La logiiiiio
être longue; sa logique est énergique, nerveuse, mais elle manque déportée; elle tient plus du paradoxe que de la raison.
La première phalange du pouce , la volonté, est d’une longueur mixte; elle n’est pas précisément dominatrice, persévérante, cherchant le progrès et la perfection ; elle est très-forte, très-épaisse, très-résistante, et surtout enflée sur les cotés, ce qui, on l’a déjà vu cent fois, annonce l’entêtement, un entêtement invincible, et par conséquent, encore une fois, l’orgueil.
Voici les armes pour la lutte ; elles sont puissantes, elles sont complètes à «notre avis. Voici maintenant le combat lui-même : Mars, qui doit les utiliser.
Les mains de M. Proudhon sont dures; c’est l’activité incessante, infatigable, la persistance, l’énergie dans l’attaque, énergie qui ne faiblit jamais et que l’entêtement favorise.
Le mont de Mars est énorme, sans rides; c’est le partipris, la fermeté, la tenue, le mépris du qiCcn dira-t-on?
On remarque une croix sur la plaine de Mars.
La croix dans la paume, c’est la guerre acharnée, incessante, la guerre envers et contre tous; c’est une ardeur brûlante, fiévreuse pour le combat sans merci, terrible, perpétuel, auquel la main dure vient ajouter son activité dévorante.
Nous avons trouvé bien rarement la croix dans la paume, et, une fois entre autres, dans la main d’un journaliste connu pour l’acrimonie do ses attaques.
La ligne de vie creuse et rouge vient ajouter à ces
instincts la brusquerie, la rudesse, la brutalité même, lorsque les influences puissantes de Mars se font sentir.
Une main ainsi disposée, cherchant de tous cotés de.s sujets de lutte, attaquerait tout à la fois dans son ardeur belliqueuse; mais elle est entraînée par un instinct principal qui lui fournit un prétexte.
Les doigts trop carrés lui donnent pour drapeau l’amour de la justice.
Et le voilà parti tambour battant. La justice, c’est tout, la justice, c’est Dieu ! Allons donc ! c’est plus que Dieu ; Dieu n’est pas assez juste ; la divinité, c’est l’homme juste, et cet homme juste, où est-il?
C’est M. Proudhon sans doute.
Mais M. Proudhon est-il donc un athée? n’admet-il donc aucune divinité? signerait-il ce que disait après lui un de ses disciples?
Nous nous vengerons de l’oubli de Dieu en lui rendant l'oubli !
Non, M. Proudhon ne signerait pas cela.
Cet homme terrible cache sous sa rude écorce un cœur aimant ; sa ligne de cœur est riche, belle, et s épanouit en rameaux; il aime sa petite famille, il est heureux par elle, avec elle; peut-être aime-t-il aussi 1 humanité à sa manière; mais l’orgueil lui ordonne de ne pas le laisser voir, et son cœur, si riche qu’il puisse être, obéit à l’orgueil.
Allons plus loin encore.
Soulevons ce rideau d’athéisme, écartons ce manteau d’incrédulité.
M. Proudlion a clans la main la croi.K mystique.
M. Proudlion est superstitieux.
Son ardeur belliqueuse, son esprit philosopliique l’entraînent plus loin qu’il ne voudrait aller; ce qui est écrit est écrit. Son entêtement lui défend de reprendre la pensée une fois formulée; son orgueil ii’y consentirait jamais [jacta est aléa!)', il peut ne pas ajouter foi aux cérémonies, aux formules de l’Église; mais il sent en lui-même une impression secrète et puissante; il devine qu’il existe un maître, un créateur, un juge, une autre vie, dont il s’efforce en vain de bannir la pensée ; il voit un Être suprême dans la nature, dans le ciel, dans l’immensité des étoiles, dans le soleil qui se couche, dans la lune qui se lève ; il le pressent surtout dans la solitude, et parfois il se trouble, il est faible, il élève la voix comme les poltrons qui chantent pour simuler le courage; mais la même idée, la même tristesse, le même cloute, lui reviennent sans cesse inspirés par la crqix mystique et par Saturne, et alors il se trahit, même dans scs œuvres; tantôt il s’attendrit aux litanies de la sainte Vierge, et tantôt il ricane avec Satan; il hésite, il cloute, il jette des blasphèmes pour s’étourdir : mais 11 a peur.
Vous nierez en vain; nous avons l’expérience de notre science ; jamais ces signes ne nous ont trompé, jamais ! horsque nous les avons rencontrés, personne n’a nié cette influence, et vous-même, monsieur Proudlion, vous ne l’avez pas niée non plus.
Vous nous avez dit, lorsque nous avons trouvé avec étonnement ces signes clans vos mains :
« Oui, cela était vrai clans ma jeunesse. »
Mais si cela était vrai dans votre jeunesse, cela est vrai encore aujourd’hui, car la trace n’en est pas effacée; si la vigueur de la vie, qui circule maintenant rapide et énergique dans vos veines, vous met parfois au-dessus do ces pressentiments, lorsque l’âge viendra vous rendre la débilité de l’enfance, ces idées voltigeront autour de vous, plus épaisses, plus sombres que jamais, et, plus d’une fois, vous regretterez vos dangereux préceptes et le mal que vous aurez fait.
Mais, nous le demandons encore, pouviez-vous résister à la pétulance de vos instincts? et si la société doit périr, n’étiez- vous pas envoyé, avec tant d’autres qui fourmillent dans l’ombre, pour nuire, chacun selon sa puissance, quand le moment sera venu?
Notre siècle n’est-il pas le siècle de ferl
MEÏSSONIER.
Meissonier a pour planètes dominantes Jupiter d’al)Ord, qui lui donne le teint frais et blanc, les goûts sensuels, l’ambition, la confiance en soi, l’amour de la table, des réceptions, la gaieté, l’entrain, la belle humeur, la réussite; Mars, qui lui donne la force de résistance, adoucie par Jupiter et surtout par A^énus, influente aussi chez lui ; et enfin le Soleil, qui lui donne le bon sens et la célébrité.
i\:ais, avant tout, il est jupitérien
LES MYSTÈRES DE LA MAIN. 5:il
Sa main réunit, au premier aspect, la synthèse et l’analyse. 11 est donc apte à comprendre, à la fois, la masse et les détails; cependant, en l’examinant avec soin, la masse l’emporte. Aussi la peinture de Meissonier, très-précieuse et très-soignée, est néanmoins, quant h l’effet et très-souvent même quant à l’exécution, trèslargement comprise. La seconde phalange du pouce, la logique, est très -développée; sa première phalange n’a rien du dominateur ; mais elle est assez longue pour le préserver de toute influence, secondée comme elle l’est par le mont de Mars-; ses doigts mixtes réunissent, à un degré égal, l’imagination et la recherche de la vérité. Sa main, demi-molle, signe d’intelligence, dénote un amour du confortable, qui n’empêche pas, au besoin, l’activité, même corporelle.
Dans la paume de la main, Jupiter domine ; mais sur le mont même est tracée la signature de Jupiter, ce qui annonce un talent remarquable et une réussite éclatante à la hauteur du mérite.
La ligne de cœur est longue, rameuse et riche.
La ligne de tête est longue aussi, mais elle penche du côté de l’imagination ; elle indique donc, nous le savons déjà, amour du gain légitime, besoin d’argent ; la saturnienne, ligne de chance, part du milieu de la plaine de Mars, elle signifie par conséquent : commencements pénibles, réussite tardive et motivée par la lutte même.
Trois rameaux bien tracés, partant du mont de la Lune^ viennent se réunir en une seule branche et tracer un profond sillon sur le mont du Soleil, déjà très-développé
par lui-même. Ces trois branches, tout en signifiant, par leur réunion à la base du mont du Soleil, gloire, célébrité, fortune, signifient, a leur point de départ, comme rellets glorieux du Soleil : grandes intuitions d’harmonie — raison, — imagination.
Ces qualités, tournées par Meissonier du côté de la peinture, expliquent la sagesse de ses compositions et de la distribution de sa lumière, son admirable harmonie et la puissance de sa couleur, vraie, forte et brillante sans manière, comme la raison.
Le mont de Mercure se penche vers le Soleil, ce qui signifie, nous l’avons vu souvent, études sérieuses, science dans l’art. Une ligne, partie de la ligne de cœur et montant droit vers Mercure, indique des profits, des gains, des bénéfices, des occasions de fortune; le mont de Mars, saillant et développé, lui donne l’énergie, l’expression et la couleur. Le mont de Mars lui donne, en outre, la force de résistance déjà indiquée par la première phalange du pouce; mais, en y ajoutant la résignation.
11 reçoit du mont de Vénus l’amour de la forme et le sentiment qui anime ses toiles.
Dans sa main gauche, la saturnienne {ligne de chance) a cela de remarquable qu’elle part', comme celle de la maindroite, de la plaine de Mars. Ceci établit un fait bien constant, qui, dans la jeunesse extrême, eût pu avoir une signification trè.s-grande, et eût donné une énergie double pour supporter les mauvais jours, si la chiromancie eût été connue.
Dans cotte main, la ligne de tète est double; o’est raison d’une part, et, de l’autre, c’est : imagination venant apporter à la raison ses intuitions et lui donner une richesse nouvelle ; la croix mystique se distingue un peu en cette main, ce qui indique une certaine tendance h se prêter au merveilleux.
Ce qui est surtout remarquable et significatif dans la main gauche de Meissonier, c’est une ligne partant de la ligne de vie, montant à la ligne de cœur, de là se dirigeant vers le mont de Mercure et se détournant pour venir tracer une seconde ligne sur le mont du Soleil ; c’est à la fois la science venant s’unir à l’art, nécessaire à sa vie, à son âme, et la fortune allant trouver l’artiste. L’autre ligne du Soleil part, comme dans l’autre main, du mont de la Lune, elle y forme une double ligne avec la ligne de tête qu’elle traverse en passant ; c’est encore l’imîîgination alliée à la raison, c’est l’harmonie et la vérité. Cette main est celle d’un homme justement appelé à la célébrité, à la gloire.
Des journalistes, qui ne sont pas artistes et ne peuvent, quelles que soient leur haute intelligence et leurs réelles intuitions dans les arts, comprendre toutes les qualités d’un peintre, ont attaqué M. Meissonier. Ces attaques injustes seront, heureusement pour eux, oubliées plus tard ; car, nous le disons comme peintre nousmeme, en consultant notre conscience et bien sûr de ne j)as être démenti par tous nos confrères, la postérité donnera à M. Meissonier une place illustre parmi les grands artistes de notre temps.
M. GÉllOiME.
M. Gérôme est sous rindueace de deux planètes principales et souvent opposées ; Saturne et \enus; Mars et Mercure viennent ensuite. Mais, réunies chez un peintre, elles y complètent les qualités sérieuses, puiscju’elles donnent l’amour du fini, de la richesse, du soin allant jusqu’au précieux par les détails; les procédés pour l’exécution habile; et l’amour de la forme, et, par conséquent, le dessin élégant et pur.
M. Gérôme, brun de peau, avec des cheveux noirs; sérieux, froid et tranquille en apparence, ayant le nez droit et mince, les mâchoires accentuées sans excès; un peu dénué d’embonpoint, porte toutes les signatures de Saturne. C’est dans ses manières aimables >et affectueuses, son obligeance, sa politesse exquise, que l’on retrouve les caractères de Vénus. Mercure lui donne la science, et Mars un sentiment de couleur auquel Saturne ôte le brillant en le remplaçant par la recherche de la vérité.
Encore des mains mixtes.
Pour un peintre, la main mixte annonce h la fois l’amour du merveilleux et de la symétrie, l’imagination et l’ordre, deux qualités si nécessaires à la composition des tableaux.
Chez celui- ci, la symétrie trouve encore un auxiliaire dans le nœud d'ordre^ indiqué à tous les doigts, légère-
l. Deuxième phalange des doigts.
ment sans doute, mais assez pour le porter i\ ne rien accepter des insj)irations subites sans les avoir raisonnées.
La logique^, forte et longue, vient assurer la prédominance de la raison. C’est donc un peintre ami de la vérité, composant bien , avec plus de science que de fougue, exécutant avec recherche et avec amour; car, aux doigta longs qui le portent à se complaire dans les détails, il joint la volonté’^ consciencieuse, exigeante, la volonté qui lui ordonne de revenir sans fatigue sur la même toile jusqu’à ce qu’il l’ait rendue aussi parfaite que sa nature peut le permettre. A la volonté se joint un autre instinct qui partage avec elle la domination de la main tout entière : l’ambition^! mais l’ambition noble, celle qui veut arriver par le travail, celle qui veut arriver par le mérite en conquérant l’estime et la renommée, comme l’indique Mercure entièrement penché du côté du Soleil : c’est-àdire la science dans l’art, la volonté dans l’étude, la conscience!
Et, comme pour atténuer la sécheresse qui pourrait résulter de tant de qualités de tête, la ligne de cœur est immense ; elle barre la main tout entière, en indiquant le bon ami, l’amant dévoué, mais ferme. L’amour sensuel vient aussi y ajouter son inlluence. Le mont de A’énus est d’une dimension ordinaire, mais assez fortement rayé par une grille.