SCÈNE X
LE MAITRE-D'ÉCOLE, puis FÉRAND, sou,
le costume de Barbe-Rouge.
LK maitke-d'kcole , déposant son orgue près de sa maison.
Huit heures et demie viennent de sonner à Noire-Dame, il me semble que Ihoinme à la barbe rouge larde bien... Quel homm<> que ce Barbe-Rouge... Quand i! vient, d'où vienl-il? quand il va, oùva-lil? personne nc lésait... Que me veut-il encore?... Ah! je n'ose plus regarder en arriére, et, contre les menaces de l'avenir, je n'ai plus d'autres ressources que ce stylet, dont la lame empoisonnée... Une égraligniiroetla mort est certaine... Ce n'est plus que par la grossièreté des habitudes cl des passions que je m'échappe à moi-même ; la colère a son ivresse... De sang-froid, je tremble... parce que je me retrouve.
FÉRAND, qui est entré par !e fond , s'est avancé
vers lui et lui touche le bras au moment où il
s'absorjje ilans une soml)rc rêverie.
Ah ! c'est vous !
LE MAITRE-d'ÉCOLE.
Comme vous voyez... exact à l'heure.
fkrand.
C'est bien.
LE MAITRE d'école.
Vous èles content ?
IÉUAM>.
A peu près...
LE M.VlTISE-D'ÉCOtE.
Doulcriez-vous de ma discrétion ?
féhanu.
Non.
LE MAITUE-D'ÉCOLE.
Qui peut vous porter ombrage? Serait-ce la rjiouclte?...
Non.
LE MAITRE-d'ÉCOLE.
Qui donc alors ?
FÉRAND
Celle jeune (ille qui vil chez vous...
LE .MAITRE- d'école.
Fleur de Marie ?
FÉRAND
Oui.
LE M VITRE-D'ÊCOLE.
Sur ma vie... clic ignore...
FÉRAND
Qui me répond ([u'il en sera toujours ainsi ?
LE .VAITUE-D'ÉCOLE.
Nous ne pouvorw p.^^urfant pas la mcllrcà porte...
FERAND.
Que ne lui lionvez-voiis une place?...
LK MAITUE-D'K.COLE.
C'est facile Ji dire.
KKRAND.
J'ai ce qifil vous faut...
LE maitre-d'école, éionnu.
Ah! (A part.) Ce diable d'homme pense à tout.
Fi:KA>"n.
Vous la conduirez chez M. Fcrand... homme dalTaires, rue du Temple, n" 17. Vous me le pronicllcz ..
LE maitre-d'école.
Allons ! soit \ demain , j'irai trouver ce monsieur l'crand.
FÉKAND.
Bien.
le maitre-d'école.
Vous le connaissez donc?
FÉRA>D
Oui , c'est un homme grave , ausicre .. On dit fccaucoup de bien de lui...
le maitre-d'école.
i:st-il riche?
FÉRA>'D
reut-èlre.
LE maitre-d'école.
Serait-ce dans l'espoir de favoriser (ii!cl({ae coup hardi, que vous voulez placer Ticur de Marie chez lui?
FÉRAND
Qui vivra, verra.
LE maitre-d'école.
Que voulez-vous donc , vous dont auc ne parole ne trahit la pensée?
:ÉUANO, lui ('onuaiit de l'or.
Comptez.
l:; maitre-d'école.
Deux cents francs!
rÉRA?.D.
Antanl aptes le succès.
LE MAITRE-D'i.COLC.
Qu.ître cents francs! Qu'est-ce doiic?
lÉRAND,
Ln Iiomnie '.
LE .'.lAiTitE- d'École.
Possesseur de jtapicrs?
FÉP.AND.
Non, qui me gène.
LE maitre-d'école, a^ct quelque c.'froi.
Qui vous {;i"uc? (nniialemen!.] Lh! où \(i\\kivous que je roncnulrc cet l'on. me?
lÉ!; WD , rjirOtaiit par le bras.
Il \icndia !
m: sj vn i!i:-d'é<;«m.e.
Q;iand ?
I ÉRA>D.
( c .-oi'-.
LE MAITRE-D ECOLE
Tout à l'heure ?
FÉRAND
A neuf heures.
LE maitre-d'école.
Où?
FÈBAND, montrant la maison qui fait face au Lapin Blanc.
Là.
le maitre-d'école.
Dans celle allée... obscure, tortueuse ?...
FÉUAND.
Vous y serez avant lui.
LE maitre-d'école.
Moi ?
férand.
Lui n'en sortira pas.
LE maitre-d'école.
On fera des recherches.
FÉRAND
Non, si on croit que cet homme s'est donné la mort.
Comment le croirait-on ?
féraxd.
Si une lettre écrite par lui, remise ce soir ù la poste, détournait demain tous les soupçons.
LE maitre-d'école.
Il écrirait donc d'avance, ou quelqu'un pour lui?...
FÉRAXD.
C'est mon affaire...
LE maitre-d'école.
Quand vous reverrai-jc?
féuaxd.
A neuf heures cinq minutes.
(Kérnml ?ort par le fond.) IV. maitre-d'école, seul.
Ce regard , cette voix brève cl Iranchantc commcviin couteau... il me subjugue... Un crime !... Seul !... oscrai-je? (On enicnd la voix du Clioiirincur.) Si je pouvais proposer h quelqu'un... Le Choiirineur, il m'en veut... mais il a déjà élé (■(uidaniné... essayons de l'apaiser...
OCObOOOÔ&OOOOSOQOCO&OOOOOOOOOOOUOOOOOOùOOOCOOOO^COO
SCÈNK XT.
Le MAITRL-DÏCOLE, le CHOURLNELR.
LE CliOVniNEUR.
Ah : te voilà, toi ! (L'circignani.) Mon bachot? Où as-tu mis mon bachot?
LE maitre-d'école.
Qu'e^-cc que In veu\ que j'en aie fait de lonbachot?