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Du]U’is Origine des cultes, p

ÉTIIÉUÉE.

Ainsi donc, pour les initiés, Péthérée, Taine de 1 univers, la lumière astrale, était le mobile de la nature, et la naiure était Tirradiation de la force de Dieu.

Dieu était toujours présent, toujours près d’eux, toujours autour d’eux ; Dieu faisait rouler les globes immenses et innombrables sous la voûte du ciel, et, en même temps qu’il inondait le soleil de torrents de feu, il faisait pousser un brin d’herbe et donnait la vie a 1 insecte caché sous les gazons. Dieu était dans le son, dans le bruit, dans la vapeur lointaine, dans l’azur. En ouvrant les yeux après le sommeil, ils voyaient Dieu; dans la lumière et dans l’air ils respiraient Dieu ! Dieu était

partout, même en eux. Ils ne faisaient pas un geste qui ne fût vu par lui, ils ne concevaient pas une idée qu’elle ne fût sue par lui. Aussi Pythagore, Platon, Socrate, s’étudiaient à se rendre nobles et purs vis-à-vis de ce témoin invisible et toujours pressenti; et leur âme, immortelle parcelle de Dieu, se mettait en harmonie paisible avec le fluide divin répandu sur toute la nature, et écrivait sur leur front, en leur donnant la beauté de la

vertu :

Celui-ci est un élu !

Et le rayonnement de leur âme, vibrant au dehors, calmait chez ceux qu’ils approchaient l’irritation des passions mauvaises , et endormait leurs désirs terrestres et matériels. Car, selon les kabbalistes, l’âme respire comme le corps. Le voisinage des marais, des eaux sta-

gnantes et les miasmes des cloaques donnent au corps la peste et la fièvre; ainsi l’aine innocente se corrompt aux émanations des âmes impures qui respirent la luxure et le vice, et elle y perd, si elle ne les fuit au plus vite, sa fraîcheur d’abord, sa santé plus tard. Conservez-vous purs pour ne pas obscurcir par les lourdes vapeurs de la débauche l’éclat de la lumière qui brille en vous.

« La lumière, dit Berkeley, est le langage de la Divinité , dont nos sens les plus parfaits ne font qu’épeler ici-bas les éléments dans un millier de formes et de couleurs. »

Balzac paraphrase cette idée dans Séraphita et dans Louis Lambert. 11 dit dans Séraphita ;

« Vous connaissez la composition de l’air ; azote, oxygène et carbone. Comme vous n’obtenez pas le son dans le vide, il est clair que la musique et la voix humaine .sont le résultat de substances chimiques organisées préparées en vous par la pensée, coordonnées au moyen de la lumière, la grande nourrice de notre globe. Avez-vous pu contempler les amas de nitre déposés par les neiges; avez-vous pu voir les décharges de la foudre, et les plantes aspirant dans l’air les métaux qu’elles contiennent, sans conclure que le soleil met en f usion et distribue la subtile essence dont ici-bas tout le monde se nourrit ? » Il a dit aussi dans Louis Lambert :

(( Ici -bas tout est le produit d’une substance éthérée, ])ase commune de plusieurs phénomènes connus sous les noms impropres d’électricité, chaleur, lumière, Iluide galvanique, magnétifjue, etc. L’universalité des transmu-

tâtions de cétte substance constitue ce que Ton appelle vulgairement la matière.

« Le cerveau est le matras où I’animal transporte ce que, selon la force de cet appareil, chacune de ses organisations peut absorber de cette substance, et d’où elle sort transformée en volonté.

« La volonté est un fluide , attribut de tout être doué de mouvement.

« En l’homme, la volonté devient une force qui lui est propre et qui surpasse en intensité celle de toutes les espèces.

« Du plus ou moins de perfection de l’appareil humain viennent les innombrables formes qu’affecte la pensée.

« La volonté s’exerce par les organes vulgairement nommés les cinq sens, qui n’en sont qu’un seul : la faculté de voir.

« Toutes les choses qui tombent par la forme dans le domaine du sens unique, la volonté de voir, se réduisent à quelques corps élémentaires dont les principes sont dans l’air, dans la lumière, ou dans les principes de l’air et de la lumière. Le son est une modification de l’air; toutes les couleurs sont des modifications de la lumière ; tout parfum est une combinaison d’air et de lumière. Ainsi, les quatre expressions de la matière par rapport à l’homme, le son, la couleur, le 'parfum et la forme, ont une même origine ; car le jour n’est pas loin où l’on reconnaîtra la filiation des principes de la lumière dans ceux de l’air. La pensée, qui tient à la lumière, s’exprime par la parole, qui tient au son. »

On sait déjà qu’en magie, le son, la couleur, le parfum , la forme, ont une môme origine et se perdent ou se réunissent dans la lumière astrale, dont ils font partie.

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