‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 124 sur 179 · CHAPITRE XI. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. S

et moi se fera par correspondance , et c'est vous, mon cher Bertrand, qui serez chargé de celle besogne; la corvée est rude, j'en conviens , mais elle n'est point au-dessus de votre esprit, de votre modération et surtout de votre dévouement à ma personne.

EfFectivement, l'Empereur tint parole. Dès lors il évita avec soin toute espèce d'entrevue avec le gouverneur; mais, à son tour, sir Hudson Low^e se vengea cruellement de cette détermination , qui ne venait pas de l'orgueil du souverain, mais de la dignité de l'homme privé ; on ne sait que trop de quelle façon le geôlier de Sainte-Hélène fit payer, à son illustre prisonnier et à ses nobles amis , l'espèce d'ostracisme dont ils l'avaient frappé.

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On a cofDsidéré Napoléon , jusqu'à présent , comme c£^itaine, comme administrateur, comme législatetrir, comme politique, et enfin comme souverain ;> mais il n'était encore venu à la pensée de personne de le montrer comme écrivain , comme auteur, en nn mot comme homme de lettres. C*est une lacune que nous allons essayer de remplir en initiant nos lecteurs à une des fréquentes soirées de Sainte- Hélène, »à rillustre captif, dans son petit salon

9â MYSTÈRES DE SAINTE-HÉLÈNE.

de Longwood, jetait avec profusion les trésors d'une mémoire immense , les préceptes d'un goût sûr, et les aperçus ingénieux d'un esprit original , auquel rien n'était étranger dans le vaste domaine de la philosophie , de l'histoire et de la littérature , même étrangère.

Sans compter le Mémoire couronné par l'Académie de Lyon en 1788; la Lettre à M. MatteO'Buttafoco, député de la Corse à l'Assemblée constituante ; le virulent opuscule du Souper de Beaucaire, et enfin V Histoire civile, morale, politique et militaire de la Corse *,

^ Cette lettre au législateur Buttafoco fat publiée à Dôle, par M. Joly, imprimeur. Napoléon n'était alors que lieutenant d'artillerie et tenait garnison à Auxonne. Quelques mois après cette publication , le jeune lieutenant invita H. Joly à venir le voir pour traiter de Timpression de son Histoire de la Corse; cet ouvrage devait avoir deux volumes, et M. Joly se rendit à l'invitation. « Ai. le lieutenant Bonaparte, a dit lui-même H. Joly, dans une lettre imprimée adressée au bibliothécaire de la ville, occupait, au pavillon de TArsenal, une petite chambre, n'ayant pour tous meubles qu'un mauvais lit sans rideaux , une table placée dans l'embrasure de la fenêtre et chargée de livres et de papiers, et deux chaises. Nous fûmes d'accord sur le prix de l'impression du livre ; mais, au moment de mettre sous presse, M. de Bonaparte reçut l'ordre du ministre de quitter Auxonne pour renforcer

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