CHAPITRE XI
dente réclamation de ce genre ; je refuse de les voir parce que je n'ai rien à démêler avec eux. Mais si je dois les exclure comme revêtus de pouvoirs publics , je les recevrai avec plaisir comme des hommes privés ; je ne me sens d'éloignement pour aucun d'eux, pas même pour le commissaire de France, M. le marquis de Montchenu , qui peut être un fort brave homme et qui, ayant émigré, me doit probablement le bienfait de sa rentrée dans sa patrie.
Hudson abandonna les commissaires étrangers pour revenir encore sur l'édification du palais de bois.
— De grâce, monsieur, repartit l'Empereur, ne me parlez pas davantage de vos constructions;, je préfère rester mal comme je suis, que d'acheter un mieux encore éloigné au prix de beaucoup de remue-ménage; il faudra des années pour bâtir tout ce que vous me promettez, et à l'accomplissement de ce terme, ou je ne vaudrai pas ce que je vous aurai coûté, ou la Providence m'aura délivré de
VOUS... Voilà, monsieur, mon dernier mot; rappelez^Yons-le bien et informez-en votre gouvernement ; je ne veux rien de lui qo'nn cercueil, et encore je ne raccepterai que bien convaincu que la France, un jour, le loi payera... Vous m'avez entendu, monsieur, agissez en conséquence.
Il n'y avait pins rien à répliquer, car le geste 6t la parole de l'Empereur étaient assez éloquents, et, tout captif qu'il était, il exerçait encore sur tout ce qui Tentourait, sur ses amis comme sur ses ennemis, une espèce dlniluence magnétique. Hudson s'inclina devant son prî> sonnier et sortit la rage dans le cœur ; il remonta à cheval, courut à Plantation-House , s'enferma dans son cabinet , et se livra à tous les accès d'une colère frénétique. Quand ces premiers mouvements de rage furent passés , il écrivitàlord Cathcartune longue dépêche, ou il se vengeait complètement des dédains de son fier prisonnier. Car Napoléon avait trouvé la partie vulnérable du gouverneur; il avait touché l'ulcère de l'àme corruptible et corrom-