‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 147 sur 179 · CHAPITRE X1V · texte numérisé non relu

CHAPITRE X1V

blables fêtes militaires à la même époque.

Nos ambassadeurs près les cours étrangères ne montraient pas moins d'empressement et d'exactitude à célébrer le 15 août. Saint- Pétersbourg a conservé la mémoire de la fôte que l'ambassadeur français, le duc deVicence, y donna dans son palais du quai de la Neva en 1811. Tout ce que le luxe et le bon goût peuvent faire naître de prodiges y était réuni : concert, bal, souper, étaient de la plus extrême magnificence. L'empereur Alexandre y vint un instant avec la czarine , sa femme , et ne put s'empêcher de dire à M. de Caulaincourt en quittant ses salons :

— M. le duc, voilà une fête que je me rappellerai longtemps; je vous eusse pris volontiers pour un ambassadeur de Xercès , si les trophées de victoires de mon frère l'empereur Napoléon, qui ornent votre salon, ne m'avaient point indiqué que vous étiez le représentant du Léonidas de votre patrie.

Celte boutade spirituelle fut dignement

comprise par M. de Caulaincourt, qui répondit aussitôt :

— Sire, l'empereur Napoléon, mon maître, est plus heureux que Léonidas en politique et en guerre , car, s*il n'a jamais eu à combattre un Xercés , en revanche il jouit de l'amitié d'un autre Alexandre.

Certes, le compliment était de bon goût.

Chose admirable ! pendant les cinq cruelles années de l'exil de Napoléon à Sainte-Hélène , jamais un 15 août ne se passa sans que sa fête fût chômée par le petit nombre d'amis et de serviteurs fidèles qui avaient suivi la fortune de l'auguste proscrit. Chacun apportait à cet anniversaire , qui rappelait des temps si heureux et sans retour évanouis, un zèle, un culte même qu'on ne saurait trop louer. Et tel, parmi ses compagnons , qui ne se serait acquitté , aux Tuileries , de ces respects que comme d'un devoir officiel, mettait dans la forme de ses hommages, à Longwood, une portion de tout son amour pour Napo* léon. C'est que, chez les âmes généreuses, le

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