CHAPITRE X
dirigeait lui-même la course devait venir prendre l'Empereur sur le bord de File et le transporter avec la rapidité de la flèche à bord de V Ariane f en partance; puis, hissant au vent ses voiles puissantes , couronnées du pavillon hollandais, toutes les mesures étaient prises pour que le bâtiment, dont la marche était supérieure à tous les vaisseaux de guerre de la station anglaise , pût gagner la haute mer et s'éloigner à tout jamais de ce déplorable rocher.
— Sire, dit en terminant le capitaine , mon plan est sûr : Texpérience que j'ai acquise sur la mer pendant dix années de navigation militaire ou commerciale, l'intrépidité et le dévouement de mon équipage, la surveillance endormie des gardiens de Votre Majesté, tout me porte à croire au succès de mon entreprise. Je supplie donc Votre Majesté de l'accueillir et de m'accorder l'honneur de la sauver. J'ai des armes et des munitions suffisantes pour re*
autre qu'un bateau sous-marin : malgré nos investigations à ce sujet, rien jusqu'à ce jour n'a pu nous le faire supposer.
pousser toute agression ; j'ai fait une provision de yiyres qui nous mettra à même de ne pas avoir recours à des relâches qui pourraient être compromettantes à la longueur de notre navigation; selon que vous voudrez, sire, retourner en Europe, aller aux Indes, en Italie , en Egypte ou en Amérique , nous sommes en mesure et prêts à obéir à Votre Majesté.
Napoléon avait écouté avec attention les développements de ce hardi projet. Son âme , amoureuse des entreprises téméraires, s*était sentie émue aux explications précises et parfaitement présentées par un officier de son ancienne armée navale. Cependant, comme toutes les impossibilités s'offraient au génie de Napoléon, après quelques objections il répondit au capitaine :
— Monsieur , j'admets que votre vaisseau puisse sortir de la rade et gagner la pleine mer en évitant les perquisitions inquisitorîales des croiseurs anglais ; mais qui peut vous affirmer que, mon évasion une fois connue , ce qui ne