Gillet de Lamenardière, la Démonomanie de Loudun, p
2. Relation de ce qui s'est passé aux exorcismes, en présence de Monsieur, frère du roi. Paris, Jean Marti. In-12, p. 39.
3. Ibid., p. 18. C'est ce que nous avons déjà rapporté dans ce volume [attestation de Gaston d'Orléans, p. 201).
Mais le P. Surin, homme d'une conscience scrupuleuse et que personne n'a jamais soupçonné de mensonge, affirme que le phénomène de suggestion, dans lequel il ne peut voir d'ailleurs lui-même autre chose que la possession même, s'est produit, à sa connaissance, plus de deux cents fois. Rabattons pourtant la moitié de ce chiffre, pour faire la part des illusions dont le bon père a pu être dupe, et nous serons tout juste aussi modéré que Calmeil. Ce savant manigraphe, après avoir reconnu que le somnambulisme artificiel détermine aujourd'hui une partie des effets dont on voulait rendre les démons responsables, ajoute : « Dans cent occasions on peut croire, en effet, que les énergumènes lisaient dans la pensée des religieux chargés de combattre les démons \ » Dans la pensée des religieux qui s'étaient puissamment emparés d'elles, remarquons-le bien, et non dans la pensée d'autres personnes. C'est ainsi que le phénomène se produit de nos jours chez les hypnotisés, et c'est ce qui explique pourquoi le duc d'Orléans dut transmettre au P. Élisée l'ordre qu'il voulait donner à madame de Sazilly. La même épreuve échoua, au contraire, avec le duc et la duchesse de La Trémouille, parce que ceux-ci s'étaient abstenus de faire connaître d'avance leur pensée à l'exorciste. On voit tous les jours des scènes du même genre se passer dans les séances de magnétisme ^
Les Ursulines furent exorcisées deux fois par jour au moins, et cela pendant sept ans! Depuis qu'on pratique l'hypnotisme, il n'y a pas de sujet qui ait été mis à de pareilles épreuves ; or, dans le volume que nous consacrerons à l'histoire du magnétisme animal, on verra que le somnambulisme artificiel est d'autant plus prompt à se manifester, qu'il a été plus souvent produit. La plupart des possédées de Loudun ressemblaient donc en cela à des hypnotisées, peu lucides toutefois, mises et entretenues dans cet état par une succession de manoeuvres incessantes et forcenées.
Les convulsions des Ursulines provenaient surtout, avons-nous dit, de l'hystérie. Cette maladie est parfaitement caractérisée chez trois d'entre elles. Nous croyons qu'elle existait a priori dans le couvent, et qu'elle détermina les premiers symptômes convulsifs et contagieux par imitation. Or, cette affection, dans laquelle le système nerveux est constamment irrité, donne lieu à un état physiologique tel, que toute excitation physique ou morale met en jeu ce système et provoque des désordres et des crises extraordinaires chez l'individu malade. De jeunes filles hystériques sont de