‹ Les mystères de ParisChapitre 73 sur 84 · PH.)UE-VINAIGRE · texte numérisé non relu

PH.)UE-VINAIGRE

Une rue oii il y a un ruisseau au milieu, bien jolie rue, ma foi!

BENOIT, s'impatientant. Ah ça! vas-tu parler, enfin ?

PIQUEVINAIGRE.

Il y avait donc, dans la Petite-Pologne, un homme si méchant, qu'on l'appelait Coupc-cn- Deux ; il avait le teint couleur de revers déboîtes, les cheveux rouges, les yeix verts et la langue noire. A ces agréiuens-là, Coiipe-cn-Dctix joignait le métier d'avoir je ne sais coiiibicn de loilucs, de singes, de cochons d'Inde et de renards, qui correspondaient à un nombre égal de petits^ Savoyards ou d'cnfans abandonnés. (Le gardien fait un pas pour se retirer.) Père Roussel ? vous voulez voir Gringalet? je vais vous servir Gringalet.

LE PLUE ROUSSEL

Voyons Gringalet, puis îe me sauve un moment.

PIQUEVINAIGRE.

Gringalet, Itin de ces enfasis, et le plus chétif, était battu par Coupc-en-l)enx, par les singes et tous les petits montreurs de bétes.

LE Pi:«r ROUSSEL.

Pauvre moutard!

LE maitre-d'école, 5 Benoit.

Le gardien ne s'en va pas...

BENOIT, bas, avec colùre.

Tonnerre de lan)bin! finiras-tu?

PIQUEVINAIGRE.

Gringalet était liop faible et trop poltron pour se revenger... il pleurait, cl sa seule consolation était d'empêcher les grosses bctcs de manger les petites.

LE PÈRE ROUSSEL

Ah ! cette idée.

PIQDEVINAICBE.

Ah! v'Ià que ça vous intéresse père Rousse!... Vous entendez bien qu'il ne se mébit pas des affaires d's renards et des singes, mais quand il

ACiL lY, TABl.KA'c Ylll, SCEiNL î.

voyait une araignée cnibusiiuce dans sa toiir, pour y prciiilie une pauvre folie de snouchc qui volait au soleil du bon Dieu, Giingalcl aball.iit la loile, délivrait la mouche et écrasait l'araignée.

CEXOIT.

Tu nVs pas en train, Piqucvinaigre.

PIQlEVIJiAIGRE.

Je ne suis pas en Irain ! Gardien, je vous en fais juge... écoulez un rêve qu'culune nuit Gringalet.

LE PÈHE ROV.SLL.

Eh bien! voyons, conlc vile.

BE>'0IT, avec rrge.

Je le lui conseille.

PIQCEVINAIGRE.

Gringalet rcva qu'il était une de ces moudics comme il en avait tant sauvées, cl qu'à son tour il tombait dans une grande et forte tuile où il se débattait, se déballait... Puis il voyait venir à lui une espèce de monstre qui avait la figure de Coupe-en-L'eus sur un corps d'araignée... l'araignée s'approche, le touche... il sent les grandes pattes froides et velues du monstre le saisir, l'enlacer pour le dévorer, il se croit mort... 3Iais voilà que tout à coup il voit un joli moucheron d'or, qui avait une cspé. e de dard fin et bri!lar.l comme une aiguille de diamant, voltiger autour de l'araignée d un air furieux.

LE PÈUE ROUSSEL, s'asseyant.

Ma foi , ça m'amuse.

PIQCEV1>' AIGRE, ù pan.

Il est sauvé !

BENOIT, bas.

J'ai des envies de les exterminer tous les trois. UNE VOIX, en dehors.

Père Roussel ! à la soupe. II n'y a plus que cinq minutes.

Î.E Pi.RE ROLSÎEL, S.; levant.

A demain la suilc.

( Piquevinaisre, voyant le inouvenicnt qui se fait parmi les prisonniers, lâche en vain de retenir le pôic P.oussel: quand il est sorti, il se rapproche un nionienl de Gcnua'ii.)

PIQVEVINAIGRE, s'enfiivaiit au fond.

Garde à vous, monsieur Germain !

BENOIT, se jetant sur Gcrmiin.

Il a raison, car voilà ton araignée.

(Le prisonnier qui Otait dans le irou a levé la dalle et s'est élancé sur la scùne ; il saule ù la gorge de Benoît.)

LE CHOrniNECR.

Et voilà son moucheron d'or,

BENOIT, se débattant et lâchant Germain. A qui en a-l-il, ce brigand-là?

LE CUOURINEUR, proiégeaut Germain.

A tous ceux qui voudront tuer en trailre; un pauvre mouton du bon Dieu.

(Aussitôt que le trou a été libre, le Maîlrc-d'École s'y es; précipité en criant : — Sauve qui peut ! et a 6ié suivi do plusieurs auircs.)

BENOIT et OLELQUES PRISONNIERS.

A mort tous deux!... à morl!..,

PIQCEVINAIGRE, rentrant.

La garde! la garde!

BENOIT, écartant des prisonniers et se précipitant dans le trou, au Choiuineur.

Nous nous reverrons, je suis Irop pressé celle fois-ci.

LE CnOCRlNEtR.

A Ion aise! bonhomme.

(Il met le pied sur la dalle , quelques soldais sont entrés en courant et se soûl ranges au fond.) UN SERGEKT, aux soldais.

Feu, sur le premier qui bouge !

(Tout le monde reste immobile.)

Htaftâèsuc Tr-îîleaM. — ïiO IP&itt «l'Aenaères.

Le théâtre est traversé par le pont d'Asnières. A travers les arches on aperçoit les iles. A gauche un peu de berge. Vers les premiers plans, à droiie, grand baleau amarré.

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