‹ Les mystères de Sainte HélèneChapitre 165 sur 179 · CHAPITRE XV. idl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. idl

qui en furent exemples, bien qu'il n'y eût sorte de séduction qu'il n'employât auprès d'elles, et principalement de madame Bertrand, pour déterminer cette dernière à venir jardiner avec le docteur et lui.

Aux jardiniers par hasard étaient adjoints, pour les gros ouvrages, quelques-uns des Chinois qui se trouvaient à Sainte -Hélène. Ces hommes, presque tous intelligents, étaient particulièrement attachés à la résidence de Longwood ; Napoléon les avait pris à l'année , et ils figuraient sur les listes d'émargement de M.. de Montholon comme les autres domestiques de la maison. Napoléon aimait beaucoup ses pauvres Chinois, et ceux-ci, par une réciprocité naturelle , manifestaient le plus grand respect et le plus vif attachement pour l'illustre captif, qu'ils appelaient, dans leur langage moitié anglais moitié chinois, le Capitaine mandarin^ essayant, par cette double épilhète, d'expliquer toute leur pensée.

Tout est bientôt changé de face dans le jardin de Longwood. Le génie de Napoléon,

qui se pliait aux entreprises les plus vastes, comme aux objets les plus minimes, planait dans cet espace étroit et donnait à tout une nouvelle vie. Là était une excavation , ici un bassin, plus loin une chaussée. On fit des allées, des grottes, des cascades ; le terrain prit de la vie et du mouvement ; on ménagea de Fombre autour de Thabitation. Après avoir travaillé à Tagréable, on pensa à l'utile; la terre fut ensemencée de toutes les plantes potagères qui se cultivent dans File. Le jardin de Longwood prit une physionomie toute nouvelle, et grâce à ces travaux si heureusement combinés, le grand homme put se croire possesseur d'une ombre de liberté. Eh bien! qui le croirait? ces innocents passe-temps éveillèrent l'inquiétude d u geôlier de Sainte-Hélène . Il vit, dans cette distraction offerte à l'illustre captif, un vol fait aux prescriptions de son gouvernement. Pour dissiper ses soupçons, Hudson Lowe accourt à Longwood, et, ayant rencontré le docteur qui se promenait tranquillement, il l'aborda :

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