BÉNONI
€ Le comte en lisant le nom de Caraquette fit un soubresaut.
Son ennemi avait évidemment un
plau pour détruire l’œnvre à ]a-.
quelle il avait consacré tout son| l'hôtellerie de Ste-Thérèse, l'Antemps depuis deux semaines, Il|gelus du soir venait de sonner.
s'agissait de le circonvenir. Pour cela la première chose qu’il fit, fut de tirer les vers du nez de sa servante,
Ursule interrogée par le comte avoua qu’elle était fiancée à Bénoni, que ce dernier avait été in— justement condamné par le Recorder et qu’il avait purgé une sentence d'emprisonnement. Elle avoua aussi qu’elle avait rencontré un homme portant un chapeau de castor gris et qu’il lui avait dit qu’il donnerait une place lucrative à son amant.
LE POUISON
Le comte de Bouctouche redoutait les menées de Caraquette.
Il s’agiscait de faire disparaître au plus tôt le seul témoin de son premier crime.
Que lui importait une infamie de plus sil réussiesait à s’emparer des millions de la famille de St-Simon ?
Il rencontra eon homme de vant l’auberge s'amusant à jouer au tête ou bitche avec deux employés du chemin de fer du Nord.
En voyant arriver son maître, Cléophas lâcha sa partie et entra dans i’hôtel.
Il fut questionné sur tout ce qui s’était passé à Ste-Thérèse depuis le départ du comte.
Le petit Pite s’ennuyait an collège.
Il ne montrait aucun goût pour l'étude.
Pendant ses classes au lieu d’écouter les instructions du professeur, il jouait à pique ou noc avee ses petits camarades.
Il avait déserté deux ou trois fois la cour de récréation pour al:
ler s'acheter du tabac à chiquer dans les groceries du village.
Bref, ses professeurs commençaient à en désespérer.
Le comte en apprenant ces mauvaises nouvelles se rendit de suite au collège et rénssit, à force de supplications, à faire consentir le directeur à le garder pendant
Le comte ne perdit pas del|au moins un mois.
temps, il attela un cheval Bayard | Il rentra à l'hôtel et s’enferma
à an bog-board et se miten route! dans un salon particulier avee
pour Ste-Thérèse où Ciéophas| maître Cléophas.
bambochait avec des amis d’occa- Il le félicita sur sa conduite et
#i0n. lai paya une dizaine de traites et Loraque Buctouche entra dans trois ou quatre verres d’huitres.
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Oléophas qui s'était rincé la]me vient une idée, Le nom et
dalle une vingtaine de fois pendant la journée ne tarda pas à se sentir un peu casquette.
Le comte profita d’an moment où C'éophas était allé dans la cour de l’hôtel, pour verser dans son verre environ soixante gouttes d'acide prussique.
Cléophas rentra et fut invité À prendre une autre traite qu'il accepta.
Le comte commençait à avoir le cerveau troublé par les fuméee des alcools. Il se trompa de verre, Il lampa la gobe fatale.
L’effet du poison fut instantané Il poussa un soupir comme s’il se fot senti suffoqné. Il tomba lourdement sur le plancher, gigota pendant quelques instants et rendit le dernier soupir.
Cléophas resta pétrifié devant le cadavre du comte.
Il se croïsa les bras et dit :
—Je cré ben qu’il a pris de ls poéson.