PIQUE-VINAIGRE
Une rue où il y a un ruisseau au milieu, bien jolie rue, ma foi!
BENOIT, s'inipatientant.
Ah ça! vas-tu parler, enfin ?
PIQUEVINAIGRE.
Il y avait donc, dans la Petite-Pologne, un homme si méchant, qu'on l'appelait Coupc-en- Dcux ; il avait le teint couleur de revers de bottes, les cheveux rouges, les yeux verts et la langue noire. A ces agrétncns-là, Coupe-en-Deux joignait le métier d'avoir je ne sais combien de tortues, de singes, de cochons d'Inde et de renards, qui correspondaient à un nombre égal de petits S:ivoyards ou d'cnfiins abandonnés.* Père Roussel? (Le g:.rilien fait un mouvement.) Vous voulez voir Gringalet? je vais vous servir Gringalet.
LE PÈRE ROUSSEL
Voyons Gringalet, puisje me sauve un moment.
PIQUEVINAIGRE.
Gringalet, l'un de ces enfans, et le plus chétif, était battu par Coupc-en-Deux, par les singes et tous les petits montreurs de biMcs.
LE PÈRE ROUSSEL
Pauvre moutard!
LE maitre-d'ècole, à Benoit.
Le gardien ne s'en va pas...
BENOIT, bas, avec col're.
Toiniene de lambin! finiras-tu?
PIQUEVINAIGRE.
Gringalet était trop faible et trop poltron ponr se revenger... il pleurait, et a seule consolation était d'empêcher les grosses bétes de manger les petites.
LE PÈRE ROUSSEL
Ah! cette idée.
PIQUEVINAIGRE.
Ah! v'Ià que ça vous intéresse père Roussel... Vous entendez bien qu'il ne se mêlait pas des atïairoâ des renards cl dos singes, mais quand |e