‹ Les mystères de Montréal [microforme]Chapitre 40 sur 41 · LE FRAGMENT D’UNE LETTRE · texte numérisé non relu

LE FRAGMENT D’UNE LETTRE

—Madame, dit-il, vous saves comme moi tout ce que votre situation a d’anormal.

La mort de votre mari et celle devotre fils vous Ôtent la jouissance d’une fortune qui appartient, de:

droit, sux collatéraux de ls famille St Simon. Vous m'avez dit que le petit Pite était réellement votre enfant, Aujourd’hui que les papiers de la famille St-Simon ont été retrouvés il faut que l’enfant soit mis en tutelle. Je voudrais (ici Caraquette cligna l’œil d’un air malin,) que lPenfant fut mis au plutôt sous la surveillance de sa mère. Savez-vous où se trouve votre fils aujurd hui ?

—Mais mon cher monsieur vous n’ignores pas que l'enfant s’est enfui du collège Ste-Thérèse et qu’il mè:e une vie de vagabondage. Vous allez vous interresser pour lui, monsieur Caraquette.

Vous concevezs qu’une mère ne peut vivre longtemps privé des careases de son enfant, Moftez

trée de Caraquette dans le salon, \ +

RAR PT est an ue à

“tous les limiers de la police à sa |

recherche, donnes leur l'argent qu'il leur faudra pour les récompeênser, je veux revoir mon fils au plutôt.

Caraquette baïssa la tôte et réfléchit quelques minutes.

En conversant avec la comtesse, “Caraquette avait ramassé un pli -de papier près de l'endroit où l’amoureux était assis.

Pendant que Madame de Bouc-

tonche essayait de lui prouver |

que «on fils n’était pas mort et -qu’il pouvait être identifié par les marques indélébiles gravées sur son épiderme, Carsquette avait lu les lignes tracéee sur le papier qu'il avait ramascé.

C'était le fragment d’une lettre dont la date et la signature avaient disparues.

Carsquette, tout eu faisant sem- ‘bler d'écouter les explications de 1a comtesse, avait lu ce qui suit :

# Pauvre enfant ! puisses-tu un our, rencontrer l’ami de ton père, M. Oaraquette, le seul témoin qui ait assisté À mon mariage avec ton père, Les régistres de la Baie des Chaleurs ont été brulés dans Pincendie qui a détruit l'Eglise du village. M. Caraquette a en sa possession tous les documents qu’il faut pour te mettre en possession de l’héritage de ton père, ton pauvre père qui est mort en to donnant le jour. Les Bouc-

aches ont toujours été les ennnmis de notre famille C’est en Bouctouche qui t'a lâchement spolié de ton héritage. Tous Îles jours je prie la Providence afin...

Ici e’arrêtait le manuscrit.

La figure de Curaquette se troubla à la lecture de cette lettre.

Il eut comme un vertige et porta la main à son front.

Son sang battait avec tart de force dans ses veines qu’il Ini semblait qu’il allait briser ses artères.

Tout son corps avait treseailli par un tremblement convulsif,

Il mit le morceau de papier dans la poche de son gilet, se croisa les deux mains et les laises tomber entre ses jambes dans l'attitude d’un homme qui venait do recevoir une révélation foudroyante,

La comtesse avait vu pâlir Osraquette et elle était vivement intriguée par la pantomime qu'il faisait en achevant la lecture de la lettre,

Elle se leva de son siège et s’approcha de l’homme au chopeau de castor gris.

—Mais monsieur Caraquette fitelle d’un ton de voix sympatique ; qu’avez-vous ? Vous me sembles tout interbolisé, Vous sentez-vous malade ?

—0e n’est rien, répondit OCars-

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: leur qu’il fait dans la chambre. :

Caraquette respira longuement,

Il se leva, salua la comtesse et

| sortit de l’appartement.

Il décrocha son chapeau qui

| était suspendu à une patère dans

le vestibule et asséna dessus un coup de poing énergique.

—C'est Malpèque ! Malpèque

| est à Montréal ? Malpèque qui

vit encore sous le nom d’Alphonse Briquet.

Caraquette sortit de la maison

ni HS, à l'officier et pouvait lui donner son concours, pour démarquer une ifnposture qui prive un jeune homme d’un .héritage considérable. M. Lafon lui répondit qu’il se mettait immédiatement à ses ordres, I1 fut entendu que la police devait mettre la main sur le petit Pite qui avait disparu pendant ls promenade de Bénoni et de «s femme sur le chemin de Lachine

PL

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