CHAPITRE XH
A NEWGATE
Le lieu de l’action change et nous nous transportons dans la prison de Newgate; mais c’est toujours la même journée dont nous relatons les incidents.
Il était un peu plus de midi et Caroline Walters prenait quelques instants d’exercice dans la grande àalle dallée dont la porte donnait sur les différentes cours des criminels. Nous avons déjà constaté que la discipline de Newgate était loin d’être aussi sévère à cette époque que de nos jours et qu’avec de l’argent on pouvait acheter bien des complaisances. C’est ce qui expliquait comment la jeune femme avait obtenu le privilège de se promener dans cette salle, au lieu d’être confinée dans la cour des femmes.
C’était alors l’heure du dîner. Ceux des prisonniers qui en étaient réduits à se contenter de l’ordinaire de la prison, recevaient leurs portions dans leurs cours respectives, mais ceux qui pourvoyaient eux-mêmes à
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leurs besoins se réunissaient aux guichets qui se trouvaient près de la porte de la cour et attendaient avec impatience l’arrivée de leurs pourvoyeurs du dehors. Leurs provisions leur étaient apportées soit par les garçons des tavernes et des cafés d’Old Bailey, soit par des parents ou des amis, et pendant les dix minutes que durait la délivrance des dîners, la salle où se trouvait Caroline était pleine d’animation et de mouvement.
Elle s’était arrêtée à considérer cette scène et comme les portes communiquant avec la cour étaient ouvertes, elle pouvait examiner la physionomie des hommes réunis autour des guichets pratiqués flans les grilles de fer qui séparaient les prisonniers de leurs visiteurs du dehors. C’étaient de hideux visages qui s’offraient aux regards de Caroline, des visages portant l’empreinte de tous les crimes, mais deux surtout la frappèrent comme exprimant au plus haut degré l’infamie humaine. C’est en frissonnant qu’elle examinait les deux hommes qui avaient plus particulièrement attiré son attention, et qui semblaient attendre avecunevive impatience qu’on leur apportât leur dîner.
Le complaisant guichetier qui procurait à Caroline les privilèges dont ellç jouissait, était posté à l’une des extrémités de la salle, examinant les personnes qui entraient dans la prison, et un sentiment de curiosité la poussa à l’accoster et à lui demander des renseignements sur les deux hommes qui avaient attiré son attention.
— Qui sont ces deux 1 hommes? — s’écria le porteclefs en répétant la question qui venait de lui être adressée. — Deux des plus grands bandits de toute l’Europe ! Celui-ci qui a l’air si farouche, est connu sous le nom de Magsman, quoique son véritable nom soit Joe Warren, et on appelle son camarade le Gros Meg, bien que son nom réel soit Stephen Price. Ils sont sur le point de comparaître devant la Cour de l’Amirauté, pour piraterie, meurtre, et Dieu sait quelle kyrielle d’autres crimes. Magsman s’est déjà une fois échappé de cette prison de la façon la plus extraordinaire, mais voyez l’air de fureur sauvage de son camarade parce qu’on ne leur a pas encore apporté leur dîner. Ils sont main tenant les deux derniers à attendre au guichet de la grille et Carotte n’a qu’à se bien tenir quand elle viendra.
— Quel nom venez-vous de prononcer? — demanda Caroline.
— Celui qu’on donne à la fille du Gros Meg, — répondit le porte-clefs. — C’est presque toujours elle qui vient leur apporter leur dîner.
— Je suppose alors qu’elle doit avoir bien de la peine à fournir à leurs besoins?
— Pas du tout. Mademoiselle. Elle tient une maison mal fan>ée dans Horslydown, mais elle s’arrange pour venir tous les jours à midi voir son père et le camarade de son père et pour leur apporter leur dîner. Ah ! ma chère demoiselle, l’argent ne manque pas chez ces gens là, et vous allez voir quel bon dîner elle va ap
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porter à ces misérables. Une couple de volailles avec du jambon bouilli, ou bien un pâtéde pigeons; mais, tenez, la voici !
— Bonjour, Monsieur Pigman, — ditCarotte en passant devant le porte-clefs.
Puis, s’empressant de se rendre près du guichet, elle déposa à terre le lourd panier qu’elle avait apporté.
— Maintenant, Mademoiselle, — murmura vivement le porte-clefs à l’oreille de Caroline, — si vous êtes curieuse de voir comment ils vont recevoir Carotte, glissez-vous derrière ce pilier, et je veux être pendu si vous n’avez pas un moment d’agrément.
Un inexplicable sentiment poussa la jeune femme à suivre le conseil que lui avait donné Pigman sous forme de plaisanterie, et s’avançant vers l’extrémité de la salle, elle se glissa derrière un gros pilier qui se trouvait tout proche du guichet où le colloque annoncé allait avoir lieu.
— Eh! bien, Poil, — dit le Gros Meg, avec humeur, — pourquoi diable arrives-tu si tard?
— Parce que j’ai pris de.» informations sur l’affaire dont vous m’avez parlé hier, voilà pourquoi, — répondit la jeune femme aux cheveux rouges, d’un ton acariâtre.
— Et qu’as-tu appris, fillette? — demanda son père d’un ton radouci.
— Moi, j’ai trouvé le nom de baptême en question dans un recueil fashionable qui contient l’énumération de toute la noblesse et de toutes les grandes "familles du pays, — répondit Carotte.
— Eh! bien, a qui appartient ce nom? — demanda Magsman, — mon Dieu, que cette fille est longue à nous donner l’explication !
— Parce que je suis tout essoufflée d’avoir couru étant en retard, et parce que je suis harassée d’avoir porté ce lourd panier de la taverne ici. Mais si vous m’en donnez le temps je vous dirai tout.
— Parle, — dirent tous deux ensemble Magsman et le Gros Meg.
— En premier lieu, je vous dirai donc, — reprit Carotte, — que j’ai pris avec moi Alfred, ce garçon dont je vous ai parlé, le même qui a été chargé de l’affaire de Florimel chez Rigden.
— Oui, oui, — nous savons de quoi tu veux parler,
— s’écria Magsman ; — on nous a déjà conté toute cette affaire. A propos, je suppose que Florimel t’a diablement bien payé la restitution de ses papiers enlevés à Rigden ?
— Cinq cents livres pour cette affaire et deux cents livres pour avoir arraché Pauline Clarendon des mains du Prince, sept cents livres en tout, — dit Carotte avec un ricannement de satisfaction. — C’est une jolie petite somme à ajouter à celle que nous avons réunie déjà pour nous servir quand nous émigrerons.
— Certainement, — dit Magsman en riant à son tour,
— et nous ne devons pas oublier que ma chère et délicieuse femme, Madame Brace, pour l’appeler par le nom qu’il lui plaît de se donner, a contribué pour mille livres, l’autre jour, dans la somme mise en réserve
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avec cette destination. Nous avons eu de la chance de la faire financer avant qu’elle se soit fait coffrer pour les deux assassinats. Qui diable aurait pu croire qu’elle aurait assez d’énergie pour faire de pareilles choses? et n’est-il pas extraordinaire que nous soyons pincés tous les deux en même temps, elle dans un quartier et moi dans l'autre de cette même prison? je voudrais bien savoir si elle demande de mes nouvelles ? — dit Magsman avec un éclat de rire.
— Oh î ce n’est pas le moment de nous occuper de votre superbe femme, Monsieur Warren, — dit Carotte avec impatience. — J’étais en train de vous dire, quand vous m’avez interrompue, qu’il n’y avait pas de mal à augmenter le plus possible les fonds communs, et c’est également ce que vous avez fait observer vous-même, hier, quand vous et mon père vous m’avez donné les détails de votre expédition en province d’il y a trois mois. Peut-être le fil que j’ai trouvé déjà en m’occupant de l’affaire nous fournira-t-il les moyens d’arriver au but ?
— Et si tu arrives à savoir quels étaient ceux qui dirigeaient cette expédition en province, c’est bien certainement quelques milles livre que cela nous vaudra. C’est ce que je disais à l’instant à ton père, n’est-ce pas, Stephen? — dit Magsman.
— C’est exact, Joe, — répondit le Gros Meg. — Mais voyons, énumérons les indices que nous possédons : le nom de baptême de la dame, l’anneau arraché du doigt du mort dans le caveau, et ce fait que la
vieille femme résidant dans le cottage où nous nous sommes arrêtés la dernière fois, a appelé notre chef masqué Milord. Cela fait trois indices, les trois seuls indices que nous possédions.
— Eh bien 1 je crois qu’ils seront suffisants pour nous faire découvrir tout le mystère, — interrompit Carotte. — Mais, comme je vous le disais, j’ai emmené Alfred avec moi chez un libraire du West End, et sous le prétexte d’acheter un guide dans le monde élégant, il l’a examiné attentivement, il a trouvé le nom de Fernanda, et il paraît que celle qui le porte est une jeune femme, dont le nom de famille est Aylmer, et qui est parente du Comte de Desborougb, du Comte de Montgomery, de la Marquise de Bellenden, et d’autres nobles personnages. D’autres informations prises ensuite nous ont appris que cette Fernanda Aylmer est maintenant Lady Holderness, et d’après les renseignements que je me suis procurés sur sa personne, ses cheveux sont noirs et brillants, ses yeux d’un bleu foncé, et son teint d’une blancheur éblouissante.
— Juste le signalement de la dame masquée de notre aventure, autant que nous avons pu en juger par ce qu’il nous a été possible d’entrevoir de sa personne, — s’écria Magsmau. — Je crois que tu es sur la piste de notre Fernanda, Poil, et d’ailleurs ce nom est si peu .commun.
—Et il y a plus encore, — interrompit Carotte, — le ca- 4 }fcet que contient la bague porte les armes de la famille ,de Belfenden, à laquelle Lady Holderness est alliée.
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— Plus de doute alors, nous sommes sur la bonne piste, — dit Magsman. — Qu’en penses-tu, Stephen, si Poil allait tout droit chez Lady Holderness, si elle lui demandait un moment d’entretien, et si elle l’accusait hardiment d’être la dame qui a été chercher le jeune gentleman à la ferme, celle dont il a prononcé le nom avec angoisse avant que nous l’ayons enfermé dans la pile de maçonnerie...
— Non, non, — interrompit le 'Gros Meg , — ne prenons aucune décision sans avoir mûrement réfléchi. Je n’approuve pas que Poil s’aventure ainsi au hasard chez Lady Holderness ..
— Eh! bien, prenons jusqu’à demain pour réfléchir. — dit Magsmann. — Dans tous les cas, je sms sûr maintenant que nous sommes sur la trace pour découvrir le mystère du meurtre accompli près du pont en construction, du changement de la plaque du cercueil dans le caveau, et de l’altération du registre dans la sacristie. Je ne puis réellement m’empêcher de récapituler tous ces incidents... ils sont si singuliers.
— J’ai appris ce matin, — dit Poil, — que Lady Holderness était engagée avec son cousin le Comte de Montgomery dans un grand procès suivi contre la Marquise de Bellendeu dont les armes se trouvent sur l’anneau. Le procès roule sur les domaines que possède la famille de Bellenden dans le Comté de Warwich...
— Et qui nous dit que le faux commis par l’homme masqué dans la sacristie de l’églisé n’a pas rapport à ce procès ? — s’écria le Gros Meg.
— Et qu’il n’en est pas de même de la substitution d’une nouvelle plaque à celle que portait primitivement le cercueil ? — ajouta Magsman. — Peut-être aussi le jeune homme assassiné avait-il un intérêt dans le procès ?...
— N’est-il pas probable, après tout, que l’homme masqué qui nous a joué le mauvais tour de nous embarquer pour l’Amérique, n’est pas justement ce Comte de Montgomery dont parle Poil? — dit le Gros Meg.
— O u ^nt à moi, cela me paraît très-probable. Mais il faut que Poil aille prendre de nouveaux renseignements cette après midi, — ajouta Warren. — Et maintenant, ma chère, — continua-t-il en s’adressant à Carotte , — dis-nous ce que tu nous as apporté pour dîner, car je pense que cela a eu le temps de refroidir depuis que nous sommps-là à bavarder.
— Oh! c’est un pâté de veau, Monsieur Warren, et il n’y a pas de danger à craindre, — dit Poil, — du pâté de veau, des œufs durs, et une bonne salade bien assaisonnée, rien n’y manque, allez.
— Pourvu qu’il y ait assez de liquide pour faire descendre tout cela, fillette, — dit le Gros Meg.
— 11 y a une bonne bouteille de brandy, — répondit-elle ; — mais tendez les mains et je vais vous passer le tout par le guichet.
Caroline s’aperçut que la conversation entre les deux scélérats et la fille aux cheveux rouges abandonnait les sujets qui s’étaient trouvé être d’un intérêt si étrange pour elle, et sortant de derrière le pilier oh elle s’était
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tenue cachée, elle s’avança lestement vers l’autre extrémité de la salle, en réfléchissant sur ce qu’elle venait d’entendre.
Nos lecteurs voudront bien se rappeler que lorsque Caroline, sous le déguisement de l’Indien Rao, remplissait les fonctions de page auprès de Florirael, elle s’était un certain soir rendue à la demeure du Comte de Montgomery. Son entretien avec le Comte fut interrompu par l’arrivée de Rigden, et elle fut invitée à se retirer dans une pièce voisine pendant la conversation du Comte avec son conseil ; cette conversation roula sur le procès que les Montgomerys suivaient contre les Bellendens, et les noms de Fernanda Aylmer et de Lord Raymond furent incidemment mentionnés. Pas un mot de ce qui fut dit alors entre Eugène Montgomery et Rigden ne fut perdu pour Caroline : elle avait écouté avec la plus vive attention, bien qu’elle ait affecté de s’éveiller en sursaut d’un profond sommeil et de se frotter les yeux, quand le Comte était venu l’avertir que l’avoué était parti.
C’est de cette manière que Caroline avait déjà connaissance des particularités du procès, et après la conversation qu’elle venait d’entendre entre Magsman, le Gros Meg, et Carotte, il ne lui était pas difficile d’arriver aux mêmes conclusions que ces estimables personnages, à savoir : que le Comte de Mongomery et Fernanda étaient les chefs de l’expédition en province, que Lord Raymond était la victime de l’assassinat commis au pont eu construction, et que les opérations
faites daus le caveau et à la sacristie de l’église se rattachaient au procès suivi devant la Cour de la Chancellerie.
Tous ces détails avaient une notable importance pour Caroline, non seulement comme moyen de compléter sa vengeance contre Fernanda, mais pour prouver au monde que cette jeune femme était capable de toutes les turpitudes qu’elle pouvait lui imputer. Mais si en écoutant, cachée derrière le pilier de la salle, elle avait recueilli des renseignements dont elle pouvait tirer profit, elle avait en même temps appris une nouvelle qui allumait la rage daus son cœur. C’était la ruse employée par l’entremise d’Alfred pour enlever à Rigden les actes volés et les restituer à Florimel, et quand elle vit que la méfiance que lui avait inspirée la physionomie du jeune clerc était pleinement justifiée par l’événement, elle se mordit les lèvres et maudit l’imprudence de Rigden qui avant laissé Florimel l’emporter à la fin.
Après s’être promenée pendant quelques minutes dans la salle pour mettre de l’ordre dans ses idées et calmer autant que possible son irritation, Caroline se retira dans son cachot où elle écrivit le billet suivant, adressé à Rigden :
« Le jeune Alfred qui vous a volé les papiers était employé. par « une femme appartenant à une bande infâme dont quelques affiliés « sont en ce moment à Newgate. Le nom de cette femme est Price, « et elle tient une infime taverne dans Horslydown. Peut-être trou- • verez-vous quelque moyen de tirer vengeance de ces misérables « pour la perte de ces papiers? «
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Cette lettre écrite, Caroline l’envoya porter à la poste par le complaisant guichetier qui so glorifiait de son nom de Pigman; et quand cet homme revint, après s’être acquitté de sa commission, elle le supplia de lui procurer une entrevue immédiate avec l’Honorable Arthur Eaton.
Cette faveur lui fut accordée sans beaucoup de difficulté et aussitôt que Caroline se trouva seule avec Arthur, elle s’empressa de lui relater tout ce qu’elle venait d’apprendre au sujet de Fernanda, en lui faisant part de ses suppositions et de ses soupçons. Arthur prit tout cela en note ave^lous les détails et après un long entretien, Caroline fut avertie par le porte-clés qu’il était temps de prendre congé du jeune homme. En conséquence ils se séparèrent et elle retournait à son cachot en compagnie de Pigman, quand au moment où elle entrait dans le corridor qui y conduisait, elle se trouva face à face avec la marchande de modes de Pall Mail.
— Ah! je suis heureuse de vous rencontrer, misérable! — dit Carolirfe avec une colère contrainte, — vous monterez à l’échafaud et c’est moi qui aurai eu la joie de vous y envoyer !
— Coquine ! Toi aussi tu pendras au gibet, — répliqua la marchande de modes les yeux étincelants de rage et les lèvres tremblantes de fureur, — c’est moi qui t’ai fait arrêter, je t’ai rendu la monnaie de ta pièce.
— Mais je ne serai pas pendue, méchant démon, —
répliqua Caroline, avec l’accent du triomphe et comme pour la narguer, — car je puis prouver mon innocence. Et c’est ce qui vous est défendu à vous !
— Tu n’en mourras pas moins, si ce n’est pas par la main du bourreau! — reprit Madame Brace, toute tremblante de fureur, le visage pâle et les traits décomposés par de hideuses contractions nerveuses.
— Je vivrai pour vous voir vous débattre dans les convulsions sur l’échafaud, — répliqua Caroline, en faisant sifler ses mots entre ses dents comme si sa langue avait le venin d’un serpent.
— Une scélérate qui a assassiüé Madame Lindley !
— murmura la marchande de modes.
— La femme de Magsman, de Joe Warren ! — s’écria Caroline, avec l’accent du plus profond mépris,
— votre mari parlait de vous, il n’y a qu’un instant, Madame. - .
— Veux-tu me pousser aux dernières extrémités ? — dit la marchande de modes, d’une voix altérée.
Au même instant elle prit sur elle quelque chose qui brilla tout-à-coup aux yeux de Caroline.
— Au meurtre ! — s’écria Caroline, en reculant devant le coup qu’elle sentait venir.
Mais au même instant les longues pointes d’une paire de ciseaux que tenait la marchande de modes, pénétraient profondément dans la poitrine de la jeune fille.
Poussant un faible gémissement, elle tomba aux pieds de Madame Brace enflammée de fureur, qui fut
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immédiatement saisie par le porte-clés qui venait d’arriver, et pendant que cette vindicative créature était entraînée vers son sombre cachot, la blessée était transportée avec tous les soins possibles à l’infirmerie de la prison.