‹ Les mystères de la scienceChapitre 77 sur 117 · Histoire du fanatisme de notre temps, t. I, p · texte numérisé non relu

Histoire du fanatisme de notre temps, t. I, p

chef, par quelque homme de sa troupe, « maltraité sans doute par ce prêtre, qui, au rapport d'un historien, était brûlant de zèle ' » ; — 'enfin, Jourdan, de Bagars, capitaine de milices, ancien calviniste, celui qui avait tué Vivens, et qui, avant, comme après ce coup, avait souvent, à la tête de sa compagnie, chargé et sabré les assemblées religieuses. Assiégé dans sa maison, Jourdan eut peur et se cacha sous un lit. C'est là qu'on le saisit ; après lui avoir donné le temps de faire sa prière, on le fusilla.

Outre ces exécutions, qui jetaient l'épouvante parmi les catholiques, les insurgés avaient incendié quinze églises. Un grand nombre de curés prirent la fuite, abandonnant leurs paroisses. Les plus braves demandèrent du renfort pour se défendre. Bâville, ne pouvant leur envoyer des soldats, leur fit distribuer des firmes, et l'héroïque Louvreleuil nous apprend qu'il eut, pour sa part, vingt-cinq fusils dont il arma autant d'hommes, qui montaient Ja garde tour à tour pour le protéger ^

Mais déjà la guerre avait commencé dans la montagne, entre Laporte et les milices. Ayant eu avis que trois compagnies des milices, arrêtant et pillant les protestants, relaps, devaient passer la rivière de Vebron sur le chemin de Florac, Laporte alla les attendre en cet endroit, et les attaqua avec tant de vivacité, que les trois compagnies prirent la fuite, laissant sur la place plusieurs morts, leurs prisonniers et leur butin.

On eut recours à un officier des troupes du roi, déjà connu par ses exploits contre les insurgés : le capitaine Poul. Il se mit à la poursuite de Laporte par le Collet-de-Dèze, où il savait que ce chef s'était rendu avec sa troupe victorieuse, et le trouva posté sur une hauteur qui domine un bois de châtaigniers, au pied duquel s'étend une petite plaine appelée le Champ - Domergue : c'est un point central entre Saint-Frézal, Saint- André-Dèze et Vialas. Le prophète s'était rendu en ce lieu, pour y prier avec sa troupe, car, de temps immémorial, les populations des environs se réunissaient, pour la célébration de leur culte, près du Champ-Domergue, et, depuis le commencement de la persécution protestante, ce lieu était devenu le rendez-vous le plus fréquent pour les assemblées religieuses.

On était en pleine assemblée quand on aperçut le détachement de Poul : ce dernier s'était arrêté au pied de la montagne, pour faire prendre haleine à ses hommes et à ses chevaux. Un petit conseil de guerre fut tenu. La plupart des officiers de Laporte étaient d'avis de se replier dans les châtai-

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