‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 144 sur 179 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

d'artillerie de l'hôtel des Invalides. Les voix humaines, cet airain de l'église, le bronze des batailles, ce foudre de la terre, formaient ainsi un concert étrange , inouï ; il y avait , dans cette double alliance , une poésie et un ensei* gnement sublimes, qu'il serait impossible de peindre , et qu'on pourrait encore moins décrire.

Mais l'enthousiasme était plus passionné encore lorsque Napoléon était à Paris. Cette heureuse coïncidence arrivait rarement, il est vrai 4 mais enfin elle se reproduisit quelquefois, et notamment en 1811. A cette époque, tout paraissait heureux pour la France, et l'avenir se présentait sous les aspects les plus riants. Une archiduchesse d'Autriche avait donné à Napoléon le roi de Rome , et cette naissance, saluée par l'Europe entière comme un gage de paix , par le pays comme une clef qui devait fermer sans retour l'abime des révolutions, avait exalté l'esprit du peuple et de l'armée. Aussi quelle foule , quels cris se produisirent lorsque Napoléon, aux Tuileries,

i îâ MYSTÈRES DE SAINTE- HÉLÈNE.

parut sur le balcon du pavillon de l'Horloge, tenant son fils dans ses bras, et le présenta au peuple ! L'émotion fut d'abord si profonde , si saisissante , qu'un silence solennel plana sur ces milliers de tôtes , dont les regards dévoraient la noble figure de Napoléon, rayonnant de bonheur et d'amour paternel. Mais, ce premier moment d'admiration passé, des cris, ou plutôt des acclamations spontanées, formidables , jaillirent de toutes les poitrines , et allèrent porter au royal enfant et à son glorieux père les hommages de la grande nation. Mais alors le peuple de Paris ne manifestait pas seul son amour pour son empereur bienaimé ; l'armée s'associait aussi à ces manifestations précieuses. D'un bout du territoire à l'autre, le jubilé de la gloire et de la concorde était à Tordre du jour. Dans cette France, en ce temps-là si vaste, il n'existait pas une ville, pas un hameau , où la Saint-Napoléon ne fut une fête. C'était la fête de la patrie , et , par un de ces rapprochements que l'Empereur n'avait pas laissé échapper, il avait décidé que

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