LE PROCÈS
prêt et ses conclusions étaient précisément dans le sens prévu par Rigden, c’est-à-dire favorables à ses clients et hostiles à Lady Bellenden. Eu résumé le Conseiller admettait la validité du moyen invoqué par Lady Holderness, que sa famille n’ayant pas été portée au compromis, ce compromis, soit qu’il eût existé réellement, soit qu’il fût entaché de faux, ne pouvait pas lui être opposé. En ce qui touche les Montgomerys, le Conseiller rapporteur pensait que si l’acte de transfert était considéré comme sincère, leurs prétentions devaient être déclarées nulles et non avenues, mais que dans son opinion les preuves fournies pour établir le faux étaient suffisantes, et que, par conséquent, il concluait en faveur de la famille Montgomery. Finalament et attendu que l’un des réclamants , Lord Raymond Montgomery, ne se présentait pas, qu’on le prétendait mort, et que d’ailleurs il n’apparaissait pas qu’il se fût soumis aux conditions impératives du testateur, il résultait des divers points traités dans son rapport que le très-honorable Comte de Mongomery avait complètement établi ses droits sur le Prieuré, que les domaines du Comté de Warwick devaient être partagés entre le dit Comte de Montgomery et Lady Holderness dans la proportion d’un tiers pour le premier et des deux derniers tiers pour cette dernière.
Tel était le rapport du Conseiller de la Cour de Chancellerie, et bien que son avis n’eût pas le caractère d’une décision définitive, néanmoins il était con-
sidéré comme la base sur laquelle se fonderait le jugement rendu par le Lord Chancelier. En un mot, donc le triomphe du Comte Montgomery et de Fernanda sur la Marquise de Bellenden était regardé comme certain par les hommes de loi.