‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 123 sur 179 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

motta quelques mots inintelligibles et en forme sans doute de justification. Quant à l'amiral , son attitude et ses gestes prouvaient surabondamment qu'il partageait les justes ressentiments de FËmpereur, et que s'il n'eût dépendu que de lui toutes les tracasseries dont on accablait les hètes de Longwood n'eussent jamais existé.

Quant au gouverneur, il dit enfin d'une manière inintelligible que , si l'on essayait de flétrir son caractère en Europe , cela lui était fort égal.

— Tant pis pour vous , monsieur ! repartit l'Empereur, la réputation d'un bonnête bomme est quelque chose : en n'attacbant aucune importance à l'opiniod publique , vous prouvez que vous n'en méritez pas les suffrages.

A ces mots , Hudson déclara qu'il allait deoiander son rappel à son gouvernement.

— Monsieur, exclama Napoléon, voici la parole la plus agréable que vous puissiez me faire entendre.

Alors sir George , jugeant qu'il n'y ai^it

point de paix à espérer entre l'Empereur et le gouverneur, Famiral, disons-nous, prit respectueusement congé de Napoléon et s'éloigna avec lenteur; quant à Hudson Lowe, il se retira brusquement et comme un homme profondément blessé. En effet, Napoléon venait de lui briser sur le visage le masque d'hypocrisie que les tartufes politiques, de même que les tartufes de religion , ne pardonnent jamais qu'on leur arrache.

Plus tard l'Empereur dit qu'après tout il se reprochait cette scène.

— Je ne puis plus recevoir cet officier, s'écria-t-il à cette occasion au milieu de ses fidèles; il me force à sortir de mon caractère, je m'emporte , et cela est au-dessous de ma dignité ; il m'échappe vis-à-vis de lui des paroles qui ne seraient pas pardonnables si elles n'avaient une excuse dans sa conduite infâme avec vous et avec moi. Mais n'importe, je dois m'interdire ces sortes d'algarades , et dorénavant je ne veux plus entendre parler de cet homme. Tout ce qu'il y aura à vider entre lui

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