CHAPITRE XIV. i7i
le au zénith , M. le comte , ajouta-t-il en étendant le bras vers le pic de Diane.
Le grand maréchal regarda , et vit la flamboyante étoile qui se détachait comme un globe lumineux sur le bleu du firmament.
— Le monde est averti , fit encore Antommarchî.
— Et Napoléon aussi , ajouta le grand maréchal en hochant tristement la tète; le ciel a parlé , c'est aujourd'hui la dernière fête de l'Empereur !
l¥apo9éon Jatfdiniew ,
On a remarqué que les homiues qui ont possédé à un haut degré le génie militaire avaient presque tous un penchant pour Fagriculture. Les deux Scipion, après avoir porté la puissance de la Rome républicaine à son apogée,se retirèrent avec joie dans leur petite habitatien du mont Aventin, et se livrèrent au jardinage avec une sorte d'idolâtrie. » On ne voyait pas, dit Tite-Live, chez le premier Scipion, les dépouilles opimes de ses victoires; son foyer domestique, semblable à celui des
plus pauvres citoyens, n'était orné que de pénates en argile, et d'une statue de Cérès, cette blonde dispensatrice des trésors de la terre. A côté de cette sainte relique, on voyait encore une figure grossièrement façonnée du dieu Pan , divinité des bergers. Annibal , ajoute rhistorien, n'était pas moins amoureux de l'agriculture que les héros de Rome. Après la bataille de Zama , où il fut vaincu, Annibal se retira chez Antiochus, et ensuite chez Prusias, roi de Bithynie ; et, dans la somptueuse retraite que ce dernier lui avait offerte, Anni< bal , sous le triste pressentiment de la ruine prochaine de sa patrie, divorça complètement avec le monde, et s'appliqua exclusivement à la culture de la terre. Enfin, continue Tite- Live, le premier des Césars , le vainqueur du grand Pompée, trouva le moyen, dans ses rapides et prodigieuses campagnes, de payer un tribut quotidien à Fagriculture d'où était sortie la puissance romaine. Dans ses campements, en Afrique et dans les Gaules , les ingénieurs du camp avaient toujours le soin de placer non