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CHAPITRE IX

Nous allons ramoner nos lecteurs \ Londres pour leur raconter un incident qui était survenu le jour môme oii se passaient les événements que nous venons de relater.

Il était environ midi, etTimMeagles suivait à cheval Edgeware Road, quand son attention fut tout-à-coup attirée sur l’élégante et gracieuse tournure d’une jeune femme vêtue de deuil. Elle marchait rapidement, avec son voile baissé, mais la beauté de toute sa personne, la grâce harmonieuse de ses mouvements, les vêtements qu’elle portait, tout fit naître en lui la conviction que c’était réellement la belle jeune fille, qu’il avait un si grand désir de revoir, quand il devrait ne la revoir qu’une seule fois.

Ayant amené son cheval tout près de la contre allée réservée aux piétons, il dit à voix basse :

— Mademoiselle Foster I

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' La jeune fille se retourna, poussa un cri d’étonnement et de joie, et, s’élançant vers Tim Meagles, elle saisit sa main et la pressa chaleureusement.

— Dieu soit loué, vous ôtes sain et sauf et en liberté!

— s’écria la jeune fille cédant à l’élan de son cœur avec tout l’enthousiasme de son ardente reconnaissance.

— Et vous, Mademoiselle, êtes vous heureuse? — demanda Meagles, avec empressement et avec une impatience inquiète de recevoir une réponse à sa question, qui montrait le vif intérêt que lui inspirait la jeune or- ‘ pheline.

— J’ai tout sujet de l’être, — répondit-elle, en rele-

vant son voile pour ne pas avoir l’air de traiter comme un étranger celui auquel elle avait tant d’obligations, et qu’elle savait avoir souffert à cause d’elle. — Mais je demeure dans le voisinage, — ajouta-t-elle, — et quoique mon excellente bienfaitrice ne soit pas chez elle en ce moment, néanmoins elle ne me grondera pas pour avoir invité un ami comme vous m’avez prouvé que vous l’étiez, à entrer dans sa demeure et à y rester quelques instants.

— J’accepte votre invitation avec joie, Mademoiselle,

— dit Meagles. — D’autant plus que je suis impatient d’apprendre quel changement favorable est survenu dans votre fortune.

— Voici la demeure que j’habite, — dit Rose en s’approchant de la porte du Prieuré de Bellenden.

Puis après avoir sonné elle pria le concierge qui vint ouvrir de prendre soin du cheval de Meagles.

Tim sauta à bas de son cheval et en jeta les rênes au concierge, attendu que ce matin là il était sorti seul, Wasp ayant été chargé par lui d’une commission importante. Rose fit traverser à Meagles les magnifiques jardins du Prieuré et l’introduisit dans un élégant parloir où elle donna ordre de servir quel [ues raffraichissements, puis après l’avoir quitté pendant quelques instants pour monter à sa chambre se débarrasser de son chapeau et de son châle, elle revint auprès de lui avec une physionomie exprimant la plus franche satisfaction de pouvoir lui témoigner, quelque faiblement que ce fût, le sentiment de reconnaissance qu’elle éprouvait à son égard. Mais quand .Meagles vit cette charmante fille venir s’asseoir auprès de lui avec toute la naïve et franche confiance d’une sœur pour son frère, il ne. put s’empêcher de soupirer en pensant que le sentiment qui l’animait n’avait rien de plus tendre qu’une reconnaissante amitié.

— Et maintenant, Monsieur, il faut me permettre de vous dire combien est profond, et durable le souvenir que je garde de toutes les obligations que j’ai contractées envers vous Vous avez sans doute eu connaissance de l’effroyable accusation qui pendant un moment a menacé de m’accabler...

— Oui, j’en ai lu le compte-rendu dans les journaux depuis mon retour, — dit Meagles. — Et avez-vous trouvé une amie dans la Marquise de llellenden, car je n’ignore pas que cette demeure est la sienne.

— J’ai trouvé une amie dans la Marquise de Bellenden

le jour même où cette amitié m’était le plus nécessaire. Je venais d’être acquittée par le Magistrat et déchargée de la terrible accusation à laquelle j’ai fait allusion, quand j’ai été amenée ici et présentée à Sa Seigneurie. Elle m’a reçue les bras ouverts et depuis j’ai vécu dans la maison en sûreté etheureuse, non, pas complètement heureuse, — ajouta Rose à la hâte, — car j’étais dévorée d’inquiétude pour vous et pour le brave Melmoth. Le jour même où j’ai reçu l’hospitalité sous ce toit, j’ai expliqué à la Marquise de Bellenden toutes les obligations que je vous avais ainsi qu’à Melmoth, et je l’ai priée de faire prendre des informations sur votre compte à tous deux et de vous faire savoir que j’habitais sa demeure; car je n’avais pas entendu parler de vous depuis le jour où vous étiez accourus à mon secours dans la maison de Madame Brace et où vous aviez été assaillis à coups de casse-têtes par les constables. La Marquise envoya son domestique de confiance, Richard, pour s’acquitter de ma commission, mais à son retour, il me rapporta des nouvelles qui me causèrent les plus vives alarmes. Dans Jermyn Street, Richard apprit que vous aviez été déporté en Amérique, comme ayant pris part à un complot contre le Roi et que vous aviez été emmené loin de votre patrie, un certain jour qui lui fut indiqué par votre propriétaire. Dans Westminster, Richard sut que Melmoth avait été également transporté, un certain jour, par les ordres du gouvernement et que sa famille avait quitté l’humble logis qu’elle occupait vingt-quatre heures avant le moment où j’avais

envoyé prendre des informations sur ces pauvres gen*; Richard ne put parvenir à savoir ce qu’était devenue la malheureuse mère et ses enfants, mais il craignit, d’après les quelques mots qu’il avait tirés de la logeuse, qu’elle n’ait agi bien durement avec eux. Oh! comme il m’était douloureux de rester dans cette incertitude sur le sort de ces pauvres gens! Mais pendant que je réfléchissais à ce qu’il y avait d’extraordinaire dans ce fait de votre transportation et de celle de Melmoth, le même jour et pour la même cause, je fus frappée tout-à-conp de l’idée que c’était justement le jour où vous étiez généreusement accourus à mon secours dans la maison de Madame Brace. Oh! alors la perfidie du Prince de Galles devint évidente pour moi et je compris que c’était votre dévouement pour moi qui avait décidé votre perte. J’adressai une lettre pleine de remontrances, de reproches, de supplications, à Son Altesse Royale, en intercédant pour vous, en lui rappelant que celle qui s’adressait à lui en suppliante était la fille de l’homme que son crime avait poussé au suicide. Mais je n’indiquai pas dans ma lettre le lieu de ma résidence, vous devez facilement deviner que je ne voulais pas courir les risques de devenir de nouveau l’objet de ses persé cutions. Ma lettre, naturellement, resta sans réponse, et je continuai à demeurer dans l’ignorance de l’effet qu’elle avait produit, si toute fois elle avait eu un résultat quelconque. «Mais fréquemment j’envoyai dans Jermyn Street savoir si l’on avait des nouvelles fie vous, sans oublier d’envoyer également dans Westminster, dans

lHlfcpoir d’apprendre quelque chose sur la pauvre famille Molmolh. Mais chaque fois les réponses ont été invariablement négatives. U doit s’étre écoulé un peu plus d’une quinzaine de jours depuis la dernière fois que j’ai envoyé dans Jermyn Street, et demain ou aprèsdemain, j’y aurais bien certainement dépêché un domestique si le hasard ne m’avait pas fait vous rencontrer si heureusement ce matin.

— Et c’est dans cette quinzaine que je suis revenu à Londres. Mademoiselle, — dit Meagles, — ma propriétaire m’a informé qu’on était venu bien des fois s’enquérir de moi, depuis mon absence, mais elle ne m’a pas dit qu’un domestique de Lady Bellenden se fût présenté à mon domicile.

— Parceque chaque fois mes messagers étaient chargés d’une lettre que je vous avais écrite et qui ne devait être laissée que si vous vous trouviez là pour la recevoir. Oh ! Monsieur Meagles, vous devez facilement comprendre quelles précautions je dois prendre pour éviter toute chance ou tout risque d’être découverte par mon Royal persécuteur ! J’ai su par Richard que votre demeure avait été soumise à une perquisition et que tous vos papiers avaient été' enlevés et je craignais que si une lettre de moi, contenant mon adresse, était laissée, pour vous être remise, elle vint à tomber entre les mains de personnes dévouées aux intérêts du Prince.

— Et vous avez agi prudemment, - dit Meagles, — ah ! j’ai été eu réalité traité avec une bien indigne

ingraditude par le Prince, et avec une bien intolérable tyrannie par le gouvernement. Condamnés sans jugement, expatriés sur des charges imaginaires, dirigés à la hâte sur Woolwich aussitôt après le prononcé de notre sentence par un tribunal secret composé d’âmes damnées du gouvernement, Melmoth et moi nous avons été conduits à bord de la frégate la Diana, prête à faire voile pour l’Amérique du Nord. J’ai été embarqué sur le navire ; mais Melmoth s’est précipité à l’eau et à l’ombre delà nuit il a trouvé ou la mort ou le salut, c’est ce que je ne sais pas ! La Diana est partie, quelques semaines se sont passées et nous approchions des côtes d’Amérique quand un lin voilier qui avait été envoyé à notre poursuite m’a apporté mon pardon. Ce pardon avait été obtenu pour moi, par l’intervention d’un généreux ami, et maintenant que je suis de retour en Angleterre, mon existence est vouée à persécuter la famille Royale, qui s’entend si bien à persécuter les autres.

— El vous ne savez pas ce qu’est devenue la pauvre famille Melmoth, — dit Rose en poussant un profond soupir à la pensée qu’elle était probablement sans pain, sans asile, sans ami, et sans protecteur.

— Je n’ai pas réussi à me procurer le plus léger renseignement sur ces pauvres gens, — puis les yeux fixés sur la belle et angélique figure de la jeune fille, il dit d’un ton plus sérieux et plus ému que d’habitude : — Je vous remercie, Mademoiselle, pour le bienveillant intérêt que vous m’avez témoigné, et je puis vous assurer que pendant que je voguais sur

l’Atlantique, j’ai souvent, bien souvent éprouvé une sincère et profonde angoisse en songeant à l’incertitude dans laquelle je restais sur votre sort. Je me souvenais, et comment aurais-je pu l’oublier, que quand je vous avais vue pour la dernière fois, je vous avais laissée au pouvoir de cet infâme Prince que je savais aussi dépourvu de tous principes que de pitié et d’humanité. Je tremblais pour vous, oh ! oui, je tremblais pour vous, Rose.

— Mais le ciel m’a protégée, mon bon ami, — murmura la jeune fille, car elle sentait que sa réponse était en réalité la déclaration que son innocence était restée intacte et qu’elle avait échappé sans souillure à . l’épreuve de la séduetion, de la persécution, et de la violence.

— Oui, dès que j’ai vu votre beau visage, — • s’écria Meagles, — quand vous avez levé votre voile tout à l’heure dans Edgeware Road, j’ai vu que le ciel vous avait protégée, car la vertu, la candeur, et la chaste pureté étaient peintes sur vos traits, comme au premier jour où j’ai fait votre connaissance au commencement de cette année mémorable.

L’exaltation et le ton passionné avec lesquels il s’était exprimé et qui contrastaient avec le ton grave et réservé qu’il avait gardé jusque là, surprit Rose qui leva sur lui un regard à demi effrayé et presque suppliant.

— Ne me comprenez-vous pas Rose? ne pouvezvous deviner tout ce que je voudrais vous dire, si je

trouvais des expressions pour rendre mes sentiments ? — s’écria Meagles, qui, pour la première fois de sa vie, se trouvait embarrassé pour exprimer ses pensées ; — vous éprouve* de l'amitié pour moi, n’est-ce pas ?

— Oh ! certainement, bien certainement, — s’écria la reconnaissante jeune fille, — je vous regarde comme un bienfaiteur, un bon ami, je pourrais presque dire comme un frère.

— Oh! oui, dites un frère, — s’écria Meagles qui éprouvait l’envie de so jeter à genoux pour adorer la belle jeune fille qui lui offrait ainsi son affection fraternelle ; — mais dites-moi. Rose. ., dites-moi, — ajoutat-il avec une étrange brusquerie, — n’avez-vous pas rencontré quelqu’un que vous aimiez mieux qu’un frère ?

La jeune fille devint écarlate et pourtant ce n’était pas chez ellle l’effet d’un sentiment d’irritation, mais elle était accablée de honte et de confusion, elle comprenait maintenant que Meagles l’aimait et qu’il faisait des efforts embarrassés pour lui faire connaître sa passion. Pendant un moment elle se sentit contrariée et blessée par la question qu’il lui avait faite, mais son second mouvement fut de se rappeler la bonté chevaleresque qu’il avait montrée envers elle, et tout ce qu’il avait souffert sans se plaindre à cause d’elle, et son irritation se fondant comme la neige, elle ne ressentit qu’un profond chagrin en pensant qu’elle était aimée par uu homme qui possédait de si grauds titres

à sa reconnaissance, mais à l’amour duquel il ne lui était pas possible de répondre.

— Ah! voilà une rougeur qui parle d’elle même ! — s’écria Meagles en bondissant de sa chaise et en parlant d’un air piqué ; — trouvez donc une jeune fille qui n’ait pas un amour au cœur! — murmura-t-il à luimême ; puis comprenant à l’instant combien il était peu généreux de sa part de céder à un sentiment d’irritation envers cette pure et innocente jeune fille, il lui saisit la main en s’écriant: — Pour rien au monde, non, pour rien au monde, je ne voudrais dire ou faire quelque chose qui pfit vous faire «le la peine. Pauvre fille, vous avez déjà assez connu la souffrance en ce monde et s’il y a un homme qui soit disposé à se couper la main droite pour assurer votre bonheur, ce sacrifice Tim Meagles le ferait avec joie !

Des larmes roulèrent sur les joues de Rose, quand elle vit aux yeux humides do son ami, au tremblement de ses lèvres, à la contraction nerveuse de ses traits, combien il était ému et profondément affecté et elle comprit qu’il l’aimait sincèrement et que néanmoins il était prêt à sacrifier généreusement à son bonheur, tous les droits qu’il pouvait invoquer pour obtenir et son cœur et sa main.

— Oui, j'étais un fou, un insensé, d’avoir rêvé un seul instant de te posséder, Rose, — dit-il, après un moment de silence pendant lequel il l’avait contemplée avec une respectueuse admiration. — Une perle comme toi n’est pas faite pour être placée sur un dia-

dème de clinquant, mais sur une couronne de l’or le plus pur. Puisses- tu être heureuse, charmante fille, avec celui, quel qu’il soit, que tu as choisi pour te confier à lui. Jamais, jamais tu ne pourras dire que tu n as pas un ami, tant que tu conserveras ta confiance au pauvre Tiin Meagles.

Eu disant cela il imprima un baiser sur le front pur de la jeune fille qui ne recula pas par une affectation de pruderie, au contraire elle accepta ce baiser, comme s’il lui eûtété donné par üfi frère. Elle n’aurait pas cherché à s’en défendre lors même que George Woodfalleût été présent, et elle ne se sentait nullement honteuse de lui en faire l’aveu, la première fois qu’ils se trouveraient réunis.

— Et maintenant, Rose, — dit Meagles, après avoir vidé deux verres de vin coup sur coup, — je vais vous dire adieu pour aujourd’hui, dans quelques jours vous devez vous attendre à me revoir encore, mais désormais, — ajouta-t-il d’un ton grave et très-significatif, — je vous regarderai comme une amie, comme une sœur.

Rose lui serra la main pour reconnaître le bon sentiment qui dictait ses paroles et Meagles prit congé de la jeune orpheline.

— Eh ! bien, je me sens plus calme et plus heureux depuis que je l’ai vue, — se dit Meagles à lui-même, en traversant le jardin du Prieuré. — Si elle avait accepté l’offre de mon amour, j’aurais certainement manqué de parole à la pauvre. Lœtitia et e’otït été un vilain tour

de ma part. Mais puisque Rose est déjà pourvue d’un amoureux, je suis sauvé de la tentation de trahir l’amazone. Ainsi donc Lœtitia sera ma femme, et elle sera Marquise sans doute, car je considère comme impossible que le vieux Roi, quelque peu de confiance qu’il mérite, manque à ses engagements envers moi. Si l’envie lui en prenait, je saurais bien vite le forcer à les remplir.

Sur cette satisfaisante conclusion, Meagles arriva à la grille du jardin qui lui fut«ouverto à l’instant. Mais au moment où il remontait sur son cheval, il aperçut un homme dont la physionomie lui était bien connue, passant sur la route et rendant la bride à son cheval, il bondit vers celui qui avait éveillé son attention.

— Melmoth ! — s’écria-t-il en saisissant l’individu par l’épaule.

— Ah ! cette voix ! — s’écria l’ouvrier en se retournant en trssaillant. — Oui, c’est vous, Dieu soit loué!

Et saisissant Meagles parla main, Melmoth versa des larmes de joie causées par cette rencontre aussi heureuse qu’inattendue.

— Où pourrions-nous aller pour causer pendant quelques instants ? — demanda-t-il après un long silence.

— Je viens justemeut de quitter Mademoiselle Foster, elle habite cette belle demeure et elle sera bien heureuse de vous voir, — dit Meagles. — Il n’y a pas dix minutes nous parlions de vous... allons, venez avec moi...

— Non, je ne puis affronter laprésence de cette jeune créature, Monsieur Meagles, — interrompit Melmoth avec amertume.

Meagles alors remarqua pour la première fois qu’il y avait quelque chose de farouche et d’étrange dans la physionomie de cet homme.

— Pourquoi pas, — demanda Meagles, — vous n’avez jamais rien fait pour l’offenser et elle parle de vous avec reconnaissance et avec une chaleureuse amitié, fille a fait de nombreuses recherches pour retrouver vous et les vôtres...

— Nonobstant, — interrompit Melmoth brusquement, — je ne puis songer à me présenter devant cette jeune fille, c’est-à-dire, si elle est pure, chaste, et innocente comme lorsque j’ai fait sa connaissance.

— Pour cela, ce n’est pas douteux ! — s’écria Meagles.

— Alors je ne la verrai pas, — répondit Melmoth, — criminel, vil, souillé, dégradé, et infâme comme je le suis, — continua-t-il, avec une exaltation croissante, — je ne pourrais qu’offenser la délicatesse de sa nature, que la révolter par mes effrayantes révélations.

— Grand Dieu! que vous est-il donc arrivé? Melmoth, que voulez-vous dire? — demanda Meagles, — venez, il y a tout près d’ici une taverne, nous allons y entrer. Je me ferai donner un cabinet particulier et nous causerons tout à notre aise.

— De tout mon cœur, — répondit Melmoth.

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