ACTE IV, TABLEAU YIII, SCENE I
voyait une araignée embusquée dans sa toile, pour y prendre une pauvre folle de mouche qui volait au soleil du bon Dieu, Gringalet abattait la loilc, délivrait la mouche et écrasait l'araignée,
BENOIT
Tu n'es pas en train, Piquevinaigrc
PIQIEVINAIGUK.
Je ne suis pas en train I Gardien, je vous en | Tais juge... écoutez un rêve qu'eut une nuit Grin- | galet.
LE PÈRE ROlSSr.t.
Eh bien ! voyons, conte vile.
BENOIT, avec rage.
Je le lui conseille.
PIQLEVINAIGRE.
Gringalet rêva qu'il était une de ces mouches comme il en avait tant sauvées, et qu'à son tour il tombait dans une grande et forte toile où il se débattait, se débattait... Puis il voyait venir à lui une espèce de monstre qui avait la figure de Coupe-cn-Deux sur un corps d'araignée... l'araignée s'approche, le touche... il sent les grandes pattes froides et velues du monstre le saisir, l'enlacer pour le dévorer, il se croit mort... Mais voilà que tout à coup il voit un joli moucheron d'or, qui avait une espèce de dard fin et brillant comme une aiguille de diamant, voltiger autour de l'araignée d'un air furieux.
LB PÈUE ROUSSEL, s'asscyaut.
Ma foi , ça m'amuse.
PIQI'EVIKAIGRE, à part.
11 est sauvé !
BENOIT, bas.
J'ai des envies de les exterminer tous les Irois. UNE VOIX, en dehors.
Père Roussel ! à la soupe. Il n'y a plus que cinq minutes.
LE PÈRE ROUSSEL, Su Icvaut,
A demain la suite.
( PiqucrinaiBre, voyant le mouvement qui se fait parmi les prisonniers suivant le père Koussel des yeux , se recule vers le fond, tandis que le Maltrcd'École déplace le billot qui est sur la dalle.) PIQUEVINAIGRE, s'enfuvant au fond.
Garde à vous, monsieur Germain !
BENOIT , se jetant sur Germain.
Il a raison, car voilà ton araignée.
(A peine le billot a-t-il éié dérangé, que le prisonnier qui était dans le trou a levé la dalle et s'est élancé $iu° la scène snns faire face aux spectateurs, il saule b la gorge de Benoil.)
LE CIIOURINELR.
Et voilà son moucheron d'or.
BENOIT, se débattant et lâchant Germain. A qui en a-t-il, ce brigand-là?
LE CUOURINEUB, proiégeaut Germain. A tous ceux qui voudront tuer en traîtres un pauvre mouton du bon Dieu.
(Aussitôt que le trou a été libre, le .Malire-d'École s'y est précipité et ù été suivi de plusieurs autres.)
BENOIT et QUELQUES PRISONNIERS.
A mort tous deux!... à mort!...
PIQUEVINAIGRE, rentrant.
La garde! la garde!
BENOIT, écartant des prisonniers et se précipitant dans le trou, au Chourineur.
Nous nous reverrons , je suis trop pressé cette fois-ci.
LE CHOURINEUR
A ton aise ! bonhomme.
(Il met le pied sur la dalle , quelques soldats so!)l entrés en courant et se sont rangés au fond.) UN SERGENT, aux soldats.
Feu, sur le premier qui bouge !
(Tout le monde reste immobile.)
Huitième Tableau. — lie Pont (l'Asnières.
le théâtre est traversé par le pont d'Asuic-res. A travers les arches on aperçoit les Iles. A gauche un pou de berge. Vers les premiers plans, à droite, grand bateau amarré.