‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 149 sur 179 · CHAPITRE XIV. ioi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. ioi

docteur Antoimuarchi , qui se trouvaient déjà dans le salon de réception. Les serviteurs, ayant Marchand et Saint-Denis à leur tète , se tenaient dans le cabinet topographique, qui touchait à la chambre à coucher de Napoléon. Tout le monde attendait , avec une anxieuse émotion, que l'Empereur donnât, comme de coutume, par un coup de sonnette, le signal de son lever. Enfin ce signal se fit entendre... Marchand se précipita plutôt qu'il n'entra dans la chambre de son maitre, et, un quart d'heure après , tout le monde fut admis hlérarchiqueïnent à présenter à Napoléon ses souhaits el ses vœux.

Napoléon commençait à entrer dans la phase dernière de la maladie qui le conduisit , neuf mois plus tard, au tombeau. La veille encore, il avait été gravement indisposé, et ses souffrances , depuis quinze jours , avaient été si vives et si incessantes, qu'il s'était vu contraint de garder le lit. Cependant , à la vue de ses amis et de ses serviteurs , qui formaient , devant le fauteuil sur lequel il était affaissé, une

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haie muette et respectueuse , sa physionomie, déjà si assombrie par les douleurs morales et les tortures physiques, slllumina tout à coup d'un rayon de bonheur, et les émotions de son àme vinrent , en se reflétant sur son front , naguère chargé d'ennuis, reluire comme l'arcen-cîel à la suite de l'orage.

— Mes amis ! s'écria-t-il d'une voix pleine de douceur, vous n'oubliez donc jamais cette époque si fertile en heureux souvenirs? Je vous remercie ! Vous représentez ici la France et ma famille , et c'est avec bonheur que Je reçois des hommages qui me sont précieux à tant de titres.

Puis, après avoir tendrement embrassé madame la comtesse Bertrand et ses enfants, qui lui avaient balbutié un compliment tout simple, mais parfaitement approprié à leur âge et à la circonstance , il tendit la main au grand maréchal et au général Montholon , qui y posèrent leurs lèvres avec tendresse; puis ensuite à ses ser^^iteurs , qui se précipitèrent à ses genoux et couvrirent l'auguste main

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