OU CARAQUETTE SE FAIT ALLER
M. Caraquette en sortant de la résidence do eomte s'était rendu à l'Hôtel du Canada, où il occupait la chimbre No 86, au quatrième étage dans l'aile la f'Ua paisib'.e de l'établissement.
Il avait apporté avec lui du
véa au plafond comme d'il eut cherché une inspiration d'en haut.
Tout à coup il s'arrêta et baissa la tête en plaçant l'index de la main droite en forme de crochet sur l'arcade de son nez.
Il eut l'air de s'arrêter à nue idée.
Il ouvrit une de ses malles et
ses malles aux ferrures eolides, ce en 80rtlt une boîte eQ fôrblanc
qui laissait croire qu'il appartenait à la classe des commis voya gours
ferraéa avec un cadenas à secret.
Il ouvrit la boîte de farblanc et en tira une liasse de papiers qu'il
M. Caraquette était peu corn- 1 Jeta 8Ur ,a tablô« municatif avec loi hibitné3 de I1 trouva dans la liasse une l'hôtel et ses mouvements étaient ' lôttre portant, dans la cire noire réguliers comme ceux d'une hor- i avec laquelle elle était cachetée, le loge. ecaau armorié de M. de St-SimocL
Le matin et l'après-midi il s'ab I Le raoh -x n'avait pas été rompu, lentait de l'hôtel pendant une i La leure était adressée à M. Caleure qu'il consacrait à la prome- raquette. îade ou à ses aftaires privées. Au-dessus de l'adresse, on lisait
L^ soir il s'enfermait dans sa en encre rouge le3 mots suivants : îhambre où l'on voyait le gaz Cette lettre ne devra être ouvrrte >rûer jupqu'à une heure avancée q ne dans le cas où le vicomte de le la nuit. BjHêi serait mort ou in arti-
Après sa dé convenue ch^z le iule ytiuriis.
omte de Bouctouche, M. C^ra [net e outra dans son apparte uent contrairement a son habitu-
M. Caraquette brisa le cachet
et sortit la lettre de l'onveloppe.
L'épîtrc se lisait comme suit ;
e, il n'en sortit pas pour faire sa * Cher ami,
promenade do l'aprèa-mi ii.
M J'ai un secret d'une buute im-
En entrant il avait lancé son portauce à te communiquer. Il
hapeau de castor gris sur une ta- importe que tu le saches afin que
»lo au risqua do le boss*r et pla- tu exécutes scrupuleusement me)
ant ses pouce, dans loa échan dernières volontés coule nues dans
rares do son gilet, il se promoua mon t entament. Ce secret, pour
ans sa chambre, les regards lo- des raisons qie tu pourra) appre-
cier ne pouvait être divulgué dauB Pacte testamentaire. Si je t'ai donné instruction d'être présent à l'inscription du décès de mon petit- fils sur les registres de l'état civil, c'est que j'ai craint que son père ne lui substituât un autre enfant afin de rester avec la jouissance de ma fortune. Je tiens à ce que tu constates personnellement l'identité du défunt.
Mon secret est le signe à l'aide duquel tu reconnaîtras mon héritier, le véritable vicomte de Bouctouche. En 1874 j'étais allé à Montréal avec ma fille Madame de Bouctouche pour assister à la célébration de la grande St Jean- Baptiste. La comtesse fut très impressionnée par la grandeur de la démonstration. Quelques mois plus tard elle me rendait grand père d'un petit- fils que j'avais longtemps demandé au ciel. Ce petit- fils c'est le vicomte de Bouctouche. Il porte sur son corps une marque à laquelle il pourra toujours être reconnu. Il a sur la fesse gauche l'empreinte bien dessiné d'un castor rongeant une feuille d'érable. Au-dessus du castor, tu pourras lire en lettres très distinctes les mots " Travail et concorde,*'
Maintenant, mon cher ami, avec ces données, tu peux empêcher toute substitution d'enfant avenant la mort du vicomte, qui, je
crois, ne jouit pas d'une très fort3 santé.
Tout à toi,
Calix de St- Simon. "
Caraquette, aprè3 la lecture do cette lettre, resta rêveur pendant quelques minutes;
Il s'agenouilla devant une de ses malles et en fit jouer la serrure à secret.
Cette malle contenait une vingtaine de boîtes en ferblanc. Chacune de ces boîtes renfermait des valeurs monétaires ou des obligations pour un montant considérable.
Caraquette mit dans son portefeuille une liasse de billets de banques et sortit de l'hôtel.
Il se rendit chez un perruquier de la rue Notre-Dame. Lorsqu'il reparut sur la rue il était méconnaissable. Caraquette portait une barbe rouseâtre qui lui couvrait la moitié de la figure. Son chapeau de castor gris avait été remplacé par un feutre mou bossé comme le chapeau d'un bommeur ou d'un maquignon américain.
Il recommença sa promenade sur la rue St-Denis, prèa de la maison du comte de Bouctouche.
Il vit la voiture de louage s'arrêter devant la résidence du comte et, plus tard, caché en arrière de la boîte d'un arbre, il put assister au départ de la famille.
Une vingtaine de minutes après Caraquette avait loaé un dog cart et se lançait à la poursuite des fugitifs.
Rendu a Ste-Thérèse, Caraquette afin de ne pas exciter les ■oupçons du comte de Bouctouche, avait changé son dog- cart pour un bog-board.
Il avait soin de ne pas s'approcher de trop près de la voiture du comte.
Malheureusement pour lui vers deux heures du matin, la lune disparaissait au moment où il était rendu à la bifurcation du chemin de St Janvier avec ceux de St- Jérôme et de St-Colomban de la Seigneurie des Mille Iles.
Caraquette se trompa de route et ne reconnut son erreur que lorsqu'il fut rendu près de la route de Ste-Scholastique.
En essayant de revirer sa voiture, une des roues monta sur une grosse pierre. Le bog board fat renversé et un des timons fat brisé avec le daehb^ard.
Caraquette fut obligé de faire un mille et demi à pied pour aller acheter un boat de corde chez un habitant atiu de réparer le dégât et de coutiuuer sa route.
Il était midi lorequ'il entra dans St Jérôme.
Il avait appris que le comte et •a famille s'étaient arrêtés à l'hôtel Campeau.
Naturellement il ne voulut pas
courir le rieque d'être reconnu par M, de Bouctouche. Il traversa le village et se rendit jusqu'au Cordon ou, il confia son cheval et sa voiture à un cultivateur d la localité.
Caraquette reprit à pied le chemin du village et se rendit chea un hôtelier près de la gare du chemin de fer.
Nous le laisserons en compa-
guie de l'aubergiste, pour aller
trouver le comte à l'Hôte Campeau.
M. de Bouctouche ne dormit pas longtemps. Après un somme qui dura environ une heure, il visita le cottage sur l'autre côté îo la rivière et le loua pour l'été, moyennant un prix fabuleux pour les gens de St-Jérôme.
Deux jours plus tard la comtesse prenait possession do la maison.
Le petit vicomte affaiblissait de jour rn jour. Bientôt la fi
t oa apogée et fat aggravée par le délire. Ls comto cm chercher un médecin psr un n sager, malheureusement h de Terr o était on é
et tous les médecins ab-
sentés pour faire de la cabale
Bref l'8gonie arriva et le comto creva.
La comtesse etr La commotion qno lui caasa an cerveau cette grande doulenr, ébraula temporairement ea raison.
Elle avait versé tant de larmes
que ses glandes lacrymales étaient taries*
Le comte, apprit la mort de son fils avec un sang-froid stoïque.
Il s'enferma dans ea bibliothèque et y passa cinq on six heures.
Le lendemain matin il partit
pour Montréal par le train de sept heures.
Qu'allait-il faire à Montréal ?
Etait-ce pour s'y assurer les services d'un entrepreneur de pompes funèbres de première classe ?
Non.
Le chapitre suivant vous expliquera l'objet de ce voyage*