plaide aussi en faveur de cette hypothèse. Je laisse cette discussion aux savants qu’elle intéresse.

Je voulais simplement intercaler ici mon opinion sur les microzoaires qui peuplent les troncs et tiges des végétaux :

Je vais la résumer en quelques lignes : Nous savons que notre atmosphère contient diverses combinaisons du carbone sous la forme gazeuse, et que la mer contient également divers sels de carbone, notamment du carbonate de chaux en grande q nanti té. —- Il est très curieux de constater que les facultés de la Nature créée s'appliquent de la même façon dans la mer et notre atmosphère, à extraire ces combinaisons du carbone, pour les fixer dans des végétations terrestres et marines. — Les coraux et îles madréporiques forment des amas tellement considérables que nous pouvons les comparer aux anciennes forêts vierges. Or les coraux et

madrépores fixent dans leurs tiges el amas arborescents le carbonate de chaux, tandis que nos végétaux et forêts purgent l’air de l'acide carbonique, et de tous les gaz où le carbone entre en combinaison.

Longtemps on a discuté pour savoir si les coraux étaient un végétal marin, ou l’œuvre d’un microzoaire marin. Finalement on a reconnu que ces constructions arborescentes étaient l’œuvre de petits Etres vivants qui opéraient par trilliards de trilliards ces constructions colossales.

J’ai eu l’idée de rechercher si les végétaux qui ne sont que les coraux et madrépores de la Terre, n’étaient pas également l’œuvre, de petits Etres vivants, sortes de microzoaires, remplissant les mêmes fonctions que les microzoaires des coraux par exemple. Pour le vérifier, j'ai examiné au microscope et sur pied des tiges de pommes de terre plantées dans un vase, sans attendre que l’entaille puisse sécher. C’est-à-dire que j’ai entaillé avec soin une tige bien verte et vigoureuse, en pleine santé, et fait l’examen illico. J’ai cru reconnaître, que dans l’intérieur de celte tige entaillée, de petits Etres, très petits et de forme vermiculalre se mouvaient ou plutôt se contractaient lentement.

Il faudrait se livrer à de nouveaux essais, en employant les colorations au carmin, ainsi que je l’ai fait aussi. J’ai cru voir de petites parties colorées dillerentes et animées de légers mouvements vermiculaires, à la façon des annélides. Etait-ce un chaînon de ces petits Etres se tenant liés et soudés, cela est possible. Mais la question ofire assez d’intérêt, pour que les chercheurs et les professionnels du microscope, s’exercent à confirmer ce qui est devenu chez moi une conviction.

Je la formule ainsi: les plantes sont construites par

de petits Etres sui <jeneris . — Les vers à soie fabriquent des fils très résistants. Pourquoi les microzoaires des végétaux ne eonstruiraient-ils pas aussi des libres con-J, solidant leurs demeures ?

Les parties dites ligneuses, ne sont que les gaines dont ces Etres de végétaux s'enveloppent. Ces -Lires doivent se reproduire par sissiparité, et les Heurs des végétaux sont analogues absolument aux (leurs du corail.

Enfin, pour compléter cette digression plus longue que je n’aurais voulu, je dirai que cette idée m’est venue à la suite d’expériences de générations d’Etres dans les liquides, produites par l’immersion de morceaux de feuilles et de substances végétales dans douze 11acons à 20 ou 30 degrés de température.

J’ai lavé avec le meme soin douze petits flacons pareils. J’ai pris G matières végétales, feuilles, morceaux de concombre, de pommes de terre, de haricots, de tiges de [liantes vigoureuses, etc. Dans six flacons, j’ai mis un morceau de ces diverses substances. Dans les six autres, j’ai répété la même expérience et avec la meme substance végétale bien vivante afin de comparer. C’est-à-dire que mes flacons contenaient deux à deux la moitié d’un même morceau de feuille ou de tige verte. Je les ai recouverts avec du papier buvard collé sur les bords du goulot. Au bout de trois jours j’ai reconnu l’apparition d’infusoires divers. Mais, grâce à mes six autres flacons témoins, j’ai pu m’assurer qu’une espèce dominante s’agitait dans chaque flacon pour dix des flacons et deux autres douteux, car je suis très mal outillé.

Je ferai remarquer qu’il n’est pas indispensable de rendre l’eau et les parois des flacons azoïques, c’est-àdire sans trace de germes, parce qu’il m’a suffi de re-

LFS MYSTÈRES 1)E i/uNIVKRS

connaître que deux llacons eonlenanl la mémo substance végétale, contenaient les mêmes infusoires du même type spécial.

Bref, après diverses expériences, j’ai conclu que les infusoires qui avaient pris naissance, et spéciaux à chaque substance végétale, devaient être une transformation d’un microzoaire sui yeneris et habitant chaque végétal. Je concluais qu’en changeant de milieux, ces petits Êtres habitant les cloisons des végétaux, construites par eux, se tranformaient par le changement du milieu liquide où je les avais plongés.

Note. — Loupe. Son utilité. Fécondation artificielle des œufs de poule. — Quelque temps après ma découverte, je fus frappé d’une communication de M. John Butler Burke, qui avait produit, ce qu’on appelait une génération spontanée ; ce qui lit grand tapage!... Il s’agissait d’une sorte d’infusoire né dans de la gélatine sous l’influence de la présence du radium.

11 avaiL appelé ces nouveaux corpuscules paraissant doués d’un certain degré vital, des radiobies.

M. le docteur John Burke est professeur au Laboratoire Cavendish, à Cambridge.

Je lui écrivis donc une longue lettre (recommandée le 28 juin 1905, et dont j’ai conservé le talon), où je lui exposais ma théorie sur les Êtres habitant les végétaux et substances organiques où ils peuvent se développer.

Je lui exposai mes expériences très résumées des douze flacons, afin qu’il put lui-même expérimenter, vérifier et confirmer mes dires.

Il m’a répondu peu après une lettre de près de quatre pages, fort aimable a ce que j’ai pu comprendre. Mais je sais mal l’anglais et son écriture est peu lisible.

Il m’a adressé le n° de Nature où ses expériences sont relatées, et il m’a prié de lui adresser mon livre, si je publiais quelque chose sur ces sujets qui l’intéressaient très vivement.

Jïélas, je n’ai rien publié encore, et je crains fort de ne jamais adresserai! docteur Burke un ouvrage de moi.

J’avais commencé aussi des expériences très curieuses, sur la greffe des graines que j’accouplais. Par exemple une demi petite lève et un demi gros haricot. Une petite carotte et une petite betterave, les deux coupées en long et par moitié par un plan vertical.

C'était en un mot la greffe sur les germes et les plantes au moment de leur naissance, au lieu de greffer sur l’arbre. Par exemple, une demi-amande et une demi-amande de pêche.

Je réunissais les graines avec soin et en prenant des précautions antiseptiques pour (pie les parties non collées ne puissent pourrir.

Je me proposais aussi de planter diverses graines dans le corps même d’une carotte ou d’une pomme de terre, dans un cœur de salade, etc. — bien entendu en plantant le tout, pour que tout pousse en même temps, etc. etc. Les résultats promettaient...

Hélasî il y a chez moi deux chiens et deux chats, et ces bêtes m’ont détruit tous mes essais en grattant avec leurs pattes mes caisses et terrains d’expérience : cela m’a bien dégoûté. Après trois mois de luttes...

J’aime assez les bêtes; mais quoi de plus malin qu’un jeune chat? Cet animal assis sur son derrière ayant remarqué avec quelle attention je regardais mes plantes n’a pas tardé à gratter au milieu pour ce motif.

S’il n’avait pas observé nies délicates attentions, sûrement, il aurait laissé mes expériences en paix, car le chat est très curieux et malin comme le singe*

J’ai fa il su r ces hèles beaucoup <le remarq lies étranges... Saviez-vous, j)ar exemple, qu’en sifflant lentement auprès d’une chatte et d’une chienne, cela les mettait en rut, et ces deux bêtes aussitôt se mordillaient et se grimpaient dessus.

Certains sons d’inslruments ont des propriétés curieuses sur presque toutes les bêtes. J’ai pu voir les Hindous charmer des serpents très venimeux avec leur espèce de petite trompette à sons multiples et simultanés. Cela fait songer à Orphée charmant les bêtes ; mais tout ceci est connu...

Nota : Je recommande aux savants qui se servent du microscope une loupe merveilleuse et bien commode dont j’ai fait usage, c’est celle qui sert arx lanternes magiques. On l’enlève de l’appareil, et on obtient un grossissement de six à dix fois très net que ne donne aucune autre loupe, avec un champ aussi vaste et la même facilité de voir.

Pendant mes recherches sur les microzoaires des plantes dans mes flacons plats, j’en ai fait un grand usage. Avec des flacons d’un centimètre d’épaisseur, plats et larges, ces loupes permettent de tout distinguer. ^

11 n’y a plus après qu’à isoler les infusoires pour les regarder au microscope; mais, déjà avec cette loupe, on distingue des différences, invisibles avec toute autre loupe.

J’ai construit aussi, pour mon usage, une double loupe, formée par deux verres demi-convexes et deux lentilles biconvexes.

En associant deux loupes, comme celles des lanternes magiques et en les montant sur des tubes de carton ou de très mince fer blanc, facile à couper avec des ciseaux, on obtient un grossissement de 12 à 15 fois.

LES MYSTÈRES DE l’l'NIVERS

Je signale ces petits moyens pouvant conduire à de grands résultats.

Puisque je suis sur le chapitre de mes petites inventions, je signale aux amateurs d'ontologie et d'embryogénie les expériences que je comptais faire, mais (|ue je ferai plus tard, lorsque j'aurai une couveuse artificielle.

1° Je voulais choisir des verres à liqueur ou à madère de la grandeur voulue pour qu’un œuf le remplisse presque complètement. J’aurais collé sur le pourtour du verre un papier buvard, afin que l'air puisse pénétrer pur dans le verre. Je ne vois pas pourquoi, ayant vidé avec précaution un œuf dans un pareil verre et sans casser le jaune, cet œuf n'arriverait pas à éclore dans une couveuse ad hoc. J’aurais de cette façon eu le moyen de suivre toute l’opération du développement de l'embryon jusqu'à la sortie du verre.

2° Ce n'est pas tout, poursuivant mes idées de greffes sur les germes et les graines, j’aurais mis ensemble deux œufs, puis trois et ainsi de suite dans un même verre ou vase. J'estimais que peut-être j'aurais obtenu des monstres ou des soudages... qui sait, en provoquant le fait au besoin par une très légère piqûre avec une aiguille très fine. J’aurais pu aussi laisser des corps étrangers dans ces œufs, traverser un jaune dessus sans le crever et sans répandre le jaune. Enfin, j’avais tout un programme bien curieux. J'aurais même réuni dans le même récipient, des œufs de poule et de canard, ainsi que ceux d'autres oiseaux bien plus petits ou beaucoup plus gros, comme un œuf de dinde.

Voilà de l'ouvrage pour les amateurs qui possèdent une cage à couveuse artificielle. « Je Sais Tout » avait publié à 12 fr, 50 une couveuse artificielle.

Puisque j’écris mon journal, je dirai que j’ai passé

LES MYSTÈIŒS DE CuNIVEDS

mie nuit, blanche, songeant à tons ces grands problèmes <IUi m’occupent, tant <pie j'en suis obsède.

La nuit je bois souvent près d'un litre de lait comme boisson; mais le plus souvent un denii-lilro. J'ai pris celle habitude pour me guérir de rhumatismes goutteux; car je n’oublie pas (pie je suis resté pendant un mois à Marseille, la jambe allongée et soutirant beaucoup : c'était la troisième attaque de ce genre.

Après mûres réflexions, songeant (pie les enfants (pii boivent du lait, lus paysans bretons qui se nourrissent de laitage, etc., bref, (pie tous ceux qui sont sobres ne buvant pas d'alcool et boivent du lait ne sont pas goutteux, j’ai essayé le régime du lait que. j’aime heureusement. Depuis ce temps, je n’ai plus jamais eu ni un rhumatisme ni la goutte; et voilà huit ans!

Je note (pie mou père, mort d'une maladie de cœur, était très rhumatisant.

La question est de combattre et de dissoudre les dépôts des sels organiques combinés avec l'acide urique, et les divers poisons et excrémas que le sang et le corps doivent expulser. Le lait doit contenir un fort dissolvant de ces excrémasd u sang : l’acide lacliqued abord, et ceux (pii se forment dans notre tube digestif.

Le calomel (‘l le bichlorure de mercure sont merveilleux pour compléter ce traitement, au cas où quelques douleurs ou troubles apparaîtraient, surtout dans le foie. Comme le foie est un organe de premier ordre pour la pureté du sang et l’expulsion dos excrémas, les sels de mercure purifient cet organe et le purgent de ses impuretés et parasites microbiens, grâce à la puissance merveilleuse antiseptique du mercure.

Ah ! je suis bien convaincu que la médecine, par une réaction qui est due à ce produit sublime, recommencera à en user beaucoup plus souvent.

les mystères de lunivers

Je ne connais pas la syphilis, dieu merci (1 avarie comme on l’appelle aujourd’hui, depuis la pièce célèbre de ce nom, par M. Brieux); mais je vois d ici certains médecins déblatérant contre les dangers du mercure, et faisant de la réclame pour leurs systèmes sans mercure. Le tout dans un but d’argent ou de réclame!... Eh bien! on y reviendra et largement, c’est forcé; à moins qu’on ne trouve un autre poison tuant la petite bête, sans tuer la grosse : car tout le secret est là.

Je ne connais pas de meilleur pansement pour les plaies de toutes sortes et surtout pour celles aux mauvais aspect et dangereuses. J’ai guéri un pauvre artiste qui depuis!) mois ne pouvait plus marcher. Il avait suivi en vain toutes sortes de traitements. Il avait trois trous profonds jusqu’à l os dans le bas de la jambe : c était horrible à voir. Après un lavage au bichlorure à 2 p. 1000 et un pansement de î\ ou 5 couches de papier a colle trempé dans le bichlorure à 2 p. 1.000, je le quittai. Trois jours après et après avoir refait le pansement, ses plaies avaient totalement changé d’aspect. Bref, quinze jours après, il marchait et était guéri. Cinq jours après il partait pour le Caire avec un bel engagement en poche. Ce malheureux n’en revenait pas de la rapidité de sa cure.

Avis aux chauves . — Puisque je veux réhabiliter le mercure, je terminerai en disant que je me lave souvent la tête au bichlorure de mercure. Je mets dans un verre à liqueur deux cuillerées à café de bichlorure cà ] p. 1.000 (bichlorure ordinaire), puis je remplis ce petit verre d’eau pure. Je me sers alors de cette eau pour me mouiller les cheveux et nie coiffer. Or, j’ai tous mes cheveux à cinquante-cinq ans. Ils sont à peine grisonnants. Jamais je n’ai de maux de tête. Je mouille au bichlorure au plus une fois par mois, moins

^ j i.vrfu.miii - J i * a il»

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