‹ Les mystères de la mainChapitre 140 sur 203 · Ibid. Noie du traducteur · texte numérisé non relu

Ibid. Noie du traducteur

Nous reconnaîtrons tout à riicure que Lavater a suivi ce système.

Le muscle facial dépend du cerveau et obéit en effet aux volontés du cerveau.

11 n’en est pas moins vrai que les muscles du visage se contractent aussi sous les impressions émanées de l’être organique.

« Les passions* peuvent (nous l’avons vu déjà) agir sympathiquement, ou sur le cerveau en totalité, ou sur quelques-unes de ses parties, dont la réaction sur les muscles qui en reçoivent des nerfs y détermine les mouvements qu’on observe alors. Dans la production de ces mouvements, l’organe est donc, pour ainsi dire, passif, tandis qu’il est actif lorsque la volonté préside à ses efforts.

« Les mouvements de la face n’agissent alors que par sympathie. »

11 en est de même des gestes, qui sont la physionomie active du corps et qui, obéissant aux mêmes causes, donnent des effets analogues.

Du reste, les observations des principaux médecins ont établi que la face, à la longue, et par la répétition des mômes idées, des mêmes passions et affections, et conséquemment des mêmes mouvements des muscles et de la peau des différentes parties qui la composent, conserve ordinairement une expression particulière assez régulièrement la même chez les différents individus.

i. Bicliaf. Recherches physiologiques sur lu vie cl la mon, 3e édiliou, 1805, p. CI-02.

Ainsi, plus un homme se vulgarise, plus il se dégrade moralement , et plus il cherche instinctivement à s’enlaidir. Ses gestes deviennent communs, sa démarche ignoble, sa voix hargneuse; son visage se contracte en hideuses grimaces, et il se complaît en tout ceci parce qu’il obéit sans le savoir à la grande loi de la nature qui veut une harmonie, quelle qu’elle soit, entre l’âme et le corps, et c’est sur ce principe sjanbolique que sont basés tous les systèmes de divination. A mesure que le corps astral domine le mens, à mesure que V homme s’abrutit, c’est le mot populaire (et le langage populaire est rempli d’images justes et magiques ), l’homme, en abandonnant sa part de l’étincelle divine, adopte de plus en plus les allures, la ressemblance et les instincts de l’animal dont il porte en lui l’image.

L’expression de la physionomie est donc l’effet des passions dont la phrénologie indique les causes maténelles, et la magie les causes célestes.

Lavater a remonté de l’effet aux causes ; Gall a descendu de la cause à l’effet. Là est toute la différence, et il est évident que Lavater a été à Gall d’une utilité immense, en lui donnant des points de comparaison, et peut-être môme un point de départ.

11 est certain que la physionomie n’est que le reflet de nos impressions, et par cela même elle semble destinée à expliquer les instincts et les qualités dont le secret est caché en phrénologie sous les cheveux ou la coiffure. Lest par la physionomie que l’étude du caractère humain a dû se faire tout d’abord, et on ne peut nier que les

gens doués de causalité, étayant des doigts lisses, ne devinent assez souvent par intuition, et sans autres études, le caractère des personnes qu’elles voient pour la première fois.

Cependant la physionomie, bien qu’elle puisse être mue par les passions, dépend du cerveau, et est par cela même esclave de la volonté. Le front et la main se montrent tels qu’ils sont ; mais la physionomie obéit , s’il le faut, aux injonctions de la ruse, et elle sait se faire trompeuse, en maîtrisant les expressions jusqu’au moment où le vice, débordant pour ainsi dire, vient y imprimer le cachet du corps organique, tirer en bas tous les muscles de la face, hébéter les yeux, changer la beauté native en repoussante laideur, et avertir à l’insu de l’hypocrite. Mais jusque-là on se trompe souvent lorsqu’on se fie à son instinct pour lire sur la physionomie

les intentions d’un adversaire.

J.a bête féroce qui attaque a une énergie bien plus grande que l’homme qui cherche à se défendre; c’est la force active qui s’augmente par le mouvement, par l’action , tandis que la force passive a le désavantage do l’immobilité. Pour résister à un choc, il faut une double puissance. La ruse met souvent en défaut la perspicacité, et pour savoir à quoi s’en tenir, il faut avoir recours aux données de la science , que l’on est toujours à même de confirmer par l’observation. 11 est vrai que les hommes les plus forts se la.ssent de porter un masque, et qu’ils sont forcés de se reposer, no fût -ce qu’un moment, et alors un éclair fauve qui sillonne l’œil, un pli

imperceptible qui se forme au coin de la bouche, peuvent dévoiler le tigre; mais pour voir cela il faut être bien habile et bien sur ses gardes.

Relativement à la face , le front forme , nous l’avons vu, le monde divin, puisque sous les parois du crâne se trouve le cerveau , d’où jaillissent les pensées qui illuminent la physionomie en agissant sur les muscles du visage. La partie solide du front, dit un proverbe chinois, indique la mesure interne de nos facultés ; la partie mobile, l’usage que nous en faisons.

Le nez , les yeux et les oreilles sont au service de la raison , pour avertir du danger par la vue, par l’ouïe, par le flair, qualités développées surtout chez les sauvages qui vivent en guerre et par la guerre.

Ces organes forment le monde abstractif.

La bouche sensuelle et voluptueuse, le menton qui forme en quelque sorte la base de la face, la mâchoire destinée à broyer les aliments qui doivent nourrir le corps, appartiennent au monde matériel.

Le milieu du front, le nez, le menton, sont, puisqu’ils viennent en avant, les organes destinés à représenter les penchants ou les instincts de chacun des mondes auxquels ils appartiennent.

Ces divers organes ont été, en effet, plus spécialement examinés par Lavater, qui leur attribue une puissante influence sur le caractère, relative à la diversité de leurs formes.

Nous en serons bientôt convaincus.

Examinons maintenant comment se font les transitions d’un monde à l’autre.

L’arcade sourcilière correspond, selon nous, au nœud philosophique de la chirogmomonie. Placée, comme dans la chirognomonie , entre le monde divin et le monde abstractif, elle participe de l’un et de l’autre.

Les sourcils forment la frontière entre la région du cerveau et la région des sens.

Selon Lavater, les sourcils droits, et tracés horizontalement , annoncent un caractère mâle et sage.

Or, un caractère mâle et sage n’agit qu’à bon escient et sans se laisser aller aux influences venues du dehors ; il ne prend un parti qu’après avoir raisonné avec lui d’abord, avec les autres ensuite. Il a confiance en sa force, et doute un peu de celle des autres, qu’il n’admet qu’après la preuve.

C’est donc, si nous ne nous trompons, \q nœud philosophique indépendant et douteur.

Et puis, pour que les sourcils soient droits, il faut nécessairement que l’arcade sourcilière soit égale et bien remplie, surtout à la place de l’ordre qui forme l’angle externe de l’œil devant les tempes.

Or, un homme qui réunit la localité, c’est-à-dire la connaissance des lieux ou de l’espace, la géométrie par conséquent, à l’étendue, à la pesanteur, au coloris et à l’ordre, doit avoir nécessairement un nœud philosophique très - développé à la première phalange des doigts.

Le Iluide, en descendant du front, se trouve barré par

Je sourcil; et notez bien que les penseurs, lorsqu’ils travaillent ou réfléchissent, froncent le sourcil comme pour fermer le passage au fluide et le concentrer au cerveau. Et en effet, dans ces moments, la face reste inerte et comme immobile.

Le fluide passe évidemment par la racine du nez.

Si la racine du nez est large, le fluide descend facilement et sans obstacle.

«Courbé ou non,dit Lavater, un nez dont la racine est large annonce toujours des qualités supérieures. Cette forme, ajoute-t-il, est rare, même chez les hommes célèbres; mais son infaillibilité est incontestable’.»

Nous continuerons nos citations. ■

« Des nez qui se courbent au haut de la racine conviennent aux caractères impérieux, fermes dans leurs projets et ardents à les poursuivre^. »

Aux dominateurs , par conséquent. Lavater se rapproche de M. d’Arpentigny : phalange du pouce longue.

Continuons :

« Les nez perpendiculaires ou qui approchent de cette forme supposent une âme qui sait agir et souffrir tranquillement et avec énergie^. »

C’est le pouce moyen, force de résistance.

« Un nez camard'* annonce de la facilité â recevoir les

1. Études sur la physionomie, par Lavater, 1783, t. III, p. 300. Ibid.

Page 1